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 Bamako ouvre le bal du FSM

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FleurOccitane
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MessageSujet: Bamako ouvre le bal du FSM   Mer 25 Jan à 20:05

Citation:

Bamako ouvre le bal du FSM



Antilibéralisme . Avant Caracas, Karachi et Bangkok, le premier Forum social mondial décentralisé commence dans la capitale malienne. On attend près de 35 000 participants.

de Thomas Lemahieu, Bamako (Mali)

Au siège du secrétariat d’organisation du Forum social mondial (FSM) « polycentrique » de Bamako, accoudé sur la terrasse au 1er étage, Bourema Tabalaba jauge, en plongée, le ballet des boubous. « Toutes ces femmes sont des leaders dans leurs quartiers, contemple ce militant d’une ONG qui s’occupe des plus pauvres. Chez nous, ce sont vraiment les femmes qui font les mouvements, ce sont des battantes, elles sont sur tous les fronts. Si vous voulez que votre action, votre manifestation réussissent, il faut mettre l’accent sur les femmes ! Pour un homme, en revanche, quand il n’a pas pris un engagement ferme de participer, vous pouvez être sûr que vous ne le verrez pas ! »

Mais voilà qu’on tire notre observateur par la manche, c’est un collègue qui ne vient pas protester en tant que mâle, non, il y a plus grave que les mots : on vient de voler sa moto garée devant l’office central du forum. Après avoir doctement conseillé d’écrire au FSM pour signaler l’incident, Bourema glisse avec fatalisme : « Mais c’est la misère qui produit ce type de comportement... Les gens n’ont pas de quoi manger trois fois par jour. »

Si loin, si proche : adieu le Brésil, bonjour l’Afrique ! Après quatre éditions à Porto Alegre, sans oublier l’étape décisive de Mumbai (Bombay) qui, en 2004, a contribué à élargir le mouvement au sous-continent indien, le processus de mondialisation des résistances au néolibéralisme débarque pour la première fois en Afrique à l’occasion de sa décentralisation ou, mieux, de son « polycentrage » à Bamako, à Caracas, à Karachi et à Bangkok (lire en page 4).

Un continent martyrisé

Alors que, dans le chef-lieu brésilien de « l’autre monde possible », une centaine d’Africains seulement réussissaient à faire le déplacement, le FSM, qui s’ouvre aujourd’hui dans la capitale malienne, constitue un test avant le grand saut en 2007, quand le forum se déroulera exclusivement à Nairobi, au Kenya, mais c’est surtout un atout pour la dynamique altermondialiste qui va voir bourgeonner le continent noir : depuis le Burkina, la Guinée-Conakry, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et d’autres pays encore, des bus sillonnent depuis plusieurs jours le continent pour gagner Bamako. Sur la réserve il y a quelques mois, les organisateurs tablent désormais sur 30 000 à 35 000 participants. « Jusque-là, nous étions un peu le maillon faible, rigole Demba Moussa Dembelé, animateur du Forum africain des alternatives, basé à Dakar et membre du Forum social africain. Sur un continent martyrisé et victime des plans d’ajustement, voir Bamako relever le défi du FSM, c’est déjà une grande victoire en soi. Pour les mouvements sociaux du monde entier qui arrivent ici, ça va donner, je pense, un optimisme débordant dans les luttes ! »

À l’instar de ce qui va probablement se passer la semaine prochaine lors du FSM « polycentrique » de Caracas (Venezuela) dans le haut lieu de la « révolution bolivarienne » conduite par Hugo Chávez, mais dans un décalage de plus en plus patent avec la « charte des principes » du FSM, les questions de l’État et de la prise du pouvoir politique sont désormais loin d’être taboues dans le mouvement altermondialiste, et le forum de Bamako entend bien s’interroger sur les alliances à nouer à l’avenir. « Nous sommes aussi des boucliers pour nos États, considère Mamadou Goïta, un des coordinateurs du FSM au Mali. Nos dirigeants reçoivent des ordres de partout qu’ils n’ont pas le temps d’analyser avec le peuple, mais par nos analyses, on permet à tout le monde de se réapproprier les grandes questions. On l’a vu pour la dette comme pour le coton : nos chefs d’État n’osent pas toujours dire ce que nous, en tant que société civile, nous permettons de lancer à la face du monde. C’est ainsi que nos luttes s’inscrivent dans les processus de décisions politiques... »

« il faut passer de la parole à l’acte »

Toujours sur son promontoire, Bourema Tabalaba appuie dans le même sens : « Il faut qu’on passe maintenant de la parole à l’acte. Du concret dans le forum, c’est cela qui doit convaincre toute la population de s’engager ! Sinon, les gens qui souffrent terriblement dans leur vie et qui attendent les changements se diront que c’est toujours la même histoire, qu’on parle toujours bien des autres pour mieux engranger les bénéfices soi-même... »

http://www.humanite.presse.fr/journ...

De : Thomas Lemahieu
vendredi 20 janvier 2006


http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=22426


Dernière édition par le Jeu 26 Jan à 1:50, édité 1 fois
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FleurOccitane
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MessageSujet: Premier compte-rendu du FSM de Bamako   Jeu 26 Jan à 1:49

Citation:

Premier compte-rendu du FSM de Bamako

Lu sur CADTM : "C’est sur un fond de chant de prière musulmane que j’entame ce petit compte-rendu des informations que j’ai pu reccueillir ces trois derniers jours. A voir si cela ne va pas avoir un impact sur le contenu ...

- Jour J-2, le CAD Mali en pleine effervescence
Dès mon arrivée à Bamako, le 17 janvier, j’ai retrouvé toute l’équipe du CAD Mali ( Coalition des Alternatives Africaines Dette et Développement, notre partenaire malien du CADTM international ) en pleine effervescence. Toutes les commissions s’activent quant à l’accueil des participants, aux mobilisations, à la mise au point du programme d’activité, ...

- Un programme d’activité CADTM International chargé et ouvert
C’est dans la finalisation de ce programme que je me suis plongé avec les membres du CAD Mali. Fusions de dernières minutes, Equilibre entre participants, mais aussi recherches intenses pour placer des activités « importantes » inscrites mais n’apparaissant pas au programme officiel ( elles auraient été supprimées de manière unilatérale par des personnes mal intentionnées ... ) Mardi 17 janvier minuit, le programme définitif du CADTM International, CAD Mali et Partenaires sortait.

Un programme chargé (trop selon certains) il est vrai, mais aussi ouvert à d’autres thématiques (agriculture, souveraineté alimentaire, commerce, immigrations, ... ). L’intégration de ces thématiques est le résultat de dialogues constructifs et nous a paru naturel dans la mesure où elles sont en lien avec la dette et jouent un rôle fondamental dans la construction d’alternatives pour l’Afrique en général, la sous-région et le Mali en particulier. L’objectif étant que, à travers l’intervention des participants, la question de la dette puisse traverser ces thématiques fondamentales et réciproquement.

- Une réunion large du réseau qui concrétise les objectifs ...
La préparation concrète de ces activités s’est concrétisée par une réunion du réseau ce matin (jeudi 19 janvier) avec quasiment l’ensemble des participants. Pays présents : Mali, Côte d’Ivoire, Benin, Niger, Burkina Faso, Inde, Congo, Tunisie, Afrique du Sud, France, Pays-Bas, Belgique.

Organisation pratique (rapporteur, temps de paroles, structuration du contenu) et discussions de fond ont permis d’aborder les jours qui viennent avec confiance. Même si, comme l’a dit Sekou Diarra (membre du CAD Mali et président de la Commission thématique), nous devons nous attendre à des surprises (certaines salles n’existeraient pas ... ), je pense que nous allons faire du « bruit » et que la question (centrale) de la dette sera visible et « bien » traitée.

- Les activités « dette » en cohérence avec les conclusions de La Havane
La dette sera « bien » traitée car les activités spécifiques sur la dette se placent dans la continuité logique des résultats de la rencontre de La Havane (rencontre Nord Sud sur les résistances et les alternatives à la dette tenue du 28 au 30 septembre dernier à la havane - pour plus d’infos voir www.cadtm.org/texte.php3?id_article=1684) qui mettent en avant des grands axes de mobilisations communes pour les deux années à venir, dont :

— une campagne mondiale unitaire contre les dettes odieuses (voir atelier : « Pouvons-nous organiser de manière unitaire une nouvelle grande campagne globale commune contre la dette au niveau mondial ? » )

— des audits de la dette (voir atelier : « Stratégies juridiques et politiques pour les pays endettés (Dettes odieuses, Audit citoyen de la dette, Pactes internationaux, justiciabilité des entreprises, institutions internationales et gouvernements,... » )

— des actions légales contre les crimes contre l’humanité visant en particulier la Banque mondiale (voir atelier : « Traîner en justice la Banque mondiale et le FMI pour crimes contre l’humanité »)

- Une participation moins forte que prévue ?
Les prévisions pour la participation globale à ce forum aurait été légèrement revu à la baisse (30 000 au lieu de 40 000). Cela étant largement dû à des problèmes financiers qui n’ont pas permis de réaliser le travail de mobilisation prévu au départ, notamment en terme de diffusion médiatique, mais aussi en terme de mobilisations des populations vivant à l’intérieur du pays. L’idée (excellente) de départ était de faire venir 20 personnes (jeunes, femmes, paysans, ...) de chacune des 701 communes du pays (ce qui aurait assuré 14 000 participants)

Malgré cela, la manifestation d’ouverture a pu rassembler environ 4 000 personnes, dans une ambiance assez festive et agréable. Signalons également des discours d’introduction assez positifs dont celui d’Ibrahim Souley, membre du CAD Mali et responsable du camp international de la jeunesse Thomas Sankara, faisant largement référence à la lutte de ce « grand révolutionnaire », à la nécessité de se rassembler, mais aussi d’être radical en remettant fondamentalement en cause le néolibéralisme, système à la base de la dégradation des conditions de vie des peuples du monde entier. Il sera également essentiel de « se concentrer sur l’élaboration de propositions et actions concrètes. » Tout cela s’annonce plutôt bien...

