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 Gastronomie : « Le plaisir est un droit de l’homme »

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wapasha
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wapasha

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Date d'inscription : 30/04/2005

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MessageSujet: Gastronomie : « Le plaisir est un droit de l’homme »   Gastronomie : « Le plaisir est un droit de l’homme » EmptyLun 3 Oct à 14:24

altermonde-levillage- lundi 3 octobre 2005, del
Gastronomie : « Le plaisir est un droit de l’homme »

Citation :
Depuis vingt ans, Carlo Petrini l’Italien et son mouvement mondial anti-McDonald’s, Slow Food, se veulent la conscience morale du bon produit. Des idées idéalistes, jouissives et révolutionnaires.

Une interview par Blaise Willa, Le Matin dimanche (Suisse), 18.09.2005, un auteur que l’on sent encore bien incrédule. Au-delà du mouvement lui-même, les arguments forts de Carlo Petrini contre la malbouffe et la consommation aveugle sont toujours bons à rappeler...

Anti-restauration rapide, anti-production de masse, anti-OGM, Carlo Petrini milite pour le goût et la bonne gastronomie, pour la jouissance du monde et la préservation des produits du terroir. « Pour être bon, un aliment doit être de qualité, être payé juste et respecter l’environnement », clame avec emphase l’Italien. Hédoniste, oui. Ignorant du monde, jamais.

- Carlo Petrini, quelles sont les priorités de Slow Food aujourd’hui ?

Nous voulons que les consommateurs comprennent que le monde doit changer ! L’environnement se dégrade et le patrimoine se rétrécit à vue d’œil. Le consommateur, pour échapper au joug de la publicité, doit s’intéresser à la culture alimentaire dans son sens large. Autrement dit connaître la provenance des aliments, les techniques de transformation des matières premières, s’intéresser aux communautés des petits producteurs, à l’environnement, au travail même des gens. Tout ce qu’on a un peu oublié aujourd’hui...

- Le consommateur doit-il donc exiger de tout savoir ?

Oui, d’une certaine manière. Prenez la vache folle : le consommateur doit s’exprimer, choisir son produit, et il sera entendu. Sa voix est une force ! C’est même l’unique réponse, aujourd’hui, pour la sauvegarde de la santé et de l’environnement. Quand je parle de culture gastronomique, c’est dans son sens large et, surtout, non élitaire ! Le bon produit alimentaire n’est pas seulement organique : il doit être bon, mais aussi propre, donc respectueux de l’environnement, et juste, c’est-à-dire que son producteur doit être rétribué avec justice. Sans ces trois conditions réunies, un produit ne peut être appelé bon.

- Neuf produits sur dix sont mauvais aujourd’hui !

Neuf sur dix sont industriels. Si l’on parle de production locale, c’est autre chose ! Nous devons absolument arrêter de faire voyager la nourriture et retrouver la production indigène.

- Que doit faire le consommateur ? Ne plus fréquenter les grandes surfaces ? Impossible...

La première règle de Slow Food, c’est d’aller doucement... Modifier les habitudes, avec la seule force de l’information, c’est long ! Vous achetez un poivron ? D’où vient-il ? De loin ? De chez le producteur local ? Aux États-unis, certains magasins inscrivent la distance, en kilomètres, qu’a parcourue un produit avant d’arriver au magasin. Nous ne devons plus supporter que la nourriture fraîche voyage autant qu’aujourd’hui, avec tout ce que cela indique d’essence et de produits conservateurs. Aujourd’hui, des Marchés Farmers Markets, dont la priorité est le rapport direct producteur-consommateur, ont pignon sur rue à Union Square, en plein New York ! Réjouissant, non ?

- Mais le consommateur paie souvent cher cette qualité...

C’est un travail lent mais irréversible ! Je suis convaincu que le pouvoir du consommateur est immense, et qu’il sera le plus gros pouvoir politique ! Cela dit, vous avez raison : c’est encore cher. Mais la nourriture pas chère, qui provoque des dégâts écologiques incroyables, suscite des coûts indirects de taille : les maladies, la fertilité du sol toujours plus exploité, le transport, l’air que nous respirons... Une facture que le consommateur oublie trop souvent ! Non, la bonne nourriture doit être bien payée ! Jamais, dans l’Histoire, on a dépensé si peu pour manger : en 1972, une famille italienne consacrait 32% du salaire pour l’alimentation. Aujourd’hui, 17% ! Et 12% pour le téléphone mobile ! Est-ce si cher de payer un peu plus pour le fromage et le jambon ?

- C’est donc de l’éducation, et rien que cela, que vous visez ?

Exactement ! La politique, à côté, c’est de l’onanisme ! Je mange un fromage. Immédiatement après, ce fromage devient Carlo Petrini. J’aime Carlo Petrini, donc je dois bien manger. Il suffirait de passer de 17% à 20% pour faire mieux ! Que se passe-t-il en temps de crise ? Tout le monde attaque le prix de la tomate, jamais du téléphone...

- Quel moyen avez-vous pour que cela change ? Le plaisir ?

Le plaisir est un allié. Notre société, hélas, a relégué le plaisir à l’état de péché. Mais il n’est pas antagoniste avec la santé et la moralité ! Je dirais même que le plaisir est un droit de l’homme. Reste l’environnement et le coût du produit. C’est une lutte transversale que nous avons entamée. Je dis toujours qu’un gastronome non écologiste est stupide : il ne sait pas ce qu’il mange.

- Comment acceptez-vous le sponsoring d’industries agro-alimentaires comme Lavazza ?

Nous avons différentes activités, comme Terra Madre, qui invitent des paysans, des pêcheurs et des nomades du monde entier. On travaille là pour un monde plus juste, sans sponsors. Pour les salons plus commerciaux, comme Cheese en ce moment, à Bra, ou le Salon du Goût à Turin, nous avons à faire des alliances avec des industries qui sont respectueuses de nos critères. C’est grâce à eux que nous faisons connaître les petits producteurs présents. Avec Lavazza, nous étions d’accord pour autant que les petits producteurs puissent aussi être présents. Résultat, Lavazza a ensuite commencé à s’approvisionner chez eux... C’est une reconversion douce, mais c’est celle qui est possible ! Slow Food ne dit qu’une chose au consommateur : prends ton destin en main !

cf. aussi www.slowfood.fr
source : http://altermonde-levillage.nuxit.net/article.php3?id_article=3807

@+

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Les conséquences de ce qu'on ne fait pas sont les plus graves.
Marcel MARIËN 1920
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