AccueilAccueil  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  
Le Deal du moment : -85%
HETP [Noire et Rouge HX-Y8] Batterie Externe 25800mah
Voir le deal
22.95 €

 

 Chronique amère d'un accident industriel sur un site Seveso

Aller en bas 
AuteurMessage
FleurOccitane
Rang: Administrateur


Nombre de messages : 5959
Localisation : Toulouse
Date d'inscription : 30/04/2005

Chronique amère d'un accident industriel sur un site Seveso Empty
MessageSujet: Chronique amère d'un accident industriel sur un site Seveso   Chronique amère d'un accident industriel sur un site Seveso EmptyVen 4 Nov à 18:09

Citation :

Chronique amère d'un accident industriel sur un site Seveso à Béziers

Le 27 juin 2005 à 3h07, incendie généralisé des bâtiments A, B, C et D abritant des produits agro-pharmaceutiques (pesticides, fongicides) de la société SBM Formulation.
1 700 tonnes de toxiques sont partis en fumée noire et dense : « c'était irrespirable, ça faisait pleurer ». Le nuage est passé sur Narbonne, Carcassonne, Castres, Toulouse... Le 1er juillet, des résidus brûlaient encore, le feu est éteint à cœur le 7 juillet.

Gestion de la « crise »

Les pompiers de Béziers interviennent sans protection respiratoire. La sirène retentit 1h17 après le déclenchement de l'incendie. A 8h du matin, Radio Bleu diffuse le message « calfeutrez-vous ». Les pompiers de Marseille feront les premières analyses entre 10h et 12h. Ils indiqueront la « prédominance de produits soufrés », sans préciser qu'ils peuvent être toxiques et irritants respiratoires. Ces analyses sont destinées, en réalité, à protéger les pompiers intervenant sur l'incendie. La fin de l'urgence est déclarée à 16h15 le 27 juin.

La mairie de Béziers et la préfecture déclarent que « cet incendie demeurait sans risques sanitaire et environnemental » alors qu'aucun prélèvement n'a encore été fait.
Les autorités n'ont pas décidé de prévenir ou d'évacuer les populations riveraines, les entreprises voisines n'ont pas arrêté de travailler, ni même l'hôpital situé à 500m du site, le marché de Gros (200m), ou l'unité de conditionnement de produits alimentaires pour Carrefour...

Le 28 juin, le directeur de cabinet du préfet de l'Hérault concède « l'incident qui vient de se produire est plus grave que le scénario le plus défavorable de l'étude de danger », alors que le directeur de l'usine assurait en septembre 2001 « les émanations toxiques, en cas d'incendie, ne devaient pas dépasser les limites du site ».
Le 29 juin, mise en place d'une unité mobile de mesures de la qualité de l'air. Elle ne trouvera que ce qu'elle sait mesurer c'est-à-dire la pollution atmosphérique de fond (dioxyde d'azote, monoxyde de carbone, ozone, dioxyde de soufre et particules, même pas les phytosanitaires !

Mobilisation citoyenne

Très rapidement des individus et les associations ont réagi aux propos rassurants des autorités locales en posant les questions de bons sens : Quels produits sur le site ? Quelle est la nature des retombées de l'incendie ? Quels risques pour les populations exposées ? Peut-on consommer les légumes des jardins sous le nuage ?…

Peu relayé par la presse nationale (nous sommes au début des vacances), l'accident industriel resterait confidentiel si les réseaux associatifs n'avaient transmis l'information en créant un réseau de discussions, d'informations et revues de presse sur Internet (ce texte a été écrit à partir de ces informations).
Le Canard Enchaîné raconte l'événement le 20 juillet sous le titre « Tu n'as rien vu à Béziers ». Le Monde révèle le 26 juillet, que « l'usine fabriquait, pour l'exportation, un produit interdit en France depuis 1998, le PELT 44 ».

Le 19 juillet, lors de la première réunion du CLIC (Comité Local d'Information et de Concertation) créé pour l'occasion, le sous-préfet soutenait « il n'y a aucun cas d'intoxication décelé dans les hôpitaux ni par les médecins libéraux » alors que le 15 juillet, le Secours Communal de Santé de la ville de Béziers annonçait : « à ce jour 143 personnes se sont fait connaître auprès des médecins de la zone concernée, pour des troubles pulmonaires, cardiaques et cutanés ».

Qui mesure quoi ? Bataille d'experts en perspective

Le 7 juillet, la ville de Béziers mandate le laboratoire LCA pour effectuer 21 prélèvements sur les végétaux, les sols, et l'eau dans un rayon de 1 km autour du site. Sont recherchés, les HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) cancérigènes, les pesticides toxiques et cancérigènes, dioxines et furanes toxiques et cancérigènes. Fin septembre les résultats sont communiqués « au vu des résultats obtenus sur les éléments recherchés, l'impact sanitaire de l'incendie ne semble pas significatif ».
Le MDRGF (Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures) qui, dès le 4 juillet, demandait des mesures de précautions, prend l'initiative de faire des prélèvements de terres et de végétaux autour du site pour analyse par un laboratoire indépendant ANALYTIKA. Le 16 septembre ces analyses mettent en évidence « des substances chlorées dangereuses dont des pesticides, certains de ces produits chlorés ont brûlé et ont sans aucun doute participé à la formation de dioxines pendant l'incendie ».

