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 Anarchisme, espérantisme et anationalisme

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FleurOccitane
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Date d'inscription : 30/04/2005

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MessageSujet: Anarchisme, espérantisme et anationalisme   Anarchisme, espérantisme et anationalisme EmptyJeu 6 Oct à 13:16

Citation :

Anarchisme, espérantisme et anationalisme

--> par Jonathan Roy

Lu sur Fraternité libertaire : "Il est tout fait incroyable de constater de quelle façon certaines notions qui nous paraissent aujourd'hui évidentes prirent des années, voire des siècles, à affronter les préjugés non fondés qui les attaquaient de toute part. L'égalité intrinsèque de l'homme et de la femme, que l'Europe n'est pas le centre d'une monde plat, que les races ne sont que des conceptions schématiques non-fondées... une multitude d'évidences qui pourtant s'observent très facilement ont gouverné les esprit pendant des temps incommensurables, et ce avant tout parce que le pouvoir de quelques uns en était ébranlé et qu'ils avaient tout avantage à maintenir la masse dans la méconnaissance. Par la peur interpersonnelle qu'engendre la hiérarchie face à la simple écorchure que subit la tradition, des pans entiers des relations humaines demeuraient dans un obscurantisme total, la philosophie y étant plus un répertoire de coutumes que de la véritable pensée libre.

Heureusement, ce texte s'adresse aux anarchistes de toutes tendances, et si quelque chose nous unit, c'est avant tout la remise en question constante de tout ce qui est entré maladroitement dans notre tête étant enfant ou simplement inapte à se défendre intellectuellement. Nous refusons la hiérarchie, proposons différents modes de production et de consommation, une éducation fondée sur la liberté, des sexes coexistant en pleine égalité…bref, les bases communes de notre philosophie se sont grandement enrichies au cous des années, nos remises en question ont pris de l'amplitude, mais je dois ici avancer que certaines évidences tout a fait essentielles demeurent enfouies à tel point qu'il y a à se demander si certains d'entre nous n'auraient pas des œillères.

De quoi je parle? De ce que vous lisez! Des lettres, des mots, des structures tellement irrationnelles, incomplètes, alibertaires que j'ai l'impression que mes pensées sont découpées en petit morceaux, hachées, déchiquetées entre mon cerveau et les touches de mon ordinateur. Ce que vous lisez, c'est aussi la barrière la plus cruelle qui soit, comme un mur qui sillonne la planète et empêche les idées de circuler librement. Ce que vous lisez, c'est le français…et je tiens à dire à tous les nationalistes offusqués que j'aurais écrit les même propos de l'anglais, de l'espagnol, de l'allemand et de la quasi-totalité des langues de la planète.

Je crois que tout le monde sera d'accord avec moi pour avancer que la langue étant un outil si important dans la vie de l'humain, il est ridicule d'en laisser l'évolution à la simple tradition, à ne pas la transformer. L'essentiel du projet anarchiste est de faire de chaque humain un véritable maître de lui-même, autant matériellement que pensivement, en donc il va de soi qu'il doit organiser l'outil qui lui permet de matérialiser le fond de ses pensées, et non se complaire à noter les dérives linguistiques irrationnelles qui envahissent nos bouches pour en faire la base de ses phrases de demain. L'union directe de la pensée et de la parole est à mon sens impossible, mais elle est une utopie à ne pas perdre de vue et à poursuivre avec acharnement.
Je n'entrerai pas sur le champ linguistique dans ce texte puisque ce serait incroyablement long. Notons simplement que ce sont des changements aléatoires qui ont façonné nos langues, donc qu'elles ne sont point logiques, et surtout qu'il faudrait donc chercher une solution à ce problème. Quelle est la langue parfaite qui permettra à tous, et j'entends ici l'humanité, de se libérer linguistiquement et de communiquer sans entrave avec la planète. Je prétends que si nous partions des différentes langues de l'humanité, que nous observions les points logiques et illogiques de chacune et que nous mélangions toutes les règles et structures qui nous paraissent à la fois permettre une quantité infinitésimale de concepts et s'apprennent facilement vu leurs caractères logiques, puis qu'en plus nous prenions les racines de mots qui nous semblent les plus reconnaissables chez les gens de tous les coins du monde...alors nous aurions un résultat qui se confondrait tout à fait avec les nombreuses langues logiques et construites déjà créées. C'est ça qui fait enrager tellement l'évidence semble trop frappante: une de ces langues idéales est parlée par plusieurs millions de personnes, des dizaines de milliers de livres provenant de partout porte sa structure libertaire de la première à la dernière page, des conférences l'utilisant ont lieu chaque jour, probablement que la bibliothèque la plus près de chez vous y conserve quelques livres d'apprentissages. Mieux encore, il est prouvé scientifiquement qu'elle est environ 7 fois plus rapide à apprendre que l'anglais pour un francophone.

