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 Après l’ère du « baron » : « La bergère » qui veut dresser l

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wapasha
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wapasha

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MessageSujet: Après l’ère du « baron » : « La bergère » qui veut dresser l   Après l’ère du « baron » : « La bergère » qui veut dresser l EmptyJeu 7 Juil à 19:49

altermonde.levillage- jeudi 7 juillet 2005, Jean Dornac
Après l’ère du « baron » : « La bergère » qui veut dresser le mouton noir !

Il était une fois une bergère autoritaire et vorace qui n’aimait pas les moutons noirs... Elle décida de l’instruire pour lui apprendre à aimer la cause de sa mort...


Citation :
Après l’ère du « baron » : « La bergère » qui veut dresser l 06

Cette petite métaphore, vous l’aurez compris, s’adresse à Mme Parisot, nouvelle « patronne des patrons ». Après la trop longue période du baron Ernest-Antoine Seillière, nous aurions pu espérer trouver un dirigeant ayant un sens humain nettement plus développé que celui qui vient de prendre possession du bureau de « patron des patrons européens ». Hélas, si le style risque de changer beaucoup, le fond pourrait encore s’aggraver. Nul n’aurait songé à l’immensité des dégâts qu’allait provoquer Margareth Thatcher en Grande-Bretagne et, par son alliance avec Ronald Reagan, au monde entier.

Madame, ou plutôt « mademoiselle » Laurence Parisot (elle est célibataire et paraît-il très contente de l’être) a montré, dès ses premiers discours, qu’elle n’avait rien a envier à Maggy ! Ceci est, évidemment, très inquiétant. Mais avant d’arriver à ses premiers discours, revenons quelques instants au cas Seillière.

Ernest-Antoine Seillière aura laissé en France, comme bilan, une image très fortement dégradée, pour ne pas dire catastrophique, du Medef, anciennement CNPF. Il avait la prétention de faire passer les « patrons » au statut « d’entrepreneurs », terme plus noble selon lui sans doute. Il aura réussi, en fait, dans l’esprit de très nombreux Français, à faire passer les « patrons » au statut de « patrons du 19ème siècle ». Ce n’est évidemment pas une grande réussite... Il réussira sans doute la même « prouesse » dans son nouveau poste... Il aura également réussi à faire de son organisation syndicale un parti politique de droite extrême ; un allié naturel aussi dur, sinon plus dur encore, que l’UMP. Ses années passées à l’ex CNPF sont des années de gâchis complet pour le monde salarié, pour la cohésion sociale et pour la cohésion nationale. Il aura fait beaucoup pour l’appauvrissement des Français modestes et l’enrichissement de quelques membres de la caste patronale. Ils ne seront pas nombreux, en France, à le regretter.

Avant de partir, il fallait bien qu’il fasse lui-même son bilan, s’il voulait avoir l’impression d’avoir réussi... Voici quelques extraits de l’interview qu’il a accordée au Figaro (du 4 juillet 2005), quotidien de son collègue de droite extrême et vendeur d’armes (surtout volantes) ...

« En transformant le vieux Conseil national du patronat français en mouvement des entreprises de France, on a réalisé quelque chose d’essentiel. Il fallait redonner vie et place à la représentation des entrepreneurs dans notre pays. On l’a fait à la force du poignet. On a labouré comme des bœufs, quelquefois très seuls. »
Amusante autosatisfaction ! En fait de labourage, c’est surtout le peuple des salariés qui a été piétiné par le bœuf patronal. Et cela, désolé, ça n’a rien d’admirable ; tout au contraire, c’est minable !

« (...) Au-delà du nom et du réseau, on a changé les statuts, les missions, la gouvernance et même le building. (...) La campagne pour la succession a d’ailleurs été très visible, très médiatisée, très démocratique, pour la première fois. »
Certes, le « building », ça c’est important ! Ce que je trouve surtout extraordinaire, c’est l’aveu d’Ernest-Antoine Seillière : une campagne très démocratique, pour la première fois ! J’en déduis, forcément, que, lors des précédentes élections, la notion de démocratie n’était pas présente et qu’il est donc arrivé puis s’est maintenu à la tête du patronat par des « coups de force ». C’est logique, c’est parfaitement dans le style du baron...

