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 Les publics et les non publics d’Attac, Observations sur le

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wapasha
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wapasha

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Les publics et les non publics d’Attac, Observations sur le Empty
MessageSujet: Les publics et les non publics d’Attac, Observations sur le   Les publics et les non publics d’Attac, Observations sur le EmptyVen 29 Juil à 11:39

attac-28/07/2005
Les publics et les non publics d’Attac, Observations sur le bilan et les perspectives de l’association

contribution de Stéphane Cuttaïa, élu membre actif CA

Citation :
Bilan et perspectives d’Attac

On peut imaginer qu’après avoir modifié génétiquemment les plantes puis les animaux les maîtres du monde envisageront un jour de modifier également les êtres humains afin de les rendre plus malléables et de faire disparaître des mouvements comme Attac. En attendant cet épisode de science fiction, malgré tous les outils de conditionnement populaire dont elle dispose, la "démocratie libérale" ne parvient toujours pas à gagner définitivement les coeurs et les esprits des peuples. Et le développement d’un mouvement comme Attac est une manifestation emblématique de cet échec. Ce qui suscite, je pense, l’admiration pour le mouvement Attac c’est qu’il a réussi à rassembler un grand nombre de personnes qui consacrent leurs compétences, leur talent, leur créativité, leur énergie, leur détermination et leur temps autour d’un projet de transformation politique très ambitieux. Et c’est cette réussite qui contribue à faire la démonstration que décidément l’Histoire n’est pas terminée.

Après cette introduction très générale qui souligne mon admiration et mon attachement pour Attac, voici comme le demande la Commision du Collège des Fondateurs qui travaille sur la préparation de l’Assemblée générale mes observations d’élu membre actif sur le bilan et les perspectives de l’association.

Attac existe depuis 7 ans. Elle se développe continuellement et mondialement. Elle participe à l’organisation de forums qui sont autant d’occasions pour les organisations de citoyens du monde entier d’exprimer, de contronter leurs points de vue et de se coordonner autour de projets communs (je profite d’ailleurs de cette contribution personnelle pour émettre un regret personnel parce que je pense que c’est aussi une question générale qui a à voir avec la représentation collective de l’association : durant mes trois années de mandat, mon nom n’a jamais été retenu pour participer aux délégations d’Attac-France, ce qui m’aurait intéressé, notamment pour participer aux débats sur la question des droits de l’enfant). Attac combat la fatalité, elle émet des avis qui sont écoutés, discutés dans le débat public. Et elle a engrangé des succès, dont celui de sa campagne récente autour du traité constitutionel. Pour autant le bilan d’Attac ne doit-il être couvert que d’éloges et de roses odorantes ? Attac détient-elle par exemple une formule magique pour transformer le plomb de la déséspérance sociale et politique en or de la citoyenneté active et triomphante ? Comme tous les bilans qui se veulent constructifs, celui d’Attac, à ce moment de son existence, ne peut être que contrasté. Si nous évoquons ses succès nous devons également évoquer ses échecs ou du moins ses faiblesses ou insuffisances. Celles-ci sont selon moi de deux ordres, démocratique et éducatif.

