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 Un emploi stable pour tous ?

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FleurOccitane
Rang: Administrateur


Nombre de messages : 5959
Localisation : Toulouse
Date d'inscription : 30/04/2005

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MessageSujet: Un emploi stable pour tous ?   Un emploi stable pour tous ? EmptySam 13 Mai à 23:54

Citation :

Un emploi stable pour tous ?

Préambule


- Nous revendiquons « un emploi stable pour tous ». Est-ce que ça signifie que si on gagne, on devra tous bosser 40h par semaine pendant 40 ans, pour une tâche qui arrivera peut-être à passionner 5% des travailleurs et sera vécue comme une astreinte par les 95% restants ? - On dit ça pour la convergence ? « Un emploi stable pour tous », ça fait le lien avec les intermittents ? Avec les étudiants étrangers, privés de toutes formes de ressources, et eux, déjà condamnés au travail ? Pour eux, ON leur promet de stabiliser leur emploi ? - Et si nous parlions de nous ? Pas de cette image étrangère du « travailleur », modèle abstrait.c’est qui ? L’ouvrier disparu des usines de Bettancourt ? Les ouvrières Moulinex de la délocalisation ? Les pions de l’ échec scolaire ? Les étudiants des emplois fast-food ? Les lycéens. - Et le droit au salaire ? Le travail est mort, vive le travail ! - Nous constatons chaque jour cet état de fait, il n’y a plus de travail, ou pas assez pour tous. Est-ce si grave ? Pourquoi se battre inutilement alors que la bataille est perdue d’avance, et qu’elle ne peut se faire dans l’enthousiasme ? Le travail rend-il heureux ? Puisqu’il est devenu « précaire », pourquoi ne pas l’abolir ? Plus de précarité, de l’oisiveté.
Bien sûr, cette dernière est mère de tous les vices, tant mieux !

1. A propos de la valeur-travail

Est-ce qu’on pourrait pas plutôt prendre le problème à la racine, et se demander pourquoi, pour qui on bosse ?
Est-ce qu’on pourrait pas, finalement, arrêter de regarder le travail comme étant une valeur en soi, et se demander ce qu’on revendique réellement derrière cet enjeu illusoire ? C’est-à-dire, ce à quoi on a accès grâce à un emploi : un revenu, lui-même condition d’accès à la nourriture, au logement, à la culture ?
La « valeur travail » est un leurre, tellement gros, tellement osé qu’il en passe inaperçu. Des preuves ? Comptez le nombre de personnes qui bossent mais pourtant galèrent pour accéder à ce qu’est censé offrir leur revenu.
Alors quoi, ON nous dira que c’est le travail qui donne une valeur sociale aux gens, que c’est par le travail qu’on participe à « la société » et que c’est grâce à cet échange qu’on est en droit d’exiger des droits sociaux.
Chantage ! L’écart entre la productivité réelle et les droits auxquels elle donne accès est tel qu’on peut se retrouver, aujourd’hui, à bosser 40h par semaine tout en dormant dehors, sommé de choisir entre l’accès au logement (hors de prix) et celui à la nourriture.
Se pose alors LA question : mais où passent donc notre argent, notre production ? Des éléments de réponse nous sautent aux yeux, mais là encore il faut accepter de les voir :
- les multinationales de l’énergie ont engrangé des bénéfices records en 2005 ; les actionnaires se remplissent les poches ;
- la multinationale WalMart déclare près de 150 MILLIARDS ( !) de dollars de bénéfice cette année, somme supérieure au PIB de 140 pays dans le monde ;
- l’entreprise EDF, nationalisée grâce aux cotisations et impôts des français, et donc propriété collective de ceux-ci, leur est aujourd’hui revendue sous forme d’actions.

2. Le mythe du progrès et ses avatars

Remontons un peu le cours de l’Histoire : dans les années d’après-guerre, la croissance est au plus fort. L’accès aux biens de consommation se « démocratise », le développement de l’industrie et de la technique permettent d’atteindre des taux de productivité record. Le « progrès » technique nous promet pour demain la libération du travail, l’effort étant effectué par des machines. On remplace donc les gens par des machines (moyennant un certain pompage de l’énergie de la planète), et on se retrouve avec un taux de chômage qui rapidement atteint les 10% de la « population active », et s’y installe.
Et là, ON commence à nous dire que ces « inactifs » doivent retourner au boulot. Que s’ils ne travaillent pas, tout va se casser la gueule. Qu’ils vivent comme des parasites en profitant du travail des autres.
Y’a pas une arnaque, là ? ON s’est donné les moyens de libérer 10% de la population de l’obligation de travailler, et maintenant ON leur reproche de ne rien foutre ?
Une autre réponse à cette observation aurait pu être de se féliciter de cette libération, de considérer ce fait que le travail effectué par 90% de la « population active » du pays permet de faire vivre 100% de sa population. Et à partir de là, si ON tient vraiment à ce que tout le monde apporte ostensiblement sa pierre à l’édifice, s’organiser pour que cette masse de travail soit répartie entre les 100% de la population active, collectivement libérée (par répartition) de 10% du temps de travail.
MAIS NON. L’occasion était trop bonne. La création durable de 10% de population « inactive » a créé une aubaine merveilleuse pour nos employeurs : alors qu’à une certaine époque, il y avait trop de travail à faire et pas assez de gens pour l’effectuer (rappelez-vous, l’immigration en masse de travailleurs parqués dans ces cités-dortoirs, aujourd’hui stigmatisés pour « le bruit et l’odeur »), aujourd’hui il y a trop de travailleurs pour la masse de boulot à effectuer. Ce qui permet de créer une nouvelle forme de chantage : si TU ne travailles pas 40h/semaine pour un salaire misérable, dit le patron, quelqu’un acceptera de la faire à ta place. Et débrouille-toi pour survivre sans revenu.