- Un travail avec les populations rurales qui porte ses fruits
Même si les objectifs de faire participer une base la plus large possible n’a pas pu être réalisée, les paysans et ouvriers seront tout de même présents et actifs lors de ce Forum social mondial polycentrique (FSMP) (ils ont d’ailleurs un espace qui leur est consacré). Point très positif : une déléguation de plus de 200 paysans est venue de Fana (capitale malienne du coton) pour participer au forum. Cette présence est notamment le résultat de la rencontre de juillet passé, où s’est tenu la 4ème édition du « Forum des peuples » (voir : www.cadtm.org/texte.php3?id_article=1358), (contre-sommet africain au G8) , qui a pour objectif essentiel de dialoguer avec les couches rurales et de placer au devant de la scène leurs préoccupations et leurs intérêts. Comme quoi se préoccuper et intégrer à la lutte « alter » les premiers concernés par l’offensive néolibérale paie et libère des forces fondamentales.

- Une collaboration avec les parlementaires qui se renforce
La dynamique des mobilisations est également en marche avec les parlementaires africains en général et maliens en particuliers. Pour rappel, le CADTM et le CAD mali ont commencé depuis plusieurs années un travail de sensibilsation formation et mobilisation des parlementaires africains en général et malien en particulier. Cela avait commencé en 2003, lorsque le CADTM Belgique est venu donné une formation d’une semaine aux parlementaires maliens sur la question de la dette. Plus Récemment, le député du parlement malien Boubacar Touré (présent à la réunion du réseau ce matin) est venu (avec d’autres parlementaires brésiliens, vénézueliens et philippins) à Bruxelles pour assister au 5ème séminaire international sur le droit et la dette (voir : www.cadtm.org/texte.php3?id_article=1592).

Cette collaboration commence à porter ses fruits puisque 49 parlementaires maliens ont marqué leurs intérêts à participer à notre programme d’activité. (Non inscrits comme conférenciers, ils disent venir pour écouter et apprendre...) A quand des initiatives similaires à celles initiées par le parlement nigerian, demandant à son gouvernement d’arrêter de rembourser la dette ?

Signalons également que la collaboration avec la Gauche unitaire européenne (GUE) sera largement présente au sein des activités du CADTM international (Paul-Emile Dupret, conseiller politique de la GUE au Parlement européen était présent lors de la réunion de réseau de ce matin)

- Bref, les choses positives sont présentes ...Mais il faut un « mais »

Les tensions habituelles au sein du mouvement altermondialiste persistent..

Même si on les a pas encore vraiment ressenti (de l’extérieur), les tensions entre « aile modérée » et « aile radicale » sont présentes et les tentatives de mainmise sur le déroulement et les enjeux de ce forum ont donné lieu à de vives discussions (pour ne pas dire conflits) entre les différentes forces (pour ne citer personne). Affaire à suivre ...

- « La conférence des peuples de Bandoeng », la suite du Manifeste de Porto Alegre (voir : www.cadtm.org/article.php3?id_artic...)
Certains intellectuels ont organisé, en marge du Forum, une journée d’activité nommée « la conférence des peuples de Bandoeng ». L’idée de cette journée était de rassembler les intellectuels, responsables des mouvements sociaux et participants pour discuter de la stratégie à adopter pour ce FSMP. Cette journée s’est composée d’une grande plénière où la plupart (tous ?) des « stars » à l’origine du Manifeste de Porto Alegre étaient présentes (Samir Amin, Nikonov, François Houtart, ... ). Cette plénière a été suivie de 10 ateliers basés sur 10 axes centraux. Sans vouloir critiquer pour le plaisir ces personnalités qui ont réalisé et continuent à réaliser du bon travail dans la construction et la dynamique du mouvement altermondialiste, il me semble que l’on peut être assez critique par rapport à cette initiative venant du « sommet » ( je ne suis pas le seul à partager cette opinion).
La principale critique que l’on peut porter est l’objectif même de cette journée, résumé dans l’édito du dernier Monde diplomatique de Ignacio Ramonet (voir : http://www.monde-diplomatique.fr/20...). Je n’ai pas lu cet édito mais en simplifiant certainement un peu, ce dernier aurait écrit que le forum mondial serait devenu un moment de « blabla » et qu’il fallait organiser une journée de dialogue qui ait vraiment un sens, afin d’orienter de manière plus adaptée ce forum ...
Je n’ai pas pu assister ni à la grande plénière ni aux ateliers, mais les échos que j’ai eu de nos partenaires est que les ateliers étaient assez peu constructifs et surtout qu’ils n’ont été que très peu fréquentés.
Signalons enfin que certaines « stars » sont déjà parties sous les feux médiatiques à Caracas. Alors que c’est sans aucun doute aujourd’hui l’Afrique qui a le plus besoin de nouer des liens de solidarités forts, nous regrettons ce relatif manque d’intérêt pour ce premier grand rendez-vous africain, même si ce qui se passe en Amérique latine est positif et fort (pour une fois), et qu’il est acceptable, comme m’ont dit certains, de se faire plaisir après tant d’années de lutte. Il est vrai aussi, que le processus latino, en particulier le processus révolutionnaire bolivarien, doit être une source d’inspiration pour tous les mouvements qui luttent pour cet autre monde possible.

- Un Camp de la jeunesse qui refuse Coca Cola
Bramali (brasserie malienne) a tenté de venir implanter à l’intérieur du camp de la jeunesse "Thomas Sankara" un stand Coca-Cola. L’étonnement des participants s’est rapidement transformée en animosité. Ils ont préféré se retirer d’eux-même, le risque étant grand que le stand ne soit « désintégré ». La jeunesse malienne a donc déjà bien le sens de la lutte anti-impérialiste ...

La lutte continue !

Olivier Bonfond, CADTM Belgique, depuis Bamako.

Mis en ligne par patrick83, le Vendredi 20 Janvier 2006, 22:27 dans la rubrique "Actualité".


http://endehors.org/news/9430.shtml
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FleurOccitane
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MessageSujet: Re: Bamako ouvre le bal du FSM   Jeu 26 Jan à 12:49

Citation:

Bamako, c’est parti !
samedi le 21 janvier 2006,
par : Michel LAMBERT

Hier après-midi, 19 janvier 2006, c’est par une marche festive et militante que s’est ouvert le Forum social mondial, dont la première étape se tient pour la première fois cette année en terre africaine, dans la capitale malienne.

Non au néolibéralisme », « L’Afrique n’est pas pauvre, mais on l’appauvrit », ou encore « l’Afrique n’est pas une marchandise à vendre » : depuis jeudi, la capitale malienne est « badigeonnée » aux couleurs de la grande kermesse annuelle des opposants à la mondialisation. Des milliers de participants venus de quatre coins du globe ont eu du mal à se loger. Mais, à la guerre comme à la guerre, domiciles privés et autres habitations de fortune ont été sollicités.

Cette année vont donc résonner pendant cinq jours à Bamako, puis à Caracas au Venezuela, et enfin à Karachi au Pakistan (on l’espere !), les tambours des altermondialistes d’un Forum social mondial (FSM) qui se veut cette fois-ci « polycentrique ».

Le ton a donc été donné par cette grande marche « pour un autre monde » qui a réuni entre 5 et 7000 personnes selon les sources. Dans leurs tenues d’apparat, les membres de la confrérie des chasseurs traditionnels communément appelés les « dozos », ont pris la tête du cortège. Sur les banderoles et des calicots, la littérature altermondialiste fleurit : « Mondialisons la paix », « l’Afrique peut se nourrir », « Tuer la pauvreté, pas le coton africain », pouvait-on notamment lire. Plusieurs associations de producteurs de coton participaient justement à la marche. Vêtus de cotonnade, fruit de leur travail, ils scandaient : « Subventions : à bas ! », en référence aux subventions des pays développés à leurs cotonculteurs. La marche, sans débordement, s’est achevée dans la soirée par un meeting dans un stade bamakois.

Promotion de la démocratie et fardeau de la dette

Très rapidement, les travaux se poursuivront en ateliers, sur une dizaine de sites aménagés dans la capitale malienne. Dans le collimateur des participants : les mécanismes ravageurs de la « mondialisation néolibérale ». Il y a plusieurs centaines de thèmes, mais en réalité le sommet s’articulera sur deux axes majeurs : la promotion de la démocratie dans les pays du Sud et le fardeau de la dette, fruit du libéralisme sauvage institué par les pays riches.

Mais les critiques habituelles envers cette Afrique qui mobilisent mal se font déja entendre du coté de ceux du nord qui aiment la fustiger... Interrogé par un journaliste de l’AFP, un participant nigérien s’est vu demander ses commentaires sur l’"échec" du Forum social de Bamako !....