Plus de cohésion

Attac est un mouvement qui ambitionne de participer au développement de la démocratie internationale mais est-elle elle-même un modèle en la matière ? Certains répondent : Attac c’est le top, c’est ce qu’on trouve de mieux sur le marché. Pour d’autres c’est un enfer monarchique et on pourrait se demander pour quelle raison ils s’infligent en y participant une tel chemin de croix. La commission "pour l’amélioration du fonctionnement d’Attac", même si celle-ci s’est retrouvée dans une impasse, a eu le mérite de proposer plusieurs évolutions. De mon point de vue de membre actif du CA je pense qu’il y a en effet beaucoup de choses à revoir dans le fonctionnement de la direction d’Attac. Pour commencer, tout simplement dans les attitudes collectives et individuelles. En participant régulièrement à cette assemblée on pourrait conclure, pour paraphraser le synopsis d’un film d’Agnès Jaoui, que le CA d’Attac est un groupe d’êtres humains qui savent très bien ce qu’ils feraient s’ils étaient chargés de la gestion du monde mais qui ont bien du mal à gérer leur propre groupe. Je pense que le problème vient en grande partie du fait que la direction d’Attac ne s’est jamais donnée les moyens ni ne s’est jamais réellement interrogée sur la necessité de construire sa propre cohésion. Ce que nous aurions dû faire dès le commencement de nos mandats. Mais compte tenu du passif et des décisions et des arrangements qui étaient déjà été pliés avant même notre élection, le pouvions nous ? On assiste donc à une assemblée qui semble secouée par des rivalités désespérément claniques et inconciliables, de l’agressivité, parfois des insultes, une qualité d’écoute assez approximative, des attitudes quelquefois méprisantes ( J’ai lu Bernadette Jonquet déplorer qu’avant 2002 c’était pire). Concernant nos décisions prises au consensus par notre direction, elles me semble relever davantage d’une illusion que d’un réel consensus. Parce qu’une hiérarchie tacite et inconsciente organise la vie de la direction d’Attac, comme de toutes organisations. Parce que même si dans les textes et la théorie les membres du CA sont des élus égaux devant les adhérents, symboliquement il est évident qu’on ne peut pas exercer la même influence et qu’on n’est pas armé de la même assurance lorsqu’on est éducateur en zep ou employée d’un PME dans la Nièvre ou lorsqu’on détient des titres prestigieux et qu’on est habitué des tribunes et des micros aux quatre coins de la planète. On ne se débarrasse pas par des textes statutaires de nos représentations subjectives réciproques. Et on ne pèse pas le même poids symbolique lorsque nos disponibilités aux uns et aux autres sont aussi inégales. Je pense qu’une réflexion sur la cohésion du groupe doit figurer parmi les premières préoccupations de la nouvelle direction élue cette année.

Concernant les modalités de désignation des membres de la future direction et de l’élection ou pas du président par les adhérents, j’ai lu les différents textes et arguments et j’ai tendance à penser que plus les adhérents seront considérés comme adultes et responsables, plus ils auront l’occasion de se saisir directement des questions qui les concernent, plus nos règles de fonctionnement seront démocratiquement saines et prometteuses pour l’avenir. Je souhaite néanmoins soumettre à la réflexion ces quelques lignes de Jean-Claude Coiffet, universitaire et président du Cercle Condorcet de Bordeaux.

"Il est illusoire de penser que la vie associative est une expression directe des citoyens. (...) la parole des associations est celle des responsables (Président ou bureau) dont la désignation n’offre souvent aucune garantie démocratique. C’est particulièrement vrai pour les associations d’intervention para-politique. Crées par un individu ou un groupe d’amis qui ensuite font de la retape pour avoir des troupes, il serait inconcevable et même inélégant de remettre en cause le pouvoir des créateurs. De plus, même si au sein de telle ou telle association, les règles démocratiques élémentaires sont respectées, elle ne saurait représenter que ses adhérents et non la population au nom de laquelle elle prétend parler. Un tel système reviendrait en fait à ce que les partis politiques parlent au nom des citoyens sans jamais qu’ils se présentent devant les électeurs".

A propos d’éducation populaire

Attac se définit elle-même comme "un mouvement d’éducation populaire tournée vers l’action". Voilà une qualification qui peut être assimilée à un pléonasme si on considére que la raison d’être de l’éducation populaire est précisément de contribuer à l’émancipation populaire. Et que par conséquent l’éducation populaire est par nature tournée vers l’action. Existe-t-il des mouvements d’éducation populaire qui n’ont pas pour visée le savoir des citoyens et qui sont tournés vers l’inaction ? Si une association se définisait ainsi, elle aurait sans doute quelques difficultés à obtenir un agrément du ministère de la Jeunesse, des Sports et de la vie associative et des financements publics et privés.

Le cloisonnement socioculturel d’Attac

Attac-France est donc (heureusement) tournée vers l’action. Elle traite avec talent et énergie un nombre impressionnant de sujets et a un calendrier d’activités particulièrement dense, localement, nationalement et mondialement. Notre campagne de 2005 contre le traité constitutionnel a été et continue d’être par exemple une période impressionnante de bouillonnement pour toute l’association. On peut d’ailleurs parfois se demander si le nombre et la densité des documents, le nombre d’activités et de dossiers à suivre, le rythme effrénée de l’association n’est pas autant une limite qu’un richesse. Car qui dans sa vie personnelle est capable de prendre connaissance de toutes ces informations et de militer sérieusement à Attac ? Et qui perd pied rapidement dans ce militantisme (largement électronique) et reste sur le bord du chemin ? Lorsqu’on observe la situation sans complaisances, malgré les succès récents, on constate une certaine stagnation de la pénétration d’Attac dans la population et du nombre de ses adhérents et une composition socioculturelle du public qui fréquente l’association qui pose question. En disant les choses un peu durement, on pourrait écrire qu’une structure peut être continuellement en action mais cela ne l’empêche pas de tourner en partie dans le vide. Pour une association d’éducation populaire être tournée vers l’action ne suffit pas si le projet éducatif n’est pas clairement défini, mis en place et évalué.
La suite en dessous :