Le 21 juillet, l'arrêté préfectoral de réouverture du site, précise un certain nombre d'injonctions qui sont formulées par la DRIRE à l'industriel, en particulier celle de réaliser « une évaluation de l'impact sanitaire des populations avoisinantes suites aux fumées lors de l'incendie du 27 juin ». Cette étude a été confiée à l'INERIS (Institut National de l'Environnement industriel et des Risques), les résultats des analyses des prélèvements effectués entre 500m et 4 km autour du site, seront donnés lors de la CLIC du 19 octobre. La Mairie de Béziers a déjà contesté la validité des analyses commanditées par le MDRGF !

Les carences dans la gestion de l'accident

Comme pour AZF, les associations, en particulier le Comité de Quartier de Montimaran, se sont formées aux risques industriels et ainsi ont pu mettre en lumière toutes les carences de l'industriel et des autorités locales.

L'industriel s'est retranché derrière le secret commercial et n'a donné la liste des produits qui ont brûlé et de façon partielle que 15 jours après l'accident. Les études de danger ne prévoyaient pas un risque aussi important en cas d'incendie ce qui a entraîné un plan de secours minimal qui ne prévoyait aucune prévention pour les riverains.

Les autorités locales, mairie préfecture, ont minimisé les impacts (le périmètre de 400m était très insuffisant pour un risque toxique). La DDASS (direction départementale des affaires sanitaires et sociales) ne donnait aucune consigne aux médecins.
On constate, comme pour tout accident ou catastrophe industrielle, que l'information préventive que doit l'industriel aux populations riveraines, sous forme de plaquettes (mal distribuées) est complètement inefficace. Les consignes n'étaient pas connues lors du déclenchement de la sirène !

Les particuliers, devant l'absence de consignes et informations claires, se retournent vers les associations de défense de l'environnement comme Greenpeace et le MDRGF.
Greenpeace communiquera le 18 juillet, dans le cadre de sa campagne « Responsabilité sociale et environnementale des entreprises » sur la nécessité que « la culture de secret cesse quand le danger environnemental et sanitaire est avéré ».
Le MDGRF émet deux revendications : « réduire l'utilisation des pesticides en France ; retirer au ministère de l'industrie la surveillance du respect des règlements et protection de la santé publique et de l'environnement ».

Le Comité de Quartier de Montimaran a porté plainte contre SBM et demande la démission des représentants de l'Etat qui ont géré cette crise. Interlocuteur incontournable dorénavant des autorités locales, il réunissait 300 personnes, le 6 octobre, afin que le maire, ses adjoints, le directeur de l'usine SBM, le capitaine des pompiers répondent aux questions de la salle.
A ce jour (13 octobre) les causes de l'incendie ne sont pas connues.

Amertume ou colère ?

Les similitudes avec d'autres accidents ou catastrophes, en particulier pour nous à Toulouse avec AZF, sont évidentes :

- Inconséquence des industriels sur la maîtrise des risques.
- Manque de coordination des secours et services qui interviennent lors d'un accident (que prévoyait le PPI ? Qui devait faire quoi ? Et quand ? Quelle communication de crise ? Avait-on fait des exercices ? …)
- Mépris des autorités locales pour les populations riveraines considérées comme incapables de comprendre et entendre la vérité sur l'accident.
- Non prise en charge des « victimes » qui devront elle-même apporter la preuve que leurs problèmes de santé sont bien liés à l'exposition aux retombées de l'incendie.

Et tout ça pour la fabrication, reconditionnement ou stockage des phytosanitaires qui polluent sol, air, eau sans parler des résidus dans les aliments et nous empoisonnent.

Amertume et colère !

Rose Frayssinet, octobre 2005
Groupe local Midi-Pyrénées

Source/auteur : http://www.amisdelaterre.org/
Mis en ligne le samedi 29 octobre 2005, par Ludo

http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=7130
Revenir en haut Aller en bas
 
Chronique amère d'un accident industriel sur un site Seveso
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» [MU] Stonehenge Apocalypse [2011 - DVDRiP - TrueFR]
» Never Back down 2 dvdrip

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Discutaction :: Parlons-en ... actualité et dossiers de fond :: Ecologie :: Pollution et solutions-
Sauter vers:  
Ne ratez plus aucun deal !
Abonnez-vous pour recevoir par notification une sélection des meilleurs deals chaque jour.
IgnorerAutoriser