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 Grippe aviaire: une réponse mondiale imposée d'en haut

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FleurOccitane
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Nombre de messages : 5959
Localisation : Toulouse
Date d'inscription : 30/04/2005

MessageSujet: Grippe aviaire: une réponse mondiale imposée d'en haut   Jeu 6 Juil à 9:14

Citation :

Grippe aviaire: une réponse mondiale imposée d'en haut

Lu sur Grain : "Le 17 février 2006, le gouvernement égyptien a confirmé que la grippe aviaire s'était déclarée dans la volaille du pays. L'attention internationale étant braquée sur cet événement, le gouvernement n'a pas voulu paraître non-préparé ou pire, en faute. C'est pourquoi il a immédiatement accusé les oiseaux migrateurs et les pratiques traditionnelles d'élevage avicole. "Le monde entier s'oriente vers les gros élevages parce qu'ils peuvent être facilement contrôlés par les services vétérinaires… Il est temps de laisser tomber l'élevage des poulets sur les terrasses des maisons," a déclaré le Premier ministre égyptien Ahmed Nazif.2

Le gouvernement égyptien passa alors à l'action avec une opération de nettoyage de type militaire. Il a ordonné l'élimination des élevages domestiques de volailles dans les cours et sur les terrasses et interdit les marchés de volatiles vivants, où 80% de la volaille nationale est vendue. Des compensations ont été promises aux agriculteurs et des réfrigérateurs aux commerçants afin qu'ils puissent s'orienter vers la vente de poulets congelés, mais ces promesses ne furent jamais concrétisées. En attendant, le gouvernement a interdit le transport de volaille vivante et ordonné que tout abattage ait lieu dans les abattoirs officiels, laissant les agriculteurs qui n'habitent pas près des quelques abattoirs officiels sans aucun moyen d'abattre leurs poulets.

En moins d'un mois, le gouvernement égyptien a réussi à détruire son industrie avicole d'une valeur de plusieurs milliards de dollars, les moyens d'existence de millions d'Egyptiens, la biodiversité de sa volaille et des pratiques traditionnelles d'élevage très anciennes. Le gouvernement assouplit actuellement les restrictions sur les importations de viande congelée pour faire face aux pénuries nationales et importe des poulets des Etats-Unis et d'Europe pour repeupler ses élevages commerciaux. 3

La réponse apportée par le gouvernement égyptien n'a pas seulement été indifférente à l'importance de la volaille pour sa population, mais a aussi montré qu'il avait été mal informé. Effectivement, quelques élevages de volaille dans des cours et sur des terrasses ont été contaminés, mais beaucoup plus de volatiles meurent de grippe aviaire dans les élevages industriels. De plus, depuis 2004, l'examen approfondi d'oiseaux migrateurs vivants ne montre pas de cas de grippe aviaire. 4 Bien que les rapports vétérinaires officiels accusent les élevages de basses-cours, le site du gouvernement égyptien cite clairement les premières manifestations de grippe aviaire dans trois élevages industriels où près de 70 000 volatiles ont été éliminés, suivies par des foyers qui se sont déclarés dans des fermes industrielles dans les régions de Ashmoun, Al-Marg, Giza Badrashaan and Damietta, et par l'abattage de 77 000 volatiles dans deux fermes près de la ville de Belbeis dans le désert et de 30 000 volatiles dans les environs de New Salhia où l'une des plus importantes entreprises égyptiennes d'élevage industriel possède ses exploitations. 5 L'industrie estime que 50% de ses fermes industrielles dans le pays ont été infectées et que plus de 25 millions de poulets ont été abattus. 6

Les pouvoirs politiques en jeu

La réponse du gouvernement égyptien est tristement représentative de ce qui se passe actuellement dans le monde entier. Les politiques actuelles sont telles que les conséquences pour les pauvres sont totalement éclipsées par des inquiétudes théoriques concernant une éventuelle pandémie humaine.