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Les conséquences de ce qu'on ne fait pas sont les plus graves.
Marcel MARIËN 1920
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MessageSujet: Re: Les publics et les non publics d’Attac, Observations sur le   Les publics et les non publics d’Attac, Observations sur le EmptyVen 29 Juil à 11:39

La suite :

Citation :
Une des question récurrente concernant Attac touche précisément à sa nature de mouvement d’éducation populaire. Que mettons-nous collectivement à Attac derrière le terme "éducation populaire" ? La question doit être posée car la réponse ne va pas de soi. A quoi sert l’éducation populaire et à qui s’adresse t-elle ? On peut poser que l’éducation populaire a pour vocation de s’adresser au peuple en animant des activités dans la vie sociale et culturelle et en favorisant l’accès de tous à l’éducation, à la culture, aux loisirs... Or la particularité persistante de l’association Attac c’est qu’à travers ses pratiques et ses outils elle continue de s’adresser, non pas au peuple dans son ensemble, mais principalement à ses composantes progressistes les plus militantes et les plus éduquées et parmi celles-ci à celles qui disposent des ressources nécessaires en terme de temps libre et de finances. Il suffit pour s’en convaincre de cotoyer régulièrement ses assemblées, de participer à ses universités et de lire ses documents. Nous pouvons avoir l’impression à Attac d’être à notre place et à l’aise en raison de cette magnifique diversité qui nous entoure. En réalité nous sommes à l’aise parce que nous ne sommes nulle part mieux qu’au milieu de nos semblables, de ceux en qui nous reconnaissant notre propre univers.

A qui s’ adresse Attac ? Il ne s’agit sans doute pas de l’exemple le plus important, mais il me semble néanmoins révélateur : plusieurs fois j’ai essayé d’estimer le temps, le travail de précision et l’energie que consacraient par exemple des dirigeants de ce mouvement d’éducation populaire à répondre à des journalistes de Libération, du Monde ou du Nouvel Obs. Dans les quartiers populaires, dans les zones rurales, dans les banlieues, et y compris dans des milieux plus aisés, très peu de personnes lisent ces titres de presse. Les gens lisent principalement la presse locale, la presse gratuite, la presse sportive, "féminine" ou spécialisée. En s’exprimant dans tel ou tel journal, quel public Attac essaie t’elle de toucher, de convaincre, si ce n’est ce qu’elle considère comme son public naturel ?

Les milieux populaires

Pourtant verbalement la volonté de "s’ouvrir aux milieux populaires" est pour Attac une constante. Afin de remplir sa mission éducative et d’être représentative, de devenir la voix d’un peuple qui s’émancipe ou du moins d’une large fraction populaire, et non pas simplement celle de ses intellectuels et de ses experts.

On peut lire "s’ouvrir aux milieux populaires est pour Attac une exigence pour les années qui viennent". Le terme de "milieux populaires" n’est d’ailleurs pas pleinement satisfaisant car de qui parle t-on ? L’enjeu n’est pas simplement de s’adresser aux citoyen-nes qui sont salariés, précaires ou chômeurs ou qui disposent par exemple de moins de 1200 euros mensuels. Ces catégories sociales sont largement sous représentées, c’est un fait mais notre tâche est plus large, elle est à mon sens d’aller à la rencontre de tous ceux qui sont cloisonnés socialement ou culturellement dans leurs univers et éloignés des idéaux altermondialistes. L’autre enjeu est de parvenir à ce qu’Attac ne soit pas elle aussi un monde cloisonné. Un monde de syndicalistes, de militants et de lecteurs du Monde diplo et de Télérama.

