| | | Bamako ouvre le bal du FSM | |
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| Auteur | Message |
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FleurOccitane Rang: Administrateur
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 | Sujet: Re: Bamako ouvre le bal du FSM Lun 13 Fév à 13:36 | |
| | Citation: | La terre vue de Bamako, par Giulio Marcon - il manifesto.
26 janvier 2006
il manifesto, mardi 24 janvier 2006.
Peut-être ne s’en ne souviendra-t-on pas à cause des grandes foules (plusieurs milliers cependant), mais le Forum Social Mondial au Mali est un tournant dans la saison des mouvements sociaux mondiaux. Des mouvements africains prêts à prendre la voie d’un nouveau panafricanisme pour libérer le continent du néo libéralisme. Et des mouvements européens, un peu plus conscients encore du polycentrisme de la planète. Evidemment, ce n’est pas tant - ou seulement - le rôle de protagoniste des mouvement africains qui émerge avec force, que les relations nouvelles qui sont en train de se construire entre les mouvements du Nord et ceux du Sud (africains évidemment) du monde, ainsi que les thèmes en débat : depuis celui de l’immigration, à celui de la démocratie directe ( et celle de la politique d’en bas), des biens communs, de la coopération internationale, du commerce et de l’économie locale dans la globalisation. Un réseau de relations faites de « dignités égales » sans la chape idéologique d’un tiers-mondisme qui date, désormais, ou de la tutelle de certaines ONG toujours plus en quête - même en Afrique- de leur propre survie économique.
Il s’agit de relations vraies, faites de positions et initiatives radicales, mais sans cette déclinaison politicienne et, finalement, un peu instrumentale qui s’étaient fait une place en d’autres occasions. Contre les tentatives de réduction à un « sujet politique » (qui flottait à l’ouverture avec la conférence inaugurale sur Bandung) le forum du Mali a eu le mérite de défendre son identité et sa valeur la plus importante : celle d’un « espace public » de la politique et de l’initiative des mouvements sociaux, de développement d’un réseau, on pourrait dire polycentrique - contre sa réduction à un « contrepouvoir » de structure, d’organisation.
Et pourtant, il a une plus grande conscience de la nécessité d’une nouvelle radicalité, non réductible à la mystique hypertrophique des documents ou à l’individuation de leadership ou d’avant-gardes (à quoi s’est référé de façon polémique - dans la discussion sur l’avenir des forums polycentriques - Tawfiq Ben Abdallah, coordinateur du Social Forum Africano), conscience faite d’alternatives concrètes, de pratiques à diffuser et à développer. Pratiques du bas, luttes sociales, et politique vont ensemble. Et se réalisent aussi sur un autre plan, celui de la cohabitation et de la démocratie, comme ici au Mali où 12 groupes ethniques cohabitent sans se faire la guerre, sauf rares exceptions, (quelque chose à apprendre, pour l’Europe), où on tente de diffuser et distribuer le pouvoir (comme l’enseigne le burkinabé Ki-Zerbo) dans un système de réseaux locaux et sociaux, sans tomber dans ce que nous nous pourrions appeler devolution ou dans les pièges de l’état-nation, dont l’absolutisme porte avec lui, guerres, violences, oppression des minorités, et a été imposé (avec des conséquences dramatiques) à l’Afrique post-coloniale.
