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 7 juin-3 juillet : Marche pour la décroissance

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FleurOccitane
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MessageSujet: 7 juin-3 juillet : Marche pour la décroissance   7 juin-3 juillet : Marche pour la décroissance EmptySam 21 Mai à 15:07

Citation :

Marche pour la décroissance du 7 juin (Lyon) au 3 juillet 2005 (Magny-Cours)

Dans la tradition des grandes marches non-violentes, une grande marche pour la décroissance se déroulera au mois de juin 2005.

Une grande marche ouverte à tous ceux qui résistent à cette société de consommation, de gaspillage et de croissance dont seules la technique et la science seraient les remèdes.

Une grande marche ouverte à tous ceux qui comprennent que pour transformer ce monde, il faut aussi transformer son mode de vie, et en finir avec l'idéologie publicitaire. Une grande marche conviviale sur les chemins, sans aucun moteur, en prenant le temps de discuter et d'échanger. Une grande marche avec François Schneider et l'ânesse Jujube qui parcourent la France depuis 1 an pour la décroissance.

Une grande marche qui se conclura le 3 juillet 2005 devant le circuit de Magny-Cours pendant le Grand Prix de France de Formule1, ultime symbole de tous les gaspillages.

Réservez dès aujourd'hui ce temps pour ce grand événement.

http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=6322

http://www.decroissance.org/marche/

http://www.decroissance.org/marche/affmarche05_pe.jpg


Dernière édition par le Mer 10 Aoû à 2:31, édité 1 fois
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wapasha
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MessageSujet: Re: 7 juin-3 juillet : Marche pour la décroissance   7 juin-3 juillet : Marche pour la décroissance EmptyLun 23 Mai à 16:25

bellaciao-lundi 23 mai 2005
Marche pour la décroissance

Du 7 juin (Lyon) au 3 juillet 2005 (Magny-Cours)

Citation :
7 juin-3 juillet : Marche pour la décroissance Affmarche05_pe-s "Dans la tradition des grandes marches non-violentes, une grande marche pour la décroissance se déroulera au mois de juin 2005. Une grande marche ouverte à tous ceux qui résistent à cette société de consommation, de gaspillage et de croissance dont seules la technique et la science seraient les remèdes. Une grande marche ouverte à tous ceux qui comprennent que pour transformer ce monde, il faut aussi transformer son mode de vie, et en finir avec l’idéologie publicitaire. Une grande marche conviviale sur les chemins, sans aucun moteur, en prenant le temps de discuter et d’échanger. Une grande marche avec François Schneider et l’ânesse Jujube qui parcourent la France depuis 1 an pour la décroissance [1].

La marche commencera le 4 juin à Lyon et se conclura le 3 juillet 2005 devant le circuit de Magny-Cours pendant le Grand Prix de France de Formule1, ultime symbole de tous les gaspillages."

José Bové, Albert Jacquard, Jacques Testard, Majid Rahnema, Paul Ariès, Serge Latouche, François Schneider, l’ânesse Jujube, figurent parmi les personnalités qui seront présentes pour la Marche pour la décroissance.

7 juin-3 juillet : Marche pour la décroissance Marche_decroissance_carte

Retenez d’ors et déjà cette date, libérez vous quelques jours, une semaine, un mois pour venir marcher avec nous. Tous ensemble nous ferons annuler le Grand-Prix de France de Formule 1 de 2005 !

http://www.decroissance.org/marche/

Un évènement organisé par "Casseurs de pub".

7 juin-3 juillet : Marche pour la décroissance Affmarche05_pe

[1] François Schneider, docteur en écologie, continue sa marche pour la décroissance soutenable, accompagnée de l’ânesse Jujube. Ils ont déjà parcouru 1500 km à pied, depuis le mois de juillet. Dès le 10 février, retrouvez-les à Carcassonne pour des conférences. François continue son chemin vers Montpellier. Suivez son périple sur :http://www.decroissance.org/francois/index.htm
source : http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=15290

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MessageSujet: Re: 7 juin-3 juillet : Marche pour la décroissance   7 juin-3 juillet : Marche pour la décroissance EmptyMer 8 Juin à 14:37

altermonde.levillage- mercredi 8 juin 2005, Anonyme XXI
En direct de la marche pour la décroissance
PREMIÈRE JOURNÉE DE MARCHE AVEC L’ÂNE JUJUBE EN DIRECTION DU GRAND PRIX DE F1


Voici un résumé de cette première journée de marche. Une centaine de citoyens venant de partout en France marchent de Lyon jusqu’à Magny-court, pour propager l’idée de la décroissance et pour contester le "sport automobile".


