AccueilAccueil  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  
-10%
Le deal à ne pas rater :
HUAWEI MateBook – PC Portable 13″
899 € 999 €
Voir le deal

 

 La misère des clandestins

Aller en bas 
AuteurMessage
wapasha
Langue pendue
wapasha

Nombre de messages : 4560
Localisation : Pays des Abers
Date d'inscription : 30/04/2005

La misère des clandestins Empty
MessageSujet: La misère des clandestins   La misère des clandestins EmptyDim 22 Mai à 17:07

humanite-21 mai 2005
La misère des clandestins

En Andalousie, les travailleurs immigrés, non encore régularisés, vivent cachés au milieu des plantations dans un extrême dénuement.


Citation :
correspondance particulière.

« Voilà dans quoi vivent les Marocains, ici, en Andalousie ! » Abdelkader Shasha désigne d’un geste circulaire le campement : des baraques de bric et de broc, surtout de plastique. Des déchets à même le sol, vaguement entassés. Un résidu d’ordures brûlées, au milieu des boîtes de conserve rouillées. Tout autour, la mer de plastique des serres agricoles, qui ont permis l’essor de la région : les fruits et légumes produits ici sont consommés dans toute l’Europe. C’est dans ces serres que travaillent les habitants de ce camp. Des hommes, jeunes pour la plupart, pauvrement vêtus, qui hésitent d’abord à se montrer, puis reconnaissent le syndicaliste et s’approchent, confiants. Abdelkader milite au Syndicat des ouvriers agricoles (SOC), qui dans la région d’Alméria organise surtout les travailleurs immigrés venus du Maroc et d’Afrique subsaharienne. Comme Laaroussi Elmorabiti, qui l’accompagne. Aujourd’hui, c’est samedi, l’après-midi personne ne travaille, Abdelkader et Laaroussi en profitent pour aller à la rencontre des travailleurs. Ici, tous sont marocains, la plupart clandestins. Khalid est l’un d’entre eux. Il a vingt-deux ans, pas très grand, les yeux très noirs, plissés par un sourire. Il est arrivé « sur une barque de passeur, une patera, comme presque tous ici ». Lui a transité par Tanger. Il a travaillé dans divers lieux, avant d’atterrir ici, à El Ejido, à 30 km au sud d’Alméria.

Comme les autres, lorsqu’il n’a pas de travail, il se rend tous les jours à 6 heures du matin à un endroit connu de tous où il attend une éventuelle embauche pour 3 jours, une semaine, parfois pour une durée plus longue. Quand il travaille, il gagne entre 26 et 30 euros par jour.

« Venez prendre le thé ! » lance quelqu’un. Dans la baraque-salon, un lapin écorché pend, une goutte de sang au bout du nez. Avec la chaleur, l’odeur de la chair à vif est écoeurante. Six hommes sont assis sur des caisses, de vieux matelas, une chaise d’enfant. Et la discussion commence. Les syndicalistes parlent surtout de la procédure de régularisation mise en place par une loi votée en janvier dernier. « Il faut un contrat de travail de 3 mois minimum, explique Laaroussi, une preuve de résidence sur le sol espagnol antérieure au 7 août 2004, un casier judiciaire vierge dans le pays d’origine. » « Pour moi, c’est bon, je suis arrivé le 8... Non, le 6 août 2004 », lance Khalid, malicieux. « Et j’ai de la chance, mon patron est sympa, il m’a signé un contrat de 3 mois, alors que je ne travaille chez lui que depuis 20 jours. »

« Il faut se dépêcher, poursuit Abdelkader, la loi ne donne que jusqu’au 7 mai prochain pour réunir toutes les pièces. Au-delà, tous ceux qui seront pris sans papiers seront expulsés systématiquement. » C’est du moins ce qu’affirme le gouvernement. Car le SOC estime que sur les 80 000 travailleurs des serres d’Andalousie 35 000 sont clandestins, et que seuls 15 000 à 18 000 seront régularisés. Quid des autres ? « Ils vivront dans une précarité encore plus grande, devront peut-être accepter des salaires plus bas. »

« Dès que j’ai mes papiers, je pars d’ici, affirme Khalid. Ici, les gens sont trop racistes, ils nous considèrent comme moins que rien. J’irai en Catalogne, en Galice, je ne sais pas, mais loin d’ici ! » Laaroussi confirme, amer : « Il est très difficile de trouver un propriétaire qui accepte de louer à un Marocain. Et quand ça arrive, les voisins espagnols déménagent. Au bout d’un an, mon immeuble n’était plus habité que par des Marocains. » C’est pourquoi, même régularisés, beaucoup d’immigrants continuent souvent de vivre loin des villes, dans des camps misérables comme celui-ci.

La région, qui doit une grande partie de sa richesse au travail de ces hommes, est loin de les accueillir à bras ouverts. En 2000, des émeutes racistes avaient enflammé El Ejido. Le 13 février dernier, Hazzouz Hosni, un travailleur marocain, a été assassiné par un groupe d’inconnus dans la même ville, sans que depuis la police n’ait arrêté de suspect.

« La police ? » Abdelkader s’empourpre : « Ici, la plupart des policiers sont racistes. Ils nous harcèlent. On ne peut pas marcher dans la rue sans être contrôlé. Si on ose protester, ils frappent. Et comment voulez-vous porter plainte ou dénoncer ces actes quand vous n’avez pas de papiers ? Alors, tout ça reste impuni. »

À l’heure où s’exacerbe le débat sur l’Europe, celle-ci ferait bien d’ouvrir les yeux sur cette enclave de tiers-monde à l’intérieur de ses propres frontières.

Pierre Doury
source : http://www.humanite.fr/journal/2005-05-21/2005-05-21-634763

@+

_________________
Les conséquences de ce qu'on ne fait pas sont les plus graves.
Marcel MARIËN 1920
La misère des clandestins Ban_01
Revenir en haut Aller en bas
 
La misère des clandestins
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Discutaction :: Parlons-en ... actualité et dossiers de fond :: Société :: Immigration et droit d'asile-
Sauter vers:  
Ne ratez plus aucun deal !
Abonnez-vous pour recevoir par notification une sélection des meilleurs deals chaque jour.
IgnorerAutoriser