Zamenhof a écrit dans son livre "Esenco kaj estonteco de la ideo de lingvo internacia", que nos petits enfants riront bien de nous quand ils sauront qu'autant de grandes intelligences se côtoyaient à la surface du globe sans se comprendre, sans avoir de véritables échanges culturels autres que par l'apprentissage de langues secondes incroyablement longues à apprendre, telles que ce véritable gâchi qu'est l'anglais, ou pire, au nom de l'égalité de tous, par un multilinguisme incroyablement coûteux en temps.
Peut-être l'espéranto n'est-il pas la langue la plus logique qui soit, et si c'est le cas, améliorons le sur les différents aspects où il accroche, mais n'attendons pas que le FMI déclare solennellement qu'il a atteint son plus haut taux de perfection pour embarquer dans le bateau. J'invite quiconque à apprendre l'espéranto, j'invite cependant tous ceux qui ont à cœur la liberté dans tous les sens du terme, qui est à la fois l'égalité, à délaisser leur langue, à carrément laisser leur trottinette tomber pour le transport en commun. Bon, voilà le temps pour les nationalistes de bondir de leurs sièges. Suis-je un ennemi de la nation? OUI! Ma révolte n'est pas circonscrite à ma sphère individuelle, elle vous attaque directement au sens philosophique et argumentatif du terme. Ce que je désire, c'est que vos créations ethnocentristes directement issues de la tradition s'évanouissent dans la nature. Comme l'a si bien dit le révolutionnaire Lanti: Civitanoj esperantighu kaj esperantistoj sennaciismighu!

De prime abord, je ne renie pas l'existence de la nationalité, du moins au sens de bagage culturel. Tant que l'on n'est pas intellectuellement apte à se défendre, on ne peut que gober ce qui passe près de nous, et comme ce près de nous est un réseau de relations habituellement fermé par les frontières autant étatiques que linguistiques, toutes les informations qui parviennent jusqu'à nous à répétition nous conforment au milieu ambiant. L'État-nation étant actuellement la frontière principale de ce réseau, nous devenons petit à petit québécois, si on schématise le tout. Lorsque vient l'âge de raison, la plupart d'entre nous constatons que nous sommes différents de multiples façon des États-uniens, ou des Japonais, et qu'alors ceci forme notre richesse qui est à préserver, notre nationalité, notre culture.