« (...) J’ai tenu un langage de vérité et pas de séduction, il est normal que cela suscite des réticences. (...) Ce langage est maintenant repris par les politiques - il a été très bien traduit par Thierry Breton - et même par une partie des syndicats. »
Pas de surprise, là non plus ! Thierry Breton, ex Pdg de France Telecom ne pouvait que séduire l’ex patron des patrons. Et en plus, cerise sur le gâteau, le ministre des finances utilise les mêmes mots que Seillière : « ...dire la vérité aux Français... » ( Voir : Thierry Breton : nouveau Monsieur Jourdain et vrai « Goupil ») C’est curieux qu’ils ressentent tous le besoin de se justifier en affirmant qu’ils ont un langage de vérité ! Quand on a l’habitude de dire la vérité, on ne ressent pas le besoin de le préciser...
Pour les syndicats, pas besoin d’être magicien pour comprendre que M. Seillière pense à la CFDT... et à François Chérèque... Quel bel amour...

« La gauche est encore très idéologique et très raide, loin de comprendre les enjeux économiques, loin de s’associer aux efforts pour favoriser le dialogue social. Elle a amplifié le retard français. (...) »
Et pourtant, la gauche de François Hollande et son équipe de socialistes libéraux n’ont pas compté leurs efforts depuis tant d’années et encore tout récemment avec leur soutien au traité de Giscard d’Estaing. Franchement, je trouve que M. Ernest-Antoine n’est pas très gentil avec ses petits camarades de jeu...

« Enfin, la crise est également sociale : nous avons un dialogue et des institutions particulièrement fragilisées par la structure archaïque des syndicats, trop nombreux, peu puissants, dominés par le secteur public et donc peu capables d’accompagner la modernisation et la compétition économique. »
On se doute que la CFDT avec, de temps à autre, la CFTC et la CGC suffiraient amplement au patronat, mais zut, il se trouve que les salariés ne l’entendent pas de cette oreille...

« Les syndicats, inquiets, sont eux-mêmes contraints de porter attention à la montée de l’extrémisme et donc peu capables de porter la modernisation. »
Il y a donc un lien, pour Seillière entre extrémisme et impossibilité de moderniser ! C’est sans doute extrémiste d’exiger la justice et l’équité... Allez donc discuter sérieusement avec des gens qui n’ont pas la moindre idée de ce que peut être la justice...

« (...) Assurément. Il représente l’initiative, le risque, le projet, la capacité de constituer des équipes en vue de mettre sur le marché des biens de consommation pour assurer la croissance, l’emploi et le progrès. »
Que de compliments pour le monde de l’entreprise ! On se demande pourquoi les Français ne sont pas tous follement enthousiastes face aux merveilleux entrepreneurs français ! Evidemment, l’initiative,il n’y a pas que ce monde-là qui connaisse. On a vu que le mouton noir savait bien se débrouiller, lui aussi. Concernant le risque, on se demande à quoi fait allusion le baron, lorsqu’on sait que les risques sont tous portés par les salariés et jamais par le patronat protégé par la « responsabilité limitée »... Projet ? Ce n’est évidemment pas une spécificité patronale, mais ça fait joli dans le discours... Mettre sur le marché des biens de consommation pour assurer la croissance, ça, c’est sûr, ils savent faire jusqu’à la folie au point de nous mener droit à la catastrophe écologique finale ! Bravo les patrons ! Quant à l’emploi, on sait qu’il est de plus en plus rare, de plus en plus mal payé, bref, vaut mieux ne pas en parler pour se vanter, M. Seillière ! Et le progrès ? Faut-il être cruel ?...

« (...) L’opinion est davantage prête aux réformes que les politiques prêts à être courageux. »
Ça, c’est de toute beauté ! Un morceau d’anthologie ! C’est comme la France qui a dit Oui au TCE, selon les « élites » ! Ils ont vraiment un don exceptionnel pour croire en ce qui n’existe pas ! Et après, ils s’étonnent que nous voulions les renverser pour les renvoyer à leurs études....
En fin de compte, c’est vrai, l’opinion est prête aux réformes :
- Virer le gouvernement ;
- Virer tout le personnel politique actuel ;
- Virer le patronat ;
- Virer l’idéologie néolibérale ;
- Virer le monde débile de la consommation, etc.

