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 Des pédagogues franchissent les limites dans l’absurdité

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wapasha
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wapasha

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MessageSujet: Des pédagogues franchissent les limites dans l’absurdité   Des pédagogues franchissent les limites dans l’absurdité EmptyVen 13 Mai à 17:44

soseducation-vendredi 13 mai 2005
Une équipe de pédagogues franchit de nouvelles limites dans l’absurdité

Une quinzaine de pédagogues de l’académie des Hauts de Seine a concocté un projet de livret scolaire destiné aux parents. Cette première mouture fait 17 pages et compte 400 « compétences » à noter sur une échelle de A à D. Le Figaro révèle les contenus de ce document. A hurler de rire… ou à pleurer…

A lire : « Un livret scolaire sommet de jargon pédagogique » et « Un parent sur deux ne comprend rien ».


Citation :
lefigaro-Marie-Estelle Pech-[12 mai 2005]
ÉDUCATION Des centaines de cases à remplir, un vocabulaire abscons et des items bizarres : dans les Hauts-de-Seine, un projet fait des vagues

Un livret scolaire sommet de jargon pédagogique


«Regardez ce qu'on nous fait faire !» : ce cri du coeur est celui d'un enseignant des Hauts-de-Seine face au projet de livret scolaire concocté par une quinzaine de pédagogues (pas moins !) de l'inspection académique du département. Si ce document touffu et jargonnant reste en l'état, parents et professeurs des écoles risquent de s'arracher les cheveux à la rentrée prochaine. Il fait 17 pages et ne compte pas moins de 400 «compétences» à noter sur une échelle de A à D. La précision digne de l'horlogerie fine pour les enfants des classes de CE 2, CM 1 et CM 2, âgés de 9 à 11 ans, confine parfois au ridicule et souvent à l'incompréhensible.

Qu'on en juge : dans les compétences disciplinaires littéraires, il s'agit de savoir si l'enfant a «compris et retenu que le sens d'une oeuvre littéraire n'est pas immédiatement accessible, mais que le travail d'interprétation nécessaire ne peut s'affranchir des contraintes du texte». Une phraséologie obscure pour le profane, digne d'un cours de faculté. De même, au lieu d'évoquer simplement une rédaction, le carnet scolaire précise qu'il s'agit d'un «texte à dominante narrative, explicative, descriptive ou injonctive, dans le cadre d'un projet d'écriture relevant de l'un des grands domaines disciplinaires du cycle 3, à partir des outils élaborés par la classe». Une récitation de poésie ou de théâtre se transforme en «mettre sa voix et son corps en jeu dans un travail collectif portant sur un texte théâtral ou sur un texte poétique».

L'enfant doit par ailleurs savoir lire «en s'appuyant sur un traitement correct de substituts des noms, des connecteurs, des formes verbales, de la ponctuation et en faisant les inférences nécessaires». Pour décrypter, les parents n'ont plus qu'une solution : se plonger dans un dictionnaire !

En informatique, on se demande comment l'enseignant évaluera la capacité de l'enfant à «adopter une attitude citoyenne face aux informations véhiculées par les outils informatiques» ? Il peut également paraître étonnant que l'usage détaillé d'une messagerie électronique fasse partie de l'enseignement en CE 2...

Au-delà du jargon, certains critères d'évaluation sont carrément déroutants. En éducation physique, comment juger par exemple que l'élève «s'engage lucidement dans l'action», comme le préconise le livret scolaire ? Il doit aussi être capable de «mieux questionner la consigne orale ou écrite de manière à reconnaître la catégorie d'exercices à laquelle elle est rattachée». Au risque surtout d'embrouiller un peu plus parents et enfants...

Enfin, l'éducation artistique semble d'une exigence digne du conservatoire ! L'enfant devra «reconnaître une oeuvre du répertoire travaillé, la situer dans son contexte de création, porter à son égard un jugement esthétique» mais aussi «repérer des éléments musicaux caractéristiques, les désigner et caractériser leur organisation (succession, simultanéité, ruptures...) en faisant appel à un lexique approprié». Il aurait été trop simple de parler de solfège.

