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 Le modèle danois n'est pas un paradis

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wapasha
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wapasha

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Localisation : Pays des Abers
Date d'inscription : 30/04/2005

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MessageSujet: Le modèle danois n'est pas un paradis   Le modèle danois n'est pas un paradis EmptyJeu 9 Juin à 15:29

bellaciao-jeudi 9 juin 2005
LE MODELE DANOIS N’EST PAS UN PARADIS

Le modèle danois n'est pas un paradis Schiavi

Verdi

Ils - gouvernement français, medef, médias inféodés, économistes assermentés ultra-libéraux - nous rebattent les oreilles avec le modèle danois présenté comme la panacée des modèles sociaux. La réalité est beaucoup plus contrastée dans ce pays de 5,3 millions d’habitants, où plus de 60% des emplois sont concentrés dans la capitale Copenhague (1,4 million d’habitants).
D’un côté, des chefs d’entreprise danois qui ont toute latitude. De l’autre, des salariés soumis à la pression d’un marché du travail très largement déréglementé, obligés d’accepter n’importe quel boulot. Reste que le chômage y est tout aussi présent, avec 20% de la population active qui passe chaque année par une période « inactive » pudiquement appelée « activation ».


Citation :
Si gagnant il y a, ce n’est certainement pas le salarié danois (1) astreint à un parcours professionnel aléatoire, et forcément perturbant. Lequel salarié se trouve enfermé depuis 10 ans dans un carcan ultra-libéral, qui ne lui laisse que peu de liberté, si par malheur le chômage le frappe. Ce qui, bien évidemment, n’apparaît pas dans les dithyrambes des libéraux français qui se plaisent à le présenter comme LE paradis du consensus social, à la scandinave. En réalité, ce modèle est un pur produit de l’idéologie ultra-libérale en ce qu’il exploite la peur permanente des salariés pour mieux les soumettre à ses règles.

Les vrais gagnants, ce sont les tenants du libéralisme économique débridé implanté avec succès dans ce pays qui, du fait de sa taille, n’a pas su ou pu résister. Il est à craindre que, se référant au modèle danois, Villepin et le gouvernement français se servent du taux de chômage en trompe-l’œil de ce pays, pour justifier des mesures coercitives intolérables contre les exclus de l’emploi.

Le régime danois a, certes, le mérite de maintenir 90% du revenu du demandeur d’emploi, mais il limite à 4 ans la durée des versements, contre 9 ans jusqu’en 1993. Ses partisans mettent en avant cette couverture sociale, en apparence sécurisante. Sauf que, comparé aux modèles d’autres pays européens, le modèle danois présente aussi des limites. A titre d’exemple : les contrats « aidés » ne permettent pas au salarié qui en bénéficie de reconstituer ses droits au chômage.

Autre forme de limite : le syndicalisme. Le salarié danois n’a pas vraiment la liberté de choisir son syndicat, contraint qu’il est, s’il désire une assurance chômage, qui n’est pas obligatoire au Danemark, d’adhérer, principalement, à L.O. Cette organisation (1), qui détient un quasi-monopole syndical, gère le régime d’indemnisation. Avec 80% d’adhérents, le Danemark affiche l’un des plus forts taux de syndicalisation parmi les pays européens.

Déréglementation du travail et pression constante sur le chômeurs ne font pas l’unanimité au Danemark


Ce régime a été mis en place par les sociaux démocrates en 1995. Ils ont commencé par procéder à des cessations anticipées d’activité pour la population active la plus âgée (départs en préretraites, etc.). Ce qui a permis de radier des statistiques une partie importante des chômeurs. Il repose sur deux axes :

- la déréglementation du travail : liberté de licenciement (2) et d’embauche, pas de salaire minimum légal, ni de durée maximum légale du temps de travail, mobilité, et flexibilité.

- la pression constante sur les chômeurs : contrôle très sévère , obligation de suivre une formation et/ou des stages , obligation de ne pas refuser plus de deux offres d’emplois, sous peine de suppression des allocations.
Cette période de contrainte forte sur le chômeur dite « d’activation » est contestée au Danemark. Elle est loin d’être aussi efficace que les ultra-libéraux français veulent le faire croire. Officiellement, on compte 180 000 chômeurs, soit un taux de 6,2%. En réalité, plus de 500 000 Danois se retrouvent en période d’activation chaque année, soit 20% de la population active.


Lorsque les doctes économistes ultra-libéraux français prennent en exemple le fameux « miracle » danois, c’est uniquement pour vanter les effets positifs de la déréglementation du travail sur le taux d’activité des danois : 75,4% contre 63,4% en France en 2003. Mais à quel prix pour les Danois, en termes de qualité de vie...
C’est oublier que les contrats aidés participent pour une grande part à la réduction du nombre des chômeurs inscrits. C’est oublier aussi un peu vite qu’à l’issue de la période de chômage, ou bien lorsque le salarié n’a pas reconstitué ses droits à l’assurance chômage (après un contrat aidé), celui-ci tombe dans l’assistance sociale gérée par les municipalités et dans une forme précarité qui n’a rien à envier à la précarité en France.

En 2001, un gouvernement conservateur libéral est arrivé. Il a, bien sûr, mis l’accent sur la partie déréglementation du travail au détriment du traitement purement social. Si la potion magique danoise semble donner des résultats chez les jeunes, il n’en est pas de même pour les « seniors » pour lesquels l’efficacité n’est pas démontrée. Par ailleurs, le taux de chômage a également recommencé à augmenter au Danemark, passant de 5 % en 2002 à 6,2% en 2004.

Le remède danois : un miracle ? Pour les ultra-libéraux certainement ! Mais que penser d’un modèle qui, en dépit de sa « flexibilité sécurisée » voit 20% de sa population active passer par le chômage chaque année ?

(1)30% des salariés sont contraints de changer de travail chaque année.

(2)1,5 million de membres sur 2,4 millions syndiqués et 2,8 millions d’actifs.

(3)un employeur danois qui licencie n’a aucune indemnité à verser si l’employé a moins de 12 ans d’ancienneté.

http://vive.laliberte.chez.tiscali.fr

De : Verdi
source : http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=16043

@+

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Marcel MARIËN 1920
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