Revenons à notre bergère digne de la « Harpie » mythologique. (Dictionnaire : mi-femme, mi-oiseau, ravisseuse d’enfants et d’âmes.) Pourquoi cette comparaison ? C’est ce que nous allons voir à présent...

Qui est Laurence Parisot ?

« Laurence Parisot, 45 ans, présidente du Medef, est une femme de communication qui plaide avec fougue pour une organisation patronale plus "ouverte" sur la société et une réforme en profondeur du code du travail. Son apparence frêle tranche avec la détermination qu’elle dégage. Laurence Parisot, présidente de l’Ifop, est partie la première dans une campagne qu’elle préparait depuis près deux ans. Avec une ambition : devenir la première présidente du Medef. Elle mène sa carrière tambour battant. Après des études de droit et de sciences politiques, elle est devenue directrice générale de Louis Harris à 26 ans puis à 30 ans PDG de l’Ifop, un des plus anciens instituts de sondage. » ( Nouvel Obs du 5 juillet)
Il n’y a pas grand-chose à dire sinon qu’étant née dans un milieu patronal (son père était patron d’une entreprise dans les Vosges), il n’y a aucune chance qu’elle puisse comprendre les réalités du monde pauvre, du monde exploité. Et ça, tout comme pour le baron, c’est déjà un très lourd handicap. De plus, n’étant pas mariée ou ne vivant pas avec un compagnon, n’ayant sans doute pas d’enfants, que peut-elle comprendre de la misère dont souffrent tant de couples français, misère provoquée par les décisions, notamment du Medef ?

« (...) Depuis deux ans, elle s’est fait progressivement connaître au sein du mouvement, en multipliant notamment les visites en province. Elle y plaide pour un code du travail réformé et un Medef plus ouvert, notamment sur l’université et le monde associatif. »
A priori, l’ambition n’est pas quelque chose de négatif du moins lorsque cela ne provoque pas un gonflement hypertrophié de l’ego. Dans notre cas, j’ai quelques soucis... L’intérêt du Medef par rapport à l’université est particulièrement inquiétant (je reviendrai sur les autres points un peu plus loin). L’université n’est pas faite pour servir les intérêts des entreprises et encore moins celui d’une organisation syndicale, fusse-t-elle patronale. Le savoir acquis en université doit servir le jeune qui étudie et au-delà la société dans laquelle il choisit de vivre, ici ou ailleurs. Il y a de nombreuses professions qui n’ont rien à voir avec le monde de l’industrie. C’est une grande chance pour celles et ceux qui bénéficient d’une telle liberté. Si le Medef met sérieusement le pied dans l’université, cela signifiera, sans hésitation possible, la fin de la culture du savoir, de la réflexion critique, pour se transformer en un savoir pratique au seul service des entreprises. Ce sera un affadissement tragique de l’esprit humain en France.
Mais on comprend mieux ce que veut faire Melle Parisot au travers de ce qu’elle a dit à L’Humanité du 21 janvier 2005 (source CQFD) : « Nous, les entrepreneurs, nous pouvons être à ce siècle qui est tout jeune et qui n’a que quatre ans, ce que les instituteurs ont été à la IIIè République. L’école était à cette époque chargée de former le citoyen : n’est-ce pas à nous, à l’entreprise aujourd’hui, de lui apprendre le nouveau monde ? » Outre le culot insensé de telles affirmations, on voit quel sera le but des « entrepreneurs » sous la houlette de miss Parisot : Formater les citoyens aux idées des seuls patrons. C’est, dans leur esprit, la revanche de ce que leurs parents et arrières grands-parents n’ont pas réussi grâce aux actions brillantes des syndicats de cette époque. Nous devons devenir les « robots » de ces gens. La résistance s’impose !

