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 L’abolition du salariat - Claude Berger

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FleurOccitane
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Date d'inscription : 30/04/2005

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MessageSujet: L’abolition du salariat - Claude Berger   L’abolition du salariat - Claude Berger EmptyMer 29 Mar à 16:56

Citation :

L’abolition du salariat - Claude Berger

jeudi 9 février 2006 par collectif rto

Des nouvelles formes de luttes, de vie, de savoir, de pouvoir apparaissent au cours de tous les conflits du travail ou dans les multiples crises que connaissent les institutions : elles contestent l’exploitation mais aussi l’oppression du travail salarié.

L’abolition du salariat - Claude Berger Karosssssshi

L’abolition du salariat : c’est ce que les luttes récentes- depuis le grand mouvement de 1968 - portent en germe Mais un " germe " doit se mûrir pour parvenir à maturité sans être détruit. Voilà pourquoi une réflexion et un débat sont nécessaires entre tous les participants de ces luttes sur la base de leurs expériences D’autant plus qu’on ne peut faire confiance à personne d’autres qu’à nous-mêmes pour discuter, Pour préparer dans la lutte, ce qui sera possible demain : l’auto-émancipation des travailleurs. Du Chili au Portugal, de l’Espagne en Italie, via la France, on commence à en être convaincu. Voilà pourquoi notre groupe s’est réuni et vous invite à faire de même en vous soumettant ses réflexions : dans le but de susciter des pratiques nouvelles, cohérentes, convergentes, contre le salariat lui même et contre son Etat.

Nous sommes un groupe de femmes et d’hommes vivant des situations différentes Nous exerçons des professions diverses, ouvriers, employés, techniciens, enseignants, praticiens salariés, étudiants, éducateurs, nous sommes syndiqués ou non (1). Nous avons vécu ou soutenu un certain nombre de luttes Nous estimons qu’elles sont, par leur vie-même collective et solidaire, porteuses d’un projet radicalement nouveau de société égalitaire sans classe, sans exploitation, sans oppression, sans état, avec pour fondement principal la suppression du travail salarié, l’abolition du salariat.

Nous nous sommes réunis (2) parce que nous pensons que de tels rapports communautaires nés dans la lutte exigent des pratiques nouvelles de façon à prolonger la véritable rupture qu’ils introduisent dans le système. Pourtant, à aucun moment, autant dans les activités limitées par l’organisation syndicale que dans le militantisme, l’activisme, te rituel, tes " programmes "des partis politiques qu’ils soient de gauche ou d’extrême-gauche, nous ne retrouvons rien des pratiques communautaires et émancipatrices, des pratiques de rupture de ta lutte, rien du germe et du projet de société nouvelle qui s’y sont développés.

Il y a là, certes, un rapport avec le fait que ces mêmes partis et syndicats sont incapables d’opérer la critique réelle de la société actuelle ; ou avec le fait qu’ambitionnant de supprimer le capitalisme privé, ils entendent conserver et développer l’accumulation d’un capital " public ", toujours fondé sur l’exploitation et l’oppression du travail salarié, sans jamais mettre en cause la masse de travaux socialement inutiles que celles-ci présupposent.

Si partis de gauche, d’extrême-gauche et syndicats désignent la société actuelle du nom de " société capitaliste " se plaçant ainsi du point de vue de "exploitation capitaliste du travail "et non de " société salariale ", ce n’est donc pas par hasard .

Or la société antique ne fut pas seulement " antique " , ce fut celle de l’esclavage. Quant à la société féodale, elle fut celle du servage. La société de classe capitaliste est donc d’abord celle du salariat... Si tant est que c’est le mode d’exploitation, donc d’oppression du travail qui caractérise une société. Par conséquent le socialisme réel ne peut être que celui qui abolit le salariat. Mais syndicats et partis butent sur la définition du salariat.

I. QU’ EST CE QUE LE SALARIAT ?

L’abolition du salariat - Claude Berger Karoshi

Esclavagisme, servage, salariat ..où est la différence ? Le salariat, c’est la forme la plus subtile de l’exploitation et de l’oppression. On se croit " libre travailleur " mais on subi l’enfermement au travail tout en n’étant soi-même qu’une marchandise concurrente des autres travailleurs sur le marché du travail. Pour le reste, on est soumis au Pouvoir comme à tous les pouvoirs, au soi-disant savoir, à la consommation marchande, à l’individualisme, à tous les enfermements, à la vie en miettes enfin.

