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 Vivre à Gaza lorsque tombent 300 obus israéliens par jour

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FleurOccitane
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MessageSujet: Vivre à Gaza lorsque tombent 300 obus israéliens par jour   Vivre à Gaza lorsque tombent 300 obus israéliens par jour EmptySam 13 Mai à 20:56

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"Vivre" à Gaza lorsque tombent 300 obus israéliens par jour
de BEIT LAHIYA


Le squelette d’un décodeur satellite traîne dans les ruines de la maison de la famille Ghaben, à Beit Lahiya, dans le nord de la bande de Gaza. Quelques minutes avant l’impact, Hadil, 8 ans, avait éteint la télévision pour permettre à son grand frère de préparer dans le calme sa tawjihia (le baccalauréat palestinien). "Soudain, les bombardements israéliens ont repris, raconte Safeya, la mère. Les déflagrations se rapprochaient de chez nous. J’ai réuni mes enfants autour de moi et je leur ai interdit de sortir. Après quelques secondes, j’ai ressenti une violente douleur dans le dos et un coup sur la tête, comme si l’on m’assommait. J’ai vu une boule de feu et j’ai perdu connaissance". A son réveil, ce mardi matin 11 avril, à l’hôpital, Safeya a appris que Hadil était morte et que neuf autres de ses onze enfants avaient été blessés, dont trois sérieusement.

L’obus a laissé une trouée large comme deux ballons de football dans le mauvais toit de tôle. La déflagration a fait voler en éclats les murs de l’entrée. Les parpaings sont dispersés dans la courette. Comme souvent, les tirs avaient commencé en fin d’après-midi. Les onze enfants Ghaben étaient occupés à lire et à jouer dans la pièce principale. Le père, Mohammed, un peintre en bâtiment au chômage, se promenait dans le lacis de ruelles sablonneuses qui entoure sa maison, en bordure des serres et des dunes qui jalonnent le nord de la bande de Gaza. Le fracas des premières explosions n’avait pas troublé la famille.

Depuis plus d’un mois que les canons israéliens pilonnent la région pour prévenir les tirs de roquettes artisanales par les groupes armés, les habitants ont appris à dompter leur peur. En général, les obus s’écrasaient dans les champs environnants, abandonnés depuis leur destruction par les bulldozers israéliens. Ou ils explosaient sur les ruines des anciennes colonies. Ces sites sont utilisés par les militants palestiniens pour la mise à feu de leurs roquettes Qassam, des engins de fortune qui atteignent parfois la zone industrielle d’Ashkelon, mais plus généralement la ville de Sdérot, toute proche. Dans la majorité des cas, ces charges tombent dans l’eau ou en rase campagne, sans faire de dégât. Des habitants de Sdérot ont toutefois été tués.

"UNE ERREUR QUI ENGENDRE LA HAINE" Le ministre israélien de la défense, Shaul Mofaz, a annoncé, mardi, un durcissement des opérations militaires. "Tant que le calme ne régnera pas du côté israélien, il ne régnera pas du côté palestinien. Nos opérations vont prendre plus d’ampleur", a-t-il affirmé. Selon les médias israéliens, l’armée a étendu la "zone interdite" soumise aux bombardements, de sorte que sa limite ne se trouve plus à présent qu’à 100 mètres des habitations, alors qu’elle était distante de 300 mètres auparavant. Près de 300 obus tombent chaque jour sur le nord de la bande de Gaza.

Les tirs de barrage de l’artillerie israélienne avaient-ils obligé, ce jour-là, les combattants palestiniens à se retrancher dans les zones habitées de Beit Lahiya ? C’est ce qu’affirme l’armée israélienne, qui a présenté ses excuses pour la mort de Hadil. Dans les gravats de sa maisonnette, où il fume cigarette sur cigarette, Mohammed réfute cette explication. "C’est un prétexte qu’ils donnent dès que des enfants sont touchés. Il n’y avait pas de militants par chez nous. On ne les aurait pas laissé faire de toute façon."

Le lendemain du drame, un officier israélien a joint Mohammed au téléphone. Alors que d’habitude l’armée s’empresse d’annuler les éventuels permis d’entrée en Israël dont bénéficient les proches des victimes, par crainte d’une possible vengeance, son interlocuteur, au contraire, lui a proposé de lui donner un permis en guise de réparation. "Il parlait en arabe, raconte Mohammed. Il m’a dit s’appeler Gavi et être responsable des frontières. Pendant vingt ans j’ai travaillé en Israël, jusqu’à ce que mon permis me soit retiré sans raison il y a un an et demi. J’ai repoussé son offre. Comment peut-il imaginer que je puisse avoir envie de voir des juifs après ce qui m’est arrivé ?"

Une tente de deuil est dressée pour les femmes en retrait de la maison. Safeya, le visage boursouflée par le chagrin, y reçoit les condoléances de ses voisines, avec dans les bras sa dernière-née, Rana, 3 ans, main bandée et joues mouchetées de brûlures. Assis sur la même couverture, Mounir, 9 ans, une compresse sur l’oeil, avale des biscuits, l’air absent. "Il est dans la même école que Hadil, explique Haïfa, la directrice. Ses camarades sont tous choqués. Comment enseigner la paix à des enfants dans des conditions pareilles ?"

Une voix s’élève parmi les femmes. Aziza, professeur d’arabe, interpelle le "journaliste français". "Pourquoi votre gouvernement a-t-il arrêté son aide au peuple palestinien ?, s’exclame-t-elle. Qu’avons-nous fait pour mériter d’être punis ? Les occidentaux ne veulent pas nous soutenir, en plus ils font pression sur le monde arabe pour qu’il cesse de nous envoyer de l’argent. Le jour où nous avons mis en application la démocratie que vous nous avez demandée, nous sommes devenus un ennemi. C’est une erreur qui va engendrer de la haine entre les peuples". - (Intérim.)

http://www.lemonde.fr/web/article/0...

De : BEIT LAHIYA
jeudi 13 avril 2006

http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=26330
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