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 Je n’enseignerai pas le bon temps des colonies

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wapasha
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wapasha

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Date d'inscription : 30/04/2005

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MessageSujet: Je n’enseignerai pas le bon temps des colonies   Je n’enseignerai pas le bon temps des colonies EmptyVen 6 Mai à 19:04

altermonde.levillage-REÇU DE LUC-vendredi 6 mai 2005
Je n’enseignerai pas le bon temps des colonies
Voici deux textes concernant la scandaleuse loi votée sur le "rôle positif de la colonisation". C’est bien de résistance dont il est question face au retour de ces vieux démons.

1) Je n’enseignerai pas le bon temps des colonies.

2) Protestations contre une loi affirmant le rôle positif de la colonisation.

3) Collectif des professeurs indigènes de la République - Présentation du collectif.

Jean Dornac

Citation :
1) Un appel à la désobéissance civile en direction des enseignants

par Stéphane Delanoë

A la découverte de la Loi du 23 février 2005 la stupeur l’a d’abord disputé à l’incrédulité, puis c’est l’indignation et le découragement qui l’emportèrent. Alors que la connaissance scientifique de la période coloniale et la juste mesure des crimes commis progressent enfin, et s’enseignent timidement dans le secondaire, des députés mal inspirés imposent par la loi l’enseignement d’une version officielle irénique et mensongère de la colonisation.

De quoi retourne-t-il au juste ? Cette loi a un double contenu. D’une part elle institue une vérité officielle, une Histoire d’Etat de la période coloniale :

« L’oeuvre positive de l’ensemble de nos concitoyens qui ont vécu en Algérie pendant la période de la présence française est publiquement reconnue ».

D’autre part elle prescrit l’enseignement de cette histoire officielle dans les écoles. Article 4 :

« Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit »...

Et quelle histoire ! La période coloniale, mis à part la conquête et la décolonisation, aurait été une période heureuse, faite de progrès et de civilisation. Le bilan de la colonisation française serait « globalement positif ». Plus encore il faudrait rendre hommage à ceux qui en furent les acteurs : colons, administrateurs, militaires, dans leur ensemble. C’est le retour du « fardeau de l’homme blanc ».

Alors que de jeunes historiennes viennent très récemment d’éclairer définitivement et incontestablement des aspects essentiels de la période coloniale en Algérie (torture systématique, justice, prostitution). Alors que nous sont désormais connus les aspects racistes de l’imaginaire colonial : « zoos humains », exposition coloniale. Alors qu’un Livre Noir de la colonisation est disponible, alors que nos collègues universitaires étrangers en savent souvent plus sur notre histoire que nous...

Comment est-il possible d’enjoindre aux enseignants de pratiquer un semblable révisionnisme ? L’historiographie scolaire connaît pourtant des progrès : on enseigne désormais en classe de terminale des Lycées, les errements, les évolutions et les palinodies de la mémoire de Vichy et de l’occupation ...

Faut-il considérer que le travail forcé dans les colonies d’Afrique et d’Asie, la torture banale dans les commissariats et gendarmeries d’Algérie, même en dehors des guerres, le statut de l’indigénat, le double collège électoral, l’oppression économique, les déplacements de populations, les dévoilements forcés de femmes, le paternalisme généralisé, le pillage des biens culturels, faut-il considérer donc que tout cela doive être salué ou plutôt oublié, effacé, nié ? Faut-il passer sous silence les dizaines de milliers de mort de Sétif et Guelma en 1945, de l’insurrection de Madagascar en 47, ou au contraire les présenter comme une réalisation de la mission civilisatrice de la France en terre sauvage ?

Quand bien même certaines réalisations des colons furent des progrès (routes, hôpitaux, rares écoles) elles sont sans commune mesure avec les crimes et les spoliations. Les mettre en balance est une honte et une insulte à la mémoire.

Alors que dans nos classes d’un Lycée de Seine Saint Denis près de la moitié des élèves ont des parents originaires d’anciennes colonies, faudrait-il leur servir cette histoire nauséabonde, méprisante et infâme ? Alors que ces élèves ignorent l’histoire de leurs Pères, qu’on leur enseigne à dose infinitésimale, faudrait-il au contraire leur enseigner un mensonge d’Etat, dégradant, voire culpabilisateur ? Je n’enseignerai pas l’histoire à la papa du bon temps des colonies. Je refuse ce programme révisionniste d’une histoire officielle nostalgique d’un ordre raciste et colonial. Bien au contraire, j’enseignerai la catastrophe criminelle que fut la colonisation, y compris d’ailleurs pour certains occidentaux (les pieds-noirs les plus pauvres, les militants anti-coloniaux, certains soldats perdus de l’OAS égarés par des chimères parfois généreuses).

J’invite mes collègues à signer cet engagement à la désobéissance civile et à le faire circuler.

Le 31 mars 2005

Stéphane Delanoë est agrégé d’Histoire, ancien élève de l’IEP de Paris, professeur au Lycée de Drancy

Premiers signataires : Chistine Maillard, Areski Bouaza, (professeurs d’histoire au Lycée de Drancy)
Citation :
2) Histoire-colonisation-rapatriés,PREV - Protestations contre une loi affirmant le rôle positif de la colonisation

Par Martine VERON

PARIS, 13 avr 2005 (AFP) - Des historiens et des associations de défense des droits de l’Homme protestent contre la loi du 23 février 2005 en Faveur des rapatriés, qui demande notamment que les programmes scolaires "reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer".