Citation :
L’attente

Ce matin, un peu avant 10h00, place Lyautet à Lyon, quelques personnes sont assises sur des bancs : jusque là, rien d’anormal. Je m’approche : c’est bien le groupe pour le départ de la marche pour la décroissance, organisée par le journal du même nom et plusieurs associations.

Premiers contacts. Le groupe grossit. Les médias marchands arrivent : TLM, FR3, M6 et quelques autres de la presse écrite.

Nous attendons les 2 ânes, dont le fameux Jujube. Les voici, accompagnés de François Schneider, notre colporteur nationale de la décroissance.

Le départ est reporté à 10h30. Le groupe a considérablement grossi et atteint environ 150 personnes. Vincent Cheynet, organisateur de l’événement, donne le ton, avec humour, sur l’objectif de cette marche : contester l’existence du grand prix de Formule 1 à Magny-court. La F1 ou comment entasser des foules pour regarder béatement une vingtaine de milliardaire consommer de l’essence... et faire l’apologie du gaspillage, de la vitesse et de la violence.

Le départ

Nous partons.
Cet attroupement de marcheurs en pleine ville a déjà quelque chose d’étrange. Quelques automobilistes klaxonnent d’impatience, mais la plupart sont compréhensifs. Thomas, organisateur de la marche, nous a préparé un itinéraire décroissant : nous sillonnons la ville à l’insu des automobilistes.

Nous commençons par franchir la Saône sur la passerelle St Georges (superbe point de vue), nous montons la plus vieille rue de Lyon - la montée du Gourguillon - et nous traversons ensuite les vieilles rues pavées (ce qu’il en reste) et une ancienne voie ferrée qui nous amène à l’Etoile d’Alaï.

Quelques mètres plus loin, nous trouvons un champ au bord d’une rivière : l’endroit idéal pour le pic-nic du midi.

Pendant la marche, les contacts se font spontanément. La parole vient simplement, et selon les interlocuteurs, la conversation s’approfondit parfois. Le repas est à nouveau un temps d’échange, de partage, un temps paisible pour se retrouver, faire une sieste, ou faire tourner la bouteille de bière.

Les cheveux sont longs, rebelles, et souvent noués en queue de cheval, pour les femmes et aussi pour les hommes. De jolies jeunes filles, des jeunes hommes ayant fière allure, des barbus, des retraités, une lycéenne qui rentrera chez elle ce soir... Voilà une bien belle tribu... Pas une tribu de marchands de téléphones portables !

Beaucoup de gens sont là pour la journée, pour cette première journée. Certains reviendront en court de route ou pour la fin. Chacun y va à sa mesure, selon ses moyens.

Nous repartons.
Le soleil nous chauffe le visage. Nous croisons une première fois des gendarmes qui nous questionnent (c’est une manifestation ? non, c’est une marche. il y a une autorisation déposée en préfecture ? ben non, pas pour la marche, y’en a pas besoin. et vous allez dormir où ? au camping de Vaugneray.).

Nous les croisons une deuxième fois, des autres, aussi curieux et dubitatifs. Puis nous les retrouvons garés à un rond-point : ils nous attendent. On dirait que pour eux aussi, c’est l’événement de la journée !

Enfin une draille ombragée. Tout le monde se pose, dans la longueur du chemin. On discute, on roule une clope, on boit beaucoup d’eau. Je commence à échanger quelques sujets militants : les médias libres, le référendum pour la TCE, la question du relais politique pour la décroissance...

En quelques heures, voilà une dizaine de visages nouveaux avec lesquels j’ai pu échanger déjà en profondeur, et partager une complicité, comme si on se connaissait déjà depuis longtemps. Ce sentiment est très agréable.

L’arrivée

Nous arrivons au village de Vaugneray. Là, on split : certains redescendent à Lyon en bus, les autres montent au camping, et pour ma part, je rejoins quelques révolutionnaires, buveurs de bière en terrasse.

Au camping, le groupe compte encore une centaine de personnes, posées là en vrac, dans l’herbe. On sent la fatigue de la journée sur les visages, et le bonheur de glander enfin.

