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 Drôme : La réinvention du Pescher

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FleurOccitane
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Localisation : Toulouse
Date d'inscription : 30/04/2005

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MessageSujet: Drôme : La réinvention du Pescher   Drôme : La réinvention du Pescher EmptyVen 13 Jan à 1:10

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Drôme : La réinvention du Pescher

Drôme : La réinvention du Pescher Hutter

Au Sud du Vercors, trois couples viennent de reprendre la Ferme du Pescher. Dans un site magnifique, chacun réalise son projet de vie, soutenu par la solidarité, l'entraide et une conscience écologique ainsi mises en pratique.


C'est par « la Mauvaise herbe » qu'ils se sont rencontrés. Le journal de la Confédération paysanne de la Drôme publie en 20041'annonce d'Olivier; il recherche des associés pour reprendre la ferme de son oncle. Deux couples et leurs deux grands enfants répondent, et voilà cinq paysans installés depuis février dernier au Pescher, sur la commune d'Omblèze, dans la Drôme.
Le Pescher est une belle histoire. Abandonnée en 1948, la ferme qui date du XVIIIème siècle est « réinventée » (c'est l'expression de ses habitants) par Vincent Hutter en 1975. La bâtisse est en triste état, sans eau courante ni électricité. Vincent et sa compagne s'y installent néanmoins, mettent en place un élevage caprin et produisent un goûteux fromage local, le picodon, devenu depuis appellation d'origine contrôlée. Acteurs d'une écologie au quotidien, ils installent des panneaux photovoltaïques et une turbine hydroélectrique qui assurent l'autonomie énergétique des bâtiments d'habitation et d'élevage.

Une nouvelle vie pour la ferme

La vie va son cours et, au bout de vingt cinq ans de cette belle aventure, la ferme est ainsi vendue et à nouveau réinventée. Olivier Hutter, le neveu de Vincent, poursuit l'activité d'élevage et la production fromagère. Il réalise un projet qui le tenait depuis toutes ses années d'enfance et d'adolescence où il venait en vacances ici. Sa compagne, Florence Réty, est la seule pour l'instant à travailler à l'extérieur, auprès des services sociaux-culturels de la mairie de Crest, à une demi-heure de route de la ferme.
Dany Dorfin et Olivier Schlosser sont maraîchers. Ce n'est pas une activité nouvelle pour eux, ils l'exercent depuis des années : seize ans pour Dany, successivement dans la Drôme et dans le Vaucluse, sept ans pour Olivier, en Alsace où il rencontre la pratique de la biodynamie puis dans les Hautes-Alpes.
Nadège et Yolande Mestre, leurs compagnes, sont sueurs mais viennent d'horizons professionnels différents: la culture pour Nadège, la gestion et l'administration d'entreprise, en prestation de service, pour Yolande. Le 11 septembre 2001, la destruction du World trade center de NewYork marque un tournant décisif pour toutes les deux. Le chiffre d'affaires de Yolande se dégrade rapidement, au point de la conduire quelques mois plus tard au dépôt de bilan. Le choc est autrement révélateur pour sa sueur : « Il faut que je travaille la Terre, elle a besoin qu'on en prenne soin ». Elle se lance dans une formation agricole et, au cours des neufs mois que dure la préparation de son brevet d'enseignement professionnel, elle rencontre Dany qui deviendra son compagnon. Quatre ans plus tard, les frangines sont au Pescher et mettent en place leur projet de restauration à la ferme avec les produits de la place : légumes, fromages, mais aussi plantes sauvages qui passionnent Yolande. «J'ai toujours eu le nez par terre », rit-elle quand elle profite aujourd'hui des recettes de grands-mères et créée les siennes pour transformer la flore alentour en sirops divers et autres préparations, vendus ici ou servis aux randonneurs de passage à l'ombre de l'accueillante buvette.
La ferme a la chance d'être sur le tracé d'un chemin de grande randonnée. La nature est grandiose dans ce Parc naturel régional du Vercors, de grandes falaises délimitant gorges et vallons. Les promeneurs trouvent au Pescher une halte amicale où leur est servi de quoi grignoter et se désaltérer; 10 000 personnes passent ainsi sur le sentier chaque année. Deux gîtes en bois, alimentés aux énergies renouvelables produites sur place, proposent aux vacanciers la jouissance de plus longs séjours. Bientôt, six emplacements de camping dont deux yourtes et un petit chalet viendront compléter l'offre. Laccueil se voudra attentif et les prix abordables, des échanges de quelques services sur la ferme ou en cuisine sont possibles : « Nous ne voulons pas faire de l'agrotourisme de masse! ».