Mais qu’on ne s’y trompe pas, sur un continent martyrisé, dépouillé, premier sacrifié sur l’hôtel des plans d’ajustement structurel des institutions de Brettons Woods, voir Bamako relever le défi du FSM, c’est déjà une grande victoire en soi.


http://www.alternatives.ca/article2320.html
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FleurOccitane
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MessageSujet: Re: Bamako ouvre le bal du FSM   Jeu 26 Jan à 13:54

Citation:

FSM de Bamako : L’autre Afrique prend la parole, par Stefano Liberti - il manifesto.

22 janvier 2006

« La seule façon de surmonter le diviser pour régner imposé par nos colonisateurs est de trouver nos propres formes d’expression, qui doivent nécessairement passer par l’indépendance linguistique ».

« En 2005, le monde s’est beaucoup parlé d’Afrique ; il y a eu la commission de Tony Blair, les concerts de Bob Geldof, le G8 de Gleneagles. Et où sommes-nous ? Au point de départ. C’est nous qui devons être les protagonistes, ne pas permettre que ce soit d’autres qui nous dictent l’agenda de nos discussions », conclut Wahu Karra(...).


il manifesto, Bamako, samedi 21 janvier 2006.


Bamako, tremplin pour Nairobi 2007. L’étape africaine du Forum social 2006 est une occasion pour promouvoir l’unité du continent dans la perspective de la rencontre mondiale qui se tiendra l’an prochain dans la capitale kenyane. Dans une petite salle du Mémorial Modibo Keita - le père mythique de l’indépendance du Mali- le mouvement social africain s’interroge sur son avenir, ses ambitions et ses limites. La discussion est vive : à la différence des autres séminaires qui scandent la première journée des travaux du Fsm de Bamako, le public, dans la plus grande majorité, a la peau sombre. Peu nombreux et discrets, les blancs observent en silence le déroulement du débat, qui part de la volonté de rédiger une « charte de l’unité des peuples et de l’avenir de l’Afrique ». Introduite par le marocain Tewfik ben Abdallah, la réunion donne un instantané assez net, même s’il n’est pas exhaustif, du mouvement social africain. Interviennent des syndicalistes sénégalais, des universitaires du Zimbabwe, des paysannes kenyanes, des enseignants du Mali, des militants du Niger. Tous unis dans la volonté de trouver un terrain d’entente commun, de dépasser les divisions actuelles et d’arriver au Forum de Nairobi avec une force propulsive qui puisse représenter un élément de pression sur les gouvernements. « Le Fsm de Bamako doit être une leçon pour l’avenir » exhorte Amadou Goita, du secrétariat du Forum, en se plaignant de la rare participation dans la phase organisatrice des activistes des autres pays. « Au Kenya, il ne faudra pas répéter les mêmes erreurs ».

De la rencontre émerge un panafricanisme qui n’est pas de façade, qui se met en discussion et s’interroge sur sa raison d’être. « Quels sont les éléments communs aux africains ? Peut-être le fait d’avoir la peau sombre ou de vivre sur le même continent ? L’unité doit être unité des idées et doit donc intégrer la diversité », proclame le kenyan Onyango Olau. « Le panafricanisme ne doit pas être seulement un mot, mais il doit se matérialiser par des faits, il doit être la base d’un nouvel humanisme » poursuit le sénégalais Baboucar Diop. Imposant dans son costume traditionnel, cet enseignant de Dakar est un fleuve en crue et avance une série de propositions concrètes : l’institution d’un passeport africain, qui permette la libre circulation des personnes dans tout le continent ; l’étude dans les universités des principales langues véhiculaires africaines, le kaswahili, l’arabe, le bambara, le wolof, l’haussa. « La seule façon de surmonter le diviser pour régner imposé par nos colonisateurs est de trouver nos propres formes d’expression, qui doivent nécessairement passer par l’indépendance linguistique ». Le malaise contenu jusque là bon gré mal gré par une discussion forcée de se dérouler en français et en anglais se dissout en une explosion de chaleureux applaudissements pour Diop.

Mais le séminaire est aussi l’occasion d’un bilan aux teintes sombres, sur pas mal d’aspects. Le document qui est en proposition aujourd’hui devrait être une réédition de la « Charte africaine pour la participation populaire au développement », rédigée à Arusha (Tanzanie) en1990, dans un monde qui s’acheminait vers la fin de la guerre froide et vers un remodelage complexe. Depuis lors, les résultats ont été assez maigres et la participation populaire aux mécanismes de décision collectifs, point cardinal de la Charte, presque nulle. Avec des hauts et des bas, la corruption et le despotisme ont fait rage dans de nombreux pays africains. L’Afrique n’est pas arrivée à s’opposer aux ajustements structurels et aux politiques de l’Occident, qui l’a utilisée comme marché pour ses propres produits ou supermarché de ressources naturelles à prix discount, pour ensuite se donner bonne conscience avec des remèdes de consolation.

Une réalité qui n’échappe à aucun des participants et qui s’impose au fil des interventions. « En 2005, le monde s’est beaucoup parlé d’Afrique ; il y a eu la commission de Tony Blair, les concerts de Bob Geldof, le G8 de Gleneagles. Et où sommes-nous ? Au point de départ. C’est nous qui devons être les protagonistes, ne pas permettre que ce soit d’autres qui nous dictent l’agenda de nos discussions », conclut Wahu Karra, une femme kenyane qui représente le réseau pour la remise de la dette. « Nairobi sera l’occasion de nous regarder dans le miroir et de montrer au monde notre force ».

Stefano Liberti


- Source : il manifesto www.ilmanifesto.it
- Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=3189
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FleurOccitane
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MessageSujet: Re: Bamako ouvre le bal du FSM   Ven 27 Jan à 17:10

Citation:

En direct de Bamako

Ecoutez http://www.fsmmali.org/jeunes/radio/
en direct de Bamako ! Marseille ! Montréal ! !

Espace zapatiste marseille

anonyme article:49966 Espace zapatiste 13
le samedi 21 janvier 2006 à 23h24


http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=49966
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FleurOccitane
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MessageSujet: Re: Bamako ouvre le bal du FSM   Ven 27 Jan à 17:41

Citation:

Bamako : Les altermondialistes s’invitent en Afrique

Le premier Forum Social Mondial organisé sur le continent africain et qui fédère les opposants à la mondialisation autour du slogan « un autre monde est possible » s’est ouvert jeudi à Bamako, la capitale malienne, par une marche destinée à dénoncer les politiques néo libérales.

« Non à la politique néolibérale Non à la marchandisation de l’Afrique », pouvait-on notamment lire sur les pancartes brandies par les milliers de manifestants du monde entier ayant parcouru les 4 kilomètres entre le Monument de l’indépendance et le stade où a eu lieu la cérémonie d’ouverture de la grand-messe annuelle.

« J’assiste à cette marche pour exprimer mon attachement à la lutte contre l’humiliation, à la lutte pour la liberté, la démocratie », a témoigné une jeune militante tunisienne, Labidi Leila.

Tiecoura Coulibaly, un producteur malien de coton, a pour sa part choisi de marcher pour dénoncer les subventions occidentales accordées aux producteurs du Nord : « il faut qu’ils sachent que c’est une injustice », a-t-il martelé avec hargne.

Le Forum a été créé en 2001 et a eu lieu quatre fois à Porto Alegre, au Brésil, et une fois à Bombay, en Inde. Pour la première fois cette année, il est itinérant afin, selon son site officiel, « d’aller à la rencontre du peuple malien, sur les lieux où des femmes et des hommes se battent quotidiennement pour une vie plus digne ».

Il se déplacera ainsi à Caracas au Venezuela du 24 au 29 janvier, et coïncidera avec le Forum de Davos, en Suisse, qui rassemble les décideurs économiques et politiques du monde. Il s’achèvera à Karachi, au Pakistan, à la fin du mois de mars.

Cinq jours durant, près de 700 activités telles que débats, concours, projections de films autour des thèmes comme la guerre et la militarisation, la mondialisation, la fin des subventions agricoles, le libéralisme, la destruction des écosystèmes ou le commerce international auront lieu dans 10 sites, a indiqué à IRIN Mamadou Goita, le coordonnateur du comité d’organisation.

Plus de 30000 personnes sont attendues à la rencontre de Bamako au nombre desquelles l’ancien Chef d’Etat algérien, Ahmed Ben Bellah, l’ancienne première dame française, Danielle Mitterrand, le cinéaste américain Danny Glover, le révérend américain Jessie Jackson ou le professeur Bernard Cassen, a-t-il poursuivi.

Mais certains Maliens voient dans cette rencontre une perte de temps.

« Cette histoire de forum ne nous mènera à rien », a déclaré sur un ton pessimiste Aliou Traoré, un ancien enseignant qui a perdu son emploi.

« C’est toujours les mêmes discours, en plus des politiques, les altermondialistes aussi veulent nous endormir par le verbe », a-t-il dit devant la bourse du travail.

Pour Sékou Diarra, membre de la Coalition malienne Dette et Développement, le combat altermondialiste a, au contraire, permis d’obtenir des résultats.

« Si les décideurs du G8 ont infléchi leurs positions par rapport à certaines questions comme l’annulation de la dette, c’est suite au combat des alter mondialistes »

Selon Aminata Dramane Traoré, écrivain, ancien ministre malienne de la culture et figure de proue du mouvement altermondialiste africain, « le Forum de Bamako doit amener à la prise en compte de la spécificité africaine au sein des débats du Forum l’Afrique doit s’approprier ce combat ».

http://fr.allafrica.com/stories/200601230713.html

De : Bamako
lundi 23 janvier 2006


http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=22524
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FleurOccitane
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MessageSujet: Re: Bamako ouvre le bal du FSM   Ven 27 Jan à 17:46

Citation:

FSM Bamako : un forum vraiment populaire

Lu sur Bellaciao : "La dispersion des 10 lieux dans lesquels se déroulent les débats ne facilitent pas les improvisations ni le passage d’une thématique à l’autre. En revanche, cela fait le bonheur des chauffeurs de taxi : les distances sont vraiment très longues pour être parcourues à pied le long des avenues pétaradantes, et les transports en commun (des minibus VW verts olive à la tôle découpée pour être plus accessibles en marche) strictement réservés aux initiés, les rabatteurs criant au passage, en bambara, leur quartier de destination.