Le projet est certes encore en chantier. L'objectif du groupe de travail composé d'une quinzaine d'enseignants, de directeurs d'école, de conseillers pédagogiques et de l'inspecteur de la circonscription de Clamart est de mettre en conformité le livret scolaire avec les dernières prescriptions ministérielles de 2002. Les parents, pourtant destinataires de ce document, ne sont pas conviés. «Cela n'empêchera pas d'avoir un dialogue avec les familles après un an d'expérimentation», explique l'inspecteur de Clamart, Didier Gazay, qui estime que son projet constitue «un bon support de réflexion pour les équipes pédagogiques» et une «bonne base de dialogue avec les parents».

Certaines formulations sont «inaccessibles» pour des familles avec un faible niveau d'études et «pas toujours compréhensibles» pour les autres, reconnaît-il. Mais une note ou des items trop flous véhiculent une «information sommaire», alors qu'un profil de compétences donne une image «plus fine» des points forts et faibles d'un élève. «A trop vouloir simplifier, ajoute-t-il, on dénature l'évaluation». On en est loin.
Citation :
lefigaro-[12 mai 2005]
«Un parent sur deux ne comprend rien»

La réforme du livret scolaire, votée en 1989 et généralisée peu à peu à partir de 1995, ne fait l'unanimité ni chez les enseignants ni chez les parents.

«Un parent sur deux ne comprend rien», résume Brigitte, enseignante du primaire en Moselle, qui continue à noter ses élèves à l'ancienne. Lettres, coups de fil, courriels, le ministère de l'Education croule sous les doléances. Grande révolution de ce livret, on ne raisonne plus en termes de notes mais de «compétences» à acquérir en trois cycles : la maternelle, puis de la dernière année de maternelle au CE 1 et, enfin, du CE 2 au CM 2.


Dans les écoles, la situation varie du livret complexe et jargonnant avec plusieurs centaines d'items à remplir à celui, plus simple, qui n'en comprend que quelques dizaines. «Il n'y a pas de norme. L'échelon de décision final reste l'école, même si un modèle est proposé par chaque inspection», explique-t-on à la direction de l'enseignement scolaire.


Grâce à cet outil, enseignants et parents sont censés mesurer si les apprentissages sont bien assimilés par l'enfant. Au ministère, on reconnaît avoir parfois constaté «un degré de détail inutile». «On peut se demander s'il est nécessaire d'être aussi précis en mathématiques qu'en sport». Ou qu'en musique : si l'enfant chante faux, cela ne met pas en péril sa scolarité...


Les syndicats d'enseignants tempèrent les critiques. Selon eux, ce mode d'évaluation offre davantage de finesse dans le jugement sur l'élève, ce qui est un réel progrès.


De l'avis de tous, le jargon pose problème. «N'a pas atteint le meilleur niveau phonologique» peut aisément se traduire par : «Ne reconnaît pas tous les sons», explique-t-on au ministère. «Il faudrait simplifier ce langage», insiste également Anne de Kerkhove, vice-présidente de la Peep, fédération de parents d'élèves.


Chez les enseignants, les méthodes opposent les générations : les plus anciens donnent toujours des notes, les plus jeunes, frais émoulus des instituts de formation des maîtres (IUFM), appliquent la réforme qui leur a été enseignée. Tous se plaignent toutefois d'une tâche «plus lourde qu'avant» et parfois «absurde».


Jean-Michel Dumas, professeur des écoles à Toulouse, affirme ainsi remplir les carnets «de façon approximative». «Je préfère enseigner plutôt que tester mes élèves pour remplir des cases», dit cet instituteur d'un quartier défavorisé. Certains parents parlent à peine le français, dit-il. «Du coup, je fais deux bulletins : l'un avec des notes, en théorie déconseillé par l'Education nationale mais plus simple à comprendre, et un autre avec les compétences que je remplis à la va-vite»... M.-E. P.
source : http://www.soseducation.com/2005/05/13.html#a144
http://www.lefigaro.fr/cgi/edition/genimprime?cle=20050512.FIG0161
http://www.lefigaro.fr/france/20050512.FIG0167.html

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Les conséquences de ce qu'on ne fait pas sont les plus graves.
Marcel MARIËN 1920
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