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 Wall Street : le conte des deux fermiers

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FleurOccitane
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MessageSujet: Wall Street : le conte des deux fermiers   Wall Street : le conte des deux fermiers EmptyDim 23 Avr à 1:06

Citation :

Wall Street : le conte des deux fermiers

par Peter Schiff, le 17 mars 2006

http://www.321gold.com/editorials/s...

Voyant jusqu’à quelle hallucinante extrêmité Wall Street a pu aller pour minimiser l’importance des énormes déficits affichés dans les comptes du quatrième trimestre 2005 et dans les résultats financiers mensuels de janvier 2006, j’ai pensé qu’une analogie simple serait utile pour mettre cette situation dans une perspective appropriée.

Cette analogie est particulièrement opportune au vu du rapport sur le marché du travail publié la semaine dernière, qui a révélé que 240.000 Américains de plus avaient trouvé un emploi dans le secteur des services et des constructions de logements. La croissance de ces secteurs garantit que les déficits du commerce et des comptes courants seront encore plus grands, pour la bonne raison que ces ouvriers nouvellement employés échangent leurs revenus contre des biens réels que le reste du monde produit. Cependant, la décision récente du gouvernement américain d’empêcher une compagnie de Dubaï d’acheter des ports des Etats-Unis, après la décision similaire d’empêcher une compagnie chinoise d’acquérir la société pétrolière Unocal Corp. l’année dernière, peut avoir comme conséquence que les producteurs du reste du monde réévaluent finalement l’intérêt d’échanger de vraies marchandises contre des avoirs américains qui ne peuvent être rachetés ni pour des biens ni pour actifs.

Le conte des deux fermiers

Le fermier Chang cultive seulement des oranges. Le fermier Jones cultive seulement des pommes. Chacun cultive seulement le fruit qu’il produit le plus efficacement, échangeant son excédent avec les fruits cultivés par l’autre. Les deux fermiers tirent bénéfice de la concurrence et du libre échange. La seule raison pour laquelle le fermier Chang exporte ses oranges est de pouvoir importer des pommes et réciproquement.

Supposez qu’une année, le gel détruit la récolte de pommes de Jones. N’ayant aucun fruit à échanger, mais néanmoins affamé, il propose d’échanger les oranges de Chang contre des avoirs en pommes. Puisque Chang ne peut pas manger toutes ses oranges qu’il a produites de toute façon, et puisque Jones lui payera un intérêt de 10% (en pommes supplémentaires naturellement), il est d’accord.

Chang accepte seulement l’offre de Jones en raison des avoirs en pommes que Jones a promis de payer. En eux-mêmes, les avoirs n’ont aucune valeur intrinsèque. Chang ne peut pas les manger. C’est seulement la promesse de payer en pommes qui leur donne la valeur.

Supposez maintenant que, l’année suivante, la récolte de Jones est de nouveau détruite, cette fois par une inondation. Lui et Chang feront de nouveau la même transaction, avec Jones obtenant plus des oranges de Chang, et Chang acceptant plus d’avoirs de Jones.

Supposez maintenant que des calamités similaires continuent à accabler Jones pendant plusieurs années, avec Chang continuant à accepter les avoirs producteurs d’intérêts en pommes de Jones en échange de ses oranges. En final, il apparaît que Jones mange tout à fait correctement, sans cultiver réellement. Il décide donc de transformer son verger en terrain de golf, et simplement de jouer au golf toute la journée tout en profitant des oranges de Chang. En d’autres termes, Jones opére maintenant une "économie de services."

Chang d’autre part est si occupé à cultiver ses oranges qu’il n’aura jamais la chance de jouer au golf chez Jones. En fait, il a accepté les avoirs de Jones pendant tellement longtemps qu’il ne se rappelle plus de la raison première de cette manière de procéder. Il a oublié son désir original de manger réellement les vraies pommes que Jones avait promis de livrer. Au lieu de cela, il compte maintenant sa richesse basée seulement sur son accumulation d’avoirs en pommes.

En fait, Jones a acquis une si bonne réputation au sein de la communauté des exploitants agricoles que Chang pouvait réellement faire du commerce avec les avoirs de Jones pour acheter des marchandises et de services fournis par d’autres fermiers et négociants locaux. Apparemment personne n’a pris la peine de noter que le verger de Jones était devenu un terrain de golf, et que ses avoirs étaient donc sans valeur, car Jones n’a plus la capacité de reconvertir ses avoirs en des pommes réelles.

Certains pourraient arguer du fait que la communauté entière dépend maintenant de Jones et de ses avoirs sans valeur et que chacun les acceptera indifféremment plutôt que de reconnaître la réalité de leur folie. Naturellement, si ces révélations venaient à se produire, tous les porteurs malheureux des avoirs de Jones seraient officiellement contraints de réaliser leurs pertes. Cependant, leur véritable situation financière finirait par s’améliorer, car cela mettrait un terme aux échanges contre des avoirs sans valeur. Quant à Chang, il apprécierait littéralement à nouveau tous les fruits de son travail.

Le vrai perdant naturellement serait Jones, car sans verger viable ou sans capacité d’acheter des oranges à crédit, il mourrait de faim. Cela lui prendrait des années pour transformer son terrain de golf à nouveau en verger, pour retrouver son savoir-faire de fermier, et pour remplacer son matériel désuet ou dilapidé (à condition qu’il n’ait l’ait pas vendu pour acheter des voiturettes et des clubs en titane). En fin de compte, sa seule alternative pourrait être de vendre son terrain de golf à Chang et de se faire embaucher comme cueilleur dans son orangeraie.

Peter Schiff

[NDT : Et si Jones forçait Chang et ses acolytes à continuer à accepter ses avoirs sous la menace, par exemple ... d’un bombardement atomique ?]

De : Peter Schiff
vendredi 17 mars 2006

http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=24415
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