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 La mondialisation échoue à créer de nouveaux emplois

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FleurOccitane
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Localisation : Toulouse
Date d'inscription : 30/04/2005

MessageSujet: La mondialisation échoue à créer de nouveaux emplois   Jeu 20 Juil à 1:01

Citation :

La mondialisation échoue à créer de nouveaux emplois de qualité et à réduire la pauvreté

Le rapport du BIT fait état de fortes disparités en termes de salaires et de gains de productivité



Vendredi 9 décembre 2005 (BIT/05/48)

GENÈVE (Nouvelles du BIT) - La croissance globale de l'économie a de plus en plus de mal à se traduire par de nouveaux emplois de bonne qualité qui réduiraient la pauvreté, selon un nouveau rapport publié par le Bureau international du Travail (BIT) aujourd'hui. Dans ce rapport, le BIT met en exergue le fait que, dans le cadre de cette tendance globale, différentes régions montrent des résultats mitigés en termes de création d'emplois, de productivité, d'augmentation de salaires et de réduction de la pauvreté.

Embrassant un point de vue global, la 4e édition des Indicateurs clés du Marché du Travail (KILM en anglais) (Note 1) affirme qu'à l'heure actuelle la moitié des travailleurs dans le monde ne gagnent toujours pas assez pour se hisser, eux et leur famille, au-dessus du seuil de pauvreté de 2 dollars par jour.

"Le message clé est qu'offrir de meilleurs emplois et de meilleurs revenus aux travailleurs dans le monde n'a jamais été une priorité politique, déclare Juan Somavia, Directeur général du BIT. La mondialisation n'a pas conduit jusqu'ici à la création d'offres d'emplois décents, durables et en nombre suffisant. Cela doit changer et, comme de nombreux responsables l'ont déjà dit, nous devons faire de l'emploi décent un objectif central de toutes nos politiques économiques et sociales. Ce rapport peut être un outil précieux pour promouvoir cet objectif."

L'étude montre que si, dans certaines zones d'Asie, l'expansion économique forge une croissance solide des emplois et une amélioration des conditions de vie, d'autres régions telles que l'Afrique ou certaines zones d'Amérique latine voient de plus en plus de personnes travailler dans des conditions dégradées, en particulier dans le secteur agricole. Les KILM affirment aussi que pour des millions de travailleurs, les nouveaux emplois apportent souvent un revenu permettant tout juste de se hisser au-dessus du seuil de pauvreté ou sont bien en deçà de ce qu'on pourrait qualifier de travail productif et satisfaisant. Le nombre total d'hommes et de femmes qui travaillent pour moins de 2 dollars par jour n'a pas diminué au cours de la décennie qui vient de s'écouler, bien que 1,38 milliard de personnes représentent une proportion de 50 pour cent de l'emploi total, en recul par rapport aux 57 pour cent de 1994.

Le rapport souligne que dans de nombreuses économies en développement le problème est essentiellement lié au manque de possibilités de travail décent et productif plutôt qu'à du chômage pur et simple. Hommes et femmes travaillent dur et longtemps pour pas grand chose, leur seule alternative étant de n'avoir pas de revenu du tout.

Les nouveaux Indicateurs clés du Marché du Travail dépeignent en détail la quantité et la qualité des emplois dans le monde en examinant 20 indicateurs. Les KILM couvrent les aspects quantitatifs tels que le taux d'activité, l'emploi, l'inactivité, l'élasticité de l'emploi, les secteurs d'activité, la productivité du travail et le chômage, ainsi que des aspects qualitatifs tels que les heures de travail, les salaires, le statut dans l'emploi, la durée du chômage et d'autres.


La croissance économique n'engendre pas de création d'emplois

Le lien entre croissance économique et croissance de l'emploi s'est affaibli récemment, ce qui signifie que la croissance économique ne se traduit pas nécessairement par la création de nouveaux emplois. L'indicateur de l'élasticité de l'emploi contenu dans le rapport nous permet d'étudier la relation entre croissance économique - mesurée par le PIB - et deux paramètres variables de la croissance, l'évolution positive ou négative de l'emploi et la productivité. L'étude biennale démontre que pour chaque point de pourcentage de croissance du PIB supplémentaire, l'emploi global ne progresse que de 0,30 point de pourcentage entre 1999 et 2003, soit une baisse de 0,38 point de pourcentage par rapport à la période 1995-1999.

