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 CHIRAC : l’ordre public .... mais lequel ?

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FleurOccitane
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Date d'inscription : 30/04/2005

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MessageSujet: CHIRAC : l’ordre public .... mais lequel ?   CHIRAC : l’ordre public .... mais lequel ? EmptyLun 7 Nov à 20:39

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CHIRAC : l’ordre public .... mais lequel ?
de Bernard Lallement


CHIRAC : l’ordre public .... mais lequel ? CHIRAC_VILLEPIN

1259 véhicules brûlés la nuit dernière et un mouvement qui gagne Paris et la province. Nous serions bien inspirés de lire la presse étrangère relatant l’embrasement de nos banlieues. Du New York Times qui souligne "notre incapacité à intégrer (nos) migrants" à la Frankurter Allgemeine Zeitung pour laquelle notre réponse à la violence récurrente est "le désarroi" en passant par "Une France sans fraternité" du quotidien Berliner Zeitung, tout y est dit, sans fioriture, des maux de nos cités.

Car, ne nous y trompons pas, même si nous faisons crédit au ministre de l’Intérieur d’une présence de casseurs irréductibles, il serait irresponsable de ne pas reconnaître l’évidence : ceux-ci n’auraient jamais pu prospérer sans un environnement fait d’absence de travail, de déshérence, de ghetto, d’urbanisation absurde et d’abandon des pouvoirs publics. Ce n’est pas un hasard si le chômage dans ces zones défavorisées atteint les 30 %, ni une fatalité si l’immigration en constitue les ¾.

Les jeunes de ces quartiers sont, pour la plupart, aussi français que Nicolas Sarkozy, et les petits enfants des immigrés que nous avons fait venir durant les trente glorieuses afin de soutenir notre industrie, à l’époque, en plein essor. Depuis le premier choc pétrolier le plein emploi est devenu une illusion. Au fil du temps, nous avons laissé se paupériser toute une population investissant toute notre réflexion dans une hypothétique et aléatoire croissance.

Je me souviens de 1986. J’animais un groupe de réflexion sur la répartition des ressources entre communes riches et communes pauvres de la région parisienne. Tous les participants étaient d’accord sur les constats. Les propositions ne manquaient pas. Sur le plan urbanistique des architectes comme Roland Castro et Michel Cantal Dupart avançaient des solutions novatrices et pertinentes. Mais les réformes proposées n’ont jamais abouti faute de moyens et de volonté, certes, mais aussi à cause de l’ostracisme de nombre d’acteurs politiques, y compris au niveau local. Ainsi, François Mitterrand avait souhaité, à l’origine, que la Bibliothèque nationale de France soit construite en Seine Saint Denis qui, à l’époque, constituait la plus grande friche industrielle d’Europe. Dans son esprit, une telle réalisation de prestige internationale aurait permis une modification substantielle de l’urbanisation et une meilleure intégration des populations concernées. Pour des raisons, il faut l’avouer, essentiellement électoraliste le projet n’a pu être finalisée dans ce département. Jacques Chirac, à l’époque maire de Paris, a proposé l’attribution gratuite du terrain et c’est la ZAC de Tolbiac qui en profite actuellement.

Il y a des responsabilités et elles ne sont pas que structurelles. Un des rôles essentiels des dirigeants politiques n’est pas de simplement gérer l’existant le mieux possible mais aussi de prévoir à long terme, de susciter l’espoir et d’impulser les réformes nécessaires sans jamais se départir d’un idéal de justice sociale, fondement de toute démocratie. Cela suppose des plans innovants qui soient soumis au débat et non élaborés sous la contrainte d’une situation qu’on ne maîtrise déjà plus. Il y a plus de 13 ans que la Suède avait envisagé la modification de son régime de retraite, en concertation avec tous les partenaires sociaux.