« (...) François Pinault, ex-patron du groupe de distribution et de luxe PPR, et Michel Pébereau, président de BNP Paribas, lui ont apporté leur soutien. D’autres s’inquiètent de certaines de ses envolées. "Il est insupportable de constater que la liberté de penser s’arrête là où commence le droit du travail", avait-elle déclaré en janvier dernier. Une petite phrase qui lui a valu une étiquette d’ultralibérale, ce dont elle se défend en se disant "prête à prouver que libéral ne veut pas dire anti-social ».
Il est rassurant de constater que même certains patrons s’inquiètent de ce genre de phrase. Et je suis en accord avec ce que dit mon ami Xian dans un courrier d’hier :
« Elle voulait dire : la liberté d’exploiter s’arrête là où commence le droit du travail ! » Et Xian de me rappeler cette phrase du « grand » démocrate, formateur de Sarkozy, Charles Pasqua : « La liberté s’arrête où commence la raison d’Etat » Ces gens n’ont de compréhension de la liberté que la part qui sert leurs ambitions, leurs fortunes ou leurs pouvoirs.

La suite en dessous :

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Les conséquences de ce qu'on ne fait pas sont les plus graves.
Marcel MARIËN 1920
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MessageSujet: Re: Après l’ère du « baron » : « La bergère » qui veut dresser l   Après l’ère du « baron » : « La bergère » qui veut dresser l EmptyJeu 7 Juil à 19:50

La suite :

Citation :
« Elle affirme dans le journal "Libération" du 21 juin dernier que "la phrase a été sortie de son contexte" et qu’elle a "juste voulu dire que le code du travail nous emmène parfois vers une logique absurde". Elle n’en reste pas moins persuadée que le code du travail tel qu’il existe est "aujourd’hui archaïque" et a expliqué à "Paris Match" sa version du libéralisme : "Dans le mot libéral, il y a le mot liberté. Je constate partout où je me tourne qu’il n’y a pas mieux que l’économie libérale de marché pour créer des richesses, de la croissance, donc des emplois. ».
Il s’agit du même discours que nous servent tous les libéraux, néolibéraux ou ultralibéraux. Ils n’ont que le mot « liberté » à la bouche. Le malheur, c’est qu’il ne s’agit en effet que du mot sans le moindre contenu. En fait, pour eux, c’est très clair lorsqu’on étudie les discours tenus par les partisans de cette idéologie, sous toutes les latitudes, la notion de liberté n’a qu’un sens unique : La liberté pour eux de faire ce qui leur plaît dans leur unique intérêt. Ce qui induit la destruction des lois sociales, la destruction des libertés civiles au travers des politiques sécuritaires, la destruction de la liberté de pensée au travers de la pensée unique. Malheur à nous, à tous ceux qu’ils considèrent comme des « perdants » (quelle élégance de langage, n’est-ce pas !), si nous nous laissons endormir par une telle phraséologie !
Lorsque Laurence Parisot dit « Je constate partout où je me tourne qu’il n’y a pas mieux que l’économie libérale de marché », je me demande si elle croit elle-même à ce qu’elle dit, sauf bien sûr si elle ne pense qu’aux intérêts de sa propre caste. Il faudrait tout de même, lorsqu’elle sort de chez elle ou de France, qu’elle demande leur avis notamment aux Argentins, aux Chiliens, aux Algériens et à tant d autres qui ont « bénéficié » des charmes de l’économie de marché « offerts » par le FMI et les néolibéraux américains comme européens... Partout, ce fut l’échec, l’avancée de la pauvreté et de la misère, le recul des libertés, la perte de souveraineté. Ce « libéralisme » est un drame pour l’humanité. Mais il faut ouvrir les yeux, ôter les écailles dues à l’esprit de caste pour s’en apercevoir...

« Peu après son élection, elle a indiqué que le Medef allait faire des propositions pour "moderniser" le droit du travail, afin de concilier "la prise de risque" pour les entreprises avec "la protection des individus ».
Moderniser ! Voilà un mot qui est une menace certaine pour les salariés et leurs familles. Ce mot, comme tant d’autres dans le langage unique de la caste à laquelle appartient Melle Parisot signifie l’inverse de ce qu’il annonce : Moderniser est égal à recul social, et rien d’autre. Quant à la prise de risque, nous touchons le ridicule : Un auteur du Monde Diplomatique, Serge Halimi (il me semble) comparait la prise de risque des « entrepreneurs » à un joueur de roulette russe qui, petite différence avec le jeu classique, au lien de poser le canon de l’arme sur sa tempe, la pose sur la tempe de ses employés. Eux, c’est risque zéro, nous c’est risque maximum ; eux c’est tout bénéfice, nous, c’est chômage et misère.