Avec un niveau d'emploi qui augmente de 0,5 à 0,9 pour cent pour chaque point de croissance supplémentaire, c'est au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne que la croissance a la plus haute intensité de main-d'œuvre. Si l'on passe en revue d'autres indicateurs néanmoins, on s'aperçoit qu'une bonne part de cette croissance concerne dans ces régions les personnes qui sont à leur compte, pour la plupart des femmes et des hommes de l'économie informelle où les conditions de travail sont souvent misérables. Alors que davantage d'emplois sont effectivement créés dans des économies dominées par l'agriculture comme en Afrique subsaharienne, nombreux sont les emplois qui se trouvent dans l'économie informelle, avec des taux de productivité faibles et n'offrant pas suffisamment de revenus aux travailleurs pour les extraire, eux et leur famille, de la pauvreté. Par exemple, le nombre de travailleurs vivant avec moins d'un dollar par jour a augmenté de 28 millions en Afrique subsaharienne entre 1994 et 2004.

A contrario, l'expansion économique en Asie de l'Est a été suffisante pour générer une croissance des emplois, de la productivité et une réduction de la fréquence de la pauvreté dans la région. L'Amérique latine cependant a connu un déclin du nombre d'emplois générés par la croissance entre 1999 et 2003. Au même moment, le nombre de travailleurs pauvres dans la région, sous la barre de 1 dollar par jour, a augmenté de 4,4 millions. Ces dernières années en Amérique latine, la croissance économique a créé plus d'emplois pour les femmes que pour les hommes, ce qui reflète un véritable comblement du fossé entre taux d'activité des hommes et taux d'activité des femmes dans la région.

En Europe occidentale comme en Amérique du Nord, le secteur des services a connu la croissance la plus vigoureuse tant en termes de valeur ajoutée que d'emploi. Entre 1991 et 2003, pour chaque point de pourcentage de croissance dans le secteur des services, l'emploi a augmenté de 0,57 pour cent en Amérique du Nord et de 0,62 pour cent en Europe de l'Ouest. Néanmoins, le rapport relève des indices de divergence des situations de l'emploi en Amérique du Nord et en Europe de l'Ouest, entre 1991 et 2003: la croissance fut moins créatrice d'emplois dans la première que dans la seconde de 1991 à 1999, une nouvelle réduction significative en Amérique du Nord et une réduction plus modérée en Europe de l'Ouest eurent lieu de 1999 à 2003.


Les inégalités de salaires en hausse

La 4e édition des KILM montre qu'entre 1990 et 2000 les salaires ont globalement augmenté plus vite dans les professions hautement qualifiées que dans les postes sans qualification. Bien que ces résultats ne correspondent pas à une détérioration générale de la situation salariale des travailleurs non qualifiés, ils évoquent un élargissement des disparités de salaires entre travailleurs hautement qualifiés et travailleurs non qualifiés au cours des années 90.

La hausse des inégalités salariales dans les économies en développement a été principalement attribuée à une plus forte demande de travail qualifié - qui n'est pas disponible en quantité suffisante - et à une moindre demande de travailleurs ayant un bas niveau d'éducation. D'autres facteurs d'explication, bien qu'ayant un moindre impact, existent: un commerce plus intense avec les pays développés et une immigration plus forte de travailleurs peu qualifiés. Dans les pays en développement, les facteurs qui concourent au creusement des inégalités de rémunération comprennent les primes salariales dans l'industrie - résultant de changements en matière de politique commerciale qui favorise les travailleurs d'industries spécifiques, la taille grandissante de l'économie informelle qui propose généralement des salaires plus bas et de moins bonnes conditions de travail, et un manque de travailleurs qualifiés.


Les coûts de main-d'œuvre et la productivité du travail donnent des résultats inégaux en termes de compétitivité globale

Le rapport conclut que la compétitivité d'une économie à hauts salaires n'est pas immédiatement menacée par des coûts de main-d'œuvre inférieurs ailleurs, parce que les pays où la main-d'œuvre est bon marché sont aussi souvent caractérisés par des niveaux de compétitivité bas. Le rapport démontre que la compétitivité est déterminée par une combinaison d'éléments du processus de production - le coût d'utilisation du travail (taux d'activité) et la productivité du travail (production par personne employée) - et par les fluctuations des taux de change. L'analyse de la compétitivité par l'indicateur des "coûts unitaires du travail" montre les faits suivants:

* Dans l'Union européenne des Quinze, ce n'est pas tant le coût du travail élevé qu'une piètre productivité dans le secteur manufacturé et l'appréciation de l'Euro qui ont menacé la compétitivité de la région vis-à-vis des Etats-Unis.