Mais, plus sérieusement, cette dispersion a aussi un intérêt, d’ailleurs recherché par les organisateurs : il permet une véritable "infusion" du FSM dans la ville. Tant et si bien qu’il est fréquent qu’on nous interpelle dans la rue, à la vue de nos badges FSM, et pas seulement des militants a priori.

Un marchand de son échoppe, un chauffeur de taxi, une cuisinière des rues peut ainsi nous demander "comment se passe le forum", "qu’est-ce qui se décide pour le coton ?", "à quelle heure Aminata Traore doit-elle intervenir ?"... D’autres bien sûr doivent vraiment se demander ce qui se passe avec tous ces babas toubabs qui se baladent là. Mais ceux-là ont le tact de ne pas nous le demander ! Dommage sans doute. Bon, j’exagère, car la TV et les radios locales FM, couvrent largement le forum et doivent bien participer à le populariser.

Quant aux lieux, ils sont réellement ouverts : chacun entre là sans avoir eu à payer son inscription, celle si, même modique pour les ressortissants du Sud (1250 CFA ou 2 Euros), coûtant tout de même 2 kg de mil. Et les discussions s’engagent facilement.

Mais le plus impressionnant reste le concert de Tiken Jah Fakoly de vendredi soir, qui a comblé le stade Modibo Keita, avec ses paroles tout à fait dans le ton du FSM, une vraie synthèse à lui tout seul, sur un reggae diablement entraînant. Enfin, comme on avait très faim, et qu’on avait un peu épuisé notre énergie dans la journée, on n’y a même pas assisté : ouououh pour nous !

Quelques flashes d’ateliers qu’on a pu suivre les uns ou les autres.

L’accès aux médicaments.

Animé par 2 ex-salariées d’Avantis (du Centre de recherche de Romainville, en cours de fermeture), qui proposent une campagne pour un contrôle international des médicaments. Peu d’assistance dans ce lieu assez perdu au fin fond du Campus universitaire, mais un débat très animé autour des génériques, des « dons de médicaments » aux ONG (venant en particulier du système CYCLAMED en France) et ensuite de leur usage sans contrôle, voire de la destruction du système de santé local que cela provoque. Nathalie y reviendra !

2 débats beaucoup plus suivis à la Bibliothèque nationale, avec environ 300 personnes chaque fois, sur « néolibéralisme en Afrique et « OGM ».

Mais il faut dire que José Bové y intervenait, ceci expliquant peut-être cela. Et puis, il y avait aussi Roland ! Pour le premier, beaucoup de témoignages d’associations de pêcheurs, de producteurs de cotons ou vivriers, de syndicalistes des mines d’Afrique du Sud... Pour le 2ème, 2 exposés très pédagogiques de généticiennes, 1 béninoise, et 1 malienne. La première a écrit un ouvrage avec l’Association Grain, sur lequel on reviendra. On y a appris en particulier que le Burkina sert aujourd’hui de cheval de Troie pour le coton BT (OGM « résistant » naturellement aux pucerons). Et que le Gouvernement Compraoré, avec le soutien de Monsanto, a fait venir des agriculteurs Sud-Africain qui avaient commencé à le cultiver pour convaincre la Confédération Paysanne Burkinabe (qui n’a pas grand chose à voir avec son homologue française, se méfier des contrefaçons). Des intervenants ont suggéré de trouver des fonds pour faire revenir les mêmes témoins sud-africains pour les faire témoigner 2 ans après, avec la résistance des pucerons qui est apparue, et des endettements monstrueux de beaucoup d’entre eux pour se payer les semences et les produits phytosanitaires supplémentaires alors que les cours du coton baissent.

Blandine a participé à un séminaire très dur selon elle sur les violences faites aux femmes.

Où, paradoxalement, les femmes ont aussi été mises en accusation, en tous cas celles qui excisent, qui marient de force leurs filles... Mais d’autres ont insisté sur la domination des femmes, par les maris, ou par les autorités traditionnelles, masculines celles-ci, qui ne leur donnent pas vraiment le choix. Ce qui reste très impressionnant ici à Bamako, c’est la considérable mobilisation des associations féminines pour nous français. Nathalie fera un compte-rendu et a fait des interviews qui figureront dans le journal.

Toujours à propos d’initiatives féminines, l’atelier organisé par le Forum Social Local d’Ivry et Consom’Solidaire a permis d’en faire ressortir énormément. Un atelier foisonnant, où on a parlé aussi bien des initiatives au Nord et au Sud, de leurs rapports éventuels, des problèmes de monnaies... avec en particulier les interventions de William (AMAP Paris Sud) et de Martine (SEL Vannes, coopérative d’achat, Jardins solidaires). Et à la mise en procès des « micro-crédits ». Là encore, on y reviendra plus à fond.

Les Alternatifs ont organisé en tant que tel 2 ateliers. L’endroit assigné ne facilitait a priori pas les choses : sous les cocotiers de la maison des jeunes, entre le bar et les étals des cuisinières, dans un lieu nommé « point G ! ». Donc pas facile de se concentrer dans ce lieu de passage. Mais finalement, on a réussi à retenir des gens qui passaient pour d’autres raisons.

Côté intervenants sur la souveraineté alimentaire, à part Michel, Malik Sow, représentant sénégalais des agriculteurs agro-pastoraux, Jean Cabaret, représentant les éleveurs à la Confédération Paysanne Française... et puis aussi bien d’autres témoignages de représentants de paysans mauritaniens, maliens, burkinabe, éthiopiens, de syndicalistes kenyans ou maliens « ajustés », de militants d’ONG... On est largement revenus sur l’articulation entre les luttes à l’échelle nationale (partiellement victorieuse pour les producteurs d’arachide au Sénégal contre la baisse de prix après la privatisation de la filière ; inscription de l’objectif de souveraineté alimentaire dans la constitution malienne... mais pour l’instant sans trop de traduction concrète), les luttes internationales (bilan très mitigé de Hong-Kong malgré une très forte mobilisation, en particulier de Via Campesina), les revendications d’un autre équilibre des marchés internationaux.

Une problématique proche a été abordée sous un autre angle aujourd’hui avec un 2ème séminaire sur la régulation des marchés internationaux de produits agricoles. Avec encore d’autres intervenants, plus les mêmes, et notamment une intervention extrêmement pédagogique d’un économiste togolais, liant les politiques d’ajustement structurel, monétaires (avec l’emprise des banques françaises sur l’UEMOA, institut d’émission du F CFA dans la région, qui impose « O déficit budgétaire », pire que les critères de Maastricht chez nous), insécurité sur les marchés, appauvrissement et exode rural...

Difficile de relater en quelques lignes la richesse de tous ces débats là, et encore d’autres même pas évoqués ici.

Maintenant, en cette presque fin de forum, se pose encore la sempiternelle question : et demain ?

Avec une forte envie de coordonner au moins un calendrier de luttes et de mobilisation pour les prochains mois : contre la fin du cycle de Doha à l’OMC, contre la signature des accords de partenariat économique entre UE et pays ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique), au moment de la Conférence des Nations Unies sur le Climat et ses demis mesures proposées etc.

Demain, suite et fin pour Bamako... A vous Caracas !.

Nathalie et Philippe
lundi 23 janvier 2006

Mis en ligne par patrick83, le Lundi 23 Janvier 2006, 21:20 dans la rubrique "International".


http://endehors.org/news/9455.shtml
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MessageSujet: Re: Bamako ouvre le bal du FSM   Ven 27 Jan à 17:56

Citation:

AU FORUM SOCIAL MONDIAL DE BAMAKO : Les femmes africaines et la mondialisation

QUEL AVENIR ?


Les femmes africaines ont des attentes fortes pour le Forum de Bamako. Elles les ont exprimées lors d’un atelier intitulé “le dialogue féministe”, vendredi, au palais de la culture de Bamako.

"Je suis venue à Bamako avec plusieurs attentes. La première d’entre elles est en train d’être satisfaite, c’est avoir des femmes de toute l’Afrique se retrouver et échanger sur les difficultés que nous rencontrons", s’est réjoui Ivette Ngwevilo Rekangaly, présidente du Mouvement gabonais pour le bien être familial.

"C’est pour réfléchir sur les enjeux de l’heure et proposer des solutions aux gouvernants que nous sommes au forum social mondial", a souligné Esso Ama du Groupe d’action et de recherche sur l’environnement au Togo.

Selon elle, l’enjeu est de taille car les droits de la femme africaine sont toujours bafoués. Les problèmes sont entre autres, l’accès à la terre et les violences faites aux femmes.

La mondialisation constitue l’autre préoccupation fortement exprimée par les femmes. Cette préoccupation, selon Traoré Oumou Touré, secrétaire exécutive de la Coalition des associations et ONG féminines du Mali, se justifie par le fait que les femmes dans tous les pays, sont les plus pauvres.