Indépendants mais solidaires

Dans cette vastitude, le Pescher, ce sont quatre vingts hectares de terre. Huit seulement sont cultivables, une trentaine est couverte de landes, le reste de bois. Lachat de la ferme a coûté 534 000 euros. Chacun paye en fonction de la surface ou des outils qu'il ou elle utilise, responsable de son projet, soutenu par un principe de solidarité, d'entraide et de partage de moyens humains ou mécaniques. Un groupement foncier rural (GFR) est constitué. Un GFR et non un GFA, groupement foncier agricole, car la part importante des bois sur le territoire de la ferme ne permet pas ce statut. Les deux Olivier bénéficient de la DJA (dotation jeune agriculteur) : « C'est un fil à la patte pour dix ans, c'est pas que ça nous plaise mais c'était indispensable pour pouvoir acquérir la ferme » . Ils ont obtenu un prêt de la Nef, établissement financier solidaire, très ouvert aux projets d'installation comme celui-ci. Le Crédit agricole n'a rien voulu savoir. La Banque Populaire a suivi Dany et Nadège.
Les quatre hectares destinés au maraîchage sont défrichés petit à petit. Ieau vient d'une source, sur le site de la ferme, à quelques centaines de mètres. C'est elle qui fait aussi tourner la petite installation hydroélectrique. Sur plus d'un hectare poussent déjà des légumes variés. À 670 mètres d'altitude, (attention est portée à la bonne santé des plantes, sur une terre fertile et préservée pour laquelle la biodynamie est une pratique idoine.
Plus haut paissent en liberté les trentedeux chèvres qui devraient bientôt compter une dizaine de nouvelles camarades. Avec leur lait, Olivier Hutter produit une centaine de picodons quotidiens en été, près de cent quarante au plus fort de la lactation, au printemps. Sur les soixante cinq chevreaux qui naissent chaque année, une quinzaine de femelles est gardée pour le renouvellement du cheptel laitier, le reste est vendu à un boucher. L'engraissement rapporte peu; la revente de chevreaux de huit jours à un engraisseur spécialisé est à l'étude.
Les produits de la ferme sont principalement vendus à deux grossistes bio de la région et sur les marchés de Chabeuil le mardi, de Die le mercredi et le samedi, de Saillans le dimanche. Un système de vente directe aux consomm'acteurs (paniers) se met doucement en place avec le soutien de la communauté de communes du Val de Drôme. Les fromages trouvent aussi preneurs chez quelques restaurateurs des environs. On peut, bien sûr, s'approvisionner à la ferme, pour peu qu'on ait un sac à dos suffisamment grand... ou une automobile suffisamment robuste pour accéder au site.
Nos amis sont en place depuis près de six mois. Tout n'est pas facile. Le rêve se frotte parfois rêchement à la réalité : soixante centimètres de neige en hiver, quarante encore en avril, des engueulades, les engagements qui plombent quelques heures de sommeil de temps en temps... Mais ils sont là, les yeux grand ouvert sur la réalisation de leur projet, sur toute la satisfaction et le plaisir déjà récoltés ou à venir. Leurs regards aiment se perdre dans cette nature immense, somptueuse. Le Pescher est tout près du Paradis.

Benoît Ducasse

La Ferme du Pescher 26400 Omblèze Tél. - fax : 04.75.76.42.30 www.fermedupescher.com ohutter@wanadoo.fr

[...]

http://endehors.org/news/9207.shtml
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FleurOccitane
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MessageSujet: Re: Drôme : La réinvention du Pescher   Drôme : La réinvention du Pescher EmptyVen 13 Jan à 1:10

(suite)

Citation :

L'énergie de l'eau et du soleil

Les nouveaux paysans de la Ferme du Pescher ont le désir profond de préserver le site, dans l'élan inspiré par Vincent Hutter, le précédent habitant des lieux. La ferme est ainsi autonome en énergie pour son chauffage (bois) et son électricité. Une centrale photovoltaïque et une unité hydroélectrique pourvoient à cette production. Le site n'étant pas relié au réseau EDF (aucun fil ne vient dégrader le paysage), des batteries servent de stockage temporaire pour l'électricité produite.


Centrale solaire:
Puissance : 1800 Wc (watt crête)
• Surface: 18 ml, 36 modules
• Production journalière 0 à 10 KW (moyenne 5 KW)
• Coût: 15 250 euros (installée en 1992)

Batteries
• Ampérage : 2 800 A/h
• Poids: 1,8 tonne (12 éléments de 2,2 V)
• Autonomie : 10 jours
• Durée de vie: 7 à 12 ans
• Coût: 5 250 euros

Piccocentrale électrique
• Puissance de 50 à 500 W en 24 V
• Débit de la source : 600 à 45001 /h (1 100 m de canalisation, dénivelé de 120 m)
• Coût : 3700 euros (installée en 2001)

Solaire et photovoltaïque : aide globale 85 % (Europe, Ademe, conseil régional Rhône-Alpes, conseil général de la Drôme) Hydroélectrique : aide globale 50 % de l'Ademe et de la région Rhône-Alpes.

Campagnes solidaires #200 octobre 2005
Mis en ligne par libertad, le Jeudi 22 Décembre 2005, 19:04 dans la rubrique "Projets alternatifs".

http://endehors.org/news/9207.shtml
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