AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 CPE : le mur

Aller en bas 
AuteurMessage
FleurOccitane
Rang: Administrateur


Nombre de messages : 5959
Localisation : Toulouse
Date d'inscription : 30/04/2005

MessageSujet: CPE : le mur   Sam 29 Avr à 21:25

Citation :

CPE : le mur
de Bernard Lallement



Au-delà du succès des manifestations et de l’entêtement du gouvernement, l’heure est au bilan, sans concession ni complaisance, pour nombre de nos responsables de tout bord.

Entre deux législatures, de 1997 à 2002, l’âge de nos députés a augmenté. Il est, en moyenne, de 57 ans, au lieu de 52 précédemment. Sur un effectif de 577, seuls 107 ont moins de 50 ans. Au Sénat, l’âge moyen se situe aux alentours de 61 ans et, seulement, 33 sénateurs, sur 331, n’ont pas atteint la cinquantaine.

C’est dire combien notre classe politique est vieillissante et il y avait une consternation pathétique à voir, en 2004, Christian Poncelet briguer une seconde présidence de la Haute assemblée à 76 ans ou Michel Rocard trépigner des pieds devant ses camarades socialistes qui souhaitaient ne pas le représenter au Parlement européen en raison de son âge, 74 ans, celui qu’a, aujourd’hui, notre président de la République.

Depuis le 8 mai 1967, date où il fut nommé secrétaire d’Etat à l’Emploi dans le gouvernement de Georges Pompidou, Jacques Chirac n’a cessé de vivre dans nos palais nationaux, aux frais de la République.

Si l’on s’intéresse à la carrière de nos gouvernants, caractérisée par le cumul des fonctions, force est de constater que la politique est leur activité quasi exclusive dont ils tirent la majorité de leur revenu.
Ils sont, pour la plupart, issus de la fonction publique et, avec leurs principaux collaborateurs, sont, pour une grande partie, ces énarques que François Mitterrand définissait comme « conformistes, incapables d’écrire en français, coupés du peuple, réactionnaires. » Aussi ceux qui sont passés par l’ENA, dont le recrutement est loin d’être représentatif du pays, en ont-il gardé des réseaux de connivence, voire des amitiés, (Rocard était dans la même promotion que Chirac, de même que Villepin et Ségolène Royal) et une prédilection pour les analyses macro-économiques.

L’étroite implication entre l’Etat, bien que libéral, et l’économie a vu des passerelles s’établir entre public et privé, ministères et entreprises. Au fil des temps, et à défaut d’un contre-pouvoir populaire efficient, nous avons assisté à la naissance d’une véritable caste évoluant dans le champ clos d’une technostructure.

L’argent n’a pas d’idées

C’est dire combien l’idéologie présidant au choix des stratégies de pouvoir est très éloignée des réalités de la vie quotidienne, car fortement imprégnée d’une croyance immodérée en l’Economique et de la fatalité d’une politique de mondialisation. John Galbraith avait, pourtant, démontré que celle-ci est un mythe inventé par les Etats-Unis pour asseoir leur hégémonie sur le monde.

Cela donne, pour notre pays, une dette publique correspondant à 66,4 % du PIB (elle était inférieure à 20 % en 1980), une croissance dépressive, une explosion des banlieues, une société minée par le communautarisme et l’intolérance, une paupérisation de nos concitoyens les plus pauvres, un système de santé en pleine déconfiture, celui des retraites non encore financé. Sans parler d’une justice en faillite et d’une école en déroute.

Mais il est des éléments hautement positifs. Jamais les entreprises du CAC 40 n’ont été aussi florissantes. De 37 milliards de bénéfices cumulés en 2003, elles en ont réalisé 84,5 milliards en 2005. Un record ! Les salaires de leurs présidents ont atteint des sommets et les plans sociaux se sont multipliés. Les Rmistes, quant à eux, ont augmentés de 5,2 % en un an.

Voici l’héritage que les jeunes générations devront assumer.

Certainement dans le but louable de les associer à leur impéritie ou, dans une parfaite perversité, pour s’assurer de leur incapacité à y faire face, nos dirigeants se sont ingéniés à les maintenir dans un parfait état de précarité, entretenant le chômage, à un taux record, chez les moins de 25 ans. « La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? », telle est la philosophie du patronat exprimée par Laurence Parisot à laquelle chacun est prié de souscrire.

De cette effroyable logique le CPE est le symbole.

Contrairement à mai 68, la jeunesse entend moins conquérir sa liberté qu’exprimer son angoisse devant l’avenir et réclamer, aussi, pour elle une place au soleil. Le succès économique de quelques uns ne saurait être payé de l’injustice sociale pour le plus grand nombre.

C’est l’ensemble de notre conception du « vivre ensemble » qu’il faut réinventer. Il est indispensable d’opérer un changement radical. Celui-ci passe, nécessairement, par une mise au rancart de cette vieille garde incapable d’esprit critique.

Les aménagements qu’elle nous propose ne sont que des pis-aller, des leurres dont la principale qualité est de ne pas changer l’ordre des choses et de maintenir les privilèges en place. « L’argent n’a pas d’idées » disait Sartre.

Ce n’est pas de réformes dont nous avons besoin, mais d’une révolution. Et pour transformer le monde, il faut, d’abord, changer les hommes.

Billet paru dans le blog "SARTRE" de Bernard Lallement

-http://sartre.blogspirit.com

De : blog
lundi 20 mars 2006

http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=24546
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
CPE : le mur
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Discutaction :: Parlons-en ... actualité et dossiers de fond :: Général :: Sujets de fond-
Sauter vers: