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 Le travail

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FleurOccitane
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Nombre de messages : 5959
Localisation : Toulouse
Date d'inscription : 30/04/2005

Le travail Empty
MessageSujet: Le travail   Le travail EmptySam 22 Avr à 19:26

Citation :

Le travail

Il y une ambiguïté dans inflation du discours et les dispositifs de contrôle, sur et par le travail, produits par État. Il y a une faille monstrueuse entre d'une part, l'expansion sans précédents de tout ce verbiage sur la valeur du travail et, d'autre part, son encadrement, la prolifération des modes de mise sous tutelle de l'accès à l'emploi et des l'actes même du travail salarié sous chantage de revenu de survie. Cette ambiguïté vient du fait que dans la progressive extension de l'esprit assistentiel du travail social partout, risque aussi de s'affaiblir évidence d'une socialisation "naturelle" au travers le monde du travail et ses modes d'exploitation disciplinaires. Là où il y avait le patron où les petits chefs plus ou moins sadiques avec leurs disciplines et leurs abrutissements, se trouve de plus en plus placé le travailleur social, l'éducateur au sens large, réel ou virtuel, avec sa mauvaise conscience et miné par son manque de légitimité, par des théories fumeuses mélangeant mystique républicaine, sociologie et psychologies interprétatives et tentant de manier des "représentations" dans un sentiment prégnant de manque d'autorité morale et, enfin, par la forte impression de s'en prendre plein la gueule pour pas grand chose. Là où État délimité des populations cibles (jeunes, chômeurs de longue durée, réfractaires de toutes sortes et pour plein de raisons, etc) il y aussi une culture du déprestige du travail qui prolifère. L'idée fulgurante que le travail salarié est un cruel artifice. Mais il y a encore plus : une propagation de irreprésentabilité du social en déliquescence, nourri d'anti-autoritarisme.

Que l'État fasse mine avec son état de guerre permanent, hybridant vielles disciplines, nouvelles formes de contrôle et piétas sociale humanitaire, de circonscrire des vastes régions du social pour son bien et pour la haute idée de l'intérêt général (ne pas laisser s'installer le chaos de la désocialisation et de la désaffiliation qu'impliquerait la déliquescence de la valeur du travail ), n'est pas pour nous surprendre. La gauche travaille dans ce sens depuis de plombes. Ce n'est pas la peine de énerver. Et les syndicats sont bien sur dans le coup. Ce qui est plus étrange c'est que notre horizon politique se conforme à la poursuite d'une chimère assurantielle, même si la mise en faillite généralisée de tous les modes de "protection" sociale atteint directement nos corps. Mais ce n'est pas parce que nous avons exécré les idéologies travaillistes y compris, et surtout, celles la "gauche de la gauche" ( la gauche de ma gauche dans un cercle ça donne ma droite 100% monoprix), que nous devons rester exclusivement dans l'espace d'un même problème, celui qui nous impose de nous centrer sur comment garder des miettes d'une protection sociale disloquée.

Se battre par tous les moyens disponibles, à un moment donnée (expertise, lobing, occupations, réseaux et alliances de circonstance pour tenter de parer au plus grave des réformes des annexes) comme le fait le CIP, me semble essentiel (d'ailleurs, ne jamais s'autoriser à donner des leçons de radicalité est un des principes politiques qui nous rassemble). S'inquiéter de l'urgence des échéanciers du spectacle de la politique dite générale par rapporta aux stratégies portant sur la visibilité de l'idée fixe du salaire social, qu'il s'agisse des élections présidentielles, de l'épouvantail Sarkozy ou des soucis des syndicats pour faire sortir plus de 10 000 personnes dans la rue lors d'une manifestation nationale, en est une autre. Cela nous met toujours dans une posture d'anticipation de ce qui fera événement assez pénible ("cette fois les lycéens vont-ils y aller ?", "ça frémit dans les Facs ?", "les enseignants se sont bougés ?", etc.) La démiurgie de événement dans l'espace du spectacle c'est une catastrophe politique même si c'est toujours beau une grève générale.

Alors on disait, par rapport au CPE, la nécessité d'énoncer le refus du travail salarié, de dire la nécessité de la défection. On a dit aussi le soutien de ceux qui sont victimes des effets de l'hystérisation de la discipline (le "radiateur" de l'ANPE, les émeutiers, les brûleurs des ANPE s'ils se font chopper). S'agit-il de radicaliser les bordures des espaces des manifs syndicales (par des occupations, énonciations discordantes, etc) et de fabriquer l'événement là où il n'y en a plus ? Je suppose que tout à la fois. Mais il semble de plus en plus nécessaire de penser aussi à des modes d'organisation de la précarité qui puisse faire exister le refus et des modes de vie précaires qui sont en elles-mêmes des gestes politiques collectifs. En dehors des cycles des frictionnels entre ceux qui participent à la cogestion moribonde du social.

anonyme article:53530 xyx
le lundi 13 mars 2006 à 23h49

http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=53530
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