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 Le miroir aux alouettes des formations « CDI à la clé »

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wapasha
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wapasha

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MessageSujet: Le miroir aux alouettes des formations « CDI à la clé »   Le miroir aux alouettes des formations « CDI à la clé » EmptyMer 10 Aoû à 15:59

humanite-Article paru dans l'édition du 9 août 2005.
Le miroir aux alouettes des formations « CDI à la clé »

À Stains, des électriciens au chômage ont accepté une formation car l’ANPE leur garantissait un emploi. Ils s’estiment aujourd’hui floués. Revenus à la case départ, avec des emplois précaires, ils dénoncent.


Citation :
Alors que le gouvernement vient d’accentuer les contrôles pesant sur les chômeurs, suspectés de fraude et de paresse, pourquoi ne pas plutôt contrôler la façon dont le service public de l’emploi traite les demandeurs d’emploi ? En mai, un groupe de chômeurs de région parisienne dénonçait les fausses promesses de CDI faites par l’ANPE, les ASSEDIC et un organisme de formation privé (voir ci-contre). Aujourd’hui, un autre groupe de chômeurs s’estime floué après avoir suivi une formation de cinq mois à l’AFPA (Association nationale pour la formation professionnelle des adultes) de Stains (Seine-Saint-Denis).

En janvier dernier, environ 300 chômeurs répondent à

une convocation de ce centre AFPA pour une formation de « monteur dépanneur en climatisation », qui stipule qu’« à l’issue de la formation, des postes sont à pourvoir en Île-de-France ». Lors de la réunion d’information, les représentants de l’AFPA, de l’ANPE de Stains, et du SNEFCCA, la chambre patronale des entreprises du froid et du conditionnement de l’air, tiennent aux chômeurs de grands discours sur les opportunités d’emploi dans le secteur. « À les entendre, c’était l’eldorado, racontent trois chômeurs. Ils ont expliqué que depuis la canicule, les entreprises avaient besoin de main-d’oeuvre et avaient demandé la mise en place de cette formation. Elle ne débouchait pas sur un diplôme, mais selon eux, ça n’était pas grave car l’emploi était assuré à la fin. » Pour cette formation d’adaptation financée par les ASSEDIC (voir ci-contre), l’ANPE avait présélectionné des électriciens uniquement. « Ils disaient que c’était le meilleur profil pour devenir climatiseur car 80 % des pannes sont d’origine électrique ». Après trois tests sur trois jours, douze chômeurs sont sélectionnés. « Ce qui nous a motivés, c’est la perspective de l’emploi en CDI, explique Daniel (1). La plupart d’entre nous ont presque quarante ans, sont des pères de famille. Nous sommes dans l’intérim et les boulots précaires depuis des années, nous avons besoin d’un emploi stable pour nous en sortir, pour pouvoir faire un emprunt à la banque, pour vivre normalement. »

La formation, qui commence le 7 mars, comporte deux périodes de trois semaines en entreprise, mais au moment de caser les stagiaires, les employeurs ne se bousculent plus au portillon. C’est in extremis que les chômeurs trouvent des places, par leurs propres moyens, l’un d’eux dépensant 100 euros en démarches ! Le second stage se déroule en juillet. « Aujourd’hui la formation est terminée, et nous n’avons pas d’emploi, déplore Roland. Il n’y a pas eu le bilan final prévu à l’AFPA car M. Sauze, le responsable de formation, est en vacances. Nous sommes livrés à nous-mêmes. » Parmi les douze stagiaires, trois ont démissionné en cours de route. Sur les neuf autres, selon Roland, un seul aurait un CDI, deux ou trois un CDD ou une mission d’intérim dans l’entreprise de leur stage. « Au final, on se retrouve à la case départ, avec des emplois précaires, dénonce-t-il, amer. En plus, le salaire est le SMIC, alors que dans l’électricité nous pouvons toucher 1 300 ou 1 400 euros. » « J’ai perdu cinq mois d’allocation, renchérit Daniel. Pourquoi on nous a fait miroiter des choses irréalisables ? Cette formation a coûté 15 000 euros par tête aux ASSEDIC, quel gaspillage ! On aurait trouvé une autre utilité à cet argent. » Pape, un autre stagiaire, commente : « Mais pendant ce temps, le ministère nous a sortis des statistiques du chômage ! »

À l’AFPA de Stains, M. Sauze fait état de « quatre ou cinq CDD », mais pour lui, « cela fait partie du jeu ». Il explique que « les entreprises ont eu plus de difficultés que prévu à embaucher, car le marché était moins porteur ». Il glisse aussi que les stagiaires « n’ont pas laissé une trace indélébile dans les entreprises où ils sont passés », s’énerve qu’ils aient passé « plus de temps à revendiquer qu’à bosser ». À propos des promesses de CDI, il admet qu’il y a eu des excès dans la communication autour de cette formation, mais ajoute : « Ces chômeurs ont acquis une qualification. Ils n’ont pas d’emploi aujourd’hui, mais qui dit qu’ils n’en auront pas demain ? Je pense qu’ils pourront sortir de l’intérim, c’est un problème de conjoncture ».

Pour Mme Lebot, présidente régionale du SNEFCCA et dirigeante d’une petite entreprise de froid et climatisation qui a accueilli deux stagiaires, la responsabilité incombe surtout à l’ANPE, qui aurait dû sélectionner des électriciens, mais a élargi son recrutement pour remplir le stage : « Nous avons réellement besoin de personnel, mais ces stagiaires n’avaient absolument pas le niveau requis, la sélection était catastrophique ! » Mme Lebot représentait le SNEFCCA le jour de la réunion d’information. « On leur a promis des emplois mais ce n’est pas de notre faute s’ils n’ont pas le niveau. De plus, certains venaient un jour sur deux. Je ne suis pas là pour faire du social, mais pour avoir des salariés rentables qui deviendront autonomes ». Les stagiaires avaient pourtant subi une série de tests. Et comment expliquer que certains aient été pris en CDD, s’ils sont tellement incompétents ? « Tant mieux pour eux, commente Mme Lebot. Peut-être certains employeurs ont-ils eu espoir que ceux-là soient plus performants et efficaces à l’avenir ! » « Nous ne sommes pas des nuls, nous avons une longue expérience professionnelle et le formateur de l’AFPA nous a félicités », réagit Roland.

« C’est très choquant de la part de l’ANPE et l’AFPA de faire de telles promesses de débouchés à des chômeurs », s’indigne Philippe Sabater, du SNU-ANPE, qui s’inquiète de cette « dérive communicationnelle du service de l’emploi ». « Ce sont des effets d’annonce, de véritables opérations marketing où tout le monde fait comme si on pouvait trouver des CDI par un coup de baguette magique. » Il dénonce aussi la dérive de l’AFPA vers des formations courtes et non diplomantes. « Sans diplôme, un salarié n’entre pas dans la grille de la convention collective et n’a droit à aucune reconnaissance salariale. »

(1) Le prénom a été changé.

Fanny Doumayrou
source : http://www.humanite.fr/journal/2005-08-09/2005-08-09-811688

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Marcel MARIËN 1920
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