"Le terme est peut-être nouveau pour certaines d’entre nous, mais il faut que nous sachions qu’au sein de nos familles, nous sommes les piliers. Au sein de la nation, nous sommes les plus nombreuses. Nous ne devons pas laisser aux hommes toutes les charges", estime Ngwevilo Rekangaly. Pour la malienne Nientao Kadiatou Traoré, présidente de l’association Solidarité aide et action pour l’enfance au Mali, le défi pour les femmes africaines est de s’impliquer dans les actions de développement et prendre leur part de responsabilité dans les conflits qui surgissent dans leurs pays.

"Nous devons prendre cette part de responsabilité dans la résolution des conflits comme dans le développement de nos États afin de les renforcer pour rentrer dans la mondialisation", ajoute-t-elle.

Telle n’est pas la préoccupation des femmes rurales du Mali.

"Nous les femmes rurales nous avons besoin des structures de santé, d’éducation pour nos enfants et d’emploi pour nos maris", souligne Gonsogo Fatoumata Sanogo, présidente des femmes rurales du cercle de Sikasso, au Sud du Mali.

L’alternative pour les femmes, selon Nientao, s’articule autour de trois axes stratégiques : Solidarité, formation pour le leadership et communication.

http://resister.over-blog.com/article-1671685.html

De : BAMAKO
lundi 23 janvier 2006


http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=22532
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MessageSujet: Les paysans maliens dénoncent la situation d’apartheid ...   Ven 27 Jan à 18:03

Citation:

Les paysans maliens dénoncent la situation d’apartheid au pays de Toumani Toure
lundi le 23 janvier 2006,
par : Tcherno, H.B.

Les participants maliens au FSM de Bamako ne lésinent sur aucun moyen pour partager leurs préoccupations avec les militants altermondialistes venus des quatre coins du globe. Hier, les paysans maliens étaient face aux hommes de medias pour dénoncer les ravages de l agrobusiness et exiger la libération des syndicalistes emprisonnes suite au mouvement de grève entame depuis six mois par les travailleurs de la Sodemax.

Des paysans maliens ont anime une conférence de presse hier, 21 janvier 2006, au centre medias du Centre International de Conférences de Bamako. Cette rencontre qui a draine un public nombreux vise à expliquer aux journalistes, assurant la couverture du Forum Social Mondial Polycentrique, les graves problèmes auxquels sont confrontes la paysannerie malienne et les travailleurs de la société d exploitation d’or dans la région de Bougouni. L’objectif poursuivi par les organisateurs de cette action médiatique est de porter à la connaissance du monde entier les événements qui se déroulent dans certaines localités de ce pays de l’hinterland.

Pendant deux heures d’horloge, le collectif de paysans a entretenu les confrères de plusieurs sujets touchant à leurs conditions de vie et de travail et à la chasse aux sorcières dont ils font l’objet. Entre autres sujets, les conférenciers ont abordé la question foncière, le licenciement des agents de la société d’extraction minière, les atteintes à la liberté syndicale et les tentatives d’intimidations des autorités locales sur les représentants des travailleurs.

"Depuis six mois, nous sommes prives de nos salaires et de tous nos droits. Nous avons été insultés, humiliés, frappés et emprisonnés".

En effet, les ouvriers de la SODEMAX ne tirent aucun avantage des exploitations minières et sont à la merci patronat.

Apres sept mois de grève, ils ne voient pas encore le bout du tunnel car les responsables de l’entreprise et leurs complices tapis dans les sphères de l’administration refusent d entamer de négociations sérieuses avec les responsables de travailleurs dont certains d’entre eux sont en prison. Selon M. Moro Macalou, trente travailleurs ont été jetés en taule suite à leur mouvement de grève. Certains d’entre eux ont été relaxes, mais neuf sont toujours derrière les grilles de la prison civile de Bougouni.

Si nous sommes expulses de nos terres, où allons nous partir s’interroge d’un air pathétique le plus jeune.

La situation actuelle que nous vivons est pire que l’apartheid a affirme Brahima Sidibe de Morila.

Exode, vols, brigandage, conditions de vie exécrables, tel est le sombre tableau des travailleurs de la mine.

"Entre l’argent et la dignité, nous avons choisi de résister à la tentation du gain facile car le combat que nous menons est celui de la lutte contre l’impérialisme" affirme Ben Counda de l association Solidarité Fraternité malienne. "Nous sommes inquiets quant à notre sort après le FSM" ajoute le plus jeune d’entre eux.

Avant d’ouvrir les débats, les conférenciers ont tenu a rendre un hommage a Oumar Mariko du réseau de communication Kayira qui est le seul citoyen malien a volé à leur secours pendant ces moments d’épreuves. Ils ont lance un appel pour que se manifestent d’autres Marikos. Le plus vieux d entre eux a suggère l organisation à court terme d’une concertation de paysans pour parler de la question de la paysannerie malienne. Il a aussi souhaité que la préparation de cette activité soit confié à Oumar Mariko dont la radio n’a eu de cesse de soutenir leur lutte.

L’intéresse qui était dans la salle a été interpelle par un intervenant.

Dans sa réponse, le député du parti Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’indépendance (SADI) a reconnu que les travailleurs n’ont pas bénéficié d’actions de solidarité suite au déclenchement de leur mouvement. Ils ont dit-il été abandonnés à eux-mêmes par les structures de la société civile en particulier les centrales syndicales qui gardent un silence suspect par rapport à ce dossier. "Les centrales syndicales ont trahi la lutte des travailleurs. C’est le syndicalisme de séminaire et de voyage qui constitue leur unique préoccupation. Nos responsables syndicaux sont devenus des délateurs qui ne se gênent pas de dénoncer à la police les durs du mouvement de protestation" affirme Mariko. En dehors de la ligue des Droits de l’Homme qui a fournit les avocats, personne n’a levé le bout du doigts pour les soutenir.

Le président du réseau Kayira a fustigé le comportement des altermondialistes maliens qui sont restés muets par rapport a ce problème douloureux qui a mis de familles entières dans la rue. Il a dénonce la politique de l’agro business qui consiste a transforme les paysans maliens en ouvriers agricoles, une situation a la base de la perpétuation de la domination du système impérialiste par des fonctionnaires maliens. Chacun d’entre nous est interpellé par le problème que vit nos paysans et travailleurs a conclu Mariko. Des conditions de vie précaires

Le collectif de paysans a également fait circuler une pétition et une lettre ouverte aux autorités maliennes et internationales pour demander la libération des détenus de Bougouni et la reprise du travail dans les mines.

Dans la missive adressée aux dirigeants, les auteurs affirment qu’ils travaillent depuis l’année 2000 dans les mines d’or de Morila, sans aucune garantie et protection sociale. “La SOMDEX n’a ni clinique, ni de médecin, ni ambulance. Nos femmes accouchent souvent à domicile. Certains travailleurs ont perdu la vie faute d’assistance médicale.”

Ils accusent le chef du personnel de falsifier et d’établir de faux contrats pour les travailleurs, en imitant leurs signatures. L’intéresse a poussé le culot jusqu’a rédiger au nom des travailleurs une pétition contre leur Secrétaire Generali dont la vie serait en danger. Les paysans affirment être en possession des éléments de preuve de la falsification desdits documents de travail. Cette supercherie est a l’origine du déclenchement de la grève qui paralyse l’usine depuis six mois.

"Nous sommes privés de nos salaires et de tous nos droits. Nous avons été insultés, humiliés, frappés, emprisonnés par le commandant de brigade de Komantou et de Bougouni".

Comme si tout cela ne suffisait pas, le Sous Préfet de Sanso avec la complicité du juge de Bougouni a procède à la signature de la rupture du contrat des 311 travailleurs de l’usine. Plus grave, l’intéressé a promis de chasser les "casse -pieds" de la localité de Morila. Une plate forme en points

Dans leurs plate forme revendicative, les travailleurs demandent la reprise immédiate et inconditionnelle des mineurs licenciés, la libération immédiate des détenus de Bougouni, le paiement des primes de rendement, des dommages, intérêts et biens perdus, l’apurement intégral des arrières de salaires, la reprise des contrats, le remboursement des biens du SG, la reconnaissance par la Somadex du comite syndical d’entreprise dirigé par M.A.Nioumanta.

Les travailleurs de la Sodemax ont aussi demande que soit déferé devant la justice toutes les personnes impliquées dans cette affaire. Ils ont lance un appel à la mobilisation internationale pour que justice soit rendue aux travailleurs de l’usine.

Il faut rappeler que lors de la marche d’ouverture du FSMP, les paysans ont défile avec une banderole suggérant ironiquement aux dirigeants maliens de privatiser le fleuve Niger, après le Coton et l Or.


http://www.alternatives.ca/article2322.html
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MessageSujet: Re: Bamako ouvre le bal du FSM   Ven 27 Jan à 18:51

Citation:

FSM Mali : Les paysans africains s’unissent et rêvent de Bolivie, par Christophe Koessler.

Lundi 23 Janvier 2006


Bamako - Le Forum social mondial qui se tient jusqu’à ce soir au Mali a vu converger de nombreux petits paysans africains. Ils peuvent y confronter leurs expériences avec des leaders d’Amérique et d’Asie.


Près de 80% des Africains vivent encore aujourd’hui dans les campagnes. Une réalité qui contribue à l’affluence des ateliers du Forum social mondial sur les problèmes et les défis du monde agricole.