« Elle a aussi dit à plusieurs reprises vouloir "faire aimer l’économie de marché, car elle seule permet une redistribution des richesses ».
C’est la bergère aux dents longues du montage photographique. Comment cette dame va-t-elle faire pour nous faire aimer ce qui nous tue socialement, avant de nous liquider physiquement ? Au travers de quels mensonges ? De quelles magouilles ? De quelles complicités ? De quel lavage de cerveau ? Avec le gouvernement, c’est sûr ! Avec TF1 et les autres télévisions, c’est évident ! Avec la presse aux mains des canonniers et autres magouilleurs financiers, évidemment ! A nous de ne plus nous laisser berner par tous ces outils de propagande et de chercher nos informations sur les médias libres d’Internet.

« Prôner une "politique économique favorable aux entreprises, ce n’est pas être anti-social, c’est la condition même du social ».
Sauf qu’une politique économique favorable aux entreprises signifie, mécaniquement, l’abandon de toute politique sociale. Les possédants ne voulant jamais partager, les propriétaires des entreprises, comme les actionnaires, comme les PDG, ne peuvent même pas tolérer la notion de partage. La preuve : l’odieuse campagne qui dure depuis des années sur le Smic trop cher !
Comment comprend-elle et applique-t-elle le « social » dans sa propre entreprise, l’Ifop ? Quelques exemples issus de CQFD du mois de juin :
- « Recrutés à bac+ 2 minimum, ils doivent se contenter du contrat de « vacataire » défini par la convention collective. Contrat « par nature temporaire », comme le stipule le code du travail.
- Christiane qui travaille depuis 15 ans affirme : Dans ma région, aucun employé de l’Ifop n’est en CDI. Le seul personnel en CDI est à Paris, ce sont les administratifs et les chargés d’études. Résultat, les enquêteurs accumulent les CDD, jusqu’à une centaine par an. Mais cela ne suffit pas toujours à faire bouillir la marmite. Le mois de mai a été très difficile, raconte Christiane. J’ai eu huit enquêtes. Avec des tarifs qui vont de seize à vingt-deux euros par questionnaire et qui comprennent la recherche de cible. Pour une journée complète, ça tourne autour de soixante euros. Mais on ne travaille pas tous les jours.
- D’après Christiane, le prix des questionnaires n’a pas évolué depuis 1990, d’autant que l’Ifop s’est mise à sous-traiter. C’est une façon de faire tomber le salaire, évidemment. Et on a de moins en moins de travail. En fin d’année, on a plus de travail parce que les budgets publicité qui ne sont pas épuisés doivent l’être avant janvier. Là, on pourra travailler cent vingt heures.
- Les conditions de travail sont à la hauteur des émoluments. La quasi-totalité des instituts mène ses vacataires à la baguette tout en érigeant le tutoiement en principe de management...
- L’Ifop applique la doctrine médéfienne de sa Pdg, Laurence Parisot. Moins les salariés en savent, mieux l’entreprise se porte.
- Christiane : On vous appelle deux ou trois jours avant.
On vous propose l’enquête. Si vous refusez... La responsable régionale râle, parce qu’on doit être corvéable à merci. Donc, on se force, on s’arrange, même si on avait prévu autre chose, parce qu’il y a une forte concurrence entre les salariés. Chacun sait que s’il refuse une mission, il sera mis en quarantaine et instantanément remplacé par quelqu’un d’autre.
- Christiane explique qu’il suffit qu’un enquêteur rende un questionnaire où une case n’est pas cochée pour que l’Ifop refuse de payer le travail. Quand vous avez des questions fermées, tout va très bien, mais quand ce sont des questions ouvertes et que vous n’allez pas suffisamment au fond des choses, on ne vous paie pas. Si vous ne rendez pas vos questionnaires dans les délais, vous n’êtes pas payé non plus. Du coup, les habitués doivent se débrouiller pour remplir les trous et les enquêtes ne sont pas fiables.
- Mais la manière la plus sûre de s’attirer les foudres des instituts reste encore d’essayer de se faire respecter. Christiane a ainsi été mise à l’écart parce qu’il lui est arrivé de contester la maigreur de ses émoluments. Là, on ne vous rappelle pas pendant dix jours...
Ces quelques lignes montrent quelle confiance nous pouvons avoir dans les discours du nouveau patron des patrons ! C’est ça qu’elle prétend vouloir nous faire aimer !