Signataires d’une pétition lancée en mars et qui a recueilli un millier de signatures, des historiens comme Claude Liauzu, Gérard Noiriel et Gilbert Meyriel demandent l’abrogation d’une loi qui "impose une histoire officielle, contraire à la neutralité scolaire et au respect de la liberté de pensée qui sont au coeur de la laïcité".

Gérard Noiriel a affirmé mercredi devant la presse qu’il ne pouvait accepter que "les pouvoirs publics dictent aux enseignants le contenu de leur cours".

La loi du 23 février porte sur la reconnaissance de la Nation à l’"oeuvre" des rapatriés outre-mer et à leurs "souffrances", et institue une Fondation sur la mémoire de la guerre d’Algérie. Mais un de ses articles est passé relativement inaperçu, affirme Michel Tubiana, président de la Ligue des droits de l’Homme (LDH).

Cet article affirme : "les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française la place éminente à laquelle ils ont droit".

C’est cet article qui soulève une levée de boucliers. "Ce n’est pas au législateur de décider que la présence de la France doit être présentée Comme positive" dans les manuels scolaires, estime le juriste Thierry Le Bars, professeur à l’université de Caen.

Spécialiste de l’histoire de l’immigration, Gérard Noiriel s’inquiète également de voir "émerger aujourd’hui des groupes de citoyens qui Tentent d’annexer la mémoire à leur profit" et estime que ce texte ne peut que renforcer la tentation d’utiliser le passé pour cautionner le présent.

Affirmant que sa colère serait la même si "on demandait de dire que la colonisation était épouvantable", Gilbert Meyniel craint avec cette loi "des exagérations des deux côtés", alors qu’en Algérie par exemple, un effort est fait pour donner aux manuels scolaires une vision moins unilatérale de la guerre d’Algérie.

D’autres, comme le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples), s’indignent de cette "glorification du colonialisme, qui équivaut à une reconnaissance de la torture".

"En ne retenant que le rôle positif de la colonisation, affirme la pétition des historiens, la loi impose un mensonge officiel sur des massacres allant parfois jusqu’au génocide, sur l’esclavage, sur le racisme hérité de ce passé". Les protestations contre la loi du 23 février interviennent dans un contexte de revendications, par différents groupes communautaires musulmans et noirs africains et d’outre-mer, de reconnaissance du poids de la colonisation et de l’esclavage sur les discriminations vécues aujourd’hui par les enfants d’immigrés.
Citation :
3) Collectif des professeurs indigènes de la République

Signataires de l’appel « Nous sommes les indigènes de la République », nous avons décidé de fonder un collectif de professeurs anti-colonialistes. Nous sommes en effet, à l’intérieur de l’institution scolaire, les témoins privilégiés de la gestion néo-coloniale des quartiers, gestion qui se poursuit jusque dans l’enceinte de l’école. A ce titre, nous estimons qu’il est de notre devoir, en tant qu’acteurs privilégiés de cette institution et dans un souci de protection de nos élèves, de rendre compte de la situation.

Aussi entendons-nous désormais reprendre la parole qui nous fut confisquée à plusieurs reprises ces dernières années, en particulier lors du débat concernant la loi sur le voile à l’école qui a eu pour effet immédiat de verrouiller la parole des enseignants. Etrangement, la question de la laïcité fut au fond très peu débattue. Aujourd’hui encore, dans les établissements scolaires, il est difficile de se faire entendre face aux promoteurs d’une loi dont on nous assure a posteriori qu’elle fait l’objet d’une quasi-unanimité. Or, le « débat » autour de cette loi aura tout du moins eu le mérite de faire éclater au grand jour la façon dont l’institution, et certains de ses professeurs, pensent leur mission d’enseignant. Il est bien temps d’ouvrir ce débat-là, qui ne porte pas seulement sur la question de la laïcité, mais aussi sur celle de notre rôle et de notre mission envers les élèves au sein de l’école et des banlieues.

C’est pour faire revivre cette parole confisquée que nous ouvrons ce collectif. Considérant que le rôle de l’enseignant est d’encourager les élèves, de les soutenir dans leurs démarches et dans leurs combats que nous estimons légitimes et justes, de faire en sorte qu’ils aient toutes les clefs pour réussir dans une société fondamentalement discriminatoire et inéquitable, nous nous assignons d’ores et déjà un certain nombre de tâches.

Nous prévoyons de mettre au point un site Internet destiné à recueillir :
- des témoignages d’élèves, de parents, de professeurs mais aussi de tout membre de l’institution scolaire sur les dérives discriminatoires en milieu scolaire.
- des analyses sur l’orientation et la réussite des élèves de banlieue.
- mais aussi à fournir des informations juridiques à usage des enseignants et de leurs élèves.

Parmi les pistes de réflexion que nous nous proposons d’explorer au sein de ce collectif figurent : la répression du mouvement lycéen, la loi du 23 février 2005 sur la revalorisation de l’héritage colonial dans les manuels scolaires, le racisme en salle des professeurs, la multiplication en IUFM de modules portant sur l’intégration et la laïcité, la question de l’orientation des élèves de banlieue, ... cette liste n’est bien entendue pas exhaustive et est destinée à être enrichie par votre réflexion.

Contact : les profs indigènes@hotmail.fr
source : http://altermonde.levillage.org/article.php3?id_article=2708

@+

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Les conséquences de ce qu'on ne fait pas sont les plus graves.
Marcel MARIËN 1920
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