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 Libéria : Fillettes en libre-service.

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FleurOccitane
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MessageSujet: Libéria : Fillettes en libre-service.   Jeu 6 Juil à 15:03

Citation :

Libéria : Fillettes en libre-service.

10 mai 2006



Plus de la moitié des très jeunes filles du Liberia sont exploitées sexuellement sur les sites de l’action humanitaire.

RFI, 9 mai 2006.

L’organisation britannique vouée à la protection des enfants, Save the Children livrait lundi une enquête accablante sur l’exploitation sexuelle des enfants de 8 à 18 ans dans les sites dévolus au Liberia à l’action humanitaire internationale.

Sur ce théâtre de la misère où même l’aide alimentaire a un prix, les très jeunes filles sont la cible principale des amateurs de sexe à bon marché. Forts de leur statut, casques bleus, policiers ou soldats du cru, travailleurs humanitaires, enseignants, boutiquiers et autres notables réels ou imaginaires font leur marché de chair fraîche dans les camps de déplacés et jusque dans les villages où ont commencé les rapatriements. Le phénomène est massif et en voie d’expansion. Pis encore, il se banalise.

Difficile de parler de prostitution à propos de la pression sexuelle exercée par un adulte d’âge mûr investi d’une autorité militaire ou civile et qui gratifie une fillette de 8-12 ans d’un tour en 4X4, d’une portion de semoule prélevée dans les stocks humanitaires, de quelques piécettes ou même seulement du vain espoir d’accéder à l’univers prestigieux de l’économie dollar du système humanitaire. C’est bien d’abus sexuels qu’il s’agit. Et cela, souligne Save the Children, même lorsque la très jeune fille paraît « pressée de voir ses seins pousser » pour entrer sur le marché du sexe où amies et parentèle la poussent. Le choix n’existe plus en effet dans les camps frappés par la pénurie qui entourent la capitale, Monrovia, comme dans les villages de rapatriés où les rations internationales sont automatiquement réduites.

Le pouvoir caritatif n’est pas toujours très humanitaire

Entre 1989 et 2003, la guerre civile a jeté sur les routes et les chemins plus de la moitié des 3 millions de survivants réchappés des combats et des atrocités en tous genres qui ont répandu ruines matérielles et morales dans l’ensemble du pays. A défaut d’outils et de semences, ainsi que le rappelle le rapport, et à moins d’avoir un quelconque savoir-faire utile aux rares et heureux bénéficiaires du moindre pouvoir d’achat, la majorité des Libériens est condamnée à la débrouille, à la mendicité ou à la revente des rations alimentaires de l’aide internationale. Encore faut-il être sur la liste des bénéficiaires. Et là aussi, les détenteurs du pouvoir caritatif ne sont pas toujours très humanitaires.

Si le sinistre destin des enfants-soldats et des fillettes qui leur servaient d’épouses continuent de faire couler l’encre des appels de fonds humanitaires, celui des autres jeunes gens sans enfance scandalise Save the Children. Pour eux, travailler est plus difficile encore que pour les adultes. Et s’ils décrochent un emploi, c’est de toute façon pour être exploités, avec des tâches harassantes de portage ou de binage, à moins de un dollar la journée. Quant aux filles, « plus de la moitié » d’entre elles sont désormais en libre-service au Liberia où il se raconte un peu partout que dans les camps de déplacés « il y a de très belles filles, alors des tas d’hommes viennent voir ».

Pièges à jeunes filles

Au Liberia comme ailleurs, ainsi que l’ont prouvé différents scandales au Congo-Kinshasa notamment, pour une jeune fille, approcher d’un campement de casques bleus, c’est se mettre en danger de viol. Mais à l’intérieur des camps de déplacés, « le risque est grand pour les enfants à cause de la dureté des conditions de vie, du manque d’argent, de la promiscuité et de la séparation fréquente avec les parents ». Les écoles et les clubs de loisirs sont aussi désormais des pièges à jeunes filles. Certains enseignants font en effet payer les frais de scolarité en nature tandis que les clubs-vidéo servent de rabatteurs, au vil prix d’une entrée gratuite. La liste de Save the Children est longue et variée.

Les abords des toilettes ou des lavoirs servent de guet-apens et dans les camps de déplacés comme au village, la dissolution des liens communautaires, la solitude des femmes chefs de famille et la détresse économique laissent les plus jeunes sans protection ni garde-fou moral. La survie au jour le jour succède à la brutalité de la guerre. « Les mêmes qui font pendant la journée campagne contre les abus sexuels ou le sida, la nuit, ils courent après des gamines de douze ans », raconte un témoin blasé qui ajoute que « beaucoup de parents sont contents que leur fille rapporte de l’argent, mais le jour où elle est enceinte et abandonnée par son type, ils la jettent dehors ».

Mode de survie

« Les gens n’accepte pas vraiment tout ça. Mais il n’ont pas le choix », c’est devenu un mode de survie courant, explique un autre témoin. A l’appui de ses dires, il rapporte de vaines tentatives faites par des autorités communales pour convaincre des jeunes filles de renoncer à ce genre de gagne-pain, après la fermeture d’un motel utilisé jusque là comme « maison close », au vu et au su de tous. Save the Children presse le nouveau gouvernement d’Ellen Sirleaf, mais aussi les agences de l’Onu et les donateurs de mettre en place des organes de surveillance et de « promouvoir une politique de tolérance zéro ». « Malgré quelques initiatives pour limiter l’exploitation sexuelle et les abus, peu de choses ont changé pour les enfants depuis 2002 », s’insurge Save the Children qui estime que « les hommes qui se servent de leur pouvoir pour profiter d’enfants vulnérables doivent être dénoncés et renvoyés ».

Pour sa part, la présidente Sirleaf est aux Etats-Unis où elle entend émouvoir l’opinion publique américaine sur les besoins du Liberia dans l’émission télévisée de la très populaire Oprah Winfrey. La présidente du Liberia a emmené avec elle « une petite fille qui a perdu un bras pendant la guerre. Elle sera une preuve de la violence de la guerre devant des millions de téléspectateurs ». Le marketing de la compassion se suffira sans doute de cette image de poupée cassée. Mais il n’empêchera pas avant longtemps des dizaines de milliers d’autres petite filles de passer sous les fourches caudines de la charité internationale, sauf à vider la coupe de misère de l’amère cocktail de l’après-guerre.

Monique Mas


- Source : RFI www.rfi.fr

http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=3656
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