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 Pour un service public du logement

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FleurOccitane
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Date d'inscription : 30/04/2005

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MessageSujet: Pour un service public du logement   Pour un service public du logement EmptyDim 30 Avr à 1:44

Citation :

« Pour un service public du logement »

La crise du logement et à la spéculation immobilière chassent des catégories entières d’habitants des centres-villes. Pour enrayer ce phénomène, Jean-François Tribillon, qui travaille sur la question du droit à la ville, propose la mise en place d’un « service public du logement » et plaide pour que les habitants participent à l’organisation urbaine de leur quartier.

Le droit au logement, dans nos sociétés urbanisées et industrialisées, est-il en train de devenir aussi central que le droit à la terre dans les sociétés plus rurales ? Dans la France des centres-villes, le niveau des loyers a augmenté de 30 % en six ans. Sur la même période, les prix des appartements neufs et anciens ont explosé, croissant respectivement de 72 % et 90 % ! Des immeubles entiers sont cédés à des marchands de biens ou à des fonds de pension qui revendent chaque appartement séparément, les tristement célèbres ventes à la découpe. Les locataires sont alors obligés d’acheter, au prix actuel du marché, ou de partir. Toutes les classes sociales sont concernées. Pour les plus fragilisés, c’est le couperet de l’expulsion qui tombe, implacable. En 2004, plus de 103 000 expulsions ont été prononcées en justice contre 71 300 cinq ans plus tôt. Les associations de logement en prévoient près de 140 000 pour 2006. Cette remise en cause massive de la possibilité de se loger pose également la question du droit à la ville, du droit d’accéder à ses infrastructures éducatives ou culturelles, pour des dizaines de milliers de personnes reléguées dans des périphéries de plus en plus éloignées. Jean-François Tribillon est professeur à l’école d’architecture Paris-La Villette et préside l’Association internationale des techniciens et chercheurs (Aitec) où il travaille sur les questions urbaines, de droit au logement et d’accès à la ville. Il propose la mise en place d’un « service public du logement » et plaide pour que les habitants participent à l’organisation de leur quartier.

On compte plus de 300 000 demandes de logement social en Île-de-France. Peut-on comparer la crise actuelle du logement à celle de 1954 ?

Dans les années 50, quand l’abbé Pierre est monté au créneau, une reconfiguration gigantesque du territoire était à l’œuvre : industrialisation, afflux de population en région parisienne. Paris n’avait pas évolué depuis les années 30 et restait un ville très populaire et mal équipée. Les raisons de la crise du logement étaient connues : plus de monde et pas assez de logements. C’était une crise passagère. La question du logement semblait soluble et les constructions s’érigeaient à une allure folle. Tout le monde voyait bien les erreurs qui étaient commises mais la période était plutôt glorieuse. Aujourd’hui, Paris n’existe plus. C’est le centre-ville d’une agglomération de dix millions d’habitants. Et nous assistons au refus d’une société de loger les gens à qui on reconnaît une certaine viabilité économique mais pas le droit à la ville : les mal logés, d’origine étrangère en général, avec des métiers peu qualifiés. On ne leur trouve que des solutions provisoires, dans des hôtels meublés avec des financement préfectoraux. La collectivité est capable de payer cher pour maintenir les gens dans l’instabilité. C’est incroyable que la nécessité de les loger ne s’impose pas au corps social.

Cette crise n’épargne pas non plus les classes moyennes...

Les opération d’urbanisme, qui valorisent ce qui existent, sont une machine à faire partir les gens. S’occuper du patrimoine a pour conséquence l’augmentation des prix du sol et l’aménagement de quartiers pour des classes sociales capables d’apprécier cette valorisation. Cela se traduit toujours par la même chose : chaque classe sociale repousse l’autre et ce sont les derniers de la chaîne qui trinquent le plus, ceux qui ne peuvent se loger et la classe moyenne inférieure qui sait qu’elle peut sombrer.

Comment enrayer ce phénomène ?

Comment améliorer un quartier sans le vider de ses habitants ? C’est une réflexion à mener : concevoir des programmes d’aménagement qui n’auraient pas pour conséquence l’éviction des couches les plus défavorisées. Les règles d’urbanisme sont très peu contraignantes pour les constructions. Elles ne peuvent que limiter le nombre de m2 et la destination des lieux (usine, bureaux...). A part cela, le constructeur fait ce qu’il veut. On pourrait imposer à tout promoteur l’obligation de construire un quota de logements sociaux ou très sociaux. Et mettre en place dans chaque agglomération un service public du logement pour loger ceux qui ne le sont pas, s’assurer que les gens soient correctement logés et prévoir des programmes de construction qui embrassent secteur public et privé. Ce service devrait être mixte - Etat et collectivités locales - et composé de fonctionnaires talentueux et ouverts.

Comment promouvoir le logement social au sein de centres-villes déjà très denses ?

Il est possible d’entrelarder dans le tissu urbain des constructions sociales. Il ne s’agit pas de raser Paris pour mettre des grands ensembles. Il était déjà possible de réserver sur le plan d’occupation des sols (POS) ou le Plan local d’urbanisme (PLU) des espaces pour des équipements d’intérêts généraux, comme une école. Grâce à la gauche, il est désormais possible de le faire pour le logement social. Cela ne va pas changer la donne mais peut commencer à inverser le processus et réintroduire des classes modestes dans la ville.

Vous évoquez le droit à la ville. Quelle est la différence avec le droit au logement ?

La reconnaissance du droit au logement peut aider les gens à s’appuyer sur quelque chose pour que les droits sociaux aient la même valeur que le code civil. Mais il ne concerne directement que ceux qui sont mal logés ou pas logés du tout. Même si la classe moyenne ne choisit plus vraiment son logement, elle arrive à se débrouiller pour avoir un environnement urbain qui lui plaît. Le droit d’habiter partout ne veut pas dire grand chose. Le droit à la ville c’est le droit de participer à la construction de l’organisation urbaine. La ville nous appartient. Au-delà des propriétés foncières et immobilières, chacun doit avoir le droit de circuler en ville, s’asseoir sur n’importe quel banc, grignoter dans n’importe quel boulangerie. L’apparition de résidence fermée ou l’existence de grands ensembles repliés sur eux même entravent l’exercice de ce droit. L’espace public doit être libre d’accès et doit structurer la ville.

Recueilli par Ivan du Roy

http://www.bastamag.org/journal/article.php3?id_article=82
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