* Le niveau du coût du travail par unité produite au Japon n'est pas seulement élevé par rapport aux Etats-Unis, mais aussi en comparaison avec l'Europe des Quinze. Cependant, depuis le milieu des années 90, le fossé s'est comblé en raison de la modération salariale au Japon, d'un affaiblissement de la parité Yen/$ en 2005 et d'une amélioration de la compétitivité relative de la production japonaise.

* La République de Corée a connu de rapides progrès en matière de productivité du travail comparé aux Etats-Unis, mais les coûts du travail par unité produite dans le pays ont augmenté en raison de hausses de salaires rapides au début des années 90.

* La productivité s'est ralentie au Mexique mais, la rémunération du travail étant plus basse, les coûts unitaires du travail sont aussi restés plus faibles qu'aux Etats-Unis.

Les Etats-Unis atteignent toujours les plus hauts niveaux de productivité si l'on considère la valeur ajoutée par personne employée. En dépit de taux de croissance de la productivité plus élevés dans certains pays européens, en particulier chez les nouveaux membres de l'Union européenne, le différentiel de productivité, mesuré par la valeur ajoutée par personne employée, entre les Etats-Unis et les économies les plus développées continue à augmenter. Une exception existe, celle de l'Irlande où le différentiel de productivité avec les Etats-Unis n'a cessé de se réduire depuis 1980. C'est une toute autre image qui se fait jour si l'on mesure la productivité en fonction de la valeur ajoutée par heure travaillée. Ainsi, certains pays européens sont plus productifs que les Etats-Unis et pour d'autres la différence est bien moins marquée. En effet, la plupart des Européens travaillent moins d'heures et ont de plus longues vacances que leurs homologues des Etats-Unis.

En Europe centrale et orientale, la transition vers une économie de marché a conduit à une hausse de productivité mais à une baisse de l'emploi. Les nouveaux Etats membres de l'Union européenne font montre d'un avantage comparatif significatif en termes de compétitivité internationale avec des niveaux de coût de travail par unité d'environ 70 pour cent de ceux des Etats-Unis. Cependant, le renforcement de la compétitivité ne bénéficie pas à la population en termes de créations d'emplois et de salaires. La région compte parmi les plus hauts taux de chômage dans le monde et, parmi les personnes qui sont sans emploi, beaucoup ont même arrêté de chercher un travail, comme le montrent les taux élevés d'inactivité de la région.


Parmi d'autres découvertes clés, les KILM montrent que:

* Les femmes continuent à rattraper les hommes en termes d'insertion sur le marché du travail dans le monde. Néanmoins, les femmes continuent à être surreprésentées dans les bas salaires, les travaux à temps partiels et à faible productivité. Dans de nombreuses régions telles que le Moyen-Orient, l'Afrique du Nord et l'Asie du Sud, le taux d'activité des femmes est encore à la traîne.

* Alors que l'extrême pauvreté des travailleurs augmente en Afrique, elle recule en Asie et en Europe centrale et orientale.

* Le taux de chômage des jeunes est au moins deux fois supérieur à celui des adultes et parfois beaucoup plus. Cependant, dans la plupart des pays, le taux d'analphabétisme des adultes est plus élevé que celui des jeunes, ce qui laisse espérer que les jeunes sont de mieux en mieux préparés au marché du travail.

* Les économies développées et l'Union européenne sont confrontées à un nombre croissant de ressources humaines sous-utilisées, notamment les travailleurs qui sont sans emploi ou contraints au temps partiel et qui cherchent un emploi à plein temps. En France et en Italie, le taux de main-d'œuvre "sous-utilisée" a atteint 21 pour cent en 2004, en hausse par rapport aux 17 pour cent de 1994 en France et aux 12 pour cent en Italie.



Note 1 - Les indicateurs clés du marché du travail, 4e édition, BIT, Genève, version CD-Rom (cliquer ICI pour acheter le CD-Rom), ISBN: 92-2-017568-1. La version imprimée sera disponible en avril 2006. Davantage d'informations sur http://kilm.ilo.org/2005/press.

http://www.ilo.org/public/french/bureau/inf/pr/2005/48.htm
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