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 Les enseignants Freinet, "extraterrestres" de la p

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wapasha
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Localisation : Pays des Abers
Date d'inscription : 30/04/2005

MessageSujet: Les enseignants Freinet, "extraterrestres" de la p   Sam 20 Aoû à 16:40

LE MONDE | 20.08.05
Les enseignants Freinet, "extraterrestres" de la pédagogie

Citation :
Ce sont des militants de l'égalité, des passionnés de l'école, d'indécrottables idéalistes. Les enseignants qui appliquent la pédagogie Freinet, du nom de son inventeur, Célestin Freinet (1896- 1966), révolutionnent, depuis des décennies, la façon de "faire classe" en laissant les écoliers décider de leurs emplois du temps, en évitant les notations, en pratiquant les autocorrections, en organisant des séances de gestion collective des conflits, bref, en prenant le contre-pied systématique de l'éducation traditionnelle.

Personne ne sait précisément combien d'enseignants ont choisi cette voie en France ­ un chiffre circule faisant état de 3 000 "freinettistes" dans les écoles primaires publiques sur les quelque 320 000 enseignants. Pendant leurs vacances, environ 350 de ces "extraterrestres" de la pédagogie se retrouvent, du 19 au 23 août, à Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes), pour le congrès bisannuel de leur mouvement, appelé Institut coopératif de l'école moderne (ICEM) : l'occasion de défendre la "modernité" de leur approche, une tentative aussi de faire face à l'essoufflement constaté dans les années 1990.

Le mouvement Freinet est loin de sa splendeur des années 1970, lorsque son congrès rassemblait jusqu'à 1 500personnes, portées par l'utopie de changer l'école. Depuis, comme tous les mouvements pédagogiques, son audience s'est érodée.

"Freinet peut faire peur parce que ce n'est pas une méthode, mais un engagement. On voit des jeunes enseignants qui sont intéressés mais qui nous disent : "Je ne peux pas, je n'ai pas le temps"" , relève Muriel Quoniam, 45 ans, directrice d'école à Rouen, qui a découvert la pédagogie Freinet après dix années d'exercice. "Le noyau dur des militants, au niveau national, est plutôt composé d'anciens. Les jeunes nous disent qu'ils ne veulent pas être embrigadés dans un mouvement qui demande beaucoup" , ajoute Philippe Bertrand, 50 ans, directeur d'une école élémentaire à Queven (Morbihan), enseignant Freinet depuis trente ans.

Car, fondamentalement, la pédagogie Freinet se veut engagement politique et pas seulement "recette" ou "technique" de gestion de classe. On y défend l'idée que "l'enfant est de même nature que l'homme" et donc qu'il doit bénéficier d'une grande liberté. On souligne que "l'enfant n'aime pas le travail de troupeau" et donc que les enseignements sont individualisés. On veut aussi "préparer la démocratie de demain par la démocratie à l'école" en créant des lieux de parole.

Les enseignants Freinet assument le fait d'être à gauche ou à l'extrême gauche. Beaucoup militent dans des associations de lutte contre le racisme, défendent les sans-papiers ou sont adhérents à Attac. "Il y a peut-être des gens de droite chez nous, mais ils se cachent !" , plaisante Muriel Quoniam.

Dans les classes, cette vision humaniste se traduit par un fonctionnement très différent. Le travail scolaire s'effectue souvent à partir du vécu des élèves. "Le lundi et le jeudi matin, pendant une demi-heure, les enfants ont la parole. Ils ont beaucoup de choses à dire et beaucoup de choses à apprendre aux autres" , témoigne Joëlle Martin, 46 ans, enseignante de maternelle à Calais.

Les outils pédagogiques utilisés sont atypiques. Les exercices sont conçus pour permettre une autocorrection par les élèves. Comme Célestin Freinet l'avait imaginé il y a près d'un siècle, la correspondance avec d'autres écoliers est utilisée comme support pour travailler l'écriture, le récit. De même, le journal de la classe, imprimé, sert de "projet" porteur pour les élèves. "On s'appuie sur l'expression des enfants" , résume Muriel Quoniam.