En Inde, par exemple, le gouvernement était mal préparé quand la grippe aviaire s'est déclarée dans l'Etat du Maharashtra en mars 2006. Comme en Egypte, l'intérêt soudain des médias poussa le gouvernement à passer à l'action. Même si on savait que la contamination venait du principal couvoir de la région, et bien que le bon sens aurait voulu que la réponse appropriée soit de suivre les voies de transmission qui en venaient, le gouvernement a imposé une élimination systématique dans un rayon de 10 km autour des sites infectés suivant les indications de l'Organisation mondiale de la santé. 7 Des éliminations similaires ont été réitérées dans l'un de plus pauvres districts de l'Etat quand un petit nombre d'échantillons récoltés dans différents villages sont revenus positifs. Dans ce district, une élimination totale a été effectuée sur une superficie de 1500 km², concernant plus de 300 000 volatiles et plus de 300 villages. 8 L'Etat a fourni une compensation aux fermiers affectés mais la somme de 0,88 US$ par animal était bien en dessous de la valeur d'un poulet de ferme qui se vend habituellement trois fois le prix d'un poulet d'élevage industriel, les œufs de ferme se vendant quant à eux quatre fois le prix des œufs industriels. 9 Inutile de préciser que le gouvernement ne dispose d'aucun programme prévoyant de réapprovisionner l'inestimable biodiversité avicole qui est détruite et qu'il est même question de nouvelles réglementations de l'Etat visant à interdire l'élevage de la volaille en basse-cour. 10

Mais les conséquences sur les pauvres ne font pas partie des préoccupations des gouvernements et des organismes internationaux dirigeant la stratégie mondiale de contrôle de la grippe aviaire. En revanche, l'OMS, qui ne s'est pas beaucoup soucié des répercussions des mesures de contrôle qu'il a recommandées sur les petits agriculteurs, a été extrêmement sensible aux intérêts des entreprises pharmaceutiques et aux ambitions des collaborateurs scientifiques. Le mot de passe de sa base de données des informations sur le séquençage de la grippe aviaire, la plus importante du monde, n'a été fourni qu'à 15 laboratoires dans le monde. 11 Ces information sur le séquençage sont extrêmement précieuses dans la course mondiale aux diagnostiques et aux vaccins de la grippe aviaire – un marché qui pourrait s'avérer colossal si une pandémie humaine se déclarait. Certains scientifiques et certains gouvernements interpellent actuellement publiquement l'OMS pour que cet organisme rende cette base de données publique dans l'intérêt de la santé mondiale. Mais l'OMS traîne des pieds, affirmant que cela découragerait les pays et certains de ses laboratoires collaborateurs de soumettre des données, sans doute parce qu'ils veulent garder des droits sur l'information. 12

L'OMS ne donne pas les noms des laboratoires collaborateurs réticents à la publication des informations sur le séquençage de la grippe aviaire, mais il est clair pour tous les observateurs que les Etats-Unis représentent l'obstacle principal. Le Centre des Etats-Unis pour la prévention et le contrôle des maladies (CDC), l'un des quatre "Centres collaborateurs" de l'OMS sur la grippe et le centre des opérations du programme mondial de surveillance de la grippe du gouvernement des Etats-Unis, refuse de rendre publiques la plupart de ses informations sur le séquençage. David Webster, expert-conseil des Etats-Unis pour l'industrie de la santé avance l'hypothèse que le CDC s'inquiète de ce que le partage des données ne compromette ses partenariats de recherche et développement sur le vaccin avec des compagnies privées. 13