Environ cinq cent militants de confédérations syndicales ou d’associations paysannes, des chercheurs, des consultants ou de simples agriculteurs des cinq continents ont rempli à ras bord jeudi les salles de la modeste Bibliothèque nationale de Bamako. On pouvait y observer une écrasante majorité d’organisations africaines, maliennes principalement. Les Européens, Latino-Américains et Asiatiques ne comptaient qu’une petite dizaines de délégués dans chacune des trois salles. Un voisinage hétéroclite de boubous flambants neufs, d’habits européens usés jusqu’à la corde (ceux des paysans), de coiffes traditionnelles et de casquettes vertes du réseau international Via Campesina. Les discussions ont clairement montré que les paysans du monde entier se retrouvent confrontés, dans un même mouvement, aux privatisations des compagnies agricoles d’Etat, à la libéralisation sélective des marchés et à la confiscation des terres par des sociétés privées ou des agents de l’Etat.


Revenir au maraîchage

« Les institutions internationales nous ont poussé à développer les cultures d’exportation comme le coton, ce qui a entraîné une chute spectaculaire des cours mondiaux », a aussi rappelé un intervenant guinéen lors du séminaire consacré à la souveraineté alimentaire. Ce qui a poussé de nombreuses associations paysannes à conseiller à leurs membres de retourner à des cultures vivrières pour leur propre consommation, comme le sorgo, le mil et le manioc et l’élevage, renonçant ainsi au riz thaïlandais et aux poulets chinois. « Si le gouvernement finançait le développement de l’agriculture de subsistance, notamment dans le bassin du Tchad, nous pourrions largement subvenir à nos besoins et même exporter », assure le secrétaire général du Cadre national de concertation des producteurs nationaux du Tchad, la principale faîtière de ce pays.

On est loin de cet objectif. La part des budgets des pays africains consacrée à l’agriculture est passée de 4% en en 1980 à 1% environ aujourd’hui, a calculé Jacques Berthelot, chercheur à l’Institut national d’agronomie de Toulouse. « Les pays du Nord ont toujours subventionné et protégé leurs marché et cela a permis le développement de l’industrie », affirme-t-il.


La victoire du Mozambique

Mais, avant cela, un problème plus fondamental concerne les petits exploitants : l’accès à la terre. Les participants à l’atelier sur les luttes paysannes ont salué à cet égard les petits producteurs du Mozambique, venus présenter les résultats d’une longue lutte sociale : l’obtention d’une loi très progressiste en la matière. Elle permet à un paysan d’obtenir un titre de propriété sur sa terre s’il la cultive depuis au moins dix ans, et de ne payer aucun impôt s’il ne réalise pas de profits importants.

Une universitaire chinoise a ensuite rappelé que la révolution de Mao avait attribué la propriété des terres aux communautés villageoises qui en avaient usage, et non à l’Etat, connu pour son action inefficace et prédatrice pour les petits paysans en Afrique de l’Ouest. Un véritable exemple pour la chercheuse. Et une alternative à la privatisation actuelle des terres, comme le montre l’exemple philippin : de nombreuses multinationales ont acheté des terres au gouvernement et évincé les petits producteurs pour cultiver des produits d’exportation. Ceux d’entre eux qui sont ensuite engagés comme ouvriers agricoles sont conviés à acheter du maïs transgénique étasunien pour leur survie, raconte M. Antonio, basé à Manille.


En Bolivie, paysans au pouvoir

Le cas bolivien a aussi suscité l’intérêt de l’assistance : « Comment se peut-il qu’un mouvement paysan marginalisé se retrouve à la tête de l’Etat ? » s’est interrogé Isabel Rauber, du centre de recherche argentin Pasado y Presente 21. « Il a fallu briser la logique sectorielle », assure-t-elle. Le mouvement des cultivateurs de coca a su s’allier avec les associations de quartier des villes, les syndicats et les étudiants sur des revendications communes. En Bolivie, ce fut principalement l’accès à l’eau et la redistribution des richesses nationales, le pétrole et le gaz. Au Mali, on pense immédiatement au coton et à l’or, l’un en voie de privatisation, l’autre aux mains de capitaux internationaux.

Christophe Koessler


[...]

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MessageSujet: Re: Bamako ouvre le bal du FSM   Ven 27 Jan à 18:53

(suite)

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L’exemple suisse essaime a bamako

Grand sujet de préoccupation pour les paysans du Sud, la question des OGM est largement débattue à Bamako. Mohamed Haïdara, coordinateur de l’ONG Afrique Verte Mali, estime que l’introduction des semences brevetées en Afrique se fait contre le gré des producteurs et sous la pression des puissances industrielles. « Ca commence chez nous avec le coton. Le jour que ce sera le tour des céréales, ça va tuer les producteurs, ils seront obligés d’aller acheter leurs semences à une firme américaine », craint M. Haïdara. Réclamant une protection de la biodiversité, plusieurs participants au Forum ont proposé qu’un moratoire international sur la culture des OGM figure parmi les revendications du mouvement altermondialiste. Avec un copyright suisse ?

Benito Perez /ATS


La dette, thème clé du FSM


« La dette tue, tuons la », « La dette est un fardeau pour les pays pauvres », « Annulation totale et inconditionnelle de la dette des pays du Sud », les banderoles déployées par les participants du Forum de Bamako mettent en exergue la problématique de la dette comme un des thèmes majeurs de cette rencontre. Au cours des ateliers qui se déroulent depuis vendredi à travers la capitale malienne, la dette des pays du Sud a été qualifiée de « partenaire stratégique de la mondialisation » et d’« ennemi intime de la lutte contre la pauvreté ». Ressortissant du Congo-RDC, Jean Nompelé, membre d’un Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde (CADTM), relève que « sur la planète, il faut 80 milliards de dollars pour que les pauvres puissent avoir accès à l’eau, à l’éducation, aux services de santé. Or, explique-t-il, les pays pauvres sont obligés, bon an mal an, de rembourser 300 à 400 milliards de dollars par an pour le service de la dette. »

Barry Aminata Touré, présidente de la Coalition des alternatives dette et développement (CAD-Mali), qui regroupe une soixantaine d’associations, explique que « les privatisations imposées par les grands argentiers du monde alourdissent la dette des pays du tiers-monde. Le mécanisme est simple : on nous dit : privatisez vos sociétés et on vous donnera de l’argent pour renflouer vos caisses ». Le cercle vicieux est relancé. Et l’effet des privatisations aggrave encore la situation. Ainsi la Compagnie malienne pour le développement textile, en cours de privatisation, où « un demi-millier de personnes ont été licencié » et qui s’est « désengagée des activités de développement ». Comme les autres participants au FSM de Bamako, elle réclame « l’annulation pure et simple de la dette des pays du tiers-monde pour les mettre sur les rails du développement ».

La Guinéenne Mariam Diallo va plus loin. Elle propose « un impôt sur les grandes fortunes du monde pour financer le développement du tiers-monde ». AFP


Les sans-papiers privés de « leur » manif


Le réseau français, No-Vox (les sans voix) a appelé, hier, à une manifestation contre les expulsions des sans-papiers et pour dénoncer « la gestion inhumaine de l’immigration par les pays européens ». À l’heure prévue, environ 350 personnes, principalement des Maliens, mais accompagnés d’Européens, étaient présentes au Palais des Congrès et prêtes à se diriger vers l’ambassade de France à Bamako afin d’exiger qu’une délégation des différents collectifs y soit reçue. Cependant, au moment du départ, la rumeur s’est répandue parmi les manifestants que la manifestation pouvait être annulée. En effet, Aminata Traoré, présidente du Forum pour un autre Mali, la star des altermondialistes maliens, idole des médias, aurait incité les organisateurs de la manifestation à l’annuler en estimant qu’une telle démarche était contraire à l’esprit de collaboration dans lequel elle avait travaillé avec la ville de Bamako pour organiser le FSM, selon Jean-Baptiste Eyraud, membre de No-Vox. Cependant, les organisateurs ont décidé de soumettre la décision de l’annulation de la marche à l’assemblée des manifestants, qui a décidé de la poursuivre malgré tout. Aminata Traoré est venue, en personne, y faire valoir son point de vue. Elle qui a récemment créé une association de sans-papiers maliens, peu après la médiatisation de Ceuta et Melilla. La foule n’a cependant pas tenu compte de l’avis de Mme Traoré, qui est repartie sous les invectives de certains de ses compatriotes, plus particulièrement de sans-papiers maliens, qui lui ont reproché son inaction. Après ce départ difficile, les manifestants se sont alors mis en marche, scandant des slogans contre « des expulsions illégales et inhumaines », « les lois répressives de la France ». Ils ont également stigmatisé la complicité des Etats africains qui ne défendent pas les intérêts de leurs ressortissants à l’étranger et leur duplicité sur les questions migratoires, alors que les travailleurs émigrés constituent une source importante de devises pour ces pays. Après une marche d’un km, la manifestation a été bloquée par un cordon policier, rapidement renforcé par des effectifs militaires. Environ 60 représentants des forces de l’ordre ont barré la route au cortège. Après environ une heure de négociations infructueuses avec la police, les organisateurs ont été contraints de demander aux manifestants de rebrousser chemin en leur promettant qu’une délégation des leurs serait reçue aujourd’hui à l’ambassade française.

Stéphane Nicolas


[...]

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MessageSujet: Re: Bamako ouvre le bal du FSM   Ven 27 Jan à 18:54

(suite)

Citation:

LA RADIO RELAIE LE FORUM


Le Forum social mondial de Bamako ne sera sans doute pas celui qui aura attiré le plus grand nombre de journalistes, si on en juge par l’affluence à la salle de presse ou le peu d’échos dans la presse locale ou internationale. Le FSM a toutefois trouvé un allié précieux : la radio.

