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 Libéralisme j’écris ton nom

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FleurOccitane
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MessageSujet: Libéralisme j’écris ton nom   Lun 13 Mar à 1:53

Citation :

Libéralisme j’écris ton nom

Au fil de mes petites ballades sur le net, je suis tombé sur ce site http://www.webzinemaker.com/hamilca..., et j’ai trouvé plein de petits articles sympa. Notamment celui-la.

Liberalisme, j’écris ton nom !

Par : Hamilcarbarca le 22 mars 2005

« Je marchais un jour en compagnie d’un de ces grands bourgeois de Manchester. Je lui parlais des taudis malsains et ignobles et attirai son attention sur l’état répugnant de cette partie de la ville où résidaient les ouvriers. Je lui dis n’avoir jamais vu de ma vie une ville aussi mal construite. Il m’écouta patiemment et, au coin de la rue où nous nous séparâmes, il observa : « Et pourtant on gagne là des tas d’argent. Au revoir monsieur. » Friedrich Engels : Condition of the working class in england, Chap XII.

« Bien que l’idéal terrestre du socialisme et du communisme se soit effondré, les problèmes qu’ils prétendaient résoudre demeurent : l’exploitation impudente des avantages sociaux et le pouvoir démesuré de l’argent, qui souvent dirigent le cours des évènements. Et si la leçon globale du XX° siècle ne sert pas de vaccin, l’immense ouragan pourrait bien se renouveler dans sa totalité. » Alexandre soljénitsyne, New-York Times, 28 novembre 1993

Libéralisme (*) : Doctrine économique mais aussi politique. Dans le domaine économique, le libéralisme défend la libre entreprise et s’oppose à l’intervention de l’Etat dans la vie économique car elle nuit à la concurrence. Les tablettes de la nouvelle religion se sont enfin ouvertes et ont enfin révélées les secrets de l’harmonisation du monde, l’œuvre de paix intrinsèque à cette doctrine économico politique. Le monde nouveau est en marche, et rien ne brisera l’élan de fraternisation et égalitariste que sème la nouvelle construction du monde. Le Libéralisme, comme nous l’entendons aujourd’hui, est fustigé avec la plus véhémente des passions, ou bien il est vénéré et encensé par les plus grands pontes des divers arts et métiers. Le Libéralisme, on est pour ou on est contre. Mais comme l’entendent nos fidèles maîtres à penser, nous sommes tous Pour. Or, de là à ce que le vent nouveau, quoique pluriséculaire, vienne à nous laisser croire qu’il s’agisse d’un humanisme nouveau, il y a erreur en la matière. Diffuser l’idée - fausse - que les pays du Sud subissent les assauts d’un capitalisme de plus en plus dévastateurs parce qu’ils n’ont pas su se parer de la belle cape « libérale » pour être plus réactifs et plus à même de répondre aux attentes d’un système économique sans cesse plus exigeant nous ferait prendre des vessies pour des lanternes. Mais alors comment est né ce Néo-libéralisme, qu’est-il exactement, et surtout, quel projet pour l’Humanité porte t-il ? Avant tout la liberté. Celle qui consiste à partir de l’avant sans prendre de direction. Une liberté totale et immuable qui, au final, ne revêt aucun sens. Du moins un seul, celui des profits maxima, et des souffrances à outrance pour les producteurs de richesses : les travailleurs, et ceux qui sont exclus du champ de bataille qu’est le monde du travail.

Ce désir de « franche liberté économique » est né au XVIII° siècle avec des penseurs comme Adam Smith - Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, 1776 - et sa fameuse théorie de la Main Invisible, Malthus et son fameux Essai sur le principe de population, démontrant que la population croît plus vite que les ressources et qu’il fallait absolument contrôler les naissances - notamment chez les plus pauvres - pour rétablir un certain équilibre, ou encore Ricardo - Principes d’économie politique, 1817-. Nous laisserons de côté tous les penseurs français et en particulier les physiocrates [Doctrine des économistes, certains, du XVIII° siècle qui avaient pour idée que la terre et l’agriculture étaient les principales sources de la richesse, prônant une liberté de commerce et de l’entreprise, Dupont de Nemours, Quesnay, Say, Turgot.] Ce libéralisme prend forme au XIX° siècle avec la Révolution Industrielle, tant et si bien qu’il répond à merveille à l’idée que s’en était faite Marx à partir de son concept des Infrastructures et des Superstructures (1). Ce libéralisme devient le fil directeur des grands Etats européens qui connaissent le développement industriel. L’homo sapiens sapiens devient l’homo oeconomicus. En suivant les évolutions du capitalisme libéral grandissant, les doctrines libérales connaissent une grande diversification. Allant des plus radicales : « Plus d’Etat », à celle qui remettent en question cette « Liberté totale ». C’est en 1938, avec l’organisation d’un colloque à Paris (Colloque Walter Lippmann) (2) et l’effet de la crise de 1929, que l’on admet - les libéraux, au premier rang desquels Walter Lippmann, Raymond Aron, Von Hayek, Louis Boudin, etc. - que l’excessive croissance et concentration des entreprises et les crises économiques qui en résultent démentent l’affirmation que la mise en présence des agents économiques suffisait à la réalisation d’un ordre naturel générateur d’équilibre. « La Main Invisible » vient donc d’être coupée. Pour un temps seulement. Le libéralisme est mort ! Vive le Néo-libéralisme !