On pourrait demander au profil type de nationaliste en quoi il devrait protéger cette nationalité, ce qui le différencie des autres, et probablement que la réponse sera de 4 ordres. Premièrement, il dira peut-être que la religion qu'il possède lui vient de Dieu et donc qu'il ne peut se laisser assimiler aux hérésies du pays voisin…ça se passe de commentaires. Deuxièmement, il pourra déclarer que son appartenance est étatique, où qu'il préfère le mode de vie que lui offre les maîtres de son État plutôt qu'un autre. Mais dans ce cas, il faudrait débattre du meilleur mode de gouvernement, et la nationalité deviendrait un simple choix. Ou bien est-ce que le régime sous lequel nous vivons nous absorbe a tel point que nous ne formons plus qu'un. Mais de quelle nationalité est le brésilien partisan du régime népalais?? Si l'État est l'incarnation d'une partie de ma personne, alors je veux bien me dire néo-libéralistois plutôt que Québécois. Cette vision de la nationalité ne tient pas la route. Ensuite vient l'attachement à une culture, un mode de vie…mais ici j'ose déclarer qu'elle est modelée par les maîtres de l'économie qui imposent par l'État, que nous rejetons, une idéologie, puis par la religion ou la croyance forcenée en tout ce qui est issu de la tradition ou de la morale, ce que nous rejetons également; le seul autre point qui me semble vraiment modeler la culture, la façon de vivre, c'est notre ghettoïsation linguistique, que je pourfends également. En conséquence, la nationalité apparaît comme l'influence du milieu, dans les systèmes politiques actuels, alors que la rationalité est encore absente de notre cerveau, et qu'elle se doit de disparaître par la suite pour que chacun devienne uniquement influencé par ses choix, pris en considérations de donnés et de facteurs qui circulent à une échelle déterritorialisée et dénationalisée.

J'invite donc quiconque à s'opposer au nationalisme qui sert si bien les chefs qui nous manient, non seulement en parole, mais en geste en détruisant un des principaux support à l'ignorance mutuelle, la frontière linguistique. Une langue logique et neutre comme l'espéranto ne peut qu'unir les deux horizons qui inspirent la liberté humaine, l'émancipation de nos pensées par la destruction des anormalités liberticides des langues nationales et la possibilité de combiner notre action personnelle sans barrière linguistique avec la planète en son entier.

Le jour où je vivrai de façon libre et responsable dans ma commune anarchiste, je veux pouvoir échanger librement avec mes amis russes et japonais, de par le web ou autrement, et je veux pouvoir répandre mes idées sans aucun frein autre que matériel au delà de toutes les frontières. Je veux dire ma compassion directement aux palestiniens et argumenter avec eux sur les solutions sans avoir à apprendre l'arabe…je veux pouvoir m'installer peu importe où sur la planète sans avoir à perdre mon temps à apprendre une nouvelle langue, pour ensuite faire rire de moi pour mon accent et me sentir étranger.

Rien ne peux nous arrêter dans notre cause, à moins de nous bâillonner. Tout ce que nous avons à faire, c'est d'apprendre l'espéranto (extrêmement rapide), le parler avec les espérantistes qui nous côtoient, et ce sans cesse et non plus comme langue seconde. En très peu de temps, par son utilisation plus fréquente, parler français nous deviendra un simple cauchemar. Ceux qui entendrons cette langue au coin des rues seront attirés, surtout avec les idéaux que nous propageons, puis bientôt, le concept de nationalité lui-même devra faire place au sennaciismo. Je crois que la principale erreur que les espérantistes ont fait, c'est d'avoir cantonné leur langue dans les réunions de villes et internationales. Sortons dans les rues en montrant sans crainte à la face du monde que nous nous dénationalisons. Quant aux anarchistes, il est temps d'avancer un peut plus dans nos combats et nos réalisations, et le sennaciismo et l'esperantismo sont peut-être les morceaux qui manquent pour compléter d'une part nos propres théories basées sur la liberté et d'autre part notre propagande qui ne peut que se déployer toujours plus loin, traversant toutes les frontières.

Pour les révolutionnaires espérantistes, vous pouvez me contacter joroy1@caramail.com

Pour plus d'informations sur l'espéranto: Société québécoise d'espéranto: http://www3.sympatico.ca/esperanto/

Un portail qui donne accès à des sites important en espéranto: http://esperanto-panorama.net/franca/

Mis en ligne par caserio, le Vendredi 23 Septembre 2005, 20:38 dans la rubrique "Pour comprendre".

http://endehors.org/news/8522.shtml
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