A Bamako, on a sans aucun doute respiré un air frais et nouveau : comme celui des réseaux euro-africains sur les migrations (les européens, enfin, discutent de l’immigration « depuis l’autre rive ») ou sur l’eau (avec une déclaration commune importante) ou sur l’économie et la démocratie locale. Une des nouveautés les plus évidentes est justement celle de la construction d’un plan d’action commun sur l’immigration (la part la plus riche peut-être du forum, avec la décision d’une journée internationale de mobilisation), qui, vue de Bamako, semble ouvrir la voie d’une nouvelle alliance entre les mouvements du Nord et du Sud, résolument inédite par rapport au passé. Ainsi, le thème d’une nouvelle coopération internationale a mis en évidence sa non réductibilité au « paternalisme caritatif » (comme le disait le titre d’un séminaire) en vogue dans les institutions internationales ou à une « protection humanitaire » des « effets collatéraux » du néolibéralisme. Une coopération internationale fondée sur l’action de la société civile africaine et non sur son « implementing partner » de projets d’institutions internationales ou d’ONG occidentales. Paraphrasant le Pasolini de « la terre vue de la lune », le monde (même celui des mouvements sociaux) vu de l’Afrique de Bamako, retrouve la saveur de ses racines et de ses contradictions les plus profondes sous l’éclairage sinistre des scélératesses du vieux colonialisme et du nouveau libéralisme. La marchandisation de la terre, de l’eau, de l’environnement, des relations humaines devient paradigmatique en Afrique de la destruction des racines de notre monde, de ce qu’il a été à l’origine et de ce qu’il pourrait être dans l’avenir. En substance, l’avenir commun de toute l’humanité. Mais il y a aussi cette lueur d’un espoir des mouvements et des communautés qui ont construit en Afrique une nouvelle voie, qui peut nous aider nous aussi. Les mouvements sociaux africains, d’ « hôtes » des Forums, deviennent protagonistes d’une nouvelle saison des mouvements sociaux mondiaux. Un panafricanisme nouveau (pluriel, polycentrique, du bas) sera un de nos espoirs (pour sauver aussi ce qui reste de bon dans notre Europe) et il sera bien différent de celui des années 60. Mais il peut réussir si en Europe aussi un nouvel européanisme social, démocratique, participatif vient à s’affirmer. La balle passe maintenant à Athènes, où, du 4 au 7 mai se tiendra le prochain Forum Social Européen.
- Source : il manifesto www.ilmanifesto.it
- Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio |
http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=3211 |
|  | | FleurOccitane Rang: Administrateur
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 | Sujet: Re: Bamako ouvre le bal du FSM Lun 13 Fév à 20:35 | |
| | Citation: | Bamako et son Forum social mondial jeudi le 26 janvier 2006, par : Michel LAMBERT
Avant Caracas, Karachi et Bangkok, le premier Forum social mondial décentralisé commence dans la capitale malienne. On attendais près de 35 000 participants. Bamako (Mali)... mais le comptage final sera sans doute plus bas.
Si loin, si proche : adieu le Brésil, bonjour l’Afrique !
Après quatre éditions à Porto Alegre, sans oublier l’étape décisive de Mumbai (Bombay) qui, en 2004, a contribué à élargir le mouvement au sous-continent indien, le processus de mondialisation des résistances au néolibéralisme débarque pour la première fois en Afrique à l’occasion de sa décentralisation ou, mieux, de son « polycentrage » à Bamako, à Caracas, à Karachi. Alors que, dans le chef-lieu brésilien de « l’autre monde possible », une centaine d’Africains seulement réussissaient à faire le déplacement, le FSM malien, constitue un test avant le grand saut en 2007, quand le forum se déroulera exclusivement à Nairobi, au Kenya, mais c’est surtout un atout pour la dynamique altermondialiste qui va voir bourgeonner le continent noir : depuis le Burkina, la Guinée-Conakry, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et d’autres pays encore, des bus sillonnent depuis plusieurs jours le continent pour gagner Bamako.
Sur la réserve il y a quelques mois, les organisateurs tablent désormais sur 30 000 à 35 000 participants. « Jusque-là, nous étions un peu le maillon faible, rigole Demba Moussa Dembelé, animateur du Forum africain des alternatives, basé à Dakar et membre du Forum social africain. Sur un continent martyrisé et victime des plans d’ajustement, voir Bamako relever le défi du FSM, c’est déjà une grande victoire en soi. Pour les mouvements sociaux du monde entier qui arrivent ici, ça va donner, je pense, un optimisme débordant dans les luttes ! »À l’instar de ce qui va probablement se passer lors du FSM « polycentrique » de Caracas (Venezuela) dans le haut lieu de la « révolution bolivarienne » conduite par Hugo Chávez, mais dans un décalage de plus en plus patent avec la « charte des principes » du FSM, les questions de l’État et de la prise du pouvoir politique sont désormais loin d’être taboues dans le mouvement altermondialiste, et le forum de Bamako entend bien s’interroger sur les alliances à nouer à l’avenir.
