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 Manger bio-De la violence faite à la nature à la violence...

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wapasha
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wapasha

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Manger bio-De la violence faite à la nature à la violence... Empty
MessageSujet: Manger bio-De la violence faite à la nature à la violence...   Manger bio-De la violence faite à la nature à la violence... EmptyDim 15 Mai à 15:13

altermonde.levillage-REÇU DE MICHEL55-dimanche 15 mai 2005
Manger bio - De la violence faite à la nature à la violence faite aux hommes...

Thème de la conférence du 14 mai 2005 au marché Bio de Rabastens Biocybele

Par Philippe Desbrosses

Comment éviter que le libre-échange mondial ne fasse des agriculteurs industriels les instigateurs du plus grand programme de réfugiés qui ait jamais existé sur la planète ? Comment repenser les liens villes-campagne comme un chantier d’économie solidaire pour un autre monde possible ? Aujourd’hui, ces thèmes sont développés par différents acteurs et penseurs de notre temps en vue d’une paix durable. De quoi s’agit-il ?


Citation :
Les points forts de ce nouveau paradigme tournent autour de la remise en cause du modèle de développement industriel et de l’impasse du système agricole moderne en matière d’environnement, de santé publique et de sécurité alimentaire.

Si l’on pose comme postulat que « toute vie sur terre repose sur la plante verte » qui est de l’énergie solaire condensée (par l’extraordinaire processus de la photosynthèse), il faut bien reconnaître que l’homme n’a encore rien trouvé de mieux que ce moteur universel pour produire durablement des biens de consommation indispensables à la vie.

Durant des millénaires, les systèmes se sont reproduits et perpétués grâce à la capacité des végétaux à transformer l’énergie solaire pour la rendre assimilable à l’ensemble du monde vivant. À titre indicatif, la capacité de production de l’écosystème terrestre est chaque jour 2 500 fois plus importante que la consommation mondiale d’électricité, toutes énergies confondues...

Cette capacité des végétaux à produire des ressources indispensables, et notamment la majeure partie des matières premières renouvelables, dont la plus importante est la nourriture, donne à l’agriculture une position unique dans le concert des activités humaines indispensables à la pérennité de la vie.

Le problème se pose ainsi : comment éviter le naufrage du « Titanic agro-industriel » dont le programme de libre-échange mondial, en détruisant les agricultures paysannes, provoque déjà la plus grande migration de réfugiés que n’ait jamais connue la planète ? 2% d’agrimanagers pour remplacer 1,5 milliard de petits paysans !

Pauvreté et dégradation de l’environnement vont de pair


Pourtant, l’un des gigantesques enjeux du XXIe siècle est de nourrir sainement et économiquement une population mondiale en constante expansion, alors que les ressources planétaires s’amenuisent, notamment celles en terre arable et en eau. Il ne faut pas oublier la disparition des connaissances traditionnelles, et des savoir-faire populaires, naturellement adaptés aux conditions locales et aux besoins des populations. Celles-ci doivent en effet, pouvoir exercer leur droit légitime à se nourrir elles-mêmes. Nous savons depuis toujours que pauvreté et dégradation de l’environnement vont de pair avec leurs conséquences tragiques : migrations, guerres et épidémies.

Il faut d’urgence inverser la tendance et redonner priorité aux agricultures paysannes respectueuses des terroirs et des ressources. Elles sont beaucoup plus efficaces économiquement que l’agriculture industrielle. Les coûts externes de cette dernière sont d’ores et déjà devenus insupportables : le coût de production atteint trois fois la valeur de l’aliment produit. Sans oublier une agriculture devenue en cinquante ans essentiellement « pétrolière »...

À l’heure où le débat sur les OGM se crispe entre les institutions et l’opinion publique, majoritairement opposée à cette orientation, il est urgent de s’interroger sur la mission de l’agriculture face aux enjeux alimentaires et environnementaux du XXIe siècle et donc, face à la paix mondiale.

L’agriculture est une activité de base dans tous les pays. Elle doit répondre à un besoin fondamental : l’alimentation des populations, dans des conditions de sécurité et de salubrité optimum. Parallèlement, sa vocation est d’assurer la préservation des ressources et des paysages dans des campagnes vivantes.

L’agriculture a une autre fonction essentielle à remplir. Elle doit veiller au respect des cycles écologiques pour une production durable et joue un rôle important pour l’équilibre du climat.
Ces recommandations figurent dans l’agenda 21 adopté au sommet de Rio. Elles assignent à la communauté internationale des objectifs prioritaires pour une agriculture de restauration et de préservation de l’environnement, afin d’établir une société viable à long terme. L’agriculture a donc un rôle clé à jouer dans les programmes de développement durable.

