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 L'anarchisme versus le communisme

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FleurOccitane
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MessageSujet: L'anarchisme versus le communisme   L'anarchisme versus le communisme EmptyVen 25 Nov à 15:09

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Anonyme, dimanche, 06/11/2005 - 11:30

Nos points d'ancrage et nos différences
L'Anarchisme versus le Communisme - Numéro 4, novembre 2001


Par Pierre Bibeau

La primauté accordée au marché de la libre entreprise, le discours pompeux de la classe bourgeoise, la publicité de plus en plus envahissante, un avenir bouché, une planète qui se meurt, des inégalités sociales qui vont en grandissant, voilà toute une panoplie de raisons qui font que de plus en plus de personnes veulent changer le système.

Parmi celles-ci, les jeunes constituent une force vive qui se radicalise. Des voix se lèvent et demandent d'abattre ce système de valeurs dépassé. Mais la question se pose : le remplacer par quoi et comment y arriver ? Faut-il tenter de réformer le système à la sauce social-démocrate (plusieurs variantes existent) ? Peut-on remplacer le système par une auto-gestion égalitaire et libertaire ? Quelle stratégie devrait-on adopter ?

Différents choix s'offrent à la gauche et autour de ceux-ci s'affrontent évidemment différents courants. Il y a entre autre les courants anarchistes ainsi que nous, les communistes. Certains points peuvent nous unir ; en même temps, nous avons aussi nos différences.

La solidarité et l'égalité
Les mouvements anarchistes de gauche et anti-capitalistes, par opposition à d'autres courants libertaires davantage associés aux idées de droite, sont évidemment plus proches de nous. Au sein de ces mouvements anarchistes de gauche, la solidarité et les principes d'égalité sont prédominants. Les anarchistes de gauche se rebellent contre toute forme d'autoritarisme, prônent l'auto-gestion et la démocratie directe, sont contre toute forme de centralisation des pouvoirs et défendent des principes égalitaires pour tous les citoyens.

Pour en arriver aux principes d'auto-gestion, leur chemin peuvent différer selon les conceptions ; certains voient de petites libérations populaires dans des initiatives locales de démocratie directe et croient à une amorce libertaire dans une hypothétique prise de contrôle citoyenne par un mouvement qui irait en s'élargissant. Il faut alors penser globalement, mais agir localement. D'autres ne recherchent pas vraiment l'élargissement du mouvement ; ils se voient surtout comme des contestataires. C'est le fameux "Ni Dieu, ni Maître".

L'anarcho-syndicalisme désigne les anarchistes qui oeuvrent dans les syndicats. En Amérique du nord, à cause de la formule Rand, du principe de "l'atelier fermé" et l'influence des grandes centrales, les anarcho-syndicalistes se voient confinés à militer dans une structure syndicale qu'ils exècrent le plus souvent. Ils ont en général de la misère à promouvoir au sein des syndicats leur mode d'actions directes et idéaux. En Europe, où la libre affiliation à une centrale syndicale existe, ils peuvent plus facilement investir une centrale. En Amérique du nord, les anarchistes préfèrent militer dans le milieu communautaire, où des structures plus souples peuvent sans doute mieux correspondre à leurs valeurs.

Les anarcho-communistes
Les anarcho-communistes, comme l'indique leur appellation, sont, par essence, encore plus proche de nous. Ils veulent l'avènement du communisme, sont d'accord pour mettre sur pied une organisation révolutionnaire afin de déloger le pouvoir, mais celle-ci ne reposerait pas sur le centralisme démocratique, ni sur la notion de parti d'avant-garde comme le conçoivent les communistes.

La plupart sont en même temps contre le concept de dictature du prolétariat. Nous partageons le même objectif révolutionnaire mais les anarcho-communistes semblent sauter l'étape du socialisme. Finalement, les anarcho-communistes sont en général unitaires et donc d'accord pour favoriser l'union des forces de gauche, ce que nous les communistes appelons le front uni.

Les communistes
Pour sa part, le mouvement communiste n'est pas forcément plus homogène. Ainsi, entre le très maoVste Sentier Lumineux au Pérou et le plutôt modéré Parti communiste en France, il y a beaucoup de différences. Dans ce contexte, nous nous restreindrons à décrire ce que nous, du Parti communiste du Québec et du Canada, prônons. La version finale de notre programme politique, tel qu'adoptée lors d'un congrès pan-canadien, en février dernier, sera bientôt disponible.