Les données sur le séquençage que détiennent les Etats-Unis proviennent bien entendu d'échantillons du virus de la grippe aviaire collectés dans d'autres pays. Lors des manifestations de cas de grippe aviaire, des échantillons du virus étaient envoyés soit à des laboratoires collaborateurs de l'OMS pour des tests soit directement collectés par divers programmes de surveillance des Etats-Unis, comme celui géré par le Réseau mondial des unités de recherches médicales de la Marine du Ministère de la Défense (NAMRU). 14 L'unité de recherches médicales de la Marine au Caire, qui est le Centre collaborateur de l'OMS pour les infections émergentes et réémergentes pour le Moyen-Orient et la région méditerranéenne, a rassemblé une importante collection de séquences dans les pays affectés par la grippe aviaire comme l'Azerbaïdjan, l'Iraq et l'Egypte. 15 Il y a aussi une unité NAMRU en Indonésie, qui sert en même temps de centre collaborateur de l'OMS pour les maladies infectieuses en Asie du Sud-Est. 16 Mais après 30 ans de collaboration, le gouvernement indonésien a demandé au NAMRU de quitter le pays fin 2005, à l'expiration de son contrat. Un responsable du Ministère des Affaires étrangères a reconnu que le changement de position du gouvernement indonésien était lié à l'éventuel développement d'un vaccin contre la grippe aviaire qui pourrait rapporter "des milliards". Le gouvernement ne pourrait reconsidérer le renouvellement du contrat de l'unité NAMRU que si l'Indonésie se voyait octroyer une protection adéquate de propriété intellectuelle sur les échantillons prélevés sur son territoire. 17

Hormis l'Indonésie, la situation générale est la suivante: seuls quelques-uns des principaux laboratoires des pays industrialisés renforcent leur contrôle sur l'information génomique fondamentale par le biais de leur position privilégiée dans la mobilisation internationale contre la grippe aviaire, et l'OMS facilite ce processus. La plupart des pays en développement suivent avec zèle le protocole de l'OMS et soumettent leurs données à ses laboratoires collaborateurs qui sont concentrés dans quelques pays, ou encore accueillent ses équipes internationales de surveillance à l'intérieur de leurs frontières. 18 L'OMS n'a pas autorité sur les laboratoires collaborateurs et à moins d'accords clairs du type de celui que l'Indonésie demande, rien n'empêche ces laboratoires de passer un contrat d'exclusivité avec des compagnies pharmaceutiques, ce qui pourrait conduire à de graves problèmes d'accès aux médicaments pour les pays en développement si une souche du virus transmissible de personne à personne apparaissait. 19 Il n'est pas rassurant de voir que l'homme qui est responsable du Réseau NAMRU au Secrétariat à la Défense des Etats-Unis est Donald Rumsfeld, depuis longtemps implanté dans l'industrie pharmaceutique. 20

L'Organisation mondiale pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), pour sa part, a répondu à la crise de la grippe aviaire par un complet revirement dans sa politique de production avicole. Après avoir pendant des années promu l'élevage de volaille à petite-échelle, la FAO veut désormais le faire disparaître. Son conseiller technique pour la grippe aviaire au Vietnam a récemment déclaré à l'agence France-Presse qu'il serait logique, à la fois pour la santé publique et pour l'économie du pays, de passer des fermes familiales d'élevage aux fermes industrielles à grande échelle. 21 Cette façon de penser correspond tout à fait à celle qui prévaut au sommet de cette organisation. Samuel Jutzi, directeur de la Production et de la santé animales à la FAO, a déclaré à un journal suisse que les petits élevages sont à l'origine de la diffusion de la grippe aviaire, et non les gros élevages industriels qu'il décrit comme étant "étroitement surveillés". Quand on lui demande si cela signifie la fin des petits élevages familiaux, Jutzi déclare: " Ce type de production deviendra très marginal. La volaille de grande qualité, élevée en plein air et nourrie au grain, deviendra un produit de niche".22 Le message essentiel de la FAO est donc que l'élevage industriel de volaille à grande échelle, contrôlé par un petit nombre de multinationales, est désormais la voie dans laquelle il faut s'engager.

Cela a du être un choc énorme pour les nombreux petits agriculteurs dans le monde qui ont été attirés dans ces multiples programmes de la "révolution avicole" de la FAO. En Afghanistan, par exemple, la FAO, avec l'USAID et l'ONG du Bangladesh BRAC, a lancé un programme en 1999 pour développer une industrie avicole nationale. Avec ce programme, 16000 fermes familiales, la plupart d'entre elles dirigées par des femmes, sont passées d'espèces locales de volaille et d'une alimentation animale locale à des espèces à haut rendement importées et à une alimentation animale du commerce. De nombreuses agricultrices ont même fait des emprunts pour construire de nouveaux poulaillers. La FAO a aussi poussé à la création de fermes d'élevage commercial de taille moyenne autour des principales villes en fournissant les financements et la formation technique et en introduisant des poulets issus de croisements avec des poulets du Pakistan. Ces fermes commerciales plus importantes fournissaient les poussins aux villages.23