Aucune étude scientifique récente ne permet d'évaluer l'efficacité de cette approche. Ses détracteurs insistent sur la difficulté, pour les élèves, de rejoindre, ensuite, des classes traditionnelles, notamment pour ceux qui ont suivi toute leur scolarité primaire en Freinet (environ 50 écoles au total en France). Ils s'inquiètent aussi du contenu réel des acquisitions scolaires, faute de travailler spécifiquement les disciplines (grammaire, orthographe...).

Le mouvement Freinet réfute ces critiques. "On constate qu'il y a peu de différences entre nos élèves et les autres à l'entrée en sixième. Mais, à la fin de l'année scolaire, leur appropriation paraît plus profonde" , affirme Catherine Chabrun, professeur à Juvisy-sur-Orge (Essonne), présidente du mouvement Freinet en France. Les enseignants relèvent également que leurs anciens élèves sont souvent très investis dans les écoles ­ beaucoup devenant, par exemple, délégués de leur classe.

Après Mai 68, reconnaissent les responsables de Freinet, des dérives ont eu lieu : quelques enseignants se sont perdus dans le "laisser-faire" . Le mouvement en a conservé une image libertaire, ce qu'il réfute aujourd'hui. "Le travail sur la loi, sur la règle, est très présent. Freinet, c'est une pédagogie du travail où l'on essaye d'intéresser les élèves" , souligne François Le Menaheze, 45 ans, responsable des Editions Freinet.

Cette quête se traduit par un jargon unique : la pédagogie est "matérialiste" , l'organisation est "coopérative" , les grands principes sont appelés des "invariants" . Le thème de leur congrès est on ne peut plus sérieux : "Appréhender la complexité du monde, cohérences de la pédagogie Freinet".

Leur tendance à théoriser fait sourire, provoque parfois des tensions avec des collègues non "freinettistes". Avec le temps, les militants se sont habitués : "On est heureux de faire ce qu'on fait, on est heureux avec nos élèves. C'est peut-être ça qui est mal vécu par nos collègues" , conclut Muriel Quoniam.

Luc Bronner

Citation :
Une méthode qui compte plusieurs milliers d'adeptes dans le monde

Célestin Freinet : né en 1896, l'instituteur a mis au point

sa pédagogie à partir de 1924, dans sa classe de Bar-sur-Loup (Alpes-Maritimes). Il utilise l'imprimerie et la correspondance pour favoriser l'expression

des élèves. En 1932, il doit abandonner le service public pour cause de conflit avec l'éducation nationale et ouvre alors une école privée à Vence, mais sa pédagogie reste destinée à être appliquée dans le public. Le mouvement s'est construit progressivement : la Coopérative de l'enseignement laïque est fondée en 1928, l'Institut coopératif de l'école moderne (ICEM) en 1948.

Audience : l'ICEM compte

500 adhérents, tous professeurs de l'enseignement public,

très majoritairement issus

du premier degré. Les groupes locaux fédèrent environ

3 000 personnes qui appliquent les grands principes

de la pédagogie Freinet.

Selon l'ICEM, quelque

10 000 enseignants font partie

de la nébuleuse Freinet

et mettent partiellement

en oeuvre son approche.

Le mouvement diffuse largement ses outils pédagogiques :

ses différentes revues

(BTJ, BT, etc.) sont envoyées

à plus de 5 000 exemplaires.

International : pacifiste,

le mouvement Freinet a d'emblée été conçu pour porter

une dimension mondiale.

La Fédération internationale

des mouvements de l'école moderne (Fimem) regroupe aujourd'hui une trentaine

de pays. Elle fait notamment état de 650 enseignants adhérents

en Allemagne, 200 en Belgique, 350 en Espagne, 700 en Italie, 1 000 au Portugal et 350

au Brésil. Le mouvement

se développe dans les pays d'Europe de l'Est et en Afrique.

Sources : deux sites Internet

du mouvement : www.freinet.org et www.icem-freinet.info
source :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-681443,0.html

@+

_________________
Les conséquences de ce qu'on ne fait pas sont les plus graves.
Marcel MARIËN 1920
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