Dans le film d’Agnès Jaoui (dont j’aime beaucoup le cinéma) "le goût des autres", Jean-Jacques Castella, le personnage incarné par Jean-Pierre Bacri est un patron de PME autodidacte, à l’abri de l’insécurité sociale et financière, mais peu éduqué, ignorant de l’art contemporain, des enjeux des politiques culturelles. Il tombe amoureux de Clara, une comédienne qui évolue dans un univers cultivé, mais qui financièrement a bien du mal à joindre les deux bouts. Qui des deux appartient aux milieux populaires ? A qui doit s’ouvrir Attac, à Clara, à Castella, ou aux deux ?

Les plus jeunes n’existent pas encore

A qui s’adresse Attac ? A partir de quel âge Attac vient en "aide aux citoyens" ? Selon l’esprit de la Convention internationale des droits de l’enfant, les enfants sont considérés comme des citoyens en devenir. Et la citoyenneté peut être vue comme un processus, une dynamique. Afin de faire décourir aux plus jeunes citoyens les actions et les luttes altermondialistes. Notre mouvement d’éducation populaire (comme le font d’autres depuis longtemps) pourrait se donner comme objectif très concret d’élaborer des outils pédagogiques à l’adresse des enseignants, des parents et des enfants des écoles et des collèges, de disposer d’un centre de ressources riche et diversifié. Tous les thèmes de l’altermondialisme (commerce équitable, commerce mondial, dette, inégalités nord/sud, exploitation de l’environnement, services publics...) peuvent être déclinés sous formes d’ouvrages, de cd roms, de dessins animés, d’expositions, de jeux... pour enfants et adolescents. Ces nouveaux outils permettraient également aux comités locaux de faire des interventions de qualité en milieu scolaire ou périscolaire, de s’adresser aux enfants de tous les milieux socioculturels et par ricochet, à leurs parents. Si Attac est convaincue qu’un autre monde et une démocratie internationale sont possibles, composés par des citoyens libres et responsables, ne négligeons pas les enfants.

Nos outils

D’une manière plus générale, nos pratiques, nos outils, les événements que nous organisons doivent être discutés, évalués, adaptés aux différents publics de notre société et au rythme de vie des gens. Prenons un salarié moyen en Ile-de-France ou dans une grande agglomération urbaine. Entre les huit heures de travail, les deux heures de transports, les courses, le repas et le coucher des enfants, il faut être sacrément motivé pour se plonger dans la lecture de "Que faire du FMI et de la Banque mondiale ?" et pour aller écouter une réunion sur l’harmonisation des politiques fiscales en Europe. Nous devons être pleinement à la hauteur de notre mission de mouvement d’éducation populaire, au service de tous. L’adaptation de nos outils et de nos pratiques doit être notre principale mission et celle-ci doit être soumise à un questionnement permanent. A cet égard je trouve particulièrement novatrice et intéressante l’initiative des chemins de découvertes à Chatelerrault.

L’altermondialisation du sport

Pour terminer, je voudrais évoquer un nouveau groupe d’attac. En France 26 millions de personnes pratiquent un sport dont 13 millions dans un club, les meilleures audiences de la télévision française ont systématiquement été obtenues ces dernières années par des grands événements sportifs. Les compétitions sportives sont devenues des rendez-vous planétaires d’une ampleur inégalable pour toutes les autres activités humaines. A notre époque, le sport est devenu un concentré de cette mondialisation libérale que nous combattons. Tout y est : les délocalisations, les conditions de travail indignes et le travail des enfants dans les entreprises transnationales du marché des équipements, l’obligation de résultats pour les sportifs, l’enrichissement des entreprises pharmaceutiques grâce aux produits dopants, le contrôle des images par les groupes des médias, le conditionnement et le matraquage publicitaire, le pillage des jeunes sportifs des pays du Sud par les clubs du Nord, l’affairisme et le blanchiment d’argent, l’inégalité homme/femme dans l’organisation des disciplines, la disparition des disciplines "peu rentables". Pour Attac, le sport peut devenir une porte d’entrée facilement accessible pour tous et une mine thématique pour expliquer la globalisation capitaliste et les aspirations altermondialistes. Le groupe Sport d’Attac créé en juin 2004 discute actuellement de l’organisation d’un forum sur l’olympisme et l’altermondialisation du sport. Des spécialistes, des professionnels du sport, des membres de la Fédération Sportive et Gymnique du Travail, du Mouvement Critique du Sport et de la Commission Sport du PCF sont d’ores et déjà désireux de participer à ce projet.

Stéphane Cuttaïa
source : http://www.france.attac.org/a5293

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