Puis François, celui qui s’occupe des ânes, nous propose de former un grand cercle : à 100, ça fait vraiment un grand cercle. Et il propose que nous fassions connaissance vis-à-vis du groupe, en indiquant chacun notre prénom, notre ville ou région d’origine, et 2 mots auxquels nous tenons.

Les gens sont venus de partout en France. Il y a également des allemands, un polonais... Notre marche est internationale, tout au moins européenne (et quand je pense à l’édito de Serge July plein de mépris pour le peuple, au lendemain du vote pour le non, quel con celui-là, il a rien compris !)

Ensuite, François nous propose d’échanger sur l’organisation de la marche. L’alimentation, le rythme de la marche, les horaires, les pauses... Et nous vivons à nouveau le déchirement par rapport à l’automobile : faut-il une "voiture balais" qui permet de délester les marcheurs, ou de transporter les plus fatigués ? Faut-il au contraire répartir les sacs lourds à plusieurs personnes, voire à charger un peu les ânes ? C’est plutôt cette option qui est approuvée à la majorité, pour rester dans la logique de l’autonomie, du partage et du rejet de l’automobile, point clé de la décroissance.

Les bons mots fusent, les personnages sont parfois théâtraux, nous rions souvent, facilement, simplement. L’ambiance est "bon enfant", le groupe dégage une énergie positive, chaleureuse, pleine d’entrain et portée vers l’avenir : c’est aussi très agréable de ressentir ça. Comme dit l’un d’entre nous : c’est bon de ne plus se sentir seul.

Quelques exemples de propositions qui nous changent de nos comportements habituels : cueillette de plantes sauvages pour se nourrir et se soigner, pratique du jeûne, massages, confection de galettes cuites au feu de bois, infokiosque (journaux et informations militantes)...

L’assemblée est levée. Le soleil est tombé et le froid monte. Pour se réchauffer, nous concentrons le cercle et formont un gros tas humain dans lequel nous sentons la chaleur des corps. Effectivement, ça réchauffe et ça donne envie de rire !

Dispersion

Et puis le groupe se disperse. On se prépare au repas. Je sers la main des quelques compagnons de route, on se reverra peut-être pour la fin de la marche, fin juin.

Et bientôt, je me retrouve seul sur mon vélo, avec la vue panoramique sur l’agglomération lyonnaise, un beau soleil rougeoyant et un vent glacial de face. Mais c’est que de la descente. Je refais les 18 km dans l’autre sens, et en une heure un quart, je suis chez moi. Nous faut-il vraiment une bagnole pour partir en week-end dans les environs ?

Et me voilà ce soir à rédiger ce texte, le visage rouge d’un gros coup de soleil de paysan, et la tête pleine de pensées joyeuses.

je vous embrasse tous, marcheurs et lecteurs.

Anonyme XXI, marcheur pacifique.
source : http://altermonde.levillage.org/article.php3?id_article=2952

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MessageSujet: Re: 7 juin-3 juillet : Marche pour la décroissance   7 juin-3 juillet : Marche pour la décroissance EmptyMer 8 Juin à 23:27

altermonde.levillageMADELEINE R.-mercredi 8 juin 2005
Interview de Paul Ariès à la vielle de la Marche pour la décroissance.

Madeleine R. et moi-même, avons rencontré Paul Ariès, le 6 juin 2005 à l’occasion d’une passionnante conférence sur le lancement de la « Marche pour la décroissance » qui débutait le lendemain (voir En direct de la marche pour la décroissance & LANCEMENT DES ÉTATS GÉNÉRAUX DE LA DÉCROISSANCE ÉQUITABLE) et qui doit se terminer à Magny-Cours le 3 juillet pour, notamment, protester contre le grand prix de formule 1, prototype d’un gaspillage totalement inutile et nuisible...

Citation :
Madeleine a interrogé, pour Radio d’Ici (Loire), Paul Ariès qui s’est aimablement prêté à ce petit « interrogatoire »...

Madeleine :
Bonjour, Monsieur Paul Ariès.

Paul Ariès : Bonjour !

Madeleine : Vous êtes à Lyon pour ouvrir la marche pour la décroissance avec d’autres personnalités comme Monsieur Majid Rahnema, diplomate, ancien ministre et écrivain, ainsi que Monsieur François Schneider... Qu’avez-vous à nous dire à ce sujet, donc au sujet de la décroissance ?