CHIRAC : l’ordre public .... mais lequel ? Pauvrete_zero

MIEUX REPARTIR ET S’ENGAGER

« La violence est toujours la manifestation d’un échec » disait Sartre. Celle qui s’étale sous nos yeux est l’échec d’une pensée politique pour laquelle l’opinion publique est brandie tel le Saint Sacrement et dans l’appréhension de laquelle les médias ont, aussi, leur part de responsabilité et de connivence. Nous avons tous vu les images des JT montrant Nicolas Sarkozy en visite à Argenteuil sous les jets de pierre et prononçant le fameux « racaille. » Mais, comme l’a montré l’émission « Arrêt sur images » aucune chaîne de télévision n’a cru devoir relater la longue entrevue que le ministre de l’Intérieur avait eu avec les jeunes de ce quartier dont certains d’entre eux ont été invités à le rencontrer place Beauvau.

Et tapez sur le moteur de recherche « google.fr » les termes banlieue ou émeute et vous aurez la surprise de voir apparaître sur la droite de votre écran, dans les liens commerciaux, un espace publicitaire acheté par l’UMP appelant à soutenir Nicolas Sarkozy dans sa politique en faveur des banlieues. (Du moins il y figurait encore à l’heure de rédaction de ce post : 12 heures 45)

Ce n’est pas ainsi que l’on fait de la politique pour être en mesure de pallier l’atomisation des consciences et de redonner du corps à un tissu social en totale déliquescence.

Nous sommes, encore une fois, dans la précipitation et l’affollement, faute de prévoyance et de volonté politique. Le malaise des cités n’est que le reflet d’une crise planétaire dans laquelle les inégalités et les disparités ne cessent de croître. Même si force doit rester à l’ordre républicain, la répression ne peut être l’unique réponse.

Il me faut, de nouveau, rappeler que 40 % de la population mondiale vit en dessous du seuil de pauvreté et que, si rien n’est entrepris, ce sera la moitié des êtres humains qui sera dans une extrême précarité dans un demi siècle. Face à ce constat dramatique, le secrétaire général des Nations Unies avait sollicité les pays riches afin qu’ils consacrent 0,75 % de leur PIB aux plus déshérités, une misère. Mais les sociétés occidentales n’y ont répondu que par une aumône : 0,25 %.

Ce qui se passe en France, pays des droits de l’homme et des Lumières, participe de la même logique.

Nous en appelons à la croissance afin de donner un peu plus à ceux qui travaillent sans, pour autant, modifier l’ordonnancement actuel des choses. Nous vénérons le culte de l’argent facile, spéculatif, qui ne produit absolument rien si ce n’est de l’éphémère et de l’illusoire. Or, non seulement la croissance se fait attendre mais elle n’a jamais été, à elle seule, un facteur de réduction des inégalités. Il suffit de regarder le phénomène de tiers mondialisation de toute une population d’origine latino africaine aux Etats Unis que le cyclone Kristina a mis en relief.

C’est à la répartition des richesses qu’il faut s’atteler.

Depuis des années nous parlons d’un « plan Marshall » des banlieues. Pour celui de l’Europe, après guerre, les USA ont investi plus de 100 millions de dollars. Nous ne pouvons plus attendre, c’est l’heure de régler les comptes. Il ne s’agit plus d’invoquer « une grande politique de prévention précoce », comme le propose le parti socialiste, dont les termes employés indiquent qu’elle est vide de sens. Il faut payer. Les riches doivent donner pour ceux qui ont le moins. Qu’ils le fassent par charité, calcul ou simplement peur, il devient indispensable que ceux qui ont le plus abandonnent une partie de leurs privilèges. Faute de quoi un jour, « les éléphants viendront dans nos billards reprendre leurs ivoires » Cette belle métaphore de Prévert risque de devenir une dure réalité et avec elle le chaos, ou... la révolution.

Photo : AFP et Candida Höfer

Bernard Lallement

Artcle paru le 6 novembre 05 sur le blog SARTRE de Bernard Lallement

-http://sartre.blogspirit.com

De : Blog
lundi 7 novembre 2005

http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=20291
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