Comme bien d'autres, nous croyons que le système capitaliste est inique, destructeur et dépassé. Dans un tel contexte, il nous apparaît impératif de construire un parti qui réunirait les éléments conscients du peuple afin de coordonner la lutte. Ce parti, nous voulons le construire selon les préceptes du centralisme démocratique élaborés par Lénine, c'est à dire selon une conception où les orientations sont décidées par la base, mais dont l'application se fait à partir d'en haut. Il s'agit ici d'une démocratie de type ascenseur, du bas vers le haut, en même temps que du haut vers le bas. Il n'y a rien de bien sorcier dans tout cela. Le mouvement ouvrier utilise dans une certaine mesure le même type de fonctionnement. C'est une méthode déjà largement éprouvée malgré qu'elle ait souvent été dénaturée. Nous, les communistes, cherchons à unir la classe ouvrière en alliance avec les autres couches du peuple pour combattre la bourgeoisie monopoliste. Pour ce faire, nous sommes prêts à mettre sur pied ou à se joindre à une coalition de front uni de gauche.

Nos différences
Les anarchistes ont tendances à être plus frileux sur la question des alliances, surtout si cela concerne les élections. Ils s'opposent le plus souvent à toutes participation électorale, même dans un but tactique ; certains, encore plus sectaires, n'envisagent des coalitions qu'en fonction de monter des actions d'éclat.

Nous partageons, avec beaucoup d'anarchistes, une vision anti-capitaliste et nous sommes aussi d'accord avec eux sur la nécessité d'abolir les classes sociales ainsi que le salariat comme mode d'attribution des biens et services. Des points de convergence apparaissent aussi en ce qui concerne une extinction éventuelle de l'État et son remplacement par une démocratie directe des citoyens.

Par contre, et à l'opposé des anarchistes, nous ne pensons pas que l'extinction de l'État pourra se faire tout de suite après la prise du pouvoir. À notre point de vue, nous devrons encore, et pour une période plus ou moins longue suivant la prise du pouvoir, continuer à maintenir une forme de gouvernement parce que la bourgeoisie cherchera nécessairement à se ré-approprier le pouvoir pour stopper la révolution. Ce nouvel État, qui se construira sur les restes et les vestiges de l'ancien État, devra en même temps être radicalement différent de l'ancien. Il devra également trouver les moyens d'empêcher la bourgeoisie de reprendre le contrôle de la situation.

Les communistes parlent de cette période comme devant être la "dictature du prolétariat", par opposition à la dictature actuelle de la bourgeoisie. L'expression n'est pas nouvelle et demeure encore aujourd'hui souvent mal comprise. Contrairement à ce que plusieurs croient, les communistes ne sont pas pour autant favorables à plus d'État mais visent plutôt à créer, en même temps que la mise sur pied de la "dictature du prolétariat", une prise de pouvoir citoyenne qui, dans les faits, favorisera par la suite l'extinction progressive de l'État. Plusieurs conditions extérieures et intérieures viendront évidemment ralentir ou accélérer ce processus selon le cas.

À propos du rôle du mouvement ouvrier
Nous ne pouvons non plus être d'accord avec les anarchistes qui rejettent carrément, et de manière gauchiste, le rôle à jouer du mouvement ouvrier dans les luttes sur la seule base que les hautes directions actuelles dans certains syndicats se seraient engagées dans la voie de la collaboration de classe.

Autre différence : nous privilégions beaucoup plus le travail d'éducation et de mobilisation large que les actions d'éclat qui sont en général la marque de commerce des différentes mouvances anarchistes. A ce titre, nous sommes très clairement contre le terrorisme, autant d'un point de vue de l'idéologie sous-tendue que des stratégies qui y sont associées.

Globalement, et malgré nos différences, nous croyons néanmoins important de côtoyer les anarchistes de gauche. Ils doivent être reconnus, respectés et considérés comme des alliés dans la lutte contre le capital. Au dernier congrès du PCQ, nous avons invité le groupe anarchiste Émile Henry à venir prendre la parole devant les délégués-es. Cela n'est pas coutume au sein du mouvement communiste d'agir de la sorte mais nous l'avons fait ; cela montre la voie que nous voulons prendre.

Il est également bon de se faire critiquer (respectueusement, il va sans dire) et d'échanger des idées. Prenons par exemple la place de l'individu dans la société ; les anarchistes accordent une primauté manifeste à l'individu, tandis que les communistes privilégient les besoins collectifs aux besoins individuels. Par le passé nous avons eu tendance à minimiser grandement ces derniers en se disant qu'ils seront satisfaits à travers des besoins collectifs. La réalité vécue, entre autres dans les pays de l'Est, nous montre que ce transfert ne s'exécutait pas automatiquement, ni complètement. Certaines insuffisances devront être corrigées.

Soumis par Bolchévik

http://www.cmaq.net/fr/node.php?id=22754
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