« Nous sommes aussi des boucliers pour nos États, considère Mamadou Goïta, un des coordinateurs du FSM au Mali. Nos dirigeants reçoivent des ordres de partout qu’ils n’ont pas le temps d’analyser avec le peuple, mais par nos analyses, on permet à tout le monde de se réapproprier les grandes questions. On l’a vu pour la dette comme pour le coton : nos chefs d’État n’osent pas toujours dire ce que nous, en tant que société civile, nous permettons de lancer à la face du monde. C’est ainsi que nos luttes s’inscrivent dans les processus de décisions politiques... »« il faut passer de la parole à l’acte »Toujours sur son promontoire, Bourema Tabalaba appuie dans le même sens : « Il faut qu’on passe maintenant de la parole à l’acte. Du concret dans le forum, c’est cela qui doit convaincre toute la population de s’engager ! Sinon, les gens qui souffrent terriblement dans leur vie et qui attendent les changements se diront que c’est toujours la même histoire, qu’on parle toujours bien des autres pour mieux engranger les bénéfices soi-même... »
Inspiré de Thomas Lemahieu,/bellaciao.org/fr |
http://www.alternatives.ca/article2331.html |
|  | | FleurOccitane Rang: Administrateur
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 | Sujet: Re: Bamako ouvre le bal du FSM Lun 13 Fév à 20:51 | |
| | Citation: | Appel de Bamako pour le respect et la dignité de migrants Forum Social Mondial Polycentrique, Bamako, Mali
26/01/2006 - Le Forum Social Mondial Polycentrique de Bamako s’inscrit dans le processus de construction d’une alternative aux politiques néo-libérales.
Au nom de la lutte contre l’immigration clandestine, les gouvernements mettent en œuvre une politique de répression et d’externalisation aux frontières de pays riches, à travers des camps, des refoulements, des expulsions, et de la sélection de la force de travail.
Ces politiques conduisent en particulier aux drames de Ceuta et Melilla et du Caire, aux morts du desert, de la Méditerranée ou du Rio Grande.
Nous proposons de construire au niveau international une alliance solidaire des sociétés civiles, des ONG, des mouvements sociaux et des associations contre ces politiques meurtrières...
De Bamako à Nairobi, nous proposons une année de mobilisation internationale pour le droit de toute personne à circuler librement dans le monde et à décider de son propre avenir. Les propositions suivantes sont issues d’ateliers consacrées aux migrations lors du forum social polycentrique de Bamako :
1. Nous appelons à la création d’un réseau international d’échange d’informations et d’actions pour les droits de tous les migrants ;
2. Nous appelons à la mise en place d’un axe thématique « migrations » dans le processus de préparation de Nairobi 2007 ;
3. Nous proposons une journée mondiale de mobilisation qui pourrait se tenir dans les lieux symboles des frontières (aéroports, camps de détention, ambassades, etc.) :
contre le droit d’exception appliqué aux migrants, contre la politique de répression de l’émigration, pour la fermeture des camps et la liberté de circulation des personnes.
Le sommet euro-africain de Rabat, au printemps 2006, doit être la première étape de cette mobilisation.
Bamako, janvier 2006
Organisations signataires : AMDH(Maroc), ARCI (Italie), ATMF (France), CEAR (Espagne), Chabaka des Associations du Nord (Maroc), CIMADE (France), GISTI (France), IPAM (France), Migreurop, Paderas de la Vida (Maroc), Sincobas (Italie), Todo Cambia (Italie).
Source/auteur : http://www.gisti.org Mis en ligne le vendredi 27 janvier 2006, par Frederique |
http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=7671 |
|  | | FleurOccitane Rang: Administrateur
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 | Sujet: Re: Bamako ouvre le bal du FSM Mer 15 Fév à 18:05 | |
| | Citation: | BAMAKO auto-organisation Retour sur un évènement et les pratiques autogestionnaires à l'africaine
FSM BAMAKO
Alter Dourouni -press Mali
ACTION : FEMINISME - AUTOGESTION
« Sur les traces de Thomas Sankara 1 »
L'économie sociale et solidaire existe depuis des millénaires sur le continent africain, la femme y joue un rôle fondamental, la participation féminine au forum 2006 est significative. Aux thématiques d'importance de cette édition, la pauvreté, la guerre, les migrations il faut y ajouter l'auto-organisation féminine. Des milliers de femmes de tout le continent se sont emparées de l'espace d' « expression alternative » pour témoigner de la vivacité de la résistance et la créativité féminine face à la dépression socio-économique ambiante par la force du débat, l'échange et la construction de réponses alternatives. L'univers des femmes traite des sujets aussi divers que les violences faites aux femmes, l'économie solidaire voire l'excision et des expérimentations multiples dans le domaine de la vie communautaire ou elle joue un rôle clef. La femme remplit des fonctions vitales dans les sociétés africaines et offre des débouchés non négligeables par l'économique, son émancipation est largement vérifiée par ses prises de parole dans les débats. La voie avait été tracée par la marche de femmes internationale à Ouagadougou, le féminisme puise dans ses racines en Afrique ou sa traduction exprime la richesse même et l'authenticité du mouvement.
