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 Comment les sans papiers son traités à Bruxelles

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FleurOccitane
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Nombre de messages : 5959
Localisation : Toulouse
Date d'inscription : 30/04/2005

MessageSujet: Comment les sans papiers son traités à Bruxelles   Dim 2 Juil à 10:46

Citation :

Comment les sans papiers son traités à Bruxelles

COMMUNIQUE DE PRESSE 4 MAI 06

GREVE DE LA FAIM ETOUFFEE AU PETIT CHATEAU


Le 24 avril dernier, au Petit Château, centre d’accueil pour les demandeurs d’asile, 80 sans-papiers ont entamé une grève de la faim pour demander la régularisation de leur situation. Ce groupe de grévistes comprend 10 enfants qui refusent eux aussi de manger, solidaires de leurs parents. Vous n’en avez pas entendu parler car tout est mis en place par l’administration du Petit Château depuis 11 jours pour qu’aucune information sur cette manifestation ne filtre hors du Petit Château.

Nous sommes complètement isolés et subissons en plus des manœuvres d’intimidation à l’intérieur même du Petit Château, et c’est pourquoi aujourd’hui, nous envoyons ce communiqué de presse.

Nous sommes isolés à tous les niveaux :
-au niveau de la visibilité de notre action : aucun journaliste n’est autorisé à pénétrer à l’intérieur du Petit Château.
-notre avocat n’est pas non plus autorisé à nous visiter depuis le début du mouvement. Ni aucune des associations de soutien aux sans-papiers (telle l’UDEP).
-et comme nous allons le préciser par après, le personnel de santé nécessaire lors d’une manifestation telle qu’une grève de la faim, n’arrive qu’avec difficulté.

Puisque cette grève dure depuis 11 jours sans que personne n’en sache rien, nous allons résumer maintenant les événements survenus depuis le 24 avril dernier.

Le premier jour de grève (24/4) a été pour nous une très dure journée. Un de nos camarades suite à un avis négatif du Commissariat Général des Réfugiés et Apatrides (CGRA) après 3 ans d’attente, a tenté de se suicider en s’ouvrant les veines. Cette nouvelle et l’acte qui s’en est suivi a précipité notre décision de commencer ce mouvement de grève. La directrice du Petit Château, répondant aux ordres du directeur de Fedasil (l’Agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile), n’a pas cessé de nous menacer. « Le directeur de Fedasil me charge de vous dire d’arrêter cette grève de la faim, le centre n’est pas un lieu approprié pour manifester. Dans le cas contraire, il fera intervenir la police. Tels sont ses termes.

Le troisième jour (27/4) entre minuit et une heure du matin, l’un des nôtres ayant fait un malaise, nous avons demandé à l’accueil d’appeler un médecin. Nous n’avons rencontré que l’indifférence des personnes présentes à l’accueil. Après deux heures d’attente, nous avons pris nos responsabilités et appelé une ambulance. Une fois sur place, celle-ci n’a pu intervenir car, selon le personnel de l’accueil, les frais d’ambulance étaient à notre charge. Puisque nous ne pouvions pas payer, l’ambulance est repartie sans avoir pu porter secours à notre compagnon. Le personnel de l’accueil, qui cherchait à nous intimider, a refusé catégoriquement d’appeler un médecin durant 1 heure et demi pour finalement céder.

Le huitième jour (1° mai), certains d’entre nous commencent à délirer, notamment notre camarade Sylla Mamoudou, à cause des carences alimentaires.

Entre le 24 avril et le 2 mai, trois interventions de médecins extérieurs au Petit Château ont été enregistrées.

Hier (10° jour de grève, 3/5), nous avons eu la visite d’un médecin envoyé par la direction du Petit Château. Cette dame médecin nous a tenu des propos plus que désobligeants alors que nous n’avons pas mangé depuis 10 jours : « si vous tenez à votre santé, il vaut mieux arrêter cette grève de la faim et manger car ça ne sert à rien de se priver de nourriture. » Et aussi : « Il n’y aura pas de suite à votre manifestation ». Dès qu’elle a eu fini de s’exprimer, elle est redescendue et remontée avec un monsieur qu’elle nous a présenté comme travaillant à Fedasil. Ils nous ont promis de nous rencontrer aujourd’hui 4 mai pour ouvrir un dialogue sur notre situation. En fin de journée, nous n’avons toujours vu personne. Notre ami Sylla n’avait alors toujours pas reçu de soins et continuait à perdre la mémoire.

Vers 19h, la police a emmené Sylla vers une destination inconnue. A l’heure actuelle, nous n’avons aucune nouvelle de lui.

Vers 20h, Notre camarade Koulibaly a été transporté à l’hôpital par une ambulance parce qu’il avait chuté. Aucun soin ne lui a été administré, il a attendu plus d’une heure un médecin qui a fini par lui dire de retourner au Petit Château sans quoi il appellerait la police. Un autre membre du personnel de l’hôpital lui a tenu le même langage quelques minutes plus tard. Et pire, il a giflé Koulibaly en signe de menace. La police a ensuite fait irruption, lui a arraché son annexe (le document officiel prouvant la demande d’asile) et l’a conservé depuis. Puis la police lui a ordonné de retourner au Petit Château sans le reconduire ni lui fournir un titre de transport. Il a dû rentrer à pied. Encore une intimidation.

Voici la situation dans laquelle nous sommes. Elle est déjà suffisamment grave pour que nous n’acceptions pas, en plus, que personne ne soit au courant. Nous sommes pratiquement enfermés et nous avons besoin de votre soutien dans le relais de l’information.

Les grévistes de la faim du Petit Château.

De : Absinthe
samedi 6 mai 2006

http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=27440
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