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 Mercredi gare du Nord, «les flics ont perdu leur sang-froid»

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wapasha
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wapasha

Nombre de messages : 4560
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MessageSujet: Mercredi gare du Nord, «les flics ont perdu leur sang-froid»   Mercredi gare du Nord, «les flics ont perdu leur sang-froid» EmptyJeu 29 Sep à 20:43

jeudi 29 septembre 2005 (Liberation.fr - 19:10)
Mercredi gare du Nord, «les flics ont perdu leur sang-froid»

Pas de trains, des gens exaspérés, le ton qui monte, les policiers qui «choisissent quelqu'un au hasard», la foule qui réagit, les lacrymos qui sortent… • Deux voyageurs présents sur les lieux racontent •

Par Ludovic BLECHER


Citation :
Thomas (1), 33 ans, psychologue

«Je suis arrivé gare du Nord vers 18h30. Un monde fou attendait. Les gens de l'accueil de la SNCF nous ont expliqué que des passagers étaient sur les voies et donc que les trains étaient bloqués. Paradoxalement, les écrans indiquaient qu'un train était en panne. La sauce a commencé à monter. Les gens se sont énervés car il y avait deux informations discordantes. Ça fait 10 ans que je prends cette ligne, je n'ai jamais vu ça. Les gens été excédés, certains étaient là depuis 17 h 30 et il n'y avait aucun train. C'est la énième fois que cette situation se produit et l'accumulation a provoqué un véritable mouvement de foule. Il y avait selon moi plusieurs centaines de personnes devant la cage d'accueil. Tous demandaient des explications, pestaient car ils se sentaient pris pour des pigeons.

Ça a commencé à chauffer, des gens se sont mis à crier contre les agents SNCF. A ce moment, des types de la police nationale en uniforme sont arrivés et, devant l'hostilité de la foule, ils ont pris peur. Ils ont attrapé un père de famille, un gars de 40 ans. Ils l'ont attrapé, molesté, aplati au sol, menotté puis ils l'ont emmené avec eux. A ce moment la foule a suivi le gars en tentant de prendre sa défense. C'est là que les flics ont sorti les lacrymos et ont pulvérisé à bout portant. J'ai vu un gamin de 6 mois sortir avec son père et sa mère.

Je crois qu'on a vraiment atteint un point d'exaspération énorme de la part des usagers. Ils ont l'impression qu'on se fout d'eux, d'être toujours les derniers informés. Hier ils étaient très en colère même si je pense que les flics ont dérapé. La colère restait verbale même si les propos des usagers étaient extrêmement violents. Je crois que les flics ont perdu leur sang froid. Tout le monde a été pris par surprise.»

«Les flics ont choisi quelqu'un, visiblement au hasard»

Bernard, 33 ans, concepteur rédacteur

«Je suis arrivé gare du nord à 19 h 30. Il y avait beaucoup de monde, c'était le foutoir. Autour de moi, des gens attendaient depuis deux heures sans savoir ce qui se passait. Je suis allé au bureau informations: il y avait une foule encore plus grande et une tension palpable. D'un coup, la soupape a explosé: des gens entassés se sont mis à crier sur les agents de la SNCF et les policiers qui leur faisaient face en essayant tant bien que mal de répondre à des questions auxquels ils n'avaient pas la réponse.

Nous étions très nombreux et pas contents du tout mais ce n'était pas l'émeute. D'un coup, les flics ont choisi quelqu'un, visiblement au hasard: un père de famille tout à fait correct. Ils étaient à deux ou trois dessus, l'ont mis par terre, l'ont frappé à coups de matraque. Quand ils ont voulu embarquer le type, la foule s'est retournée contre la police. Nous nous sommes sentis coupables alors qu'on était juste en train d'essayer de comprendre ce qui se passait. On leur a dit de le lâcher le gars, qu'il n'y était pour rien. Ils ont répliqué en sortant les lacrymogènes, des bombes à main genre aérosol. J'en ai pris en pleine tête, des mômes ont été touchés. Ils aspergeaient tout le monde: il y avait des poussettes, des vieillards, les gens qui prennent le train comme vous et moi.

Tout cela s'est passé dans la salle des pas perdus, entre le quai 32 et les poinçonneuses. Tout cela a duré une dizaine de minutes. Sur le coup j'ai été très énervé en me disant que c'était une honte. Mais on était très nombreux, il fallait gérer la tension. Le problème, c'est que les flics ne semblaient pas préparés à ce genre d'événements. Ils ont perdu pied très rapidement alors que les gens étaient tendus mais pas agressifs.»


(1) Les prénoms ont été changés
source : http://www.liberation.fr/page.php?Article=327479

@+

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Les conséquences de ce qu'on ne fait pas sont les plus graves.
Marcel MARIËN 1920
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