Paul Ariès : La décroissance est fondée en fait sur deux constats : le premier constat, c’est qu’aujourd’hui on a 20% des humains qui consomment 86% des ressources. Le deuxième constat, c’est que si on voulait tous vivre comme des Français moyens, il ne faudrait pas une seule planète terre, il en faudrait quatre, et si on voulait vivre comme des Américains moyens, il faudrait six planètes ! Autrement dit, je dirais qu’il n’y a pas de croissance infinie dans un monde fini. Quand on a fait ce constat, finalement, ça pose deux questions essentielles. La première question, c’est celle du partage. Qui dit partage, dit bien sûr la question de la démocratie. C’est-à-dire que va-t-on produire, que va-t-on consommer ? Et c’est vrai que le discours de la décroissance est un discours où on dit finalement : il ne s’agit pas seulement de mieux répartir le gâteau, mais il s’agit aussi de changer la recette du gâteau. C’est-à-dire qu’il va falloir nécessairement arriver à inventer une société dans laquelle on consommera moins de biens, parce que je dirais qu’il n’est pas possible de faire autrement mais dans laquelle on aura plus de liens sociaux. C’est-à-dire dans laquelle la qualité des relations humaines primera effectivement sur l’économie.

Madeleine : Alors comment convaincre les Français de changer d’attitude face à la consommation ? Et, en ce sens, le NON à la Constitution peut-il être une aide ?

Paul Ariès : Je crois que le NON à la Constitution était un phénomène très important. C’était un phénomène très important parce que, déjà, ça montre la capacité, aujourd’hui, de dire NON, c’est-à-dire la capacité de s’opposer alors qu’on avait un bourrage de crânes extraordinaire de toutes les élites. Deuxièmement, ça montre tout simplement que les gens sont en recherche, en attente de quelque chose, et il me semble qu’il est possible, finalement, aujourd’hui, de résoudre à la fois, je dirais les questions sociales et les questions environnementales. Et, si on arrive à marier ce qu’on appelait le pôle rouge et le pôle vert, effectivement, à partir de ce moment-là, il devient possible, je dirais, de marier à la fois ce qu’on pourrait appeler le « principe responsabilité », c’est-à-dire : Quelle politique pour pouvoir transmettre à nos enfants une planète viable, et en même temps, d’arriver, je dirais, à résoudre le développement extraordinaire, aujourd’hui des inégalités à l’échelle à la fois de la planète, des pays de plus en plus riches et des pays de plus en plus pauvres, mais aussi tout simplement au niveau des individus.

Le projet de décroissance, je dirais que c’est à la fois ce qu’on appelle un mot « obus », qui sert à pulvériser l’idéologie dominante, c’est aussi une façon de dire qu’il faut sortir de la société de consommation. Parce que de toute façon, cette société de consommation, elle n’est pas jouissive ! Depuis les années cinquante, la croissance a été de 2% en moyenne par an ! Est-ce que notre bonheur a augmenté de 2% en moyenne par an ? Je dirais que c’est bien sûr absurde, mais en même temps c’est ce qu’on nous sert tous les jours au journal télévisé. Il n’y a pas de société qui puisse reposer sur l’idéologie de la croissance ! Sinon, on va commencer par consommer ou surconsommer des objets, puis on va commencer par consommer d’autres humains, par le développement aussi bien de la violence, le développement du harcèlement au travail, le développement des incivilités, et puis on va finir, après avoir consommé des objets et d’autres humains, par se consommer soi-même.

Développement, aujourd’hui, des pathologies mentales : En France on a actuellement un jeune sur sept qui souffre de pathologie mentale ; alors, ce n’est pas franco-français, c’est un phénomène lié en fait tout simplement à ce type de société ; développement aussi, de plus en plus important, chez les jeunes du suicide ! Donc, il faut sortir de cette logique de consommation. Mais la décroissance, en même temps, je dirais que ce n’est pas l’idéalisation du passé, ce n’est pas revenir à la belle époque de la bougie, même si la bougie ça peut être agréable pour les repas amoureux ! Non, la décroissance, c’est véritablement, je dirais l’idée que... ce n’est pas la décroissance de tout et pour tout le monde ! C’est la décroissance pour les plus opulents, sinon il y aurait même un danger à tenir ce discours. Ce serait, finalement, d’être, en quelque sorte, on pourrait dire, les soutiens ou les soutiers du Medef et de dire aux milieux populaires « il faut se serrer un peu plus la ceinture et comment osez-vous vous révolter, comment osez-vous protester alors qu’il y a plus pauvres que vous ? »

