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 La destruction des palmiers-dattiers en Iraq

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wapasha
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wapasha

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MessageSujet: La destruction des palmiers-dattiers en Iraq   La destruction des palmiers-dattiers en Iraq EmptyJeu 1 Sep à 19:31

monde-solidaire-1er septembre 2005
La destruction des palmiers-dattiers en Iraq

Le palmier dattier est l’arbre emblématique de la Basse Mésopotamie ; ses fruits étaient offerts en offrande aux dieux dans l’Antiquité. Les dattes étaient restées l’un des produits de base de l’alimentation de l’Irak moderne. Avant l’embargo décrété en 1990 à la suite de l’invasion du Koweït, l’Irak, qui abritait plus de trente millions de palmiers dattiers et plusieurs centaines de variétés, était le premier exportateur de dattes au monde. Aujourd’hui, les palmeraies, saccagées par les troupes d’occupation et atteintes par une maladie inconnue, sont pratiquement détruites.


Citation :
Une ressource vitale pour la population depuis des millénaires

La destruction des palmiers-dattiers en Iraq PalmeraiesenIraq-s Palmeraies en irak

Les palmeraies étaient la fierté de l’Irak. Les palmiers-dattiers », dont l’existence est attestée dès le IVe millénaire en Mésopotamie, sont représentés dans les bas-reliefs de Ninive (VIIe siècle). Leur rendement avait été augmenté dès l’Antiquité grâce à la pollinisation artificielle. La durée de la productivité d’un arbre à plein régime est d’une soixantaine d’années. Les palmeraies irakiennes pouvaient atteindre plusieurs dizaines d’hectares.

Les dattes étaient depuis des millénaires l’un des produits de base de l’alimentation des populations de la région. En effet, elles sont très riches sur le plan nutritionnel, en calories (en moyenne 250 K/100g), en vitamines, en fibres et en minéraux (calcium, potassium, fer ?). Dans un pays où la température dépasse souvent 50° l’été, elles peuvent se conserver des mois sans réfrigération. Comme les figues, elles sont la base d’une boisson alcoolisée.

En outre, ces arbres fruitiers de grande taille (jusqu’à 20 m) jouent un rôle écologique primordial dans cette région aride. Tout d’abord, les palmiers dattiers possèdent un pouvoir de désalinisation du sol très efficace, particulièrement utile dans le Sud du pays, où près des trois quarts des terres irriguées souffrent de problèmes de salinité. Ensuite, leur ombre protège les écosystèmes fragiles du soleil, de la chaleur et des vents secs, et permet de réduire l’évaporation et de maintenir une humidité quasi constante, condition indispensable à la culture de plantes fragiles. Ainsi, les sols des palmeraies abritent d’autres cultures de base (caféiers, théiers, figuiers, pommiers, grenadiers ?).

Source de subsistance essentielle, les dattiers procurent également depuis l’Antiquité toute une série de sous-produits : les troncs étaient utilisés dans la construction des maisons, des bateaux et des canalisations après évidage, les restes des régimes nourrissaient le bétail, et la partie superficielle du tronc servait à la fabrication de cordages, de paniers et de nattes.

Les dattiers auraient pu contribuer à éviter la malnutrition et la sous-nutrition consécutives à l’embargo qui a tué un demi-million d’enfants irakiens.

Selon l’agence agricole de l’ONU, la FAO, l’Irak est le seul pays du monde à avoir connu une chute aussi rapide de ses disponibilités alimentaires au cours de la décennie 90 (c’est-à-dire après la mise en place de l’embargo et l’invasion de 1991). En 1995, chaque Iraquien ne recevait, en moyenne, que le tiers des calories quotidiennement nécessaires et on constatait des carences en minéraux et en vitamines (surtout A et C) dont les conséquences sont dramatiques (anémies, Kwashiorkor - maladie grave qui provoque des oedèmes et des amaigrissements extrêmes). Ainsi, entre 1990 et 2001, le nombre de cas de Kwashiorkor a été multiplié par soixante-dix, et celui de marasme par près de soixante.

