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 Patimat, immigré clandestin et désobéissance civique

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FleurOccitane
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Localisation : Toulouse
Date d'inscription : 30/04/2005

MessageSujet: Patimat, immigré clandestin et désobéissance civique   Lun 22 Mai à 8:59

Citation :

Patimat, immigré clandestin et désobéissance civique



de Bruno Corpet

L’histoire de Patimat et sa mère est un exemple des conséquences des lois dont nous gratifient nos élites politiques. La désobéissance va-t-elle devenir le seul moyen de s’opposer a la dérive sécuritaire de nos institutions ?

Patimat n’est pas une "handicapée", mais est bien une enfant en "situation de handicap" exclues de l’école. Pour la première fois un quotidien national (Libération) sort un article (voir ci-dessous) sur l’histoire de cette mère et sa fille qui ont fui les dérives d’un extrémisme religieux dans leur pays et se retrouvent face à l’arsenal répressif législatif et réglementaire de pays qui se disent civilisés (France et Allemagne).

Ce qui me semble intéressant est de constater le paradoxe d’une réaction locale citoyenne et « hors la loi » qui va bien au-delà des clivages politiques traditionnels de notre pays (J’ose espérer que la réaction aurait été la même si cette enfant avait été handicapée).

L’impact sur la « blogosphère » est insignifiant actuellement (2 post sur technocratie) alors mobilisez vous avant qu’il ne soit trop tard ! Pour vous aider à comprendre la situation, je vous propose une série de liens chronologiques vers des pages racontant les divers épisodes de l’histoire de Fatima et des citoyens qui prennent le risque de s’opposer à la loi :

Patimat, 6 ans, cachée pour échapper à l’expulsion

A Brest, depuis trois semaines, des familles se relaient auprès de la fillette.

de Jacky DURAND

Patimat est arrivée chez Brigitte et Michel (1) comme une évidence. « Ça allait de soi, dit Brigitte. Cela ne relève même pas de la réflexion. Ne pas l’accueillir aurait été de la non-assistance à personne en danger. » Depuis plus de trois semaines, des familles bretonnes se relaient pour cacher cette petite fille sans papiers. Avec le même dévouement pour l’aider à supporter sa séparation avec sa mère. Avec la même assurance pour braver l’illégalité, assumer la clandestinité. Car la mère ne peut être expulsée sans sa fille. L’histoire de Patimat, 6 ans, et de Sakinat, 44 ans, a fédéré à Brest des consciences, des sensibilités différentes, voire opposées, mais qui se sont retrouvées dans une « désobéissance civique », selon l’expression d’une mère de famille.

Patimat est née le 1er février 2000 dans une petite ville du Daguestan, république autonome de la Fédération de Russie. De mère célibataire. Autant dire enfant de rien dans cette région du Caucase gagnée par l’islam intégriste, affirme sa mère. D’ailleurs, Sakinat ne l’a pas déclarée à l’état civil pour éviter le déshonneur. Mais les ennuis sont venus quand même. Licenciée pour « immoralité » et privée de ses droits d’enseignante, Sakinat a décidé de s’enfuir. Sa famille a réuni les 1 300 dollars qui lui ont permis de gagner Berlin avec son bébé de dix-huit mois. Mais l’Allemagne a refusé leur demande d’asile, parce que Sakinat s’était présentée sous un faux nom. Menacée d’expulsion vers la Russie, elle a réussi à s’enfuir de nouveau. Et débarque à Brest le 16 janvier dernier.

Patimat est inscrite en grande maternelle à l’école Jean-Macé, dans le centre de Brest. Sakinat et Patimat vivent dans une chambre d’hôtel, mangent froid. Elles détonnent dans ce quartier plutôt huppé où l’on est médecin, officier de la Royale, avocat, magistrat, commerçant... Personne ne soupçonne leur situation. La petite fille « s’intègre parfaitement » à sa classe, écrit l’institutrice, et « ses progrès en langue française » sont remarquables.