Autonomie- autogestion économique
La consolidation de l'organisation familiale, l'auto-subsistance alimentaire, c'est là la réponse qu'offre la femme contemporaine qui résiste mieux aux agressions de la société de consommation et affiche son indépendance financière en se créant des revenus issus de pratiques et traditions autogestionnaires. Libérer l'expression et créer son activité, c'est l'enjeu de l'autonomisation de la femme aujourd'hui en Afrique. Des débouchés significatifs sont apportés dans les domaines de la transformation des produits agricoles et les services, à travers le développement de l'économie locale (très souvent via le secteur coopératif) très foisonnant en Afrique de l'Ouest. Le Burkina Faso a montré la voie, le Mali n'est pas en reste. L'énergie déployée par la gente féminine aura marqué les esprits des participants du forum. En effet, le secteur associatif et mutualiste (qui va de pair ici avec activité professionnelle) participe du dynamisme et du développement local à travers la micro-économie essentiellement ; son organisation et fonctionnement (prises de décisions) témoigne d'un processus démocratique très avancé au sein de l'entreprise. Les micro projets y sont légion dans un contexte de marasme économique et constituent un pied de nez salutaire au libéralisme et à la privatisation galopante des services et transports (l'exemple du rail y est cité). L'association des femmes de la collecte des ordures ménagères à Bamako est souvent citée en exemple, les coopératives de transformation et séchage (jus, bissap, oignon, mangue, banane, sésame, karité, attiéké, fonio, dégué, textile-bogolan…) sont parmi les plus influentes dans le tissu socio-économique régional. Ces coopératives alimentaires qui flirtent parfois avec la macro-économie (plus de 500 salariés) sont génératrices de revenus qui assurent par là même la promotion de la femme.
Afric'Microfinance
Le microcrédit largement pratiqué sur le continent n'échappe pas au secteur bancaire traditionnel, les contraintes des taux d'intérêt élevés laissent un goût amer aux initiatives peu consolidées financièrement. La tontine (épargne communautaire) reste la solution la plus pratiquée pour des projets de la micro économie. Une volonté manifeste s'exprime de s'affranchir de la coopération avec les ONG avec les processus de décentralisation en cours qui pourraient accélérer la réduction des intermédiaires et des partenaires financiers (collectivités territoriales). La CAFO (Coordination des associations de femmes maliennes) réunit à elle seule plus de 2 200 associations de femmes et assure la formation des salariés-coopératrices. L'accent est mis sur les programmes de développement social (de maîtrise de l'expression en public et démocratie participative), de la connaissance de l'environnement, de la culture et de l'éducation. Le ministère de la promotion de l'enfant et de la femme au Mali a une place importante dans le paysage gouvernemental, les femmes y jouent un rôle majeur, le « sankarisme » est encore vivace dans les esprits et imprègne durablement les défenseurs des paysans producteurs et transformateurs locaux en assurant sécurité et souveraineté alimentaires. La micro filière du coton bio et équitable est en cours de création sur la colline de Lasa (par l'association artistique Ballakissa de Bamako), pourtant la grande distribution (via Dagris) a quelques longueurs d'avance. Les solidarités par l'économique s'expriment sur l'ensemble du pays, les femmes apportent des réponses alternatives à l'économie mondialisée libéralisée, en faisant avancer avec elle toute la société africaine.