Ainsi le réseau associatif Kayira, qui possède six stations au Mali, dont une à Bamako. Radio Kayira se définit comme « la voix des sans voix » et n’aurait pour rien manqué ce Forum social mondial. Selon Coulibaly Doh, l’un des journalistes de cette station affectés à la couverture de l’événement, « Kayira veut aider la population à s’approprier l’événement ». C’est ainsi qu’en dehors de la publicité et de l’actualité, tout le programme a été mis au rythme du FSM avec des informations et des débats. Un exercice aisé, parce que la ligne éditoriale de la radio recoupe la ligne politique du Forum, selon les responsables de la station. C’est pourquoi, en plus de délocaliser les studios sur le site du Palais des congrès de Bamako, Kayira a également invité et pris en charge des organisations paysannes et ouvrières du Mali, dans le cadre d’un collectif formé avec l’ONG de santé communautaire Medes/Sapcom et la Ligue pour la justice et les droits de l’homme. Il s’agit notamment d’assurer la participation des ouvriers des mines, des travailleurs du rail et du secteur agricole, afin que leurs voix soient entendues par leurs camarades des autres pays et par les autorités nationales et internationales.

Pour sa part, Radio Klédu consacre un journal au FSM, tous les soirs à 20 h. Un magazine est aussi programmé pour la fin du forum. Faisant partie des radios privées commerciales les plus importantes et les plus prospères du Mali, Klédu n’en a pas moins de sympathie pour le mouvement altermondialiste. En atteste, selon le coordonnateur de l’opération, Boubacar Togola, le regard « sans complaisance » porté par l’équipe rédactionnelle sur la mondialisation. Mais c’est à la faveur d’un partenariat financé par la Fondation Fredrich Ebert que la radio a pu sortir les grands moyens pour informer ses auditeurs sur le déroulement et les débats du Forum. Un comité de quatre journalistes a été mis en place, ainsi qu’une équipe mobile de reporters chargés de couvrir le plus grand nombre de sites et d’événements. Un studio a également été installé sur le site du Centre international de conférence, pour être le point nodal de cette opération. Toutefois, prévient Boubacar Togola, « nous sommes aussi critiques des politiques néolibérales que du mouvement altermondialiste si cela nous semble justifié ».

Sur Internet, les jeunes du mouvement contre le néolibéralisme se proposent aussi de « tout dire » à travers Radio Béfô, la station installée au camps de la jeunesse Thomas Sankara, accessible sur www.fsmmali.org/jeunes/radio.

Souleymane Niang/Panos-Info / Benito Perez


- Source : Le Courrier de Genève www.lecourrier.ch


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MessageSujet: FSM : une premiere etape franchie dans l’allegresse   Ven 27 Jan à 20:26

Citation:

FSM : une premiere etape franchie dans l’allegresse

Au cours de la manifestation de cloture hier, dans le stade Modibo Keita, les intervenants sont revenus sur ce premier Forum Social a une echelle mondiale en Afrique.

Bernard Pinaud, du CRID (collectif de 50 ONG francaises, tres implique dans l’organisation des FSM), a rappelle que lorsqu’en janvier 2005 il avait ete decide de tenir un FSM "polycentrique" dans 3 lieux de 3 continents differents, beaucoup avaient considere qu’il s’agissait d’une idee folle. "Et bien, le premier triangle de cette nouvelle tri-continentale a ete un franc succes, avec 20 000 inscrits, dont 1/2 de maliens, 1/4 d’autres ressortissants africains, et 1/4 de non-africains. Et, en ce moment meme, 70000 personnes sont en train de s’inscrire a Caracas".

Tous ont insiste sur l’excellent travail realise dans des conditions difficiles par le collectif d’oragnisation de ce FSM de Bamako, malgre quelques couacs inevitables dans ce pays tres pauvre.

Et ce comite de remercier largement les soutiens recus : certains ne surprendront personne, comme celui du Gouvernement Venezuelien (pres de la moitie du budget d’apres des rumeurs a verifier), d’une kyrielle d’ONG internationales, comme NOVIB (NL), OXFAM-Belgique, CCFD - France..., mais aussi du Gouvernement du Mali, qui a mis a disposition l’ensemble des infrastructures. Ce dernier a d’ailleurs ete chaleureusement applaudi par toute l’assistance, altermondialistes les plus libertaires compris.

Ce consensus ne s’est pas exprime pour d’autres soutiens financiers, qui ont tout juste recu quelques applaudissements polis, comme la Cooperation francaise, suisse ou canadienne, ou encore le Gouvernement Catalan.

Taoufik Ben Abdallah, membre du comite international des FSM et aussi de celui du FS Africain, par ailleurs membre d’une tres importante ONG africaine (ENDA Tiers Monde), a lui aussi insiste sur la dimension africaine, "avec plus de 40 pays du Continent representes". Pour lui, commence une annee cruciale d’ici le FSM prochain prevu a Nairobi, au Kenya, en janvier 2007 : "nous avons 1 an pour elaborer une charte de l’unite et du futur de l’Afrique".

Passer des debats ouverts et autogeres a un programme d’action en commun ?

Toujours selon lui, il devient urgent de passer d’un espace de debats a un "espace d’action collective pour l’emancipation mondiale, a construire ensemble de veritables strategies de changement". S’agit-il la d’un retour a la tentative d’elaborer un "consensus des FSM" pour faire piece au "Consensus de Washington des tenants du monetarisme et de l’ultraliberalisme"? On pensait pourtant cette option ecartee depuis l’an passe, apres l’echec de l’appropriation collective des "12 propositions de Porto Alegre". Mais les choses semblent evoluer, comme le prouve la participation d’opposants a cette ligne a l’initiative organisee par leurs tenants juste avant l’ouverture du FSM, lors d’un seminaire nomme "Bandung : 50 ans apres" (reference a l’acte de naissance du mouvement des non-alignes a l’invitation de Sukarno en Indonesie).

La fin de la ceremonie a ete une vraie mise en scene du pan-africanisme renaissant, avec un passage de temoin a une vingtaine de kenyans presents, qui ont fait chante et danse l’assistance "NAWATI NISSARA", dont je vous laisse deviner la traduction en francais. Et un avertissement : "vous etes toutes et tous invites a Nairobi en 2007. Mais soyez prets a changer, soyez prets a une experience speciale...".

Un autre rendez-vous africain en 2007

Un peu avant, Jose Bove, courtise comme jamais, avait annonce la tenue d’un FSM thematique specifiquement consacre a la souverainete alimentaire en fevrier 2007, ici meme au Mali. Cette idee est nee dans les tetes des membres de Via Campesina grace aux tres nombreux contacts noues ici avec les organisations paysannes : On estime qu’il y avait pres de 8000 representants de ces OP ici. Ce theme est fondamental sur un continent dont 70 a 80 pour cent de sa population est rurale.

L’idee est de montrer qu’il existe une alternative paysanne, a base de reforme agraire, de regulation des echanges a l’echelle nationale, regionale et mondiale, et de refus du productivisme et tout particulierement des OGM. Les Alternatifs en seront bien-sur, inch Allah...

Cote figures emblematiques de l’altermondialisme, etaient la en bonne place Aminata Traore (ecrivain, ancienne Ministre de la Culture du Mali), Aminata Toure (presidente de la tres importante coalition des associations feminine au Mali et du Forum des Peuples) et aussi Madjiguene Cisse (senegalaise, porte-parole des sans-papiers de Saint Bernard, qui avaient ete expulse de cette eglise du 18eme arrondissement de Paris il y a une dizaine d’annee).

Un trio doublement symbolique. D’abord de la force des association feminine et de leur prise de parole dans ce FSM (beaucoup plus de la moitie des participants etaient des femmes). Ensuite, de l’importance de la thematique de l’emigration dans ce forum. D’ailleurs, Jose l’a dedie "aux refoules de Ceuta et de Mellila".

Si la libre-circulation des personnes semble faire consensus, il n’en est pas de meme de l’emigration des forces vives de ce continent, qui semble etre generalement percue comme un pis-aller.

Un spectacle de danse tres emouvant peut resumer a lui seul ce FSM : des danseurs emergeant de tres larges corolles jaunes, vertes, bleues, rouges sous un chant lancinant a capella, tels des hommes emergeant de la glaise qui les retient prisonnier. Un 9eme rentre sur scene, semblant chevaucher des flots liberateurs. Les danseurs tournent alors sur eux-memes jusqu’a prendre silhouette humaine.

Pour paraphraser la delegue kenyane :
Longue vie a l’Afrique,
Longue vie a l’Humanite,
Vive le FSM.

Philippe, dernier alternatif encore a Bamako

De : Philippe
mardi 24 janvier 2006


http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=22565
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MessageSujet: Re: Bamako ouvre le bal du FSM   Lun 13 Fév à 12:24

Citation:

Contribution de l’AG des mouvements sociaux lors du FSM de Bamako (Mali, 22 janvier 2006)

Cette réunion a regroupé une cinquantaine de militants représentant différents mouvements et réseaux de différents continents. Nous relevons ici les points qui ont fait accord à son issue.

Pour la première fois, l’Afrique accueille le FSM à BAMAKO au Mali. Les participants considèrent que c’est un événement de première importance pour cette terre africaine meurtrie par tout ce que l’humanité a produit de pire.
L’AGMSFSM dénonce les conséquences en Afrique comme partout ailleurs des politiques libérales et néo-coloniales engendrées par la globalisation des échanges commerciaux, sous les auspices des grandes puissances et des instances internationales comme l’OMC, la Banque Mondiale et le FMI avec son avatar le NEPAD.