Grâce à la FAO, les petits producteurs de volaille de ferme d'Afghanistan sont maintenant intégrés dans l'industrie avicole mondiale. Il n'est donc pas surprenant qu'en mars de cette année ils aient été aussi intégrés dans la crise mondiale de la grippe aviaire, quand le virus H5N1 s'est déclaré dans des fermes autour des villes principales. C'est un coup tordu de la part de la FAO: convaincre d'abord les petits agriculteurs d'abandonner leurs pratiques traditionnelles et leur biodiversité pour des pratiques modernes, ce qui les a davantage exposés à la grippe aviaire, et ensuite annoncer au monde que ces fermes doivent être définitivement fermées afin de laisser le champs libre aux gros élevages industriels du futur.

[...]


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MessageSujet: Re: Grippe aviaire: une réponse mondiale imposée d'en haut   Jeu 6 Juil à 9:23

(suite)

Citation :

Un commandement centralisé

L'aspect financier de cette affaire en dit long sur la réponse à la grippe aviaire au niveau international. La plupart des fonds consacrés à la lutte contre la grippe aviaire ont été centralisés en janvier dernier lors d'une conférence à Beijing où à peu près 30 donateurs se sont engagés pour 1,86 milliards $. Plus de 80% de ces fonds sont affectés aux trois organisations dirigeant la stratégie mondiale: l'OMS, la FAO et l'OIE (Organisation mondiale de la santé animale). Une somme supplémentaire de 500 millions, coordonnée par la Banque mondiale, sous forme de facilité de prêt, a été annoncée seulement quelques jours avant la réunion de collecte de fonds de Beijing. 24 Ce sont ces organisations et leurs donateurs qui établissent l'ordre du jour au niveau international et par conséquent, la plupart des programmes nationaux de lutte contre la grippe aviaire.

Parmi les donateurs, les Etats-Unis sont au monde ceux qui dépensent le plus pour la grippe aviaire, même si la souche H5N1 du virus n'a pas encore touché le pays. Il s'est engagé pour 334 millions $ à la réunion de Beijing, la plus forte contribution pour un seul pays, et peu après le Congrès des Etats-Unis a approuvé un supplément de 280 millions $ de fonds d'urgence pour l'année fiscale 2006, dont 130 millions $ allant à l'USAID pour ses activités internationales. 25 L'argent de Washington afflue partout et stimule en même temps ses entreprises, en particulier celles du secteur de la santé. 26 Les fonds affectés à la surveillance par exemple, une des priorités pour le gouvernement des Etats-Unis, bénéficieront à Applera Corporation, qui est sur le point de lancer un partenariat mondial avec la FAO, la CDC et l'OIE pour la distribution des protocoles de séquençage et des kits de détection de la grippe aviaire de la compagnie. 27

Cette structure de pouvoir au sommet se traduit en bas par les réponses d'urgence au niveau national, les opérations de surveillance et les programmes de préparation établis pour les pays en développement dans les réunions avec les responsables politiques et les experts des principales organisations internationales et les gouvernements occidentaux. Les financements ne sont octroyés qu'à condition que les gouvernements suivent les directives établies par l'OMS et la FAO, qui incluent des mesures controversées comme l'abattage, la constitution de stocks de médicaments, et une restructuration à long terme de l'industrie avicole. 28 Dans certains cas, ces experts étrangers participent directement aux prises de décision au niveau national, comme en Tanzanie, où l'USAID siège dans les deux comités chargés de l'organisation et de l'exécution du programme national de préparation d'urgence à la grippe aviaire. 29

