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 Mais que fait le Samu social ?

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FleurOccitane
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Nombre de messages : 5959
Localisation : Toulouse
Date d'inscription : 30/04/2005

MessageSujet: Mais que fait le Samu social ?   Sam 22 Avr à 20:14

Citation :

Mais que fait le Samu social ?

Voici l'histoire d'une famille sans papiers en passe d'être régularisée. Une famille exemplaire, mais très réelle, un père, une mère enceinte, deux enfants de 6 et 4 ans, scolarisés dans l'école du quartier dans lequel il sont nés.

Sans logement depuis février 2005, ils ont logés dans des hôtels plus ou moins salubres et surtout de plus en plus loin de leur quartier et de l'école des enfants par un Samu social totalement sourd aux demandes répétées de la famille, des parents d'élèves et des élus.

Depuis lundi, les deux enfants ne vont plus à l'école, pourtant obligatoire. La grossesse de leur mère se passe mal, elle doit restée alitée. Elle a déjà été hospitalisée deux fois. Le père, lui, doit travailler. Il n'y a donc personne pour les emmener

Si les dates et les lieus sont vrais, les prénoms des parents et des enfants ont été modifiés pour leur éviter de possibles ennuis ultérieurs.


Aya et Béchir T sont tous deux nés au Maroc. Arrivés respectivement en France en 1996 et 1990, ils s'y sont mariés en 1998. Leur premier enfant, Nour, naît en 1999. Karim naît deux ans plus tard, mais ce petit bébé a une santé fragile : il a un seul rein fonctionnel et souffre d'asthme.

Depuis leur arrivée en France, Béchir et Aya ont vécu dans le 18e arrondissement chez une parente. Leurs ennuis commencent en 2003, quand l'Opac leur demande de déménager car ils sont trop nombreux pour vivre dans le deux-pièces. En janvier 2004, ils s'installent dans un studio prêté par une parente plus éloignée, rue des Martyrs. Mais l'année suivante, le studio doit être libéré pour loger la fille de la propriétaire, qui vient de se marier.

Sans papiers, sans logement, Aya et Béchir appellent le 115, numéro vert d'urgence du Samu social, qui leur trouve une chambre d'hôtel à Drancy. Ils ont un toit d'accord, mais pas d'eau chaude, il y a des cafards plein la chambre et il y est impossible de faire à manger. Avec deux enfants en bas âge, en plein hiver, ils ne sont plus dans la vie, mais dans la survie. Et puis Nour, 5 ans, et Karim, 3 ans, ont plus d'une heure et demi de transport par jour pour aller à l'école. Ils sont fatigués, ils s'endorment en classe. Karim n'en peut vraiment plus. Les parents d'élèves, alertés, choqués par cette situation imposée à de si petits enfants, se mobilisent.

La famille aurait certes pu scolariser leurs enfants à Drancy, mais le Samu social peut changer une famille n'importe quand et du jour au soir même, en fonction des disponibilités hôtelières à Paris ou en région parisienne. Ou des lubies de certains intervenants. Ou des intérêts de certains hôteliers. Les enfants seraient alors obligés à changer d'école autant de fois que d'hôtels, parfois une dizaine de fois dans le même trimestre. Et puis c'est dans notre quartier que les parents, comme les enfants, ont un noyau d'amitiés et de solidarité qui leur permettent de tenir le coup.

Mais les parents d'élèves se heurtent à une machine administrative froide, qui n'accepte aucun autre interlocuteur que la famille elle-même ou un travailleur social. Le problème, c'est que l'assistant social scolaire est en congé maladie longue durée et que, sans papiers, la famille n'a droit à aucun appui de la part des services sociaux de la mairie. A chaque fois, nous avons une personne différente au bout du fil, qui ne donne pas l'impression d'être au courant ni d'être un tant soit peu concernée par le problème. Florilège des réponses : le trajet n'est pas si long ; il n'y a pas de cafards ; le petit, s'il est malade, n'est pas obligé d'aller à l'école…

Le 25 mars, excédés et inquiets, les parents FCPE de l'école écrivent au Samu Social pour rappeler l'état de santé de Karim, l'alerter sur la durée des trajets imposée aux enfants, l'état d'hygiène insuffisant de la chambre d'hôtel. Au nom du droit des enfants à suivre une scolarité stable, ils exige un relogement plus proche de l'école Orsel. Ce courrier est resté sans réponse, et les tentatives téléphoniques de la Direction des Affaires Scolaires se soldent par un échec : le Samu social reste sourd à toute intervention.

Et puis, miracle, les 13 et 14 avril, la famille est logée dans un hôtel du 15e arrondissement. On ne peut pas cuisiner, mais l'école est accessible. C'est un répit de très courte durée, deux jours. Le 14 avril, Béchir et Aya sont relogés dans un hôtel au Bourget, en Seine-Saint-Denis. Encore plus loin. Cette fois-ci, les enfants ont deux heures de trajet par jour pour aller à l'école.

Fin mai 2005, la FCPE fait circuler une pétition auprès des parents de l'école Orsel pour alerter les élus du quartier. Elle recueille plus de 200 signatures pour l'école (qui accueille 250 enfants). Un rendez-vous sera fixé très vite avec M. Caresche et M. Vernat, directeur de cabinet du maire, intervient auprès du Samu social. Un dossier complet sur la famille est constitué et transmis mi-juin à chacun de nos interlocuteurs. Le 23 juin, M. Vaillant adresse un courrier au préfet de Paris pour qu'il intervienne auprès du Samu social et soutienne la demande de régularisation de la famille. En juillet, c'est le député de la circonscription, M. Caresche, d'intervenir. Mais la famille T passera tout son été au Bourget.