« Elle parle bien le français ». « A l’époque, on ne connaissait rien de leur vie, raconte une mère. Mon fils m’a dit "tu sais, il y a une nouvelle. Elle ne parle pas très bien le français. Elle parle aussi russe". » D’autres parents se souviennent « d’un petit bonjour » avec une mère solitaire, aux cheveux blonds. Le 3 avril, Sakinat reçoit une notification de reconduite à la frontière. Le 6 avril, à 5 heures du matin, la Police aux frontières (PAF) vient chercher la mère et la fille pour les expulser. Mais Patimat a été cachée la veille.

La mobilisation est née ainsi, dans l’urgence, autour de quelques parents d’élèves. « Ça a été instinctif. Quand on m’a raconté l’histoire de Patimat et de sa mère, je n’en ai pas dormi de la nuit », raconte Alexandra, une mère d’enfant scolarisé à Jean-Macé. Je me suis dit : "Qu’est-ce que je pourrais bien faire pour elles ? Je ne suis pas juriste." On s’est dit que si on ne faisait rien, on ne pourrait plus se regarder dans la glace », ajoute-t-elle. Le comité de soutien, fondé il y a trois semaines, compte aujourd’hui plus de 550 adhérents, et la pétition qu’il fait circuler a recueilli plus de 5 000 signatures. « Cette mobilisation est d’autant plus remarquable qu’elle rassemble des gens qui ne font pas partie des circuits traditionnels de soutien aux étrangers », analyse David Rajjou, l’avocat de Sakinat, qui conseille depuis dix ans les sans-papiers de la région brestoise. « Ce ne sont pas des gens qui vont débarquer chez le député du coin ou renverser le PS », ironise un Brestois. « Quand j’ai vu les noms inscrits sur les pétitions, je me suis dit que ce n’était pas possible. Il y avait des gens adhérents de l’UMP », se souvient Philippe.

Jeudi soir, une dizaine de membres du comité de soutien se sont retrouvés autour de Sakinat à l’école Jean-Macé après avoir suivi l’intervention de Nicolas Sarkozy sur l’immigration au journal de 20 heures de TF1. La conversation roule sur les courriers en cours, des élus qu’il faut contacter, le blog qu’il faut alimenter et un concert de soutien. « Pendant que l’on prépare tout ça, on ne fait pas de shopping », lance une provocatrice. Alexandra « On est comme tout le monde. On a pris conscience de cette histoire parce qu’elle est arrivée près de chez nous. » Anne « Moi, je ne savais même pas qu’aider un sans-papier pouvait constituer un délit. Il ne faut leurrer personne là-dessus. Si cette histoire s’était passée à dix kilomètres de Brest, on n’en aurait peut-être jamais entendu parler. »

Recours. L’histoire de Sakinat et de Patimat a changé « durablement le point de vue » de ces parents d’élèves, qui veulent ignorer ceux qui leur « ont rebattu les oreilles » avec la petite phrase de Michel Rocard alors qu’il était Premier ministre en 1990 : « Nous ne pouvons héberger en France toute la misère du monde. » Catherine explique « Quand les gens me disent "au Daguestan, ils ont leur culture, tu ne peux pas changer les choses", ça décuple ma volonté. Notre but immédiat, c’est de pouvoir sortir cette petite fille de la clandestinité en lui obtenant un statut provisoire. » Plusieurs recours ont été déposés, et Patimat n’ayant pas été reconnue au Daguestan, une demande a été formulée auprès de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) pour la faire reconnaître apatride.

Ce vendredi, Patimat cueille des fleurs qu’elle voudrait faire parvenir à sa mère. Elle promène ses yeux noirs sur cette maisonnée attentive et disponible. « Elle ne pose aucune question, elle comprend tout et est extrêmement affectueuse », dit Brigitte, qui ne connaît pas encore la mère de Patimat, mais « l’aime déjà ». Après quatre années d’errance entre chambres d’hôtels et centres d’accueil, puis trois semaines de séparation d’avec son enfant, Sakinat dit, le regard un peu éteint : « Je voudrais que ma fille puisse avoir une enfance comme n’importe quelle autre enfant. Jusqu’à aujourd’hui, elle a eu une vie d’adulte. Pas d’enfant. »

(1) Les prénoms ont été changés.

http://www.liberation.fr/page.php?Article=378539#

http://quoique.blogspirit.com/archi...

De : Quoique
samedi 29 avril 2006

http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=27176
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