Donc, la décroissance c’est véritablement le début, je dirais, on est tout à fait au début d’un mouvement pour essayer de proposer, effectivement, un modèle global à l’échelle planétaire qui permette de faire tout simplement, non seulement, avec les contraintes environnementales, mais aussi avec les enjeux sociaux. Et de ce fait-là, je dirais, la décroissance c’est aussi une façon de réaffirmer l’importance du politique. C’est-à-dire qu’il n’y aura pas de décroissance possible si les citoyens ne prennent pas, effectivement, cette question en main. Et j’aurais tendance à dire que le choix, aujourd’hui, n’est, pour le plus grand nombre, pas entre la croissance et la décroissance : pour le plus grand nombre des humains, le choix, il est entre la récession, c’est-à-dire la croissance négative et tout simplement la décroissance, c’est-à-dire tout simplement le partage d’autres richesses.

Et moi, ma grande crainte, si effectivement, la question de la décroissance ne devient pas un enjeu politique, un projet politique, c’est que finalement, une récession généralisée nous soit imposée, mais je dirais que dans ce cas-là on arriverait véritablement à une sorte de régime très policier, une sorte de totalitarisme soft ce qu’un grand écrivain américain appelle « un enfer climatisé ». Et moi, je considère que, aujourd’hui, il faut à la fois poursuivre les combats de nos anciens qui ont eu raison de mener les luttes qu’ils ont menées et en même temps essayer de tirer les leçons de ces échecs. C’est-à-dire pourquoi, depuis plusieurs siècles de combat, on n’est toujours pas arrivé et de se rendre compte que, eh bien, finalement, par exemple, il faut peut-être élargir la notion de solidarité. Il ne faut pas voir seulement une sorte de vision horizontale de la solidarité, c’est-à-dire entre tous les humains qui vivent en ce moment sur la planète, mais aussi, avoir une solidarité verticale, c’est-à-dire avec les générations suivantes. Il y a un proverbe africain merveilleux qui est de dire tout simplement que « la planète que nous habitons nous a été prêtée par nos enfants ».

Madeleine : Alors, Monsieur Paul Ariès, qu’aimeriez-vous dire pour conclure ?

Paul Ariès : Pour conclure, je crois que ce qui est important, c’est que les gens prennent, je dirais, cette question de la décroissance comme étant un des grands enjeux citoyens, et c’est vrai que notre objectif, c’est d’arriver à articuler trois types de résistance, aujourd’hui, à la société : la résistance individuelle, ce qu’on appelle aussi la simplicité volontaire, essayer de vivre le plus possible en conformité avec nos valeurs, c’est-à-dire tout simplement ne pas trop nuire à la planète, ne pas trop manger plus que sa part. Deuxième niveau de résistance, ce sont toutes les expérimentations collectives. Je dirais que ça passe par le développement d’une agriculture paysanne, par les semences paysannes, c’est tout ce qui est du domaine des coopératives de productions ou d’achats, ce sont les collectifs citoyens qui peuvent se mettre en place.

Mais là encore je dirais que ces deux niveaux tout seuls ne sont pas suffisants parce que finalement on pourrait très bien nous enfermer dans la marginalité. Il y a un troisième niveau, me semble-t-il, nécessaire, qui est celui de l’articulation politique, c’est-à-dire la possibilité ou pas de construire un projet politique. Et c’est vrai qu’aujourd’hui, il y a une possibilité, y a des forces qui travaillent pour aller vers ce qu’on appelle un projet de la présentation de la décroissance équitable, notamment au moment de 2007. Et la prochaine grande étape, ça va être la réunion à Lyon, le 16 octobre, du lancement des Etats Généraux de la décroissance. Et l’objectif, ça va être tout simplement que pendant neuf mois, des centaines de comités, partout en France, prennent en charge les grandes questions : quoi manger, comment travailler, comment décider, etc. ? Et de voir si, à travers toute cette pensée qui va éclore, ces cahiers de doléance qui vont surgir, est-ce que oui ou non les conditions, je dirais morales, politiques, sont prêtes pour que la décroissance puisse apparaître tout simplement comme un projet politique. Ce me semblerait, effectivement, important pour ne pas laisser tout simplement la scène politique, l’espace politique, dans les mains de nos adversaires « croissansistes » et déjà aussi, simplement, pour pouvoir se compter, c’est-à-dire pour que les personnes qui s’inscrivent aujourd’hui dans une logique de décroissance n’aient pas le sentiment d’être, je dirais, une infime minorité négligeable.

