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 Charia ou démocratie ?

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wapasha
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wapasha

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Localisation : Pays des Abers
Date d'inscription : 30/04/2005

Charia ou démocratie ? Empty
MessageSujet: Charia ou démocratie ?   Charia ou démocratie ? EmptyDim 21 Aoû à 14:01

altermonde.levillage- dimanche 21 août 2005, Mehr Licht
Charia ou démocratie ?

Citation :
Depuis que les États-Unis ont pris possession de l’Irak, les infrastructures de ce pays sont détruites et la peur règne en maître. Quand Saddam Hussein régnait sur l’Irak, des milliers de jeunes irakiennes étudiaient à l’université, envisageaient de faire carrière et sortaient sur la rue sans être affublées d’un voile. Aujourd’hui, ces mêmes jeunes femmes ont tous les jours sous les yeux des Américaines déguisées en soldat, traînant avec elles un lourd fusil mitrailleur, éructer des ordres à d’énormes GI et aux policiers irakiens. Que peuvent-elles bien penser ces femmes musulmanes, quand elles savent pertinemment que leur avenir va probablement basculer vers un islamisme radical ?

Il était facile il y a quelques mois, pour la presse écrite ou télévisée, de monter en épingle le jeu de deux gamines voilées, dont leur intérêt était bien plus une question d’apparence que de croyance, dont le père est Juif non pratiquant et la mère musulmane. Tout cela afin de nous faire croire que toutes les musulmanes espèrent de toute leur âme et de toute leur croyance, cacher leur féminité sous un voile pour plaire à leurs hommes. Tout le monde se souvient de cette histoire allégrement médiatisée.

Charia ou démocratie ? Cd2-07 Mais revenons à nos Irakiennes, qui demain peut-être ou dans cinq ans, à la suite du départ de la coalition, pourraient vivre et être gouvernées par une théocratie Chiite, identique à celle dont bien des femmes Iraniennes ont bien de la difficulté à se défaire. Elles retrouveront le voile ou pourquoi pas la burka. Adieu alors aux études choisies, adieu au plan de carrière, adieu à la féminité, adieu à la liberté, enfin adieu aux droits qu’elles avaient sous Saddam Hussein, même si ce dernier n’était pas un tendre, c’est le moins que l’on puisse dire, avec ceux qui s’opposaient à ses politiques. Tout cela est triste et nous plaignons ces femmes. N’oublions pas que le slogan des Mollahs est simple : un homme un vote... la femme se tait et accepte le jugement de la Charia, c’est-à-dire le jugement des hommes.

Tout cela parce que les États-Unis ont décidé de venir foutre leur sale nez dans les affaires d’un pays qui n’avait jamais demandé l’aide de qui que ce soit. Pouvons-nous croire sérieusement que la liberté sera bien servie par ces dernières élections fantoches en Irak comme l’a manifesté l’occupant. La population irakienne ne peut plus croire aux bienfaits que les États-Unis et leurs valets devaient lui apporter. Où sont depuis que les Américains sont là, les soins médicaux, la nourriture, l’eau potable, la reconstruction et les soi-disant investissements promis ? Les 60% de la population Chiite se réfugieront-ils dans la religion, perçue comme une force identitaire et politique et feront-ils élire un jour, puisqu’ils sont la majorité, un gouvernement sous l’égide de la Charia ? L’avenir nous le dira, mais nous pouvons tout craindre.

Il ne faut pas oublier que ce sont les religieux Chiites après la chute de l’Irak, qui ont rétabli l’ordre, calmé les esprits et convaincu les pillards de rendre les biens volés. La prise du pouvoir par ces groupes Chiites orthodoxes est-elle inévitable ? Peut-être pas, mais les pistes de la liberté s’avèreront cependant bien difficile. Car il ne suffit pas pour être libre d’élire des chefs, mais encore faut-il que ces derniers puissent gouverner dans le cadre d’une constitution qui garantit les libertés de base, protégées par des institutions. Les Américains, avant de quitter les lieux, pourront-ils imposer aux Irakiens une démocratie qui durera telle qu’ils l’ont anticipé ? Encore un point qui nous semble douteux. Nous entrevoyons malheureusement une fois les États-Unis partis, plutôt une sanglante guerre civile qu’une saine démocratie. Avec tous les attentats qui sèment déjà la terreur en Irak, nous pouvons encore une fois être inquiets.