Le forum de Bamako aura permis de créer des passerelles, des solidarités entre les mouvements du Sud (Sénégal-Gambie-Mauritanie-Niger-Guinée-Centrafrique… principalement) qui devront être poursuivis à Nairobi. La mobilisation et la dynamique locale (portée par les femmes) doivent permettre de renforcer les solidarités notamment Sud-Sud et continuer à promouvoir la conscientisation des populations. Trouver des réponses pour juguler les départs de populations vers l'enfer de l'Europe forteresse, c'est là le défi abordé dans les ateliers sur les migrations (souvent motivées par l'exode économique et rural), les femmes ont démontré leur savoir faire et leur capacité à mieux résister et à s'autogérer, reste à convaincre les hommes eux-mêmes !
1- En arrivant au pouvoir, Thomas Sankara (1949-1987), jeune capitaine marxiste, fait rebaptiser la Haute Volta. Il incarne un espoir pour le continent et un renouveau politique, c'est un leader d'opinion, révolutionnaire au " pays des hommes intègres " : le Burkina Faso
Idrissa & Gwel@n pour Rouge et Vert http://www.alternatifs.org
anonyme article:50192 Alter-INFO le vendredi 27 janvier 2006 à 08h57 |
http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=50192 |
|  | | FleurOccitane Rang: Administrateur
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 | Sujet: Re: Bamako ouvre le bal du FSM Mer 15 Fév à 19:56 | |
| | Citation: | Dynamiques vénézuéliennes au FSM
publié vendredi le 27 janvier 2006, par : Thomas Chiasson-LeBel
Cette semaine à Caracas s’ouvre le Forum social mondial polycentrique. Dans ce pays d’Amérique du Sud, un grand processus de transformation que d’aucuns qualifient de révolution est en cours. Les changements sont bel et bien perceptibles : dans les barrios, l’armée distribue des aliments ; des étudiants parcourent ces quartiers pauvres pour en finir avec l’analphabétisme. Dans ses discours, le président Hugo Chávez s’attaque sans réserve aux riches du pays et à l’impérialisme étasunien. Un nouveau champ de possibilités est ouvert : celui d’un autre monde, tout comme le suggère la maxime du FSM.
Fractures
Malgré ces indices, la société marchande suit son cours apparemment normal. La coexistence de ce régime marchand et du processus de transformations en cours est source de tensions sociales qui provoquent une forte polarisation. D’une part, la majorité pro-Chávez, réunie autour de ce président qui occupe un espace immense de la sphère politique, défend le processus bolivarien cœurs et âmes. D’autre part, l’opposition au changement utilise toutes les armes possibles - aux sens propre et figuré - pour abattre ce régime. L’opposition défend les principes d’un capitalisme reposant sur la propriété privée. La fracture entre les antagonistes est palpable. Un exemple parmi d’autres : les producteurs de café ont récemment décidé de cesser la distribution des précieux grains pour faire augmenter les prix régulés par le gouvernement. En réponse, Chávez a déclaré publiquement qu’il était prêt à nationaliser ce secteur de production. Contre le profit privé, le gouvernement propose l’étatisation.
Toutefois, c’est sans doute dans son besoin de repenser les transformations que doit être analysé le processus vénézuélien. En effet, l’économie, qui repose depuis le début du siècle dernier sur la rente pétrolière, n’a pas favorisé le développement d’organisations ouvrières et communautaires. Ainsi, le fort mouvement d’appui à Chávez ne repose pas sur la force d’une organisation populaire consolidée. Le pouvoir populaire n’est pas inexistant pour autant. Les grandes manifestations spontanées, qui ont joué un rôle de première importance dans le sauvetage du président qui subissait un coup d’État en 2002, démontrent une force importante du mouvement populaire.
Voilà dans quelle société se déroulera le chapitre vénézuélien du Forum social mondial polycentrique de cette année. Pour poursuivre la lancée glorieuse de ce forum inclusif des alternatives au néolibéralisme, l’édition de 2006 aura lieu non pas dans un, mais dans trois pays : le Mali, le Pakistan et le Venezuela. Grâce à son principe initiateur, le forum vise à générer des échanges et des débats entre les alternatives sociales développées partout. Il se veut un espace démocratique et ouvert où les participants sont les artisans des activités qui s’y déroulent. Le Forum est ainsi mondial puisqu’il attire des militants des quatre coins du globe, et sa démocratie réside non seulement dans la liberté qui est accordée aux participants, mais également dans la diversité qui les caractérise.