C’est le développement de la pauvreté, de la précarité, des carences en matière de santé, d’éducation et de biens de première nécessité (eau, nourriture, énergie, logement, etc...), c’est aussi la privation des droits sociaux, civiques et économiques les plus élémentaires.
Nous nous engageons à renforcer les mouvements sociaux existants, pour l’accès, la défense et la reconquête des droits pour tous les peuples de l’Afrique.

Ce sont les conflits armés, entretenus par les intérêts néo-libéraux et le trafic d’armes à l’échelle planétaire.
Nous défendons une mondialisation de la paix, l’interdiction du commerce des armes et la ré affectation des dépenses militaires vers le bien social.
Nous exigeons qu’il soit mis fin à la barbarie et au pillage des ressources naturelles imposée aux peuples du Sud par les puissances du Nord, le démantèlement des bases militaires impérialistes.

C’est aussi dénoncer la dette qui reste un problème central pour l’Afrique, véritable instrument d’asservissement moderne et de domination impérialiste. C’est le programme d’annulation de la dette proposé par le G8 qui ne règle pas les vrais problèmes, repousse les échéances et maintient les conditions avec pour conséquences de vastes opérations de privatisation des services publics par les états endettés.
Nous exigeons une annulation pure et simple de la dette des pays du Tiers Monde, la restitution aux peuples des biens volés par les élites dirigeantes et un véritable coup d’arrêt à la corruption.

C’est la question des migrations qui prend de nouvelles proportions avec son traitement odieux par l’Union Européenne en collaboration avec les pays africains « frontaliers ». C’est l’entretien d’un climat de racisme et de stigmatisation de l’immigré par la plupart des gouvernements européens et notamment l’Italie ou la France. Tout ceci aboutit à la criminalisation et à l’exploitation des populations immigrées.
Nous exigeons que soit instauré un droit souverain de Libre Circulation des personnes

Ce sont les femmes en première ligne quand il s’agit de travailler pour la subsistance de leur communauté, panser les plaies des victimes des conflits, ce sont les femmes en lutte contre les violences sexistes, les coutumes patriarcales et leur corollaire d’injustices et de barbarie (mariages forcés, mutilations sexuelles...).
Nous reconnaissons et soutenons les luttes menées par les femmes africaines.

Ce sont les profonds déséquilibres instaurés par les politiques de subventions agricoles des pays riches avec leurs conséquences directes sur l’appauvrissement de l’Afrique rurale.
Nous revendiquons une véritable équité des relations commerciales agricoles Nord/SUD et la souveraineté alimentaire pour les peuples d’Afrique. Nous dénonçons les règles du libre échange imposées par l’OMC et le FMI, leurs conséquences sur les populations et l’environnement. Nous réclamons l’instauration d’autres règles d’échange entre les peuples.

L’AGMSFSM appelle à démasquer les vraies motivations et les vrais impacts des décisions des puissants de la planète et à diffuser l’information de manière compréhensible aux peuples et aux mouvements sociaux du monde entier.

L’AGMSFSM appelle à renforcer le développement des luttes des mouvements sociaux en popularisant les victoires et en faisant partager les expériences, afin d ‘ offrir un vrai avenir à tous les peuples et permettre à leur jeunesse de participer à la construction d ‘un monde juste.


Agenda

1 FSM polycentrique de KARACHI 24 au 29 mars 2006
2 FSE Athènes 4 au 7 mai 2006
3 G8 à St Petersbourg RUSSIE juillet 2006
4 Forum social du Maghreb en janvier 2007
5 FSM au Kenya en janvier 2007où l’AGMSFSM devra consolider sa présence


Source/auteur : Popote Mailing List
Mis en ligne le mercredi 25 janvier 2006, par Ludo


http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=7664
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MessageSujet: Re: Bamako ouvre le bal du FSM   Lun 13 Fév à 12:39

Citation:

POST Bamako
FSM synthèse ambiantale

FSM BAMAKO


Alter Dourouni 1 -press Mali

En marche : AFRIQUE - SOCIETES - CULTURES

La marche introductive du Forum Social Mondial version africaine a laissé place à une 1ère journée qui s'est achevée par un évènement culturel majeur : le concert de Tiken Jah Fakoly. Le rythme africain de l'édition 2006 aura offert un espace notoire à la revendication culturelle dans un pays ou la réalité ethnique trouve un terrain de revendication représentatif des particularismes : bobos, dogons, sarakolé, touaregs…, les diversités investissent le champ du forum le temps d'une expression plurielle largement sous-estimée sur le plan national soumise à l'empire dioula.

Forum social africain en 2002, Forum des peuples à partir de 2002 (contre - sommet africain au G8), Forum sur le coton africain en 2004…2

Le Mali s'est imposé sur la scène de la contestation antilibérale à travers ses mouvements sociaux dans un pays musulman aux forts accents de contestation occidentale même si la participation population au cours du Forum2007 est restée en deça des prévisions (15 000 participants recensés). L'appréciation du champ politique national et le fatalisme ambiant y sont pour beaucoup à l'heure de l'immobilisme gouvernemental ; des signes encourageants depuis le début du processus alternatif africain laissent cependant entrevoir des lueurs d'espoir, sur le champ culturel en particulier.(voir en bas)

Pan-Africanisme

Le souffle apporté par les diversités culturelle et politique présentes au forum donne une coloration particulière à cette édition au cours de laquelle on tente sur le continent de construire l'union africaine. Faire avancer la convergence des altermondialistes africains qui avaient été largement divisés les années précédentes et dynamiser les acteurs locaux, c'est là le défi de cette grande agora. Les échanges d'expériences entre les responsables des importantes délégations nord-africaines, kenyanes et togolaises avec leurs homologues maliens ont l'ambition de fédérer l'énergie africaine avant l'édition de Nairobi en 2007, reste à construire ensemble ! L'actualité du Togo après 38 ans de règne sans partage et sanguinaire de l'ami de Chirac Eyadéma fait grand débat au royaume de la francophonie et laisse des traces indélébiles. La lutte d'un peuple pour la liberté approfondit la question de la souveraineté nationale sur le continent plusieurs décennies après une décolonisation inopérante.

« Valoriser les ressources humaines » c'est aussi un enjeu majeur pour le continent à l'heure des baromètres du tout - économique, c'est ainsi le thème retenu pour la conférence menée par D. Mitterrand (France Libertés) avec la proposition d'indicateurs alternatifs comme solutions à l'empirisme du revenu financier. Concernant l'évolution de la société malienne, le thermomètre de la situation sanitaire n'est guère encourageant avec la profusion du commerce de rue des médicaments et des vitrines géantes de pesticides (les boites métalliques type Roundup y sont recyclées en jouets pour enfants). La gangrène du médicament de la contre façon ou périmé en Afrique de l'Ouest touche particulièrement la population pauvre et illétrée, l'auto-médication rime avec exclusion sociale. Pourtant les chasseurs à qui l'on prête des dons surnaturels veillent au grain, la confrérie est puissante et régule le patrimoine cynégétique en introduisant des vertus médicinales issues de traditions millénaires. Les privatisations en cours laissent planer dans le domaine de la santé de sérieux dangers pour les populations locales.  (à suivre article spécial santé)

Dans la rubrique culturelle :

• * Avec « l'enfer des anges », création temporelle de la compagnie Hamma Méliani et une association artistique d'étudiants de Bamako, nous entrons dans l'univers occulté des damnés de la Terre. Cette pièce de la troupe d'Ivry/Seine montre la dure réalité des migrants et les atrocités de nos société qu'elles enfantent : prolifération du SIDA, commerce illicite des médicaments et corruption galopante. Un théâtre de vie empreint de poésie représentant une multitude de personnages surréalistes au camp des jeunes Thomas Sankara. (spectacle à accueillir dans vos salles en France)

• * Un grand bain populaire dans l'univers reggae africain avec le show de Tiken Jah Fakoly, l'enfant du pays » ivoirien qui chante en bambara. 15 000 personnes pour un spectacle grandeur nature, une frénésie de rythmes endiablés aux accents politiques d'unité africaine teintée de sentiments révolutionnaires anti-Françafrique. Des textes, une énergie et un public survolté acquis à sa cause qui vaut tous les discours politiques surannés, la culture rasta a de beaux jours africains devant elle…Exilé à Bamako, TJF est un chanteur entré en résistance « face à des prêts à tout qui ont utilisé la fibre régionaliste, attisé les clivages religieux et aujourd'hui le néocolonialisme », et qui a choisi de quitter la Côte d'Ivoire et sa jeunesse désabusée. Cette jeunesse abidjannaise fournit aujourd'hui une bonne partie des miliciens du Front Patriotique ivoirien (FPI), parti de Laurent Bagbo.

L'environnement du Forum nous plonge singulièrement dans la dramaturgie de la dette vilipendée par le Coalition des alternatives dettes et développement du Mali (CAD) très présente dans l'organisation et représentée par Aminata Touré Barry, thème chanté par TJF : « Ainsi donc l'Afrique doit du fric ! Afrique esclavagisée, colonisée, Martyrisée, dévalisée Ainsi donc l'Afrique doit du fric ! »

1-transport collectif 2-prolongement au Forum Social Maghrébin 27 au 29/01 www.fsmagh.org

Gwel@n pour Rouge et Vert http://www.alternatifs.org

anonyme article:50118 ALTER-INFO
le mercredi 25 janvier 2006 à 18h24


http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=50118
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Bamako ouvre le bal du FSM

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