« Elle a confié à Paris Match la semaine dernière qu’elle avait chaussé des skis nautiques pour la première fois à l’âge de cinq ans et chevauché sa première moto à sept ans pour "faire comme les hommes ».
Là où plusieurs « responsables », notamment des femmes, se sont réjouies de la nomination de Laurence Parisot, moi je m’inquiète. Les quelques femmes qui me connaissent savent qu’il n’y a pas l’ombre d’un anti-féminisme en moi. Mon inquiétude se base sur un fait et plusieurs expériences :
- Le fait, c’est que les femmes (bon nombre d’entre elles du moins) qui accèdent à des postes de véritable responsabilité, réagissent comme si elles avaient besoin de justifier qu’elles « font aussi bien que les hommes ».
- Les expériences : Des femmes chef d’Etat ou de gouvernement... Indira Gandhi, Golda Meir, Maggy Thatcher... Trois dirigeantes, trois guerres...
Question : Pour ressembler à un homme, à Ernest-Antoine Seillière par exemple, combien de chômeurs en plus ? Combien de baisses de salaires ? Combien de destructions des droits sociaux et du droit du travail ? Combien de misère en plus pour le peuple méprisé ?

« Laurence Parisot aime se définir comme une "vraie libérale" et n’hésite pas à employer des formules encore plus fortes qu’Ernest-Antoine Seillière pour brocarder le modèle social français, ses lois et son administration. »
Ceci répond exactement à la même frustration... hélas !

« Au sujet de l’élection présidentielle en France en 2007, Mme Parisot a souhaité que son organisation "profite" de la campagne pour "diffuser ses idées". "Il faut que nous profitions de cet instant-là pour diffuser nos idées, faire en sorte qu’elles soient contredites, argumentées, savoir convaincre, que les candidats à l’élection présidentielle s’emparent de nos sujets", a-t-elle affirmé. » (yahoo du 6 juillet 2005)
Il est intéressant, encore une fois, de lire certains passages publiés par CQFD :
« La politique la fascine et le Medef est pour elle un autre moyen de la pratiquer. « Je suis inquiète et un peu triste de l’état de la France. Nous sommes sur une pente dangereuse, glissante, et cela me touche tellement que j’ai envie de faire quelque chose. Et le Medef peut faire beaucoup. Elle a insisté sur la nécessité de "moderniser" le code du travail, et pour une "rénovation et un reformatage de l’Etat", deux thèmes récurrents de l’organisation patronale. » (relevé dans l’Express du 11 avril 2005)
Si le baron n’annonçait pas clairement ses intentions politiques, Melle Parisot, elle, annonce très clairement sa volonté de peser sur la politique du pays. C’est donc bien un nouveau parti de droite extrême que nous aurons face à nous. Ce n’est pas seulement à un formatage de l’école et des citoyens qu’elle veut procéder, mais aussi au formatage de l’Etat, le tout au service de l’unique caste faite de patrons, d’actionnaires, de rentiers et autres profiteurs de la vie des plus modestes.

Nul doute que nous devrons revenir très régulièrement sur ce personnage que je perçois, dès maintenant, comme l’une de ces figures qui par volonté de profit, volonté de pouvoir, par orgueil aussi, est l’une des pièces les plus certaines qui provoqueront la révolte dans ce pays.

Le mouton noir n’aura droit à aucun repos !
source : http://altermonde.levillage.org/article.php3?id_article=3165

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