Au cours de la même période, la disparition progressive des palmeraies a contraint les paysans à abandonner leurs terres et à émigrer vers les villes. La disparition d’une source primordiale de richesse pour la population irakienne, qui aurait pu constituer la base de son alimentation pendant les treize années d’embargo (et aujourd’hui encore), rendit la population totalement dépendante du programme « Pétrole contre nourriture » (résolution 986 d’avril 1995). Si ce programme et l’efficacité du rationnement par les autorités irakiennes ont permis d’éviter la famine, la santé nutritionnelle de la population irakienne, privée de la rare denrée locale qui lui aurait permis d’éviter la sous-nutrition et la malnutrition, s’est dégradée de façon dramatique. En 1999, un rapport de l’UNICEF attribuait à l’embargo la mort d’un demi-million d’enfants iraquiens [1].

Une hypothèse de l’origine de la maladie des palmiers dattiers dans le sud du pays est l’épandage d’agents chimiques par avion ou hélicoptère qui a été observée de façon récurrente par des paysans. Cet épandage n’a pu en aucun cas être effectué par des appareils irakiens, en raison de la situation des palmeraies en zone d’exclusion de vol (les « no-fly zones », déclarées unilatéralement par l’administration Clinton et les 1er ministres socialistes anglais et français). Ces zones ayant été étroitement surveillées (tout avion irakien survolant ces régions - les deux tiers du pays - étant abattu), seuls les anglo-américains sont susceptibles d’y avoir déversé des produits chimiques [2].

Un article du New York Times, après avoir rappelé que des millions d’arbres avaient brûlé pendant la guerre Iran-Irak, notait que « le déclenchement mystérieux de la maladie » était apparu juste après la « Guerre du Golfe ». « Les scientifiques irakiens identifient la maladie à une moisissure - le fusarium - qui attaque la couronne de l’arbre ( ?). On parle ici de la « maladie du palmier fou ». Le coeur du palmier vire du blanc au noir et dégage une odeur pestilentielle, explique Abbas Mahdi Jassim, directeur du Centre d’étude du palmier à l’université de Bassorah. Nous en lions l’origine à la guerre, car avant, nous ne connaissions pas cette maladie ». Le niveau de contagiosité élevé explique l’abattage des arbres et le fait qu’ils aient été brûlés, contrairement aux rumeurs répandues par une agence de propagande américaine qui attribuait ce fait à une volonté machiavélique du régime irakien d’affamer les populations chiites pour les rendre plus dépendantes du pouvoir central. En réalité, les Etats-Unis espéraient une rébellion des Chiites qui aurait conduit à une répression brutale, voire à une guerre civile.

Selon un expert agricole de l’ONU, le blanchissement progressif des branches des palmiers ne peut ni venir de la sécheresse - les arbres bénéficiant du système d’irrigation - ni de l’uranium appauvri. Cet expert « conclut qu’il s’agit d’un empoisonnement, dont la caractéristique principale est le blanchissement des tissus, par arrêt de la photosynthèse et du processus de transformation des acides aminés. La cause, selon lui, ne peut venir que de l’utilisation d’un défoliant, répandu à partir « du ciel ». Sa conviction est renforcée par ses observations d’un champ de tournesols, qui apparemment a subi le même sort. Il a recueilli les témoignages de paysans qui ont vu des avions déverser des produits sur leurs plantations.. » (Ludot, 98). L’expert affirme que les pesticides ne pourraient donner un tel résultat. En outre, les paysans sont obligés de travailler dans les champs avec des gants pour éviter des dermatoses et les femmes souffrent de nausées après leur journée de travail.

Les troupes d’Occupation détruisent les arbres fruitiers au titre de « punition collective »

Le grand reporter indépendant Patrick Cockburn a rapporté en octobre 2003 que les troupes américaines déracinaient de vieilles plantations de dattiers, d’orangers et de citronniers dans le centre le l’Irak - où les habitants dépendent entièrement des revenus de leurs vergers - à titre de « nouvelle politique de punition collective » contre la Résistance, très active dans cette région sunnite. Un journaliste a été brutalement empêché de prendre des photos de ces opérations.