Les programmes de préparation représentent une maigre consolation pour les petits éleveurs de volaille. Au Bénin, par exemple, le gouvernement a déjà informé les agriculteurs que tous les volatiles seraient abattus dans un rayon de 3 à 5 km autour de toute ferme infectée par la grippe aviaire. Patrice Sagbo, un vétérinaire du pays, indique que les fonctionnaires du gouvernement promettent en compensation un peu moins de 4US$ par animal mais que personne ne les croit. On avait promis aux agriculteurs une compensation pour leurs porcs lors d'une manifestation de grippe porcine en 2000, mais ils n'ont jamais vu l'argent. Cette fois, ajoute Sagbo, les agriculteurs ont l'impression que le principal intérêt du gouvernement est de faire rentrer l'argent des donateurs internationaux. Jusqu'à présent, le gouvernement n'a rien fait pour aider les agriculteurs qui souffrent de l'effondrement des marchés locaux à cause des consommateurs qui se détournent des poulets. Et si la grippe aviaire frappe, le plan de compensation du gouvernement ne couvrirait pas plus de 10% de l'ensemble de la volaille nationale. 30


Ecraser et contrôler

Le prétexte d'une pandémie humaine imminente issue de la grippe aviaire génère une réaction massive et centralisée de type "écraser d'abord et contrôler ensuite". La question est de savoir à qui cela profite. Plus la grippe aviaire se répand, plus il devient apparent que les institutions qui se trouvent au premier plan de la riposte mondiale au virus ont perdu le sens des réalités rurales. Leurs stratégies imposées par le haut peuvent être bien vues par les gouvernements, dont beaucoup sont négligents sinon hostiles vis à vis des petits agriculteurs et de la biodiversité qu'ils entretiennent, mais elles sont catastrophiques pour les pauvres que ces institutions prétendent servir.

La crise de la grippe aviaire et la réponse mondiale ne produisent pas que des tragédies. Certains en profitent. La destruction des volailles de races locales et la restructuration du secteur avicole s'orientant vers les secteurs des fermes industrielles et des supermarchés "biosécures" bénéficieront aux multinationales avicoles et aux détaillants. Les anti-viraux et les kits de détection représentent déjà une aubaine pour certaines entreprises pharmaceutiques, et il y a une mine d'or potentielle avec les vaccins au cas où une souche de grippe aviaire transmissible de personne à personne apparaîtrait. On voit déjà des pays et des laboratoires jouer des coudes pour se positionner et être prêts à sauter sur ce juteux marché.

Les problèmes posés par cette riposte mondiale à la grippe aviaire commencent avec cette approche directive et centralisée. Ceux qui sont touchés reçoivent rarement une information utile sur la maladie et les mesures de contrôle correspondantes et on ne leur demande pratiquement jamais de participer aux prises de décision. En général, peu d'efforts ont été faits pour comprendre la dynamique de la maladie dans les contextes locaux ou pour travailler avec les communautés locales à la définition des stratégies. C'est ainsi qu'émergent inévitablement des solutions à grande échelle et des "stratégies mondiales" pour anéantir la maladie. Mais ces solutions et ces stratégies sapent à la base les solutions à long terme et au service des pauvres. C'est comme utiliser un énorme gourdin pour écraser une mouche. Il n'y a pas de nuance, pas de sensibilité aux besoins des personnes et, ce qui est pire que tout, pas de reconnaissance des compétences et des connaissances que les agriculteurs ont pour gérer ce virus. C'est une vieille histoire qui se répète, mais cette fois-ci sous prétexte de sauver le monde d'une crise sanitaire. L'ironie est que la solution proposée – une réorientation totale vers une agriculture industrielle - nous ramène directement à l'origine du problème. 31

Références

1 Joseph Keve, "Bird flu in India," Die Wochen Zeitung, Zurich, 26 February 2006.

2 "Egypt advises people to get rid of dead poultry," Reuters, 18 February 2006: http://www.alertnet.org/thenews/newsdesk/L18767812.htm

3 "Egypt poultry industry protests as bird flu bites," Reuters, 1 March 2006; Government of Egypt, "11,000 chicks from US to Egypt": http://birdflu.sis.gov.eg/html/flu0102011.htm

