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 Aux armes citoyens du Pérou !

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FleurOccitane
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MessageSujet: Aux armes citoyens du Pérou !   Aux armes citoyens du Pérou ! EmptyJeu 30 Juin à 0:00

Citation :

Aux armes citoyens du Pérou !
publié samedi le 25 juin 2005,
par : Gaétan POULIOT

Le sentiment d’insécurité qui plane sur les sociétés latino-américaines n’épargne pas la capitale péruvienne, Lima. En réponse à ce problème croissant, les citoyens s’affairent à mettre sur pied leur propre système de défense : la Seguridad Ciudadana. Un phénomène en pleine expansion en Amérique latine.

Aux armes citoyens du Pérou ! Photo_perou

L’Amérique latine, terre de contraste, vit au jour le jour avec de grandes injustices socio-économiques, terreau de la violence urbaine. Selon les données disponibles, cette région est la plus dangereuse, particulièrement au sein des grands centres urbains aux prises avec une croissance incontrôlable de la population. La capitale péruvienne, Lima, forte de ses 8 millions d’habitants, se taille une triste place parmi ces cités violentes avec un haut taux d’homicide de 28 par 100 000 habitants, comparativement à 1,7 pour Toronto et 2,0 pour Montréal. Malgré ce triste portrait de la cité des rois, le problème majeur menaçant les citoyens se situe plutôt au niveau des délits mineurs, tels que les cambriolages, assauts sur la voie publique, délinquance juvénile et enlèvements. À la fin de 2003, 75 % des Liméens croyaient que la violence liée à la délinquance était en augmentation. La hausse de ce sentiment d’insécurité ne date pas d’hier et prend racine dans une triste facette de l’histoire du Pérou.

Les sources de l’insécurité

À la fin des années 1980, l’insécurité est palpable dans la capitale péruvienne, et le conflit opposant les guérilleros du Sentier lumineux et l’armée nationale contribue à la méfiance des citadins et à l’enfermement. C’est principalement à cette époque que les citoyens s’arment, deviennent propriétaires de chiens de garde et barricadent leur maison pour se protéger, fortifiant littéralement la ville. À cela, s’ajoute le banditisme qui se répand au rythme de la récession économique et des vagues d’immigration, créant d’énormes poches de pauvreté urbaine. À cette époque, la police nationale est trop occupée à combattre les guérilleros et délaisse tranquillement la protection citoyenne et la prévention.

Aujourd’hui, malgré la fin de la guerre civile, l’insécurité demeure et la dégradation de la situation économique se poursuit. Comme l’indiquent les sondages, la perception de l’insécurité ne cesse d’augmenter. En octobre 2003, 88 % des Liméens se sentaient menacés dans la rue, alors que 53 % d’entre eux ne se sentaient pas en sécurité dans leur propre maison ! Malgré cette psychose collective évidente, le problème est pourtant bien réel. Tout citadin peut vous raconter des actes criminels dont lui ou un de ses proches a été victime. Dans ce contexte, les citoyens exaspérés face à une criminalité toujours plus présente et violente ont décidé de se prendre en main et d’assurer leur propre sécurité.

La Seguridad Cuidadana

Pour pallier l’incapacité de l’État à protéger les citoyens, ces derniers ont décidé d’organiser la protection civile. Ils se réunissent donc en organisation de voisinage, regroupant les habitants d’une rue quand ce n’est pas du quartier entier, pour mettre sur pied la défense de leur milieu de vie.

Si, au départ, cette idée de solidarité a émergé dans les zones les plus pauvres de Lima, aujourd’hui elle est présente dans tous les quartiers de la ville. Ce type d’organisation existe déjà depuis un certain temps, mais cela fait environ cinq ans qu’il existe de plus en plus de pression politique pour instaurer ce système à grande échelle. Le système de Seguridad Ciudadana (Sécurité citoyenne), qui existe aussi ailleurs en Amérique latine, prend deux formes principales.

Une des pratiques de ce système consiste à barricader certains quartiers avec des portes grillagées, surveillées par un garde qui n’ouvre que sur identification. Ces urbanisaciones, illégales mais tolérées, frappent l’imaginaire, mais ne touchent que 8,8 % de la population, surtout des quartiers aisés et de classes moyennes.

Plus répandu, l’autre moyen de protection est la vigile. Ce système de surveillance se compose de brigades citoyennes ou de patrouilleurs qui couvrent une zone donnée. Ces derniers ont pour mandat d’avertir les policiers en cas de méfait. Ce ne sont pas moins de 41 % des citoyens qui bénéficient de la protection d’un vigile. Cette mesure est d’autant plus populaire que 82,2 % des citoyens de Lima seraient disposés à y participer s’ils y étaient convoqués. C’est ainsi que le voisinage se constitue en organisation de défense et paie de sa poche cette protection supplémentaire.

Dérive communautaire

Bien que l’on puisse saluer cette solidarité communautaire visant l’amélioration d’un milieu de vie, l’absence des forces de l’ordre ouvre la porte à des exactions sommaires. Cette pratique peut dériver vers une justice villageoise et arbitraire lorsque des citoyens exaspérés par la criminalité déversent leur trop-plein de colère sur de petits bandits. Il n’est pas rare de voir dans les bulletins d’informations des cas où les forces de l’ordre arrivent juste à temps pour sauver un criminel de la justice communautaire.

Malgré tous les moyens pris par l’État et les organisations citoyennes, l’insécurité demeure. En fait, pour profiter de ce droit fondamental qu’est la sécurité, les moyens répressifs ne suffisent pas. La situation socio-économique doit s’améliorer pour permettre une véritable baisse de la criminalité. Cette problématique qui affecte toute l’Amérique latine prend racine, entre autres, dans la mauvaise redistribution des richesses tant au niveau mondial que national. Cela résulte d’un cercle vicieux de violence et de marginalisation difficile à rompre. Bref, tant que la pauvreté et la mauvaise distribution de la richesse demeureront, l’insécurité fera partie de la vie des Liméens.

http://www.alternatives.ca/article1916.html
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