Les systèmes énergétiques de l’avenir devront s’adapter plus largement à ce que peuvent tolérer les être humains et la nature. Ils devront, donc, recourir à des technologies non polluantes, en rétablissant des cycles économiques d’épuration et de restitution au sol des matières premières fertilisantes. Cela nécessite de valoriser une agriculture plus « organique » que « minérale ». Il faut 2,5 tonnes d’équivalent-pétrole pour produire une tonne d’azote [1].

Les famines ne sont pas des fatalités. Dans l’histoire de l’humanité, elles sont toutes consécutives à des guerres, des colonisations et des spoliations de peuples dominés par d’autres.
Nous avons conscience du risque de conflit entre une agriculture paysanne, viable à long terme, fondée sur le respect des cycles et de l’environnement, assurant un emploi à des millions de petits paysans et une agriculture pratiquant une exploitation forcée, voire forcenée des ressources. Celle-ci exige des résultats spectaculaires sans s’interroger sur la pérennité de ses méthodes, aléatoires et transitoires, qui ne satisfont que des populations solvables, capables de dépendre de technologies hautement sophistiquées et coûteuses. Dans un tel conflit, il importe de donner la priorité à une gestion des ressources fondée sur l’expérience et sur les technologies appropriées pour préserver l’avenir et le potentiel de subsistance.

En Europe : 17 millions d’agriculteurs

Force est de constater que le système alimentaire moderne est dans une impasse majeure : il détruit ses sols, saccage ses ressources, ruine la majorité de ses paysans et pollue gravement les éléments indispensables à la vie.

D’autre part, en anéantissant les économies rurales, il condamne toute perspective de rétablissement de l’emploi et d’intégration sociale dans des zones devenues désertiques. Pourtant l’agriculture est d’une grande signification pour l’emploi : 17 millions de personnes y travaillent encore en Europe, sans compter les activités qui s’y rattachent. L’évolution de l’agriculture est donc d’une portée considérable pour l’économie et la stabilité de nos pays.

Une nouvelle montée de l’exode rural, avec les problèmes sociaux et écologiques qui en résulteraient, ne bénéficierait à personne. Il faut au contraire inverser les tendances et donner priorité à un développement économique des régions rurales, axées sur les petites entreprises, les dynamiques créatives, les transformations artisanales, les circuits courts, la diversification, l’innovation, la qualité. Par ailleurs, le paysage rural est une part inaliénable de la vie culturelle des peuples et le fondement même de bonnes conditions de vie dans les régions. Sa diversité est immense et les conditions requises pour le préserver sont très variables. Cela exige beaucoup de la politique agricole et des choix pour aujourd’hui et demain.
Les réformes à venir devront tenir compte des impératifs culturels, sociaux, économiques, environnementaux et sanitaires. Nous sommes au cour de la problématique de réformes des politiques agricoles.

Agriculture et droits de l’homme

Le passage en force des OGM, outre les incertitudes relatives à la santé et à l’environnement, est le symbole d’une artificialité. Elle menace nos libertés, sous le prétexte hautement hypocrite de nourrir l’humanité, tandis que dans le même temps on subventionne des millions d’hectares mis en jachère pour cause d’excédents...

Quelques rappels statistiques


- on recense environ 1,3 milliard de paysans dans le monde.
- 30 millions seulement sont motorisés.
- 300 millions ont une traction animale.
- 970 millions produisent tant bien que mal leur maigre subsistance avec l’expression la plus noble de l’énergie : la force des bras.
- le rendement moyen de ces petits paysans est de 4 à 5 quintaux par hectare. Ce qui est, en apparence, dérisoire face aux performances de l’agriculture industrielle.

Pourtant, il suffirait seulement de leur permettre, par des moyens simples, peu onéreux et peu destructeurs, de doubler cette production, soit : 10 quintaux par hectare, pour que le miracle alimentaire apparaisse sur la Terre et rende dérisoires les performances des quelques millions d’agriculteurs intensifs qui non seulement polluent l’environnement, mais condamnent leurs sols à la stérilité, à brève échéance.

Faisons le calcul : 1 milliard de producteurs (durables) à 10 quintaux par hectare, contre 30 millions d’intensifs à 100 quintaux par hectare, cela fait trois fois plus de denrées produites écologiquement par les petits agriculteurs qui, de plus, joueront un rôle primordial dans l’entretien des territoires et dans l’équilibre de la société au lieu d’aller grossir les populations misérables des bidonvilles...