4 "DoD-GEIS: Influenza Surveillance at NAMRU-3": www.apgea.army.mil/HIOupdate/HIOweeklyUpdate012105.pdf; Mike Ayyash, "Bye-Bye Birdie," Business Today, December 2005: http://www.businesstodayegypt.com/article.aspx?ArticleID=6216

5 Government of Egypt, "Bird Flu Statistics": http://birdflu.sis.gov.eg/html/flu01001.htm

6 Communication individuelle de El-Banna Company, 26 mars 2005.

7 Nidhi Jamwal, TV Jayan, Ritu Gupta and Padmaparna Ghosh, "Who flew?" Down to Earth (14:20), CSE/Down To Earth Feature Service: http://www.downtoearth.org.in/cover.asp?FolderName=20060315&FileNAme=news&sid=34&sec_id=9; Joseph Keve, op cit.

8 "Indian officials to slaughter more chickens after new bird flu cases,"Agence France-Presse, 28 March 2006: http://www.todayonline.com/articles/109534.asp

9 Entretien avec Joseph Keve, éleveur de volaille et chercheur de Maharashtra, 30 mars 2006.

10 Nidhi Jamwal, T V Jayan, Ritu Gupta and Padmaparna Ghosh, "Who flew?" Down to Earth (14:20), CSE/Down To Earth Feature Service: http://www.downtoearth.org.in/cover.asp?FolderName=20060315&FileNAme=news&sid=34&sec_id=9

11 Selon Dick Thompson de l'OMS, ces 15 laboratoires se composent des Centres collaborateurs de l'OMS et des laboratoires de référence pour la grippe aviaire, ainsi que d'autres laboratoires nationaux qui ont soumis des données et qui sont d'accord avec les conditions d'utilisation.

12 "WHO expects agreement on system to open up controversial bird flu database," Canadian Press, 20 March 2006: http://ca.news.yahoo.com/s/20032006/2/xhealth-expects-agreement-system-open-controversial-bird-flu-database.html; Helen Branswell, "Labs shouldn't hoard flu data: Researcher," Canadian Press, 12 March 2006.

13 "WHO expects agreement on system to open up controversial bird flu database," Canadian Press, 20 March 2006: http://ca.news.yahoo.com/s/20032006/2/xhealth-expects-agreement-system-open-controversial-bird-flu-database.html; Helen Branswell, "Labs shouldn't hoard flu data: Researcher," Canadian Press, 12 March 2006.

14 Le centre de recherche de l'hôpital St Jude de Memphis, Tennessee, un laboratoire de référence de l'OMS pour la grippe aviaire, a été particulièrement actif dans la collecte d'échantillons et dans l'identification de candidats pour le développement du vaccin dans des programmes financés par le gouvernement des Etats-Unis et dirigés par le Dr Robert Webster. Voir ici et http://www.niaid.nih.gov/dmid/influenza/pandemic.htm

15 MedAire, "Avian flu outbreaks: Archived country updates": http://www.medaire.com/newsletter/avian_archived_updates.asp; WHO-EMRO website: http://www.emro.who.int/rpc/collaboratingcentres-emr.htm

16 DoD-GEISWeb: http://www.geis.fhp.osd.mil/GEIS/Training/namru-2asp.asp

17 "Indonesia wants Navy lab’s flu vaccine", Associated Press, 7 December 2005: http://www.navytimes.com/print.php?f=1-292925-1399098.php; "Indonesia plays a dangerous game with avian flu", Scientific American, 5 December 2005: http://blog.sciam.com/index.php?title=indonesia_plays_a_dangerous_game_with_av&more=1&c=1&tb=1&pb=1 ; "Indonesia may allow U.S. lab to remain," Associated Press, 7 December 2005.

18 Ces pays ayant des centres collaborateurs et des laboratoires de référence pour la grippe aviaire sont l'Australie, la Chine (Hong Kong), la France, le Japon, le Royaume Uni, and les Etats-Unis.