Les troupes américaines sillonnent les rues des villes et des villages pour annoncer en arabe, à l’aide de haut-parleurs, que les arbres sont arrachés pour punir les paysans de leur refus de dénoncer les résistants. Interrogé par Patrick Cockburn sur la valeur de son verger, un propriétaire lui a répondu d’une voix étranglée : « C’est comme si quelqu’un me coupait les mains et que vous me demandiez combien mes mains valaient. »

Affamer un ennemi est une stratégie éprouvée depuis toujours (lors des sièges des villes fortifiées par exemple) ; empoisonner les terres pour les générations à venir est un phénomène nouveau apparu avec les « progrès » technologiques. Compte tenu de la situation actuelle, la cause exacte de la maladie des palmeraies irakiennes ne sera pas élucidée de sitôt. Si les produits déversés sur les palmeraies s’avéraient être effectivement des défoliants, quelles conséquences ces produits chimiques hautement toxiques, qui continuent de provoquer aujourd’hui des malformations congénitales au VietNam, au Laos et au Cambodge, auront-ils sur la population irakienne, déjà très atteinte par les conséquences de l’utilisation d’armes à l’utilisation appauvrie (et de substances chimiques diverses) qui n’a jamais cessé depuis 1991 ? Selon la Croix-Rouge vietnamienne, un million de personnes subiraient encore aujourd’hui les effets des défoliants.

La destruction des palmiers-dattiers et d’autres arbres fruitiers pourrait-elle faire partie de la politique de génocide culturel menée par les Etats-Unis en Irak, berceau de la civilisation, tout comme la destruction des oliveraies en Palestine par les Israéliens ? Les méthodes utilisées pour tenter d’éradiquer la Résistance des populations à l’Occupant sont les mêmes : destruction du patrimoine historique, des systèmes d’éducation, de santé, de l’agriculture, des infrastructures vitales et des habitations, éliminations physiques, tortures, humiliations, tentatives de division ethniques et religieuses...

Joëlle Penochet

Principales sources

ARNAUD, Bernadette : L’autre guerre chimique de l’Amérique, Science et Avenir, juin 2003, pp. 66-67
DR BRAHMI, Abdelkader : Rapport de mission en Irak, [-http://www.lai.org].
CLARK, Ramsey, et al. : The children are dying : The Impact of Sanctions on Iraq, New York, International Center,1998. (www.iacenter.org).
COCKBURN, Patrick : Des soldats américains déracinent des dattiers, des orangers..., The Independant on Sunday, 12 octobre 2003. http://www.alencontre.ca
Dictionnaire de la civilisation mésopotamienne, sous la direction de Francis Joanès, Robert Laffont, Paris, 2001
MACFARCQUAR, Neil dans le New York Time du 14 janvier 2003, cité par Emmanuel Ludot, p. 96.
LATOUR, Patricia : Embargo, crime contre l’humanité, in Irak, Guerre, embargo, mensonges et vidéo, Le Temps des Cerises, 1999, pp. 11-72.
LUDOT, Emmanuel : Saddam Hussein, Présumé coupable, Paris, Editions Carnot, 2004, p. 93.
DR L. PELLETT, Peter : Sanctions, alimentation nutrition et santé en Irak in L’Irak Assiégée, les conséquences mortelles de la guerre et des sanctions, Parangon, Paris, 2003, pp. 181-202.

Notes

[1] Selon Mme Albright, secrétaire d’Etat du président démocrate William Clinton, ce bilan était « le prix à payer » pour affaiblir le régime de Saddam Hussein (12 mai 1996). (Au total plus d’un million et demi d’Irakiens sont morts des suites de l’embargo).

[2] Rappelons que « l’agent orange » répandu sur le VietNam pendant dix ans (de 1961 à 1971), dont l’un des buts était d’affamer la population (opération « Ranch hand » décidée par l’administration Kennedy), a détruit, selon l’UNESCO, un cinquième de la superficie des forêts sud-vietnamiennes et plus de 200.000 ha de cultures.
source : http://www.monde-solidaire.org/spip/article.php3?id_article=2335

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Les conséquences de ce qu'on ne fait pas sont les plus graves.
Marcel MARIËN 1920
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