La naissance de ce néo-libéralisme n’en garde pas moins certaines valeurs immanentes, permanentes pour faire simple. La libre concurrence et la propriété individuelle. La transcendance vient du fait, à partir de ce colloque, que les séides de la liberté prônent l’intervention de l’Etat pour que celui-ci institue [enfin] un ordre légal garantissant l’exercice de l’initiative individuelle dans le cadre d’une libre concurrence qui serait défendue par une législation appropriée (lois antitrusts,etc.) Il est en effet très surprenant de voir les dirigeants économiques battre en brèche l’édifice public, exhorter la « dictature » de l’Etat tout puissant, de l’ « Etat régulateur » parfois entrepreneur, lorsque les conditions économiques, les dynamiques conjoncturelles sont favorables aux « profits » (se faisant épiclèse du Saint-esprit) et rappeler ce même Etat alors « frein au développement des énergies nouvelles » ou encore hostile à la « modernisation », mais encore contrainte archaïque pesant lourdement sur les forces vives de la nation ». Voici donc une problématique qui ferait pâlir plus d’un spécialiste sur la mythologie romaine et sur l’essence même du Dieu Janus. Nos entrepreneurs si avides de « Réformes » seraient-ils donc à double visage ? Capable de cracher dans la soupe et de savourer ce qu’il en ressort de cette nouvelle sauce ô combien étonnante ? Dans la réalité, la pratique montre que l’Etat ne s’est pas contenté d’être un simple arbitre, il est lui-même devenu entrepreneur. L’approfondissement de l’analyse économique des économies capitalistes, la vigueur des revendications des travailleurs, les nécessités de l’économie de guerre [voir article sur la Première Guerre Mondiale] et de la reconstruction, ont conduit à reconnaître à l’Etat la vocation d’un moteur et d’un régulateur de l’activité économique. Témoin puis garant du jeu économique, l’Etat est devenu le principal responsable de l’expansion. Face à cette évolution le libéralisme, même ainsi rêvé, ne demeure qu’une idée, mais pour les économistes et les politiques il reste une « valeur affective ». Du moins celle des protecteurs ou fervents partisans de l’économie de marché.

Loin de s’être cantonné à une expression politique - exclusivement - le libéralisme a profondément marqué les politiques économiques des pays à économie de marché (3). Trois principes émanent du libéralisme :

la valeur de la propriété privée comme fondement juridique de la vie économique. La libre entreprise, génératrice d’innovation technique et de progrès économique. La libre concurrence, mécanisme régulateur des relations économiques.

L’Etat doit réserver ses prérogatives dans des limites - amoindries - particulières. Surveiller, faire respecter l’équilibre général de l’économie, édicter et faire respecter une législation créée, et parfaitement calquée sur les trois principes cités précédemment. A charge pour le « monstre froid » comme disait Hegel de s’occuper des activités non rentables et d’en faire des services publics. Pour faire clair, se fixer dans des limites régaliennes.

Ces principes, ainsi définis et théorisés par les « évangélistes du marché » ne sont donc pas anodin et s’affirment dans les législations antitrust par exemple. Nous l’avons dit, c’est dans le cadre du libéralisme que les Etats-Unis d’Amérique adoptent la loi antitrust, c’est encore dans ce cadre-là (voir aujourd’hui le cas de l’Europe et son arsenal juridique libéral antitrust récent) qu’un premier ministre socialiste « qui ne peut pas tout faire » ouvre le capital de France Télécom, qu’il dénationalise autant que les gouvernements Balladur (1993-1995) et Juppé (1995-1997) réunis. C’est aussi dans cette dynamique que l’ancien trotskyste est parti bradé les Services Publics français avec son comparse révolutionnaire Le Chi à Barcelone en Mars 2002, et chacun, main dans la main, sont revenus nous jouer sur un accord parfait la campagne présidentielle placée à l’aune de la défense des Services Publics. La gauche (socialiste) elle-même s’est reconnue dans le capitalisme, et cela depuis fort longtemps : « le capitalisme est une force qui va, mais qui ne sait pas où elle va. Nous, socialistes et Sociaux-démocrates, voulons assigner à cette force un sens, c’est-à-dire à la fois une signification et une direction » disait Lionel Jospin. Déclaration du 03 Octobre 1998. (4).

