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 sarkozy expulse les enfants trinquent

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wapasha
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wapasha

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MessageSujet: sarkozy expulse les enfants trinquent   sarkozy expulse les enfants trinquent EmptySam 17 Sep à 15:13

humanite-Article paru dans l'édition du 16 septembre 2005.
sarkozy expulse les enfants trinquent

Citation :
Ils s’appellent Avellino, Frida, Karim, Kankou, Jangmi, Natacha... Ils habitent Paris, Beauvau, Pontivy, Perpignan, Orléans, Montargis... La liste des enfants et adolescents arrêtés, mis en rétention, menacés d’expulsion, expulsés, ne cesse de s’allonger. Les établissements scolaires contaminés par la frénésie du chiffre s’épinglent sur toute la carte de France. « Et nous ne voyons toujours que la partie émergée de l’iceberg », remarquait, hier, lors d’une conférence de presse avec d’autres associations, le réseau Éducation sans frontières. De quoi sont coupables ces enfants ? De craindre une excision à son arrivée au Mali pour l’une, de revenir dans un pays où son père et ses frères ont disparu pour l’autre, d’être simplement les enfants de parents à qui les tortionnaires n’ont pas laissé assez de preuve de leur passage, ou, au contraire, d’être orphelin, obligé de travailler pour vivre en suivant ses études et d’avoir, dans ces conditions, raté son bac, d’avoir voulu échapper à un réseau de prostitution ou à l’esclavage dans lequel la maintenait une famille...

Les intérêts

de l’enfant bafoués

C’est dans ce contexte que Nicolas Sarkozy a annoncé, vendredi, à ses préfets, un renforcement tous azimuts de sa politique d’expulsion : il faut renvoyer 23 000 sans-papiers d’ici la fin de l’année et donc trouver un peu plus de 11 000 victimes. Faire du chiffre, utiliser toutes les marges de manoeuvre de la loi, sanctionner les pays non coopérants à la délivrance des laissez-passer, ne pas écouter des collectifs « qui ne représentent qu’eux-mêmes », le ministre n’a laissé aucune ouverture.« Les préfets, les ministres, tous les discours nous serinent la défense des intérêts de l’enfant. Où sont les intérêts de l’enfant quand on fait la somme des effets dévastateurs de cette politique ? » demande Richard Moyon, porte-parole de RESF. « Nous sommes enseignants, chargés de transmettre des valeurs. Si nous ne voulons pas que ces valeurs demeurent des mots, nous nous devons de les transcrire dans les faits. La situation est gravissime pour les acteurs de la communauté scolaire, mais aussi pour les fonctionnaires chargés d’exécuter les ordres ministériels. Elle ne peut que créer des drames de conscience. Drames qui peuvent les conduire à la dépression, à la démission, à la demande de mutation. »

Du « délit de solidarité » avec Nicole Mussle, une militante du MRAP de Moselle interpellée pour avoir accompagné une famille en préfecture, on est arrivé maintenant au « délit d’informer », avec Bleuette Dupin, journaliste à Radio-France, appartement perquisitionné et interrogatoire à l’appui. « L’interpellation de notre consoeur de France-Bleu Auxerre n’est pas venue par hasard, dénonce le syndicat CGT des journalistes. Le cabinet du ministre a parlé d’ "erreur", mais elle a été, après ce mea culpa, convoquée au commissariat avec son mari et son rédacteur en chef. Le message est clair : ne vous mêlez pas de ces affaires. Lors de la rencontre, mercredi, avec les représentants du ministre, la menace était à peine voilée : "si vous savez où se cachent des sans-papiers, vous tombez sous le coup de la loi"... Nous assistons à un glissement tranquille vers un régime que je ne voudrais pas qualifier. » La perquisition s’est faite sans mandat d’un procureur. Aussi, quand on utilise toutes les marges de manoeuvre que laisse la loi, ce que Mouloud Aounit, du MRAP, appelle « aller à la limite de l’illégalité », on ne peut s’étonner qu’elle ne soit pas toujours respectée. Surtout quand le gouvernement lui-même la viole en organisant des « expulsions collectives d’étrangers », interdites par le protocole nº 4 de la Convention européenne des droits de l’homme, tenait à rappeler Jean-Pierre Dubois, président de la LDH.

La solidarité

se développe

Mais la perle revient à la justice, avec une motivation d’un procureur de la République de Paris pour justifier un refus de mise en liberté ainsi rédigé : « Une menace grave pour l’ordre public en ce que l’immigration irrégulière constitue une préoccupation majeure des instances gouvernementales françaises, qu’il convient de lutter contre ce phénomène qui favorise le travail dissimulé et peut, en raison de l’absence de ressources des immigrés en situation irrégulière, être facteur de délinquance, qu’elle suscite, en outre, de la part d’une partie de la population française, des phénomènes de rejet qui portent un grave préjudice à l’équilibre social et, par suite, à l’ensemble des immigrés en situation régulière, et que de telles dérives condamnent, à terme, toute politique d’intégration et ouvrent la porte aux extrémistes dont le développement menace la structure de la société. » Cet argumentaire gouvernemental en une phrase, dévoilé par une représentante de la CIMADE, a laissé ses interlocuteurs sans voix !

Les enfants aussi sont longtemps sans voix et il faut, souvent, qu’ils soient acculés à l’irrémédiable ou qu’ils découvrent une marque de solidarité pour dévoiler leur situation. Ainsi, dans un lycée parisien, huit jeunes ont assisté à une réunion d’information sur la question, alors que l’assistante sociale a recensé trente sans-papiers dans l’établissement. Dans le département du Val-de-Marne, une soixantaine d’enfants ou d’adolescents ont été signalés aux associations, aux enseignants ou aux syndicats, autant en Seine-Saint-Denis lors d’une réunion de rentrée du RESF. Le phénomène qui monte maintenant, c’est la mobilisation des lycéens eux-mêmes. Ainsi, au lycée Jacques-Feyder d’Épinay-sur-Seine (93), ce sont eux qui appellent à un débrayage, aujourd’hui, et à un rassemblement demain, pour empêcher l’expulsion de Guy. Guy a raté son bac parce qu’il travaillait pour vivre et payer ses études, son proviseur lui a refusé de redoubler sa terminale sans raison particulière et trois préfets rêvent de le voir retourner au Cameroun, pays « non-coopératif », alors qu’il est orphelin et père d’un enfant français depuis sa mise en rétention, cet été.

Émilie Rive
source : http://www.humanite.fr/journal/2005-09-16/2005-09-16-814088

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