Madeleine : Merci Monsieur Paul Ariès ! Je rappelle que vous êtes politologue, et écrivain.

Paul Ariès : Merci !
source : http://altermonde.levillage.org/article.php3?id_article=2956

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MessageSujet: MARCHE pour la DECROISSANCE   7 juin-3 juillet : Marche pour la décroissance EmptyJeu 9 Juin à 19:46

bellaciao-jeudi 9 juin 2005
MARCHE pour la DECROISSANCE

En marche pour une alternative au développement :
les dés sont jetés pour 2007


Citation :
7 juin-3 juillet : Marche pour la décroissance Moulin-3 - La saison des vacances approche, les hommes politiques sont groggys, les militants eux, aspirent au repos avant une nouvelle tempête à la rentrée(des mouvements sociaux ?).
Le tourisme responsable fait des adeptes, les randonneurs suivent des pistes nouvelles, en quête d’air frais après cette campagne qui laisse des traces(à gôche)et des courbatures...


- Dans les chantiers post-référendum du Non, la perspective de l’après 29 Mai interpelle les milieux « décroissants » et écologistes autour de la question démocratique et de l’investissement durable dans le champ politique. Des groupes dont les Alternatifs se sont engagés sur cette voie avec l’espoir de mettre la question environnementale(largement occultée pendant la campagne référendaire)sur la place publique. Les gros médias poursuivent leur entreprise d’intoxication télévisuelle (mais qui est donc la nouvelle ministre de l’écologie ? -Nelly Olin qui sort de l’exclusion-) ; la campagne du « défi pour la Terre » de N.Hulot soutenue par les grands industriels pollueurs nous interpelle et nous conduit à une extrême vigilance quant aux mythes de la croissance et du développement durable. Sur les chemins de France et Navarre, on entend parler de la candidature J.Bové comme candidat rassembleur de la « vraie » gauche en 2007... car comme dirait le grand Nicolas, l’heure est aux actes politiques et à la responsabilité citoyenne ! La France a soif (aujourd’hui le pétrole est bleu), l’incendie du tunnel de Fréjus ramènera-t-il un peu de débat public dans la promotion de transports moins polluants ? Combien de catastrophes encore avant l’avènement du ferroutage et du « mer-outage » ?

Etats généraux de la « décroissance équitable » en octobre 2005 à Lyon

- Un appel pour construire des candidatures communes « pour une décroissance équitable » est lancé pour les élections présidentielles et législatives de 2007, comme en 1974, prolongeant en 2005 le débat sur limites et des dangers du productivisme et les initiatives politiques, sociales et culturelles pendant neuf mois.
En 2005, on privilégie une « alternative-décroissance » ancrée dans les luttes et les expérimentations concrètes de tous ceux qui résistent à la folie du système et veulent rompre avec le productivisme et l’économisme dominants, et le développementalisme.

Extraits de l’appel :

ce système conduit à quatre grandes impasses historiques :