19 Douglas Adams, de l'OMS, déclare que les nouveaux virus sont maintenant couverts par un copyright, détenu par le laboratoire national d'origine (FluWiki, "Blocking Sequence Data is Harmful to our Health": http://www.fluwikie.com/pmwiki.php?n=Opinion.BlockingSequenceDataIsHarmfulToOurHealth ). Ce que cela signifie vraiment est loin d'être clair: Le droit de copyright de qui? Comment définit-on le laboratoire nationale d'origine? Que signifie 'nouveau'?

20 Rumsfeld a passé presque une décennie (1977-1985) comme Directeur général, Président, puis Président Directeur Général de GD Searle & Co, l'entreprise pharmaceutique étasunienne qui a apporté au monde l'édulcorant artificiel Nutrasweet (aspartame). Searle a été racheté par le géant de l'agrochimie Monsanto en 1985, ce qui a rapporté à Rumsfeld une prime de départ de 12 millions de US$. En 1997, Rumsfeld a pris le poste de president diecteur general de Gilead Sciences, l'entreprise pharmaceutique qui a développé le Tamiflu et qui est propriétaire du brevet. Le Tamiflu est censé soulager les symptômes de la grippe et il y a eu une ruée mondiale pour le produire et en acheter, car l'OMS et les gouvernements occidentaux l'ont promu comme la meilleure défense contre une pandémie humaine issue de la grippe aviaire. Gilead a vendu la licence exclusive pour produire et commercialiser le Tamiflu au géant suisse du médicament Roche. Gràce à la singulière promotion de ce seul médicament, Rumsfeld se fait actuellement des millions en tant que l'un des plus gros actionnaires de Gilead. Voir http://www.grain.org/briefings/?id=194; http://www.defenselink.mil/bios/rumsfeld.html; et, http://en.wikipedia.org/wiki/G.D._Searle

21 "Does bird flu cloud have silver lining for Vietnam's poultry sector?", Agence France-Presse, 11 March 2006: http://news.yahoo.com/s/afp/20060312/wl_asia_afp/healthfluvietnampoultry

22 Anne Kauffman, "Le H5N1 favorisera les usines à poulets?" La Presse, 13 mars 2006: http://www.lapresse.ch/vqhome/le_journal/ economie/usine_poulet_130306.edition=nv.html

23 M.H. Nessar and O. Thieme (FAO Programme for Afghanistan), "Family poultry production in Afghanistan," www.fao.org/ag/againfo/subjects/en/infpd/documents/papers/2004/7afghan1503.pdf; FAO, "Afghanistan: a way out of poverty with milk and poultry production," June 2002: http://www.fao.org/english/newsroom/news/2002/5480-en.html; BRAC Afghanistan: http://www.bracafg.org/agri1.php

24 Site de la Banque Mondiale

25USAID website: http://www.usaid.gov/our_work/global_health/home/News/news_items/avian_influenza.html

26 Voir par exemple la liste des dons accordés à la recherche développement sur la grippe aviaire aux entreprises étasuniennes par l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses: http://www.niaid.nih.gov/dmid/influenza/pandemic.htm

27 Presentation by Applied Biosystems (a subsidiary of Applera), December 2005: www.ead.ae/Tacsoft/FileManager/News/DubaiBiotech/Applied%20Biosystems%20AI%20Iniative%20Dec%202005.pdf . Voir aussi John Carey, "Prevent a pandemic, make a profit," BusinessWeek Online, November 28, 2005: http://www.businessweek.com/magazine/content/05_48/b3961078.htm

28 World Bank, "Avian and Human Influenza: Multidonor Financing Framework," January 12, 2006: http://siteresources.worldbank.org/PROJECTS/Resources/40940-1136754783560/AHIFinancingFrameworkFINAL.pdf

29 USAID, "USAID provides an additional $700,000 to prevent bird flu outbreak": http://tanzania.usaid.gov/article.php?id=0065_EN

30 Entretien avec Patrice Sagbo, April 3, 2006.

Lire aussi: GRAIN, 2006, “Qui est le dindon de la farce? : Le rôle central de l'industrie de la volaille dans la crise de la grippe aviaire,” février 2006]

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Mis en ligne par libertad, le Mardi 9 Mai 2006, 23:12 dans la rubrique "Ecologie".

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