Il est tout à fait approprié que le FSM, dont la devise rappelle qu’un autre monde est possible, se déroule au cœur d’un processus de transformation, celui du Venezuela. Toutefois, il laissera également place à une foule d’autres activités n’ayant pas nécessairement d’accointances avec la situation locale. Si le forum est mondial parce qu’il est un processus qui se multiplie et attire des participants des quatre coins du globe, il est aussi un évènement localisé annuellement dans un pays particulier dont les conditions en influencent l’organisation pratique. La dynamique particulière du Venezuela saura laisser sa marque. C’est une nouvelle épreuve pour le FSM qui doit aussi être mondial par sa capacité à se déplacer d’un pays à un autre. Des précédentes éditions du forum, seule celle de 2004 eut lieu à l’extérieur du Brésil : en Inde. Le succès de ce transfert marquait une étape. L’articulation du forum à la dynamique vénézuélienne en marquera une autre. La simple transmission, depuis le Brésil, du savoir pratique nécessaire à l’organisation d’un tel événement n’est pas une mince tâche, mais elle est en voie d’être réussie, et la tension entre le caractère mondial du processus et sa réalisation locale, en voie d’être résorbée. Thomas Chiasson-LeBel
Militant étudiant, Thomas Chiasson-LeBel travaille à Caracas avec le comité organisateur du Forum depuis décembre où il a été mandaté par Alternatives. |
http://www.alternatives.ca/article2346.html |
|  | | FleurOccitane Rang: Administrateur
Nombre de messages: 5960 Localisation: Toulouse Date d'inscription: 30/04/2005
 | Sujet: Re: Bamako ouvre le bal du FSM Mer 15 Fév à 20:33 | |
| | Citation: | FORUM SOCIAL MONDIAL DE BAMAKO : DE L’ESPOIR A LA CONFIANCE
Le Forum Social Mondial de Bamako s’est tenu du 19 au 23 janvier 2006, autour de quelques 600 séminaires et ateliers répartis sur 11 sites de la ville.
Pour Droits devant !!, qui participait à ce FSM dans le cadre des No Vox, le thème de l’immigration a été fortement central, tenant compte des liens étroits noués durant ces quinze années de lutte avec des mal logés, sans logis ou sans papiers d’Afrique de l’Ouest, notamment maliens. Dés le premier jour, après un travail en amont où, par l’intermédiaire de sans papiers en France et de la radio Kayira à Bamako, des contacts avaient été pris avec des sans papiers expulsés de France, une première rencontre s’est faite avec une demi douzaine d’entre eux.
Après plusieurs réunions, auxquelles ont participé un nombre à chaque fois croissant de sans papiers expulsés, la dernière s’est faite en présence de 33 personnes, dont 18 sans papiers expulsés.
Ce samedi 28 janvier, à Bamako, doit se créer officiellement "l’association malienne des sans papiers expulsés" ayant pour objectif d’aider et soutenir les sans papiers expulsés de France ou d’autres pays, de permettre à ceux ci de se rassembler et de se mobiliser alors que ces dernières années, les expulsés se retrouvaient seuls et éparpillés, de revendiquer leur retour et d’intervenir auprès des ambassades, notamment celle de France, pour lutter contre les politiques de blocage ou de sélection des visas.
L’association oeuvrera donc sur deux registres, le soutien humanitaire d’urgence et l’action politique envers les gouvernements et ambassades, en coordination avec Droits devant !! et, plus largement, avec le réseau No Vox pour permettre la transversalité d’actions communes entre mouvements du Sud et du Nord.
Autour de cette association, est envisagée la création d’un comité de soutien réunissant des associations maliennes telles que la Coalition Alternative Dette et Développement (C.A.D.), la Ligue Malienne pour la Justice, le Développement et les Droits de l’Homme (LMJDH), la radio KAYIRA, des paysans, des ouvriers des mines d’or, des cheminots en lutte... et des associations françaises et européennes inscrites dans le réseau No Vox.