Une impasse écologique (pollutions, changement climatique, épuisement des ressources naturelles, réduction de la biodiversité), une impasse sociale (explosion des inégalités entre les peuples et les individus, insécurité sociale), une impasse humaine (développement du mal être et de ses pathologies, « crétinisation » de masse, destruction de la diversité des cultures), une impasse politique (crise de la démocratie, renforcement du contrôle social et de la répression).
- Des solutions passent par le partage des richesses avec la nécessité de travailler à l’articulation de ces trois moments de la résistance : individuelle, collective et politique. Enfin il s’agit d’offrir aux objecteurs de croissance, aux militants qui combattent la « malbouffe », l’agression publicitaire, l’exploitation économique, l’insécurité sociale, les multiples formes de domination (sexisme, racisme, racisme anti-jeune ou anti-vieux), le démantèlement des services publics, un réel débouché politique.
- La « décroissance équitable (d.é) » constitue un mouvement diversifié dont la grande nouveauté est d’accorder la même importance aux questions sociales, environnementales et politiques. Nous nous inscrivons dans la transmission des valeurs humanistes, émancipatrices et démocratiques. Mais nous voulons introduire une véritable rupture face à l’aveuglement des politiques traditionnelles de droite ou de gauche enfermées dans l’idée d’un monde sans limites. Nous n’entendons pas substituer à l’idéologie de la croissance un contre-système idéologique mais d’abord rétablir l’esprit critique face aux impasses de la société de croissance. Nous voulons réintroduire un véritable dissensus au sein des discours politiques, dissensus qui est la condition même d’un fonctionnement réellement démocratique de nos sociétés. La décroissance est aussi un moyen de conquête de la démocratie.
1) L’état écologique de la planète rend plus nécessaire que jamais une rupture avec le système. Mais ben que tous nos adversaires pratiquent un véritable autisme par rapport aux enjeux planétaires, nous ne devons pas succomber à une vision cauchemardesque totalement démobilisatrice. Nous devons rappeler que même en l’absence de blocage de notre civilisation par des contraintes naturelles, le passage à une société de « d.é » serait humainement souhaitable.
2) La « d.é » parce qu’elle suppose de faire mondialement mieux avec moins impose comme fondamental le choix de produire d’autres biens socialement plus utiles. La « d.é » n’est donc pas la décroissance de tout et pour tous. Les pauvres (pays ou personnes) sont les premières victimes de la crise actuelle (et des catastrophes à venir) et, à ce titre, sont aussi les premiers intéressés à une politique de la d.é. L’alternative n’est pas pour eux entre croissance et décroissance mais entre récession et décroissance.
3) La « d.é » est inséparable de l’invention d’autres pratiques politiques : parce quelle repose sur un autre partage d’autres richesses elle place la politique au sommet. La « d.é » est inséparable de la reconquête du politique et de la démocratie. Nous ne sommes pas porteur d’une vision passéiste ou nostalgique : nul n’âge d’or n’est derrière nous, même si nous remettons en cause la vision linéaire du « développement » et du « progrès ». dans le rejet du productivisme et de la société de consommation, un rendez-vous est donné à Lyon à l’automne 2005 pour ériger cette ville en capitale de la Résistance contre l’idéologie « développementaliste » en y tenant les Etats généraux de la « d.é » avec l’ensemble des mouvements, réseaux et individus signataires.
Au menu en octobre, dix thématiques de réflexion : nourrir, habiter, soigner, transmettre, informer, fabriquer, partager, désarmer, décider, réenchanter...

Marche pour la décroissance du 7 juin (Lyon) au 3 juillet 2005 (Magny-Cours)


Dans la tradition des grandes marches non-violentes, une marche pour la décroissance se déroule au mois de juin 2005 et s’achève à Nevers. Une grande marche ouverte à tous ceux qui résistent à cette société de consommation, de gaspillage et de croissance dont seules la technique et la science seraient les remèdes, à tous ceux qui comprennent que pour transformer ce monde, il faut aussi transformer son mode de vie, et en finir avec l’idéologie publicitaire, une marche conviviale sur les chemins, sans aucun moteur, en prenant le temps de discuter et d’échanger...

Construisons la résistance active contre la pensée unique !
« Nous demandons la suppression immédiate du Grand prix de Formule 1, paroxysme de la pollution et du gaspillage des ressources naturelles. Nous voulons la fin de ce loisir anachronique réservé à une vingtaine de gosses de riches, alors que le déclin de l’extraction du pétrole est pour aujourd’hui et que le climat se dérègle dangereusement. [...] Nous exigeons que les hommes et femmes politiques mettent un terme aujourd’hui à ce scandale, afin d’être à la hauteur de leurs responsabilités face aux limites de la planète et à notre devoir de solidarité »

François Schneider poursuit ce périple collectif avec son ânesse*, pas à pas « parce que notre économie est une grande tumeur » et qu’il faut relancer les dés..."La décroissance n’est pas l’idéalisation du passé, dit Paul Ariès. Elle n’est pas non plus la décroissance de tout pour tous : elle concerne d’abord les sociétés opulentes et les gens opulents. Ainsi, elle pose la question du partage, donc de la démocratie."


*Jujubé et ses fidèles

Sources : journal la décroissance
http://www.appel-2007.org
http://www.decroissance.org
http://www.casseursdepub.org

De : ALTER'Info
source : http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=16060

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