Un droit fondamental : la souveraineté alimentaire

Le noeud du problème est en effet ici : est-ce que les populations de la terre doivent rester soumises aux impératifs technico-commerciaux d’une poignée de multinationales qui influencent, à leur profit exclusif, les politiques dans le monde, ou devons-nous rendre aux êtres humains la liberté et le droit de produire eux-mêmes pour la satisfaction de leurs besoins légitimes ?

Cette souveraineté alimentaire est un droit fondamental comme celui de bénéficier d’un environnement sain, d’eau potable et d’air respirable... Il suffirait de permettre aux populations paysannes, par la connaissance de méthodes très simples (compostage, rotations et associations végétales, cultures de plantes indigènes, variétés adaptées aux situations particulières, irrigation économe au goutte-à-goutte...) de produire de manière autonome pour que la Terre regorge d’aliments.

Deux exemples :

- Le frère Michel Hubert, jésuite français à Madagascar qui m’informe régulièrement depuis dix ans de ses avancées avec la population rurale de Fianarantsoa, a réussi ces dernières années à multiplier par dix les récoltes de riz de sa petite communauté, uniquement par la fertilisation à base de compost et la réhabilitation de pratiques traditionnelles et de variétés rustiques.
- Le cas de Pierre Rabhi au Burkina Faso (en plein Sahel). Il a quintuplé les récoltes de pommes de terre par l’instauration du compostage dans les cultures, à la place des engrais du commerce et par la fabrication d’un insecticide naturel (non toxique) élaboré sur place par macération à partir de l’écorce amère d’un arbre local le « cailcédrat ». Cette simple préparation utilisée en épandage foliaire joue le rôle de répulsif contre les insectes parasites, prédateurs des cultures.

Huit cents millions de Terriens souffrent de famine

Il y a des dizaines d’exemples de ce genre de réussite alternative que s’efforce d’occulter ou de ridiculiser le système dominant, qui a tellement à perdre si ces initiatives se multiplient, mais l’humanité a beaucoup à y gagner.

La question philosophique de notre temps pourrait être : le bonheur est-il une grande usine ? Et la question complémentaire : le système actuel n’a-t-il pas pour principal objet de nous rendre otages d’une assistance technologique sophistiquée et coûteuse, mais dévastatrice et condamnée à terme ? Le modèle alimentaire actuel s’apparente plus à une industrie de la faim qu’à une « révolution verte » salvatrice.

Peut-on expliquer pourquoi, en cinquante ans, la population mondiale n’a que doublé, la famine étant multipliée par dix, malgré des performances technologiques de l’agriculture. Peut-on expliquer pourquoi l’Afrique, qui était autosuffisante au sortir de la dernière guerre mondiale, se trouve aujourd’hui dans une telle détresse alimentaire ? Huit cents millions de Terriens souffrent de famine et ce chiffre va probablement s’aggraver par pénurie d’eau prévisible, stérilisation et désertification de millions d’hectares chaque année, appauvrissement des ressources génétiques, migrations de réfugiés écologiques de plus en plus nombreux qui désorganisent et troublent la paix civile des régions encore autosuffisantes.

Une évolution des consciences déjà perceptible

Par égoïsme, par lâcheté, par ignorance nous accumulons les « bombes à retardement » que laissent derrière elles notre industrieuse et arrogante civilisation.

Pourtant, en matière de production agricole et alimentaire, les solutions pacifiques, simples, efficaces existent si les consommateurs cessent leur complicité volontaire ou involontaire avec un système destructeur, en décidant d’acheter ou de ne plus acheter les produits reconnus comme néfastes à l’environnement, à la société, à la santé... Les prémices de cette évolution des consciences sont déjà perceptibles avec les multiples initiatives du « commerce équitable » et le développement de l’agriculture biologique.

Faisons en sorte de transformer ces essais en un mode de vie plus juste et plus fraternel pour que l’utopie d’une paix universelle se réalise.

Philippe Desbrosses
Canopée n°3, mars 2005


[1] L’énergie nécessaire à la production chimique d’une tonne d’engrais azoté par l’industrie, est de 2,5 tonnes de pétrole, ou de charbon ou d’électricité ou de toute autre source d’énergie ; c’est pourquoi on prend le pétrole comme référence.., alors que la nature (les azotobacters -micro-organismes fixateurs de l’azote- et les légumineuses -les trèfles, luzerne, sainfoin, pois, fèves, lentilles, lupins, etc.) produisent gratuitement de l’azote organique pour le sol et les plantes.
[/quote]
source : http://altermonde.levillage.org/article.php3?id_article=2768

@+

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Les conséquences de ce qu'on ne fait pas sont les plus graves.
Marcel MARIËN 1920
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