En septembre, Nour entre au CP, rue Foyatier. C'est une petite fille volontaire qui ne veut surtout pas manquer un jour d'école. Elle et Karim sont debout à 6 heures le matin. Leur mère, Aya, est enceinte. Elle les accompagne chaque jour. La nouvelle assistante sociale scolaire reprend le dossier mettant en avant la situation médicale de la famille. Rien ne bouge. Les élus, à nouveau contactés, se mobilisent aux côtés des parents. Fin novembre, Béchir et Aya reçoivent une convocation pour le 15 décembre à la Préfecture de Police de Bobigny, où le dossier a été transféré. L'entretien laisse présager un examen favorable de leur demande de régularisation.

Une bonne nouvelle qui sera immédiatement tempérée par une mauvaise : début décembre, le Samu social contacte l'hôtel au Bourget et annonce un changement d'hôtel pour la famille T. De sa propre initiative, un responsable de l'hôtel répond qu'il est préférable pour la situation administrative des T qu'ils restent au Bourget ! De quoi se mèle-t-il et surtout pourquoi le Samu Social l'écoute lui alors qu'il est resté sourd aux demandes des parents d'élèves et des assistants sociaux ?

En attendant, grâce au élus du 18e, les démarches de régularisation progressent dans le bon sens. Une convocation de la Préfecture de Seine-Saint-Denis pour le 20 janvier parvient à Béchir et Aya Hassan. Le jour dit, ils obtiennent un récépissé de demande de carte de séjour de 1 an valable 3 mois. Et le 6 janvier dernier, enfin, les T obtiennent une place dans un hôtel Place de Clichy, non loin de l'école. Logés à deux stations de métro de l'école, les T auront de plus bientôt une carte de séjour qui leur permettra de travailler, chercher un logement, se stabiliser ! Nous n'avons pas sabré le champagne, mais le cœur y était. Les parents de l'école Orsel continue cependant de veiller que la famille d'autant que la grossesse d'Aya connaît des problèmes. Pendant les vacances de février 2006, elle est hospitalisée une semaine à Lariboisière. Fatiguée, le médecin lui délivre un certificat médical lui indiquant de rester au repos.

Et le 24 février, c'est la catastrophe. Alors que l'assistante sociale obtient du Samu social la confirmation du maintien de la famille T à l'hôtel de la place Clichy et des services sociaux de la mairie du 9e le suivi de la famille, la famille T reçoit à l'hôtel un appel du Samu social : elle doit quitter immédiatement l'hôtel de la Place de Clichy pour se rendre dans un hôtel aux confins de Bobigny (4 stations de tramway après le terminus). Madame T proteste qu'elle a passé une semaine à l'hôpital, que, sur avis médical, elle ne doit pas bouger. Qui accompagnera les enfants à l'école ? Si son mari les accompagne, comment pourra t-il travailler ? L'interlocutrice de Madame T répondque « ce n'est pas [son] problème ». Monsieur T tente à son tour de la convaincre, sans succès.

Les parents et les deux enfants prennent donc le métro, le RER, le tramway, avec leurs quelques bagages, et partent pour Bobigny, à la limite de Drancy. La nuit même, Aya perd du sang. Elle est de nouveau hospitalisée pour une semaine. L'assistante sociale de l'école ne parvient pas à joindre le Samu social. Elle leur faxe un courrier et le certificat médical délivré par l'hôpital à Aya.

Béchir doit désormais impérativement travailler pour nourrir sa famille et pour obtenir la carte de séjour (le timbre fiscal coûte 220 euros par personne, soit 440 euros en tout). La convocation à la Préfecture est prévue pour le 19 avril prochain et ILS N'ONT PERCU A CE JOUR AUCUNE AIDE FINANCIERE D'AUCUNE SORTE, FAUTE D'UN DOMICILE FIXE !

Le 9 mars, Béchir reçoit un appel du Samu social : le contrat avec l'hôtel de Bobigny est reconduit…jusqu'au 14 avril ! Il a beau dire qu'il va devoir retirer ses enfants de l'école, le Samu affirme ne rien pouvoir y faire.

Depuis lundi, les enfants ne vont plus à l'école. Ils restent dans leur chambre d'hôtel avec leur mère pendant que leur père essaie de réunir la somme nécessaire pour les nourrir et payer les timbres fiscaux. Les parents d'élèves, les enseignants sont attérés. Que faire maintenant, quelle solution trouver. Comment continuer à les aider. Et puis surtout, au-delà, comment accepter que nous, contribuables, financions une politique de survie des étrangers sur notre territoire si coûteuse et pourtant si inhumaine et inefficace ?

La bataille pour l'obtention des papiers est une bataille de haute lutte à l'heure où il n'est pas question de faire profiter à un petit nombre d'étrangers une infime part de notre chance insolente, celle d'être née au bon endroit au bon moment.

Cette chance, eux seuls peuvent la comprendre. Que faut-il vivre ailleurs pour estimer être une chance de vivre ici ? Au bout d'au moins dix ans de présence illégale sur le territoire, rêver d'obtenir une carte de séjour de un an, et alors certes recevoir des allocations familiales, bénéficier d'un système de santé favorable, mais aussi travailler dans les pires emplois, payer des impôts comme les autres et pourtant, être méprisés, subir le racisme, le reproche ouvert ou tacite permanent de puiser dans la douce manne de la nation, sans jamais pouvoir toucher du doigt le rayonnement merveilleux qui couronne…LE VRAI FRANÇAIS.

Dommage, le père de Béchir y a cru un instant, le jour où il a combattu pour la France, en 1940. Sa démonstration de bravoure n'a de toute façon pas sa place dans le dossier de demande de régularisation constitué en Préfecture.

anonyme article:53693 akynou
le mardi 14 mars 2006 à 23h34

http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=53693
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