Le salariat, ce n’est pas seulement le salaire, c’est-à-dire la prétendue rétribution du travail, une fois ôtée la plus-value drainant le surtravail extorqué au travailleur. Ce n’est pas non plus la simple exploitation d’un travail qui pourra ne pas être exploité... Non, le salariat désigne un mode particulier - capitaliste - bourgeois - marchand - d’exploitation du travail au moyen d’une oppression elle-même très particulière du travailleur dans son travail et hors du travail. Une oppression qui vise précisément à engendrer le travail sous forme de marchandise, à produire et à maintenir les travailleurs par le biais de ce travail et des institutions sous la forme de simples vendeurs-concurrents entre eux, de leur force de travail. Le salariat nécessite donc des lieux de travail bien coercitifs, bien séparés les uns des autres, bien concentrés ou éparpillés selon les circonstances et selon les impératifs qui ne relèvent nullement de la technologie mais de la réalisation du taux de profit ou de la seule tranquillité du capital face à la résistance ouvrière.

L’abolition du salariat - Claude Berger Karo

Le salariat nécessite tout un ensemble d’institutions destinées à préparer ou à perpétuer l’oppression du travail et la soumission des travailleurs dans l’existence elle-même. Le salariat, c’est donc le mode d’oppression du travail et de l’existence, nécessaire à l’exploitation capitaliste.

Mais cette définition n’est pas une théorie extérieure à nos luttes. Ce sont elles qui sont porteuses de critique révolutionnaire. Ce sont elles qui nous montrent que tout pourrait marcher autrement. Lorsque nous luttons pour des revendications immédiates - contre l’exploitation - ce qui devient essentiel, ce qui prépare la rupture, c’est que nous osons vivre ensemble, que nous commençons à nous associer en dépit de tous les obstacles et de toutes les hiérarchies.

C’est cela qui nous permet de comprendre pratiquement que le salariat repose. sur notre concurrence mutuelle et notre soumission aux pouvoirs : Concurrents à l’intérieur de l’usine, de la " boite " , au moyen de la division du travail, de la parcellisation des tâches, de l’attachement au même poste de travail toute une vie, de la cotation par poste et soumis aux commandements du capital et du savoir qui lui est allié... Concurrents sur le marché du travail et soumis à l’Etat...

Concurrents sur les bancs de l’école où nous avons été sélectionnés, notés, soumis à l’autorité du maître-agent de l’Etat, il ne nous restera plus que le "petit choix " d’acheter des choses.

Et nous serons alors des " libres " consommateurs de biens périssables, souvent dangereux, renforçant l’isolement des salariés et perpétuant notre soumission à la puissance de la super-marchandise qui réalise enfin la plus-value extorquée sur notre travail.

Il nous restera encore l’autre " petit choix ", celui de voter : nous serons de "libres" citoyens votant chaque vingt-huit saisons pour renouveler la tête de l’Etat qui nous opprime et maintenir le règne du travail salarié. Le travail capitaliste - le salariat -c’est donc un processus qui permet d’extorquer de la plus-value mais aussi du pouvoir, du savoir, de la culture, du temps libre, des loisirs pour les concentrer dans des lieux clos et séparés qui, tous, dominent les travailleurs hors de leur travail : l’Etat, l’Ecole, l’Armée, l’Université, l’Information, la Culture avec un grand C, la Famille, les Partis, la Classe Bourgeoise et ses Alliés... Le travail capitaliste - le salariat - engendre, exige l’atomisation des travailleurs leur solitude, la division de leur vie au travail et hors du travail, leur soumission institutionnelle, la division entre ce qui serait " politique " et non-politique, économique, existentiel ; bref l’oppression du travail salarié engendre, exige la décomposition de l’existence des travailleurs.

Notes :

1 CFDT pour la majorité 2, A la suite du débat public autour du livre, Marx, l’association, l’anti-Lénine, vers l’abolition du salariat " de Claude Berger Editions Payot, Petite Bibliothèque, No 238, 294 p, 14,50 F, dont les thèses sont reprises ici .

La suite ici : http://www.mondialisme.org/article.php3?id_article=489&?id_rubrique=17

http://www.collectif-rto.org/article.php3?id_article=50
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