Concernant les paysans, plusieurs centaines d’entre eux, femmes et hommes, sont en lutte contre "l’Office du Niger", institution post coloniale qui pratique une politique de corruption et de spoliation de terres et d’eau de paysans, privant de leurs ressources vitales des dizaines d’entre eux Les ouvriers des mines d’or sont quant à eux victimes d’une répression farouche de la SOMADEX, filiale française de BOUYGUES, qui exploite les mines avec la multinationale sud africaine RANDGOLD, a falsifié des contrats de travail, licencié 311 mineurs et porté plainte contre des "meneurs" de grève, provoquant l’incarcération de 33 d’entre eux, dont 9 toujours en prison, sans jugement, depuis août 2005. Des centaines de cheminots subissent de leur côté les conséquences de la privatisation du rail malien qui a, là aussi, entraîné des vagues de licenciement, dont celui de Tiécoura Traoré, président du COCIDIRAIL, collectif créé en 2003 pour lutter contre ces exactions. Durant cette semaine à Bamako, nous avons pu assister et intervenir au coeur de plusieurs forums organisés par cette coalition de femmes et hommes ouvriers-paysans, agrégés sous le vocable fortement symbolique des "damnés de la terre".
.../...
L’osmose entre ces femmes et hommes, ouvriers et paysans spoliés, dépouillés de leurs biens, qui contraindra certains d’entre eux à une émigration forcée et des sans papiers qui ont vécu l’humiliante barbarie de l’expulsion peut se résumer à une exigence première : NOUS NE DEVIENDRONS PAS DES SANS PAPIERS, c’est pourquoi nous luttons et continuerons à lutter sur notre sol pour l’égalité des droits à la terre, l’eau, le travail, la santé, la liberté de circuler...
Par ce que nous avons pu voir et entendre, cette cohésion de lutte entre des femmes et hommes qui émigrèrent par contrainte, subissant l’exploitation, la répression et l’infamie de l’expulsion et celles et ceux qui combattent pour vivre et travailler en paix, justice et liberté sur leur terre, porte les prémisses d’un mouvement révolutionnaire de par sa volonté d’essaimer, s’élargir et s’inscrire dans la durée.
La conjugaison de ces forces du peuple prolonge le combat contre le joug des colonisations d’hier, qui assurent aujourd’hui leur continuité perverse par le diktat des transnationales des anciens états colonisateurs, par les spoliations orchestrées par le F.M.I., l’O.M.C. et la Banque Mondiale et l’allégeance à ces politiques du pire de la plupart des gouvernements de pays du Sud. La marche sur l’Ambassade de France qui rassembla les Sans des No Vox et les paysans, ouvriers et sans papiers maliens fut en ce sens exemplaire par sa force et sa dignité, l’ambassadeur étant interpellé par les uns et les autres sur sa gestion post coloniale concernant le blocage et le tri sélectif des visas, sur son mépris concernant la situation des sans papiers expulsés ou sa complicité avec les exactions commises par la SOMADEX envers les mineurs maliens.
Plusieurs d’entre nous ont fait comprendre à l’ambassadeur que ces faits et méfaits contribuaient à défigurer l’image de la France, déjà passablement fissurée au regard d’une large frange du peuple malien. Le lien tangible tissé lors de ce FSM entre ces résistances au Mali et celles des No Vox permettra peut être d’exprimer sa consistance et sa cohérence lors de la marche mondiale des pauvres et des Sans, proposée à Bamako par l’assemblée générale des No Vox, à l’occasion du prochain FSM de Nairobi en 2007.
Nous sommes repartis de Bamako confiants et remplis d’espoir tant la détermination de nos compagnes et compagnons maliens nous parait porteuse d’un devenir et d’un combat communs, s’affirmant déjà par la construction de l’association malienne des sans papiers expulsés, par la coordination d’un réseau anti-expulsions rassemblant des sans papiers du Mali, du Sénégal, des militants des réseaux No Vox et Migreurope du Portugal, d’Italie, de France et d’Espagne. Nous allons également oeuvrer à la mise en place d’un comité de soutien aux mineurs licenciés et emprisonnés sans jugement et sans motif tangible d’inculpation, sur plainte de la SOMATEX.
Le FSM de Bamako laissera probablement dans la durée des traces profondes quant à l’indispensable construction de passerelles solides entre les luttes d’ici et là-bas, partageant entre elles le même objectif : combattre la pauvreté, la précarité et les exclusions par delà les frontières, les forteresses, les barbelés et les miradors de la barbarie colonialiste. Quand le NOUS sera planétaire Quand tous les pauvres s’y mettront Quand tous les Sans battront colère Demain sera révolution.
Paris, 27 janvier 2006 Pour No Vox et Droits devant !!
De : No Vox, Droits Devant dimanche 29 janvier 2006
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http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=22692 |
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