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 Des bambins interdits d’école

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wapasha
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Localisation : Pays des Abers
Date d'inscription : 30/04/2005

MessageSujet: Des bambins interdits d’école   Jeu 6 Oct à 14:35

humanite-Article paru dans l'édition du 5 octobre 2005.
Des bambins interdits d’école

Citation :
Un petit garçon de trois ans et sa maman vivent à la cité des Bosquets, à Montfermeil (93). Bali (1) est né dans cette ville, où sa maman n’a pas trouvé de logement. Elle squatte un appartement dans la cité. Comme le font les parents de Viviane (1), trois ans elle aussi, née à Étampes. Les parents des deux enfants sont africains, en situation difficile et pour le moins précaire. Rien de plus courant. Étaler leur vie dans la presse ne fait pas partie de leurs ambitions. Mais scolariser leurs enfants, comme le leur permet la loi, oui. C’est même, pour eux, indispensable. Une preuve évidente de ce que notre ministre de l’Intérieur pourrait qualifier de « volonté d’intégration », alors que ce critère ne lui suffit pas pour régulariser les demandeurs de titre de séjour.

Hors-la-loi

Pourquoi faut-il préciser que la loi permet de scolariser les enfants à la demande de leurs parents s’ils résident sur le territoire de la commune ? Simplement parce que le nouveau maire de Montfermeil, Xavier Lemoine, ancien chef de cabinet du précédent, Pierre Bernard, tout aussi divers droite tendance Villiers et adepte de la même philosophie, de la même idéologie, a refusé d’inscrire ces enfants à l’école maternelle Victor-Hugo, bafouant ainsi le combat du dénonciateur des caves de Lille. L’école, celle du quartier où ils vivent, n’en est pas à sa première expérience dans ce domaine. Sa directrice dispose des places - nécessaires pour accueillir les deux enfants. - Depuis plus de dix jours, la situation est bloquée.

Il ne s’agit, bien sûr, ni de discrimination sociale ni de discrimination raciale de la part du maire. Simplement, l’occupation du logement est illégale, puisqu’il s’agit d’un squat, et le représentant de la loi estime avoir affaire à des hors-la-loi, assimilés, dans le langage courant, à des bandits de grands chemins. Pourquoi, dans ces conditions, revendiqueraient-ils l’application d’une autre loi ? Le quartier fait l’objet d’un projet de rénovation dans le cadre du plan Borloo, et inscrire les enfants à l’école obligerait à reloger les parents. Or le plan prévoit deux cents logements de moins que l’existant. Il faut donc trouver, le plus facilement possible, des gens à faire partir.

Quelles que soient les motivations de la décision du maire, le collectif Droit à l’école, qui regroupe l’Alternative citoyenne, l’Association des résidents des Bosquets, l’Association de solidarité avec les travailleurs immigrés, la Fédération des conseils de parents d’élèves, la Ligue des droits de l’homme, le MRAP, les syndicats SGEN-CFDT, CGT, SNUIPP 93-FSU, Sud éducation et les sections locales du PCF et du PS, entend faire respecter la loi. « Les enfants actuellement interdits d’école vivent dans des conditions précaires, explique-il dans une lettre au maire. L’école maternelle est pour eux un outil essentiel de socialisation et d’intégration. Ils en ont besoin au moins autant que d’autres. Les priver de leur droit à l’instruction, c’est ajouter la misère éducative à la misère sociale. » L’inspection d’académie a été alertée.

Une pétition circule

Éliane Assasi, sénatrice de Seine-Saint-Denis, s’est adressée au ministre de l’Éducation nationale, Gilles de Robien, et à la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité. Une délégation d’élus communistes conduite par Marie-George Buffet a interpellé le secrétaire général de la préfecture. Personne ne réagit. Une pétition sera mise en circulation dès aujourd’hui à travers la ville. « Donner un poisson à un homme, c’est bien, mais lui apprendre à pêcher c’est mieux », explique Xavier Lemoine sur le site Internet de sa commune. Il en conclut : « Ceci nécessite donc des arbitrages constants, qui dépendent des situations rencontrées et des capacités de chacun. Une solution sur mesure est donc le meilleur antidote à tout esprit de système et à toute idéologie. Le plus difficile consiste à marier tout à la fois une nécessaire charité ou solidarité, une claire conception de la dignité de l’homme et une juste exigence qui redonnent à chacun ses propres responsabilités. La vocation de politique exige d’aimer les hommes. » Peut-être pourrait-il commencer par appliquer la loi qui les protège ?

(1) Les prénoms ont été modifiés pour préserver l’anonymat des enfants.

Émilie Rive
source : http://www.humanite.fr/journal/2005-10-05/2005-10-05-815369

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Les conséquences de ce qu'on ne fait pas sont les plus graves.
Marcel MARIËN 1920
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