Nous remarquons toutefois, que l’Islam et démocratie ne sont pas contradictoires. Une démocratie musulmane existe déjà, même si elle n’est pas parfaite. Exemple : l’Indonésie, dont son chef d’État Megawati Sukarnoputri est d’ailleurs une femme. Plus de la moitié des musulmans dans le monde, vivent au moment où nous écrivons ces lignes en démocratie. Le problème n’est donc pas l’Islam mais plutôt les arabo-musulmans. Il est tout de même important de souligner, que 250 millions de musulmans vivent dans des pays arabes tels que l’Égypte, le Liban, la Syrie etc... et y sont moins libres qu’il y a quarante ans. Beyrouth et Damas sont aussi moins riches aujourd’hui que Séoul ou Kuala Lumpur, pourtant plus pauvres qu’eux il y a un demi-siècle. Pourquoi ?

Parce que les valeurs des pays dirigés par les arabo-musulmans, comme celles de l’économie, du travail, du pouvoir, sont liées tout d’abord aux valeurs familiales. Dans ces familles l’homme monopolise l’autorité, il exige une obéissance stricte et démontre peu ou pas de tolérance à l’égard de la non-conformité, surtout chez les familles à saveur islamiste. Il faut tout de même là aussi avouer, que le pétrole et l’ingérence des pays occidentaux chez ces pays, ont favorisé le modelage de telles situations. Situations sommes toutes de protection envers les colonisations à répétitions du monde occidental.

Pour éviter tout quiproquo, voici ce qu’un camarade Arabe m’écrivait dernièrement, lorsque je lui disais qu’il était difficile pour nous occidentaux, de critiquer les pays Arabes. « Ce qui m’inquiète, à la lecture de ce qui s’écrit sur le monde arabe, c’est que seuls les facteurs exogènes de la "crise" - qui, elle, remonte à très loin - sont mis en exergue. Je m’adresse, en vous faisant part de cette inquiétude, essentiellement à mes "frères" arabes qui, au lieu d’une saine autocritique et comme frappés d’une définitive cécité, préfèrent continuer à se bercer par la glorification d’un passé, certes brillant, mais délabré, et à se lamenter, en rejetant, toujours et indéfiniment, la "faute" sur l’Autre. Position finalement très confortable, mais néanmoins dangereuse. Entretenir le mythe, pour une société, est certes tout à fait sain. Mais une civilisation se fige à vouloir figer le passé et le mythe. Elle pourrait en mourir, si elle n’entretenait que cela. La survie d’une société passe, entre autres, par un regard autocritique, qui est volonté d’auto connaissance et d’auto compréhension et, finalement, d’ouverture. Cet édifice historique qu’est la civilisation arabo-musulmane comporte, comme tant d’autres cultures, son côté sombre, consciemment ou inconsciemment occulté. Et il me semble salutaire que nous nous y attaquions pour mener un travail d’auto décolonisation de la pensée arabo-musulmane par elle-même. Comme en psychanalyse (Victor Tausk, notamment), je dirais que "nous avons besoin d’édifices délabrés ; il faut que nous puissions voir à travers leurs murs éventrés afin d’en tirer au moins une incitation à penser ». Et il rajoute : « Une note d’espoir, pour finir. La perspective d’une relecture critique de la société arabo-musulmane par elle-même est certes très mince, mais pas tout à fait perdue. Quelques intellectuels ne cessent d’y appeler : Abdelkébir Khatibi, Mohamed Arkoun, feu Edward Saïd... ». Avouons que cette critique de mon camarade, nous oblige à revoir nos réflexions souvent négatives envers nos frères Musulmans.

Pour terminer, nous souhaitons de tout cœur au peuple irakien, une fois que l’envahisseur américain aura laissé les rênes du pouvoir dans leurs mains, qu’il soit capable de mettre sur pied une démocratie à la mesure de leurs aspirations. Abstenons-nous donc d’en douter. Inch’Allah.

Mehr Licht
source : http://altermonde.levillage.org/article.php3?id_article=3452

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Les conséquences de ce qu'on ne fait pas sont les plus graves.
Marcel MARIËN 1920
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