3. Créer de l’emploi ?

Donc, résumons rapidement : ON nous a vendu le mythe du progrès comme promesse de libération du travail. ON a réussi effectivement à libérer 10% de la population du travail, ou bien potentiellement à libérer tout le monde de 10% de son temps de travail. Pourtant, 30 ans après, on travaille toujours autant, et les personnes libérées sont culpabilisées, traquées, sommées de se mettre au boulot.
C’est que, il faut le dire, on a créé de nouveaux emplois : déjà, les emplois de ceux qui gèrent et traquent les 10% de chômeurs (qui seront eux-mêmes au chômage si le chômage disparaît.) ; on peut aussi évoquer les « emplois » de ceux qui travaillent à nous bombarder de publicité toute la journée (budget mondial de la pub : 500 milliards de dollars) ; les emplois de ceux qui bossent pour dépolluer les rivières qu’ont pollué, par leurs exigences en énergie, ceux qui bossent à créer de nouveaux besoins ; les emplois de ceux qui sont payés pour passer des coups de fil toute la journée pour qu’on achète le dernier portable 4G, en augmentant son abonnement (son crédit.) de seulement 10 ?/mois ; les emplois de chasseurs de tête, de courtier en assurance, d’ huissier-qui-expulsent-des-gens-de-chez-eux-parce-qu’ils-n’ont-pas-d’emploi-mais-qu’il-vont-en-donner-un-à-ceux-qui-bossent-pour-réinsérer-les-improductifs.la liste est longue, vous avez sûrement vous aussi des idées en tête.
Donc, re-résumons : alors qu’on avait réussi à se libérer d’une partie du temps de travail nécessaire à la satisfaction pour tous des besoins fondamentaux, on a donc créé de nouveaux emplois correspondant à de nouveaux besoins, souvent payants, auxquels on veut tellement avoir accès qu’on va nous aussi aller bosser dans n’importe quoi pour gagner en « pouvoir d’achat ». Pour créer de nouveaux emplois, maintenir la croissance des profits, on a rendu payantes des choses auparavant gratuites, ce qui justifie qu’on bosse pour y avoir accès : la culture, l’éducation sont devenues payantes (et chères !). Novartis et Monsanto possèdent les gènes des graines qu’ils diffusent, et peuvent donc interdire aux paysans de se les passer (quand les plans vendus ne sont pas stériles). Bientôt on nous vendra l’air qu’on respire. Bienvenue à GATTACA !

Il n’est pas besoin d’être économiste ou sociologue pour comprendre le fond du problème : c’est qu’à la base, si on s’organise collectivement, en « société », c’est parce qu’ensemble on est plus fort. Parce qu’en mettant en commun nos ressources et nos créations, on peut rendre la vie plus facile et plus agréable pour tous.
Sauf si l’effort collectif est accaparé par quelques-uns qui s’installent un paradis de consommation derrière des barbelés et en excluent les autres.
Et que ceux-ci, installés dans leur tour d’ivoire (le « siège social », ou le gouvernement, ou la villa sur la côte.), nous disent qu’il faut continuer à travailler et à créer de nouveaux besoins, de nouveaux emplois, parce qu’on n’en fait pas encore assez pour se reposer enfin. Alors que la réalité, c’est que EUX se reposent, se prétendent au-dessus de la masse, et la gèrent afin qu’elle continue à leur assurer, par son astreinte à la valeur-travail, les conditions de leur supériorité.
En guise de conclusion

Encore un résumé (bref) : ON S’EST FAIT AVOIR SUR TOUTE LA LIGNE !

Vous en voulez une, de solution pour dépasser la question du chômage, du CPE, de la précarité ? Elle tient en quelques mots : diminution et partage du temps de travail, partage des richesses produites, des savoirs et des compétences, arrêt des productions néfastes et abrutissantes, dans le respect des ressources naturelle et humaines.
La semaine de 12 h pour tout le monde, et le reste du temps pour les passions. Libérés, le temps, les énergies, la créativité.
Renforcées, la solidarité et la liberté.
Rencontres, échanges, partage des tâches chiantes mais nécessaires, partage des activités riches et passionnantes.
Droit à la paresse. Pour tous.

Utopie ? Non, pragmatisme solidaire. L’utopie (horrible), c’est de continuer à croire qu’en engraissant les exploiteurs de toute nature, ils nous laisseront suffisamment de miettes pour qu’on soit heureux.

ON S’Y MET ?

Texte circulant à la fac de Limoges


Source/auteur : ac forum
Mis en ligne le samedi 15 avril 2006, par Ludo

http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=8256
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