Le capitalisme s’est donc imposé comme la seule voie possible, la DOXA. La chute du Mur de Berlin en 1989 a bien renforcée cette opinion. Combien sont-ils, de gauche, à dire que du grand choc titanesque entre le capitalisme et le Stalinisme, entre l’Est et l’Ouest, l’économie de marché a su triompher du mal dirigiste et collectiviste. Dressant ainsi, non sans fierté, le tableau d’un système qui se dit juste et qui offre sa chance à tout le monde. Le monde devient même prophylactique face à une résurgence de doctrines gauchisantes. Les mots communistes, révolutionnaires, progressistes, etc.... sont devenus synonymes de conservateurs, archaïques, passéistes, etc. C’est ainsi que les tenants d’un partage des richesses produites par le travail sont devenus des conservateurs. Tout comme ceux qui prônent la nécessité d’un autre monde ne sont que Anarchistes et utopistes et « joyeux drilles inconscients de la réalité ».

Notre sacrifice propitiatoire du tout libéral fait de nous des gens capables de rendre le monde heureux, de le faire tourner... [En bourrique]. Si notre système économique, tel qu’il est aujourd’hui devait être défini selon notre système de représentation, il serait décrit - par nos soins - de la manière suivante : « Le capitalisme est une structure autant politique qu’économique, car elle y fait participer, de quelques manières qu’il soit, tous les habitants de cette planète. Et au vu de la situation générale mondiale, il est évident que chacun se doit de participer à la nouvelle marche du monde que nous voulons lui donner. » Le capitalisme néo libéral dépasse ce bon vieux capitalisme de la Révolution Industrielle. Il va bien plus loin. Se nourrit de lui-même. Il se fait même guerrier car il rend plus agressif, brutal, chacun de nous. Les parangons du libéralisme rendent les sociétés nerveuses, plongée dans un sempiternel affrontement. On brutalise les soi-disant incapables : « chômeurs, rmistes, SDF, malades... » Sans s’interroger sur les causes de ces situations. C’est dans cette logique que l’on voit clairement que les gouvernements qui ne s’inscrivent pas dans une rupture radicale avec ce système ne peuvent que le cautionner, voire l’améliorer. On refuse, les dirigeants politiques, de voir la genèse du mal, des maux. Un vieux proverbe chinois affirme : « Celui dont la pensée ne va pas loin verra ses ennuis de près. » La définition, que nous ne sommes pas encore en mesure d’établir de manière claire à l’heure précise, porte néanmoins sur une problématique essentielle à nos yeux. La violence, la « brutalisation » - pour paraphraser feu Georges Mosse - de ce système. Car disons le franchement, cette société est bel et bien brutale. Brutalité réelle accompagnée, non sans dérision, d’une tolérance larvée. Les réactions certes ne manquent pas, mais la société s’est habituée à cette violence. Tellement qu’elle ne s’indigne plus, en tout cas une indignation de pure formalité, de convenance voire de politesse. Les ravages sociaux du libéralisme s’inscrivent dans un consentement largement appuyé par une propagande libérale et par une indolence réactive face à une police et une justice répressive à l’encontre des opposants à ces schèmes. La force du consentement réside dans la coercition - le chômage. Rappelons toutefois, en évitant l’aspect prophétique que l’on avait pu donner à d’autres, qu’en créant la misère le libéralisme crée et renforce l’armée qui va détruire ses créateurs.

Sources : (*) Dictionnaire historique, Dominique Vallaud, Fayard, 1995 1 -Agencement selon les conceptions matérialistes de la société selon les différentes composantes de celle-ci. Superstructure : Mode de pensée d’une société, ses institutions politiques, ses lois, Religions, arts, morale, philosophie et science. Infrastructure : Conditions matérielles, économiques et sociales. 2 -Colloque qui eut lieu en Août 1938 à Paris, organisé par le philosophe Louis Rougier, professeur à l’université de Besançon. C’est dans un contexte de crise que l’émergence du néo libéralisme fut rendue possible, par le travail de ce dernier. Sont présents à ce colloque des hauts fonctionnaires, des patrons influents, des intellectuels, et surtout la génération montante des futurs économistes néo-libéraux. 3 - « Les évangélistes du marché », Keith Dixon, Raisons d’Agir Editions, Octobre 1998. 4 - Quand la Gauche essayait, Serge Halimi, Arléa, 2000.

adresse de l’article : http://www.webzinemaker.com/hamilca...

De